L’aspect mystérieux de la Fresque Desjardins de Lévis – Lettre à un membre bien connu du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis

 

Lévis (Québec), le 15 juin 2014

Monsieur Clément Samson, ancien président du conseil d’administration de la Caisse Desjardins de Lévis, membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis

Aux bons soins de la Société d’histoire régionale de Lévis

9, rue Mgr Gosselin, Lévis, Local R-1, G6V 5K1

Monsieur,

Avant votre nomination à un poste de juge à la Cour supérieure du Québec, vous présidiez le conseil d’administration de la Caisse Desjardins de Lévis. Permettez-moi de vous ramener à cette époque.

Depuis huit ans, la ville de Lévis présente aux Lévisiens et aux visiteurs la Fresque Desjardins de Lévis, située au 9, rue Mgr Gosselin. Cette fresque « est le fruit d’un partenariat réussi liant la Caisse populaire Desjardins de Lévis, la Ville de Lévis et la Commission de la capitale nationale du Québec » (CCNQ), peut-on lire aujourd’hui encore dans une page web de la CCNQ (http://ccnq.org/commission/nouvelles/ANCIEN53.html). Vous êtes l’une des quatre personnes qui ont inauguré la Fresque le 6 octobre 2006.

La Fresque Desjardins de Lévis a été critiquée; la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a émis des réserves majeures à son sujet (vous avez écrit à la SHRL, vous vous en souvenez? pour lui dire votre étonnement; il aurait été bon que vous preniez le temps de tenter de détruire les réserves de la SHRL par une savante critique)1.

Pour élaborer le contenu de la Fresque, un comité dit scientifique a été formé, a-t-on affirmé à la population (source : http://www.capitale.gouv.qc.ca/realisations/les-fresques/fresque-desjardins-de-levis.html). Selon la fiche descriptive de la Fresque publiée par la Commission de la capitale nationale du Québec, ce comité était composé des personnes suivantes : « Anne Carrier, architecte; Pauline Dumont, Société d’histoire régionale de Lévis; Jacques Lemieux, historien; Esther Normand, Société historique Alphonse-Desjardins; Nathalie Ouellet, Service des arts et de la culture, Ville de Lévis; Luc Paquet, Collège de Lévis; Suzanne Rochefort, Service des bibliothèques, Ville de Lévis; Roch Samson, historien. »

Il serait intéressant que vous fassiez connaître à la population le rôle que la Caisse Desjardins de Lévis a joué dans l’élaboration du contenu de la Fresque, ainsi que celui qu’a assumé le comité scientifique.

Il serait intéressant et certainement utile que vous disiez à la population comment il se fait que le comité scientifique ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France, et dont la mémoire sera rappelée pendant longtemps par la ville de Lévis, qui vient de décider de rebaptiser son boulevard de la Rive-Sud boulevard Guillaume Couture (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la Société d’histoire régionale de Lévis à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque »2.

Il serait également intéressant et certainement utile que vous fassiez savoir à la population pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Si ces choix ne sont pas ceux du comité scientifique, pourriez-vous le dire à la population? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme Monsieur Jacques Lemieux, géographe, historien et professeur (décédé en 2014), Monsieur Roch Samson, l’historien qui a dirigé la publication des 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière, Madame Pauline Dumont, ancienne vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis, et Madame Esther Normand, qui occupe ou a occupé dans le passé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement travaillé, s’il n’a pas été qu’un comité bidon. Les membres de ce comité avaient-ils pris l’engagement de ne pas commenter publiquement leur travail? La participation des membres du comité était-elle bénévole? La Caisse Desjardins de Lévis et ses dirigeants d’hier et d’aujourd’hui ne devraient-ils pas être en mesure de répondre à ces questions (je rappelle que la Caisse Desjardins de Lévis a été l’un des trois partenaires de la réalisation de la Fresque)?

Je suis convaincu qu’il est utile de soulever aujourd’hui des questions concernant l’élaboration du contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Remuer le passé peut éclairer le présent, ainsi que nous aider à préparer l’avenir et, comme on dit (naïvement?), à éviter de répéter des erreurs.

Veuillez, Monsieur le juge, agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, Lévisien

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007; membre de la Caisse Desjardins de Lévis.

Note 1.

Le texte de la SHRL se lit ainsi : « Des réserves ont été émises au sujet de la fresque : 1. Le berceau de Lévis est pratiquement absent : l’église de Saint-Joseph-de-Lauzon est difficilement visible; le Couvent de Lauzon a été oublié… 2. Aucun des seigneurs de la seigneurie de Lauzon n’est représenté, si ce n’est par le manoir Caldwell, habité par le dernier seigneur, qui fut aussi receveur général et grand voleur de fonds publics… 3. Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat; de plus, c’est son rôle d’interprète auprès des Amérindiens qui est mis en évidence. 4. Le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices (est-ce trop ?). 5. L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui «donne naissance à la première ville de la région, Lévis» (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière). 6. Quatre communautés de sœurs sont représentées; on a oublié les frères. 7. Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? 8. Le capitaine J.-E. Bernier occupe une belle place dans l’oeuvre, qui montre aussi sa maison; mais il ne s’est pas illustré à Lévis. Sa présence dans la fresque a amené un hebdo régional, dans un texte sur la fresque, à ranger l’explorateur du grand nord canadien parmi ceux qui « ont forgé l’histoire de Lévis ». 10. Dans le titre de la fresque, le nom Lévis devrait être replacé par Arrondissement de Desjardins. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 104)

Note 2.

La Seigneurie de Lauzon, numéro 103, Automne 2006, p. 17

JOURNÉE CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS : L’ONU APPELLE À RENFORCER LA PROTECTION SOCIALE – 2014

 

Source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 12 juin 2014

 

À l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, le Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, a souligné que les enfants avaient droit à la protection, et notamment à la protection sociale, grâce à laquelle les enfants ne sont pas obligés de travailler ou peuvent être libérés du travail.

 

« Les chiffres les plus récents de l’OIT, publiés en septembre 2013, révèlent qu’à l’échelle mondiale, le nombre d’enfants qui travaillent s’élève à 168 millions, soit un sur dix. Et parmi eux, 85 millions effectuent des travaux dangereux », a indiqué M. Ryder dans son message pour la journée.

 

« Cette situation n’est pas irrémédiable et, d’ailleurs, elle évolue dans la bonne direction puisque le travail des enfants a diminué de plus de 30% depuis l’année 2000, et surtout entre 2008 et 2012. Néanmoins, cette évolution est trop lente. Pour en accélérer le rythme, nous devons adopter une démarche globale, c’est-à-dire nous attaquer à la cause du problème tout en portant, sans attendre, assistance aux enfants qui en ont besoin. Et pour ce faire, la protection sociale et la promotion des principes et droits fondamentaux au travail sont essentiels », a-t-il ajouté.

 

Les facteurs déclencheurs du travail des enfants sont la pauvreté des familles, souvent associée à une perte soudaine de revenu. Il faut briser ce cercle en garantissant aux familles indigentes des ressources suffisantes, un revenu sûr et l’accès aux soins de santé. Ce sont là des mesures de protection sociale qui peuvent aider les familles à résister aux chocs sans avoir à retirer leurs enfants de l’école ni à les faire travailler.

 

Selon le Rapport mondial de l’OIT sur la protection sociale 2014-15, beaucoup d’enfants ne bénéficient ni des prestations et ni de l’appui dont eux-mêmes et leur famille ont besoin et qui changeraient radicalement leur vie, aujourd’hui et demain.

 

De plus, les instruments de protection sociale destinés aux adultes, comme les prestations de chômage, les prestations de maternité et l’accès aux soins de santé, rendent les familles moins vulnérables, et réduisent le risque d’obliger les enfants à travailler pour compenser la perte de revenu des adultes.

 

« Nous voulons des systèmes de sécurité sociale bien conçus, qui tiennent compte des besoins des plus jeunes et contribuent à la lutte contre le travail des enfants. Le fait de ne pas investir suffisamment pour eux porte atteinte aux droits des enfants, surtout à celui de ne pas devoir travailler, et compromet leurs propres perspectives d’avenir et celles de leur pays », a affirmé M. Ryder.

 

La bonne réponse au problème du travail des enfants consiste, selon l’OIT, à combiner la protection sociale, l’instruction universelle obligatoire, formelle et de qualité au moins jusqu’à l’âge minimum d’admission à l’emploi, le travail décent pour les adultes et les jeunes en âge de travailler, une législation efficace et un dialogue social fort.

 

« Aujourd’hui, nous appelons tous les acteurs du mouvement mondial contre le travail des enfants – les gouvernements, les organisations de travailleurs et d’employeurs, les organisations internationales, les entreprises, la société civile et les organisations de jeunes –; à réaffirmer leur volonté d’agir et à unir leurs efforts », a déclaré M. Ryder.

 

« Nous devons choisir les bonnes politiques et renforcer la solidarité. Rien ne doit nous freiner sur la voie de l’élimination du travail des enfants. Ensemble, passons à la vitesse supérieure et reléguons le travail des enfants au passé ».

 

 

Lettre à Madame Nathalie Ouellet, chef du Service des arts et de la culture de la Ville de Lévis, au sujet de la Fresque Desjardins de Lévis

 

Lévis, le 11 juin 2014

Madame Nathalie Ouellet, Chef du Service des arts et de la culture de la Ville de Lévis

Ville de Lévis

 

Madame,

Depuis 2006, la ville de Lévis présente aux Lévisiens et aux visiteurs la Fresque Desjardins1 de Lévis, située au 9, rue Mgr Gosselin. Cette réalisation a été critiquée; la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a émis des réserves majeures à son sujet2. Pour élaborer le contenu de la Fresque, un comité a été formé, a-t-on dit à la population ; selon la fiche descriptive de la Fresque publiée par la Commission de la capitale nationale du Québec, qui est à l’origine de la Fresque, ce comité était composé des personnes suivantes : « Anne Carrier, architecte; Pauline Dumont, Société d’histoire régionale de Lévis; Jacques Lemieux, historien; Esther Normand, Société historique Alphonse-Desjardins; Nathalie Ouellet, Service des arts et de la culture, Ville de Lévis; Luc Paquet, Collège de Lévis; Suzanne Rochefort, Service des bibliothèques, Ville de Lévis; Roch Samson, historien. » On l’a vu, Madame : vous faisiez partie du comité. Il serait intéressant de connaître le rôle que vous avez joué, vous, et celui qu’a joué le comité dans l’élaboration du contenu de la Fresque.

Il serait intéressant et certainement utile que vous disiez comment il se fait que le comité ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France, et dont la ville de Lévis vient de décider de rappeler la mémoire en rebaptisant son boulevard de la Rive-Sud boulevard Guillaume Couture (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la SHRL à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque »3.

Il serait également intéressant et certainement utile que vous fassiez savoir pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Si ces choix ne sont pas ceux du comité, pourriez-vous le dire? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme l’historien professionnel Roch Samson, sous la direction de qui les 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière ont été écrites, Madame Esther Normand, qui a autrefois occupé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, et vous-même, Madame Ouellet, chef du Service des arts et de la culture de la Ville de Lévis, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement travaillé, s’il n’a pas été qu’un comité bidon. Les membres de ce comité avaient-ils pris l’engagement de ne pas commenter publiquement leur travail? La participation des membres du comité était-elle bénévole?

Je suis convaincu qu’il est utile de soulever aujourd’hui des questions concernant l’élaboration du contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Remuer le passé peut éclairer le présent, ainsi que nous aider à préparer l’avenir et, comme on dit (naïvement?), à éviter de répéter des erreurs.

Veuillez, Madame, agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, Lévisien

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant environ deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007.

Note 1. Desjardins est l’entreprise appelée Mouvement Desjardins, qui a défrayé une partie du coût de la Fresque et qui est mise fortement en évidence dans l’ouvrage.

Note 2. Le texte de la SHRL se lit ainsi : « Des réserves ont été émises au sujet de la fresque : 1. Le berceau de Lévis est pratiquement absent : l’église de Saint-Joseph-de-Lauzon est difficilement visible; le Couvent de Lauzon a été oublié… 2. Aucun des seigneurs de la seigneurie de Lauzon n’est représenté, si ce n’est par le manoir Caldwell, habité par le dernier seigneur, qui fut aussi receveur général et grand voleur de fonds publics… 3. Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat; de plus, c’est son rôle d’interprète auprès des Amérindiens qui est mis en évidence. 4. Le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices (est-ce trop ?). 5. L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui «donne naissance à la première ville de la région, Lévis» (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière). 6. Quatre communautés de sœurs sont représentées; on a oublié les frères. 7. Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? 8. Le capitaine J.-E. Bernier occupe une belle place dans l’oeuvre, qui montre aussi sa maison; mais il ne s’est pas illustré à Lévis. Sa présence dans la fresque a amené un hebdo régional, dans un texte sur la fresque, à ranger l’explorateur du grand nord canadien parmi ceux qui « ont forgé l’histoire de Lévis ». 10. Dans le titre de la fresque, le nom Lévis devrait être replacé par Arrondissement de Desjardins. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 104)

Note 3. La Seigneurie de Lauzon, numéro 103, Automne 2006, page 17

 

Fresque Desjardins Levis_Photo CCNQ

La Fresque Desjardins de Lévis. Guillaume Couture est dans le coin inférieur gauche, en compagnie d’Amérindiens.

(Photo de la Commission de la capitale nationale du Québec)

 

Fresque Desjardins de Lévis 2013-05-03 - A. et D. Desjardins

La Fresque Desjardins de Lévis. À peu près au centre, on voit (très bien) Alphonse Desjardins et Dorimène Desjardins;

on voit aussi (très bien) le capitaine J. Elzéar Bernier,

dont le rôle dans l’histoire de Lévis n’arrive pas à la cheville de celui de Guillaume Couture.

(Photo de Roger Martel)

 

Curieusement, la Fresque Desjardins de Lévis ne montre pas le chevalier de Lévis,

en l’honneur de qui la ville de Lévis, la Commission de la capitale nationale du Québec

et la Caisse Desjardins de Lévis, avec l’appui de la Société d’histoire régionale de Lévis,

ont pourtant cru nécessaire,

quelques années plus tard,

d’élever une copie (produite à l’aide d’une imprimante) de la statue (créée par un artiste) érigée

sur la colline parlementaire, à Québec,

à quelque 75 minutes seulement, à pied et en traversier, de l’endroit où l’oeuvre originale se trouve (la colline parlementaire).

 

Roger Martel, 11 juin 2014

 

 

 

Lettre ouverte à Madame Pauline Dumont, membre du comité chargé d’élaborer le contenu de la Fresque Desjardins de Lévis

 

Lévis (Québec), le 11 juin 2014

Madame Pauline Dumont

Ancienne vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis

Madame,

Depuis 2006, la ville de Lévis présente aux Lévisiens et aux visiteurs la Fresque Desjardins1 de Lévis, située au 9, rue Mgr Gosselin. Cette réalisation a été critiquée; la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a émis des réserves majeures à son sujet2. Pour élaborer le contenu de la Fresque, un comité a été formé, a-t-on dit à la population ; selon la fiche descriptive de la Fresque publiée par la Commission de la capitale nationale du Québec, qui est à l’origine de la Fresque, ce comité était composé des personnes suivantes : « Anne Carrier, architecte; Pauline Dumont, Société d’histoire régionale de Lévis; Jacques Lemieux, historien; Esther Normand, Société historique Alphonse-Desjardins; Nathalie Ouellet, Service des arts et de la culture, Ville de Lévis; Luc Paquet, Collège de Lévis; Suzanne Rochefort, Service des bibliothèques, Ville de Lévis; Roch Samson, historien. » On l’a vu, Madame : vous faisiez partie du comité. Il serait intéressant de connaître le rôle que vous avez joué, vous, et celui qu’a joué le comité dans l’élaboration du contenu de la Fresque.

 

Il serait intéressant et certainement utile que vous disiez comment il se fait que le comité ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France, et dont la ville de Lévis vient de décider de rappeler la mémoire en rebaptisant son boulevard de la Rive-Sud boulevard Guillaume Couture (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la SHRL à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque »3.

 

Il serait également intéressant et certainement utile que vous fassiez savoir pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Si ces choix ne sont pas ceux du comité, pourriez-vous le dire? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme l’historien professionnel Roch Samson, sous la direction de qui les 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière ont été écrites, Madame Esther Normand, qui a autrefois occupé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, et vous-même, Madame Dumont, ancienne vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement travaillé, s’il n’a pas été qu’un comité bidon. Les membres de ce comité avaient-ils pris l’engagement de ne pas commenter publiquement leur travail? La participation des membres du comité était-elle bénévole?

 

Je suis convaincu qu’il est utile de soulever aujourd’hui des questions concernant l’élaboration du contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Remuer le passé peut éclairer le présent, ainsi que nous aider à préparer l’avenir et, comme on dit (naïvement?), à éviter de répéter des erreurs.

 

Veuillez, Madame, agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

 

Roger Martel, Lévisien

 

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant environ deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007.

 

Note 1. Desjardins est l’entreprise appelée Mouvement Desjardins, qui a défrayé une partie du coût de la Fresque et qui est mise fortement en évidence dans l’ouvrage.

 

Note 2. Le texte de la SHRL se lit ainsi : « Des réserves ont été émises au sujet de la fresque : 1. Le berceau de Lévis est pratiquement absent : l’église de Saint-Joseph-de-Lauzon est difficilement visible; le Couvent de Lauzon a été oublié… 2. Aucun des seigneurs de la seigneurie de Lauzon n’est représenté, si ce n’est par le manoir Caldwell, habité par le dernier seigneur, qui fut aussi receveur général et grand voleur de fonds publics… 3. Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat; de plus, c’est son rôle d’interprète auprès des Amérindiens qui est mis en évidence. 4. Le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices (est-ce trop ?). 5. L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui «donne naissance à la première ville de la région, Lévis» (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière). 6. Quatre communautés de sœurs sont représentées; on a oublié les frères. 7. Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? 8. Le capitaine J.-E. Bernier occupe une belle place dans l’oeuvre, qui montre aussi sa maison; mais il ne s’est pas illustré à Lévis. Sa présence dans la fresque a amené un hebdo régional, dans un texte sur la fresque, à ranger l’explorateur du grand nord canadien parmi ceux qui « ont forgé l’histoire de Lévis ». 10. Dans le titre de la fresque, le nom Lévis devrait être replacé par Arrondissement de Desjardins. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 104)

 

Note 3. La Seigneurie de Lauzon, numéro 103, Automne 2006, page 17