Le quotidien Le Soleil de Québec et l’une de ses journalistes, et la crédibilité des organes d’information.

Le 11 mars 2017, Madame Mylène Moisan publie, dans l’édition Internet de son journal, Le Soleil, une chronique intitulée La « petite liqueur » qui dérange (cette chronique paraîtra le lendemain dans l’édition papier). Elle écrit qu’ « Au CHSLD [L’auteure parle du Centre du Christ-Roi, situé à Québec. CHSLD : Centre d’hébergement et de soins de longue durée], neuf résidents avaient l’habitude, au souper, de boire une «petite liqueur ». Elle mentionne que ces neuf personnes « ont fait ça toute leur vie », « toute leur vie », boire une « petite liqueur » au souper; elle ajoute qu’une directive de 2016 a pour conséquence de les priver de ce bénéfice. Madame Moisan dit aussi que le président du comité des usagers du CHLSD a fait des démarches auprès de la direction et que cette dernière « [s’était] engagée à réévaluer la décision », et que, après, un «  comité de consultation, un autre, [avait] été créé pour donner son avis, le gros bon sens ayant visiblement été perdu en chemin », commente Madame Moisan, qui a manifestement estimé posséder assez d’informations pour pouvoir conclure que la direction avait manqué de bon sens.

Madame Moisan contrevient à des dispositions majeures du Guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Elle enfreint celle-ci : « Les journalistes basent leur travail sur des valeurs fondamentales telles que l’esprit critique qui leur impose de douter méthodiquement de tout, l’impartialité qui leur fait rechercher et exposer les divers aspects d’une situation »; elle enfreint cette autre : « Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations » (Note 1). Madame Moisan, dans son article, donne la version des faits que lui a livrée le président du comité des usagers; quels efforts a-t-elle déployés pour « s’assurer de la véracité des faits » ? Aucun, si l’on en juge par son article. Son devoir lui imposait pourtant d’interroger la direction du CHLSD et celle du CIUSSS, et de présenter à ses lectrices et lecteurs la version des faits de ces directions. (Le CHSLD du Christ-Roi relève du CIUSSS de la Capitale-Nationale.)

Le quotidien Le Soleil, avec son article La «petite liqueur» qui dérange, viole une autre disposition du Guide de déontologie de la FPJQ, celle qui stipule que « Les titres et présentations des articles et reportages ne doivent pas exagérer ni induire en erreur. » (Note 1)

La légende de la photo qui accompagne l’article La «petite liqueur» qui dérange dans Internet, et celle de l’édition papier du journal, contreviennent à la disposition susmentionnée.

Dans la Toile, la légende se lit ainsi : « Du jour au lendemain, au CHSLD du Christ-Roi, on a décidé d’abolir la « petite liqueur » que neuf résidents avaient l’habitude de recevoir au souper ». La lectrice et le lecteur comprennent qu’il est maintenant interdit au CLSC de boire de la boisson gazeuse au souper; or, ce n’est pas le cas : les résidents peuvent boire de la boisson gazeuse au CHSLD; ce qui a changé, c’est ceci : le CHSLD ne fournira plus de la boisson gazeuse aux résidents; ces derniers devront s’en procurer eux-mêmes (avec l’aide, au besoin, d’un parent, d’un ami, d’un autre résident, du Comité des usagers). La légende induit donc en erreur [mais l’article « a fait grand bruit dans les médias sociaux », écrit une compagne de travail de Madame Moisan dans Le Soleil, le 12 mars (note 2)], l’article a peut-être fait vendre davantage d’exemplaires du journal, au grand plaisir des annonceurs).

À la une de l’édition papier du journal publiée le 12 mars 2017, l’article La «petite liqueur» qui dérange est présenté ainsi : La « petite liqueur » qui dérange. Dans un souci d’uniformité, des résidents d’un CHSLD ont perdu l’un de leurs rares plaisirs : une liqueur au souper. Une chronique de Mylène Moisan. » La vérité est la suivante, je le répète : les résidents qui veulent boire de la boisson gazeuse au souper peuvent toujours le faire, mais ils doivent se procurer leur « petite liqueur » eux-mêmes ou avec l’aide de quelqu’un. La présentation induit donc en erreur (mais l’article a peut-être fait vendre davantage d’exemplaires du journal, au grand plaisir des annonceurs, et il « a fait grand bruit dans les médias sociaux »).

Le journalisme est-il malade?

En 2005, dans l’avant-propos de son livre Il ne faut pas toujours croire les journalistes, l’expérimenté journaliste Mario Cardinal écrit : « Si ce livre a un fil conducteur, il faut le chercher dans la crainte qui m’anime que le journalisme perde sa crédibilité »; page 262, la dernière, il dit :

« L’exigence éthique voudrait que le lecteur, l’auditeur, le téléspectateur trouve l’information dont il a besoin pour comprendre l’inhumanité des grands leaders politiques de ce monde et l’horreur qu’elle engendre.

« Pourtant, pas différente de celle qui se pratique dans la plupart des pays industrialisés, l’information canadienne et québécoise poursuit plutôt son petit bonhomme de chemin, avec très peu d’analyse, accrochée trop souvent à l’incendie du coin de la rue et à la hausse du prix de l’essence, péripatéticienne obligée entre l’amusement et le service à la clientèle. Dans ce dérapage voulu et contrôlé, où sont les journalistes? Que font-ils? Englués dans leur docilité, ont-ils encore le droit de rêver de crédibilité? » (Note 3)

En 2000, un autre journaliste, André Pratte, entré à La Presse en 1986, porte ce jugement sévère :

« Que faisons-nous [Pratte parle des médias, des journalistes] à part critiquer, dénoncer et accuser? Aidons-nous la population à comprendre la complexité des choses? Au contraire, nous renforçons ses préjugés. Aidons-nous ceux qui nous lisent et nous écoutent à dégager l’important de l’insignifiant? Rarement, puisque nous les inondons de tonnes de renseignements futiles, allant de sondages bidon aux élucubrations de nos vedettes en passant par les sports, auxquels nous accordons décidément une place démesurée. Contribuons-nous à aiguiser le sens critique du public? Non, car notre propre sens critique est détraqué, nous faisant passer sans crier gare de la dénonciation violente à l’admiration béate. » (Note 4)

L’an dernier, Josée Boileau, journaliste, trente ans de métier passés à La Presse, au Devoir (comme rédactrice en chef et directrice de l’information), a témoigné à son tour :

« Collectivement, les troupes [les journalistes] broient du noir, elles se préoccupent de ce qui attend la profession, inquiètes de la dégradation de l’information. J’ai beau avoir un tempérament qui me porte naturellement à l’enthousiasme, je ne peux pas faire abstraction de ce marasme.

« Je te l’ai dit [Josée Boileau s’adresse à une jeune journaliste], je ne veux pas te parler longuement de modèles d’affaires, car le contenu y compte pour trop peu : tu l’as compris, comme la chute des revenus publicitaires est la principale cause des problèmes des médias, bien des dirigeants d’entreprises de presse sont plus préoccupés de plaire aux annonceurs que de répondre aux besoins du public.

[…]

« Moi aussi, comme tant d’autres, je râle, et comme je suis accro à l’information, je râle beaucoup – tous les jours, ma foi! » (Note 5)

La maladie du journalisme est intolérable.

Ce n’est pas avec La «petite liqueur» que Le Soleil va remonter le moral des journalistes que Josée Boileau appelle « ces professionnels respectés qui quittent le métier par ras-le-bol, admis ou camouflé, de la pression et de la superficialité », ce n’est pas avec La «petite liqueur» que Le Soleil va requinquer les journalistes qui restent et qui « sont débordés, ne creusent plus ». (Note 5)

Dans toute société, la liberté d’expression et le droit des citoyennes et citoyens à l’information sont vitaux, la pratique du journalisme respectueuse de la liberté d’expression et du droit des citoyennes et citoyens à l’information est essentielle. Le signataire de ce texte en a la conviction; c’est pourquoi, aujourd’hui, il a fait grincer sa plume.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

Supplément

Le 14 mars 2017, Le Soleil revient sur le sujet de la «petite liqueur» qui dérange. Pourtant, Le Soleil n’est pas un journal qui parle beaucoup des adultes et des enfants qui, sur le territoire qu’il couvre, sont parfois ou souvent privés de « petite liqueur », mais aussi, surtout, de pain, de viande. Parlant de Lévis, j’aimerais demander quand Le Soleil, pour respecter le droit du public à l’information, fera connaître à ses lectrices et lecteurs certains mensonges publics que le maire et tout, oui, tout le conseil municipal de Lévis infligent aux Lévisiennes et aux Lévisiens, quand Le Soleil, pour respecter le droit du public à l’information, interrogera le maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, au sujet de ces affirmations troublantes du vérificateur général de sa ville, M. Yves Denis : a) « la ville [de Lévis] ne possède pas une connaissance suffisante de l’état actuel du marché afin de s’assurer qu’elle paie un juste prix »; b) Le degré de fiabilité des estimations des projets n’est pas défini et aucune ressource n’est dédiée pour documenter d’éventuels stratagèmes de collusion ou encore pour connaître l’évolution des prix sur le territoire de la Ville de Lévis »; c) « la ville se prive […] de possibilités d’obtenir de meilleurs prix » [Rapport annuel 2015, chapitre 3 (note 6)]. Le rapport du vérificateur a été rendu public le 13 juin 2016. Quels médias se sont attardés pour la peine sur le fait que le vérificateur avait écrit, dans ce rapport, que Lévis était incapable de « s’assurer qu’elle paie un juste prix », que Lévis était mal outillée pour détecter les stratagèmes de collusion?

Notes

1 https://www.fpjq.org/deontologie/guide-de-deontologie/#pt4

2 http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201703/12/01-5078132-petite-liqueur-refusee-dans-un-chsld-une-decision-locale-juge-barrette.php

3 Mario Cardinal, Il ne faut pas toujours croire les journalistes, Bayard Canada Livres, © 2005, pages 8 et 262

4 André Pratte, Les Oiseaux de malheur. Essai sur les médias d’aujourd’hui, Montréal, VLB Éditeur, © 2000, pages 13-14

5 Josée Boileau, Lettre à une jeune journaliste, Montréal, VLB Éditeur, © 2016, p. 93

6 Rapport annuel du vérificateur général au conseil municipal 2015, https://www.ville.levis.qc.ca/fileadmin/documents/pdf/verificateur/2015/Rapport_annuel_2015_du_verificateur_general.pdf

 

Propos de François-Marc Bernier, professeur de journalisme et ancien journaliste, rapportés le 3 mars 2017 par un journaliste du quotidien Le Soleil, Jean-François Cliche :

« …. si les médias traditionnels avaient su garder leur crédibilité,

les Breitbart* et cie n’auraient jamais connu de succès.

Et pour cette perte de crédibilité,

les journalistes ne peuvent pas blâmer grand-monde

hormis eux-mêmes. »

(http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201703/03/01-5075435-les-fake-news-ou-le-permis-de-mentir.php)

*Breitbart est le « média conservateur que dirigeait Stephen Bannon, le nouveau conseiller stratégique de Donald Trump »; ce média « est accusé d’être raciste, antisémite, suprémaciste ».

(En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/11/16/qu-est-ce-que-breitbart-news-le-site-antisemite-que-dirigeait-le-nouveau-conseiller-de-trump_5032379_829254.html#zpLezCeiZqvfKRmK.99)

La Société des Alcools du Québec, une société d’État, déploie des drapeaux lacérés.

fleurdelisé SAQ Lévis Place Lévis 16-03-2017 - Version 2

Lévis, le 22 mars 2017

Madame Stéphanie Vallée, ministre

Ministère de la Justice du Québec

Édifice Louis-Philippe-Pigeon

1200, route de l’Église

Québec (Québec) G1V 4M1

Courriel: informations@justice.gouv.qc.ca

Madame,

Parce que vous êtes la ministre responsable de l’application de la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec et des textes qui en découlent, je vous informe qu’au moins deux magasins d’une société d’État du Québec, la Société des alcools du Québec (SAQ), déploient sur leur façade extérieure, depuis un certain temps, peut-être depuis des mois, un fleurdelisé en lambeaux (voyez les photos ci-jointes, l’une prise à Lévis, l’autre à Sherbrooke). Or, en vertu de l’article 11 du Règlement sur le drapeau du Québec, « Tout drapeau déployé doit être conforme aux normes du Bureau de normalisation du Québec. Il doit aussi être exempt de déchirure ou de lacération. »

J’ai écrit au siège social de la SAQ il y a environ neuf jours, pour l’informer que le drapeau du Québec déployé par son magasin de la Place Lévis, à Lévis, était en lambeaux; la SAQ n’a pas répondu à mon courriel. Il y a quelques jours, j’ai constaté que le drapeau en lambeaux n’avait pas été retiré. Hier, le drapeau en lambeaux étant toujours en place, j’entre dans le magasin; le responsable des lieux me reçoit. J’apprends que le drapeau en lambeaux pourrait n’être retiré et remplacé que dans nombreuses semaines.

Les fleurdelisés des magasins de la SAQ dont il est question dans la présente sont en piteux état depuis très longtemps, peut-on penser : ils ne se sont pas détériorés à ce point en un jour, en une semaine, en un mois; il est incompréhensible, il faudrait peut-être dire : scandaleux, qu’on ne les ait pas remplacés rapidement. Il serait inacceptable, on peut dire : honteux, que la SAQ ne s’emploie pas, à la vitesse grand V, à les dérober à la vue des Québécoises et Québécois.

Vous avez compris, Madame, que je vous demanderais de bien vouloir intervenir auprès de la haute direction de la Société des alcools du Québec, pour la prier de s’assurer que tous ses magasin déploient notre premier emblème national en conformité avec le Règlement sur le drapeau du Québec.

Je vous prie, Madame, d ‘agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel

P.-S. Si les magasins de la SAQ doivent déployer un fleurdelisé, qu’ils le fassent correctement. Mais je pense qu’il serait préférable qu’on leur interdise de le faire, parce qu’ils ne sont que des magasins, des établissements de vente au détail de bouteilles de vin, de bière, de sacs en coton pour quatre bouteilles, etc.

Drapeau du Québec, SAQ, Place Lévis, Lévis.

Photo prise par Roger Martel le 16 mars 2017.

Drapeau du Québec, SAQ, rue King Ouest, Sherbrooke.

Photo prise par un Sherbrookois, M. Gilles Robitaille, le 20 mars 2017.


Source : http://www.rcinet.ca/fr/2015/10/05/les-canadiens-fiers-de-leurs-symboles-canadiens-et-les-quebecois-un-peu-moins/, Par Stéphane Parent | francais@rcinet.ca – lundi 5 octobre, 2015

Les Canadiens fiers de leurs symboles canadiens, mais les Québécois un peu moins!

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Source : http://vigile.quebec/La-confiance-de-dire-oui

« Je n’ai jamais pensé que je pourrais être aussi fier d’être Québécois que ce soir », lançait René Lévesque le 15 novembre 1976, alors que le Parti Québécois venait d’accéder au pouvoir pour la première fois de son histoire.

À voir : https://www.youtube.com/watch?v=L9nTnpiZ4OA

 

 

Colloque : Le miracle de guerre dans la chrétienté occidentale (4e-21e s.). OU Les interventions du surnaturel dans le cadre de conflits.

Source : https://www.crhidi.be/2017/09/01/colloque-le-miracle-de-guerre-dans-la-chr%C3%A9tient%C3%A9-occidentale-4e-21e-s/ vu le 15 mars 2017

Colloque : Le miracle de guerre dans la chrétienté occidentale (4e-21e s.) 

3 EXTRAITS

1 – Depuis les années 1980, et spécialement les travaux de Franco Cardini, le concept de « culture de guerre » s’est largement diffusé dans l’historiographie. Il tend à expliquer et à analyser la manière dont les contemporains ont perçu et vécu un conflit, ce qui détermine leurs comportements, leurs peurs, leurs espoirs, leurs pratiques…

2 – L’objectif consistera à examiner les interventions du surnaturel dans le cadre de conflits. C’est-à-dire la confrontation des hommes en tension, en opposition dans un contexte terrestre et matériel, à des forces qui les dépassent. Celles-ci sont susceptibles d’influencer, de modifier le cours des choses en faveur d’une des parties. Au-delà du cadre strict de la guerre, la destinée des vaincus, des prisonniers peut être envisagée sous cet angle également.

Ce cadre conflictuel doit être considéré au sens large. On pense bien entendu en premier lieu au fait d’armes, à l’affrontement militaire au cours d’un conflit, d’une bataille. Et les échelles sont en la matière des plus variables (de la guerre privée à la guerre publique dans toutes ses extensions). Le miracle peut se produire également dans le cadre d’une opposition confessionnelle ; la « divinité » soutient ici ses partisans – séparant d’initiative le bon grain de l’ivraie. La lutte catholicisme/protestantisme ou christianisme/Islam en sont des illustrations.

3 – Comment la perception de ces miracles va-t-elle évoluer face à la montée de l’esprit philosophique et de la rationalité ?

Ce colloque est co-organisé par l’Institut supérieur d’étude des religions et de la laïcité (ISERL) de l’Université Lyon II et le Centre de recherches en histoire du droit et des institutions (CRHiDI) de l’Université Saint-Louis – Bruxelles.

Lieux

septembre 2017 : Lyon, Université Lyon II

octobre 2017 : Bruxelles, Université Saint-Louis – Bruxelles

Comité organisateur :

Prof. Ph. Desmette (Université Saint-Louis – Bruxelles)

Prof. Ph. Martin (Université Lyon II)

Comité scientifique

Philippe Desmette (Université Saint-Louis – Bruxelles)

Robert Godding (Société des Bollandistes)

Philippe Martin (Université Lyon II)

Silvia Mostaccio (Université catholique de Louvain)

Christian Sorrel (Université Lyon II)

Catherine Vincent (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

 Contact : philippe.desmette@usaintlouis.be

Un imam et un pasteur engagés dans une lutte contre la religion de l’autre, hier.

Source : Relations, no 727 septembre 2008, http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=1441

L’Imam et le Pasteur

Gregory Baum

L’auteur est théologien

Il est bien connu que la religion peut devenir source de conflit entre les humains, surtout si les groupes de diverses religions ont un accès inégal à la richesse ou au pouvoir politique. Ce qui est moins connu, c’est que la religion peut aussi, au nom de la foi, générer une charité capable de transcender les conflits, de guérir les blessures infligées de part et d’autre et de conduire à la réconciliation. C’est là le sujet du film L’Imam et le Pasteur, présenté par Initiatives et Changement en avril 2008 à l’Amphithéâtre du Gesù à Montréal. Après des années de conflit sanglant entre musulmans et chrétiens de Kaduna, ville du Nigeria central – conflit qui a causé des milliers de morts – deux leaders religieux, l’imam Mohammed Ashafa et le pasteur James Wuye, ayant compris que leur foi respective condamnait la vengeance et commandait l’amour, sont devenus des amis. Ils ont fondé un mouvement de réconciliation et réussi à convaincre la population de Kaduna que vivre ensemble en paix et dans le respect mutuel est la volonté de Dieu.

Les interviews avec les deux hommes nous font connaître ce conflit et nous révèlent la carrière extraordinaire de ces deux leaders religieux. Tous deux, au départ, étaient engagés dans une lutte contre la religion de l’autre. Ils avaient le cœur rempli de haine et citaient des textes scripturaires, l’un la Bible, l’autre le Coran, à l’appui de leur action violente. « Nous avons planté la semence de génocide et avons utilisé l’Écriture pour le faire. »

Le pasteur et l’imam ont expérimenté une conversion spirituelle d’une manière similaire, grâce à l’interpellation d’un sage de leur tradition respective. Mohammed Ashafa a commencé à se convertir quand un soufi lui a dit : « Avec la haine au cœur, tu ne traverseras pas l’océan. » James Wuye, quant à lui, se mit à relire l’Évangile avec des yeux nouveaux et y trouva l’appel à l’amour, après qu’un pasteur l’eut pris à part en lui disant : « Tu ne peux pas prêcher Jésus avec la haine au cœur. »

Le film nous montre comment ces leaders religieux s’adressent dorénavant à leurs fidèles, en ayant recours à des textes scripturaires qui soulignent que Dieu désire la justice et la paix. Ils utilisent aussi des arguments rationnels : vivant dans la même ville, les deux communautés expérimenteront la sécurité, la paix et la coopération si les croyants sont prêts à se pardonner les uns les autres et à respecter leurs voisins. La population de Kaduna a accueilli favorablement ce message. Depuis, elle célèbre une nouvelle amitié au-delà des différences religieuses.

Ce que le film ne montre pas, cependant, c’est que ces deux hommes, devenus de grands amis, ont fondé un mouvement de réconciliation interreligieuse et développé un programme d’enseignement approprié. Ils ont eu beaucoup de succès avec un code d’éthique destiné à l’instruction religieuse dans des écoles. Ils ont créé des instituts au Nigeria et même hors de leur pays qui ont pour objectif de transmettre leur message aux croyants vivant dans des régions menacées par des conflits religieux et de fonder des clubs de paix pour les jeunes ainsi que des centres de « déprogrammation » pour jeunes endoctrinés. On trouve de l’information sur ce mouvement au : <www.ashoka.org/node/3874>.

Pour connaître l’origine des conflits entre les musulmans et les chrétiens dans cette région du Nigeria, l’article d’Eliza Griswold, « God’s Country », paru dans The Atlantic Monthly en mars 2008, est éclairant (<www.newamerica.net/publications/articles/2008/gods_country_6742>). On y trouve une analyse très fine des tensions entre ces deux communautés et des conflits à l’intérieur de chacune des deux traditions.

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Brûlons vite ce drapeau du Québec !

Vite, brûlons le fleurdelisé de ce magasin de Lévis de la Société des Alcools du Québec !

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Mise au rebut du drapeau du Québec (aussi appelé fleurdelisé)

Si un drapeau est souillé ou lacéré, il doit être brûlé et non pas jeté.

(Source : Gouvernement du Québec, http://www.drapeau.gouv.qc.ca/drapeau/utilisation/utilisation.html)

 

 

Le fleudelisé arboré par un magasin de la Société des Alcools du Québec, à Lévis.

La Société des Alcools du Québec appartient à l’État du Québec.

Photo prise le 11 mars 2017.


Les peuples utilisent différents symboles pour affirmer leur identité : drapeaux, armoiries, emblèmes, sceaux, etc. Le drapeau figure d’emblée au premier rang pour ce qui est du pouvoir évocateur, ce qui explique que dans tous les pays on lui accorde égards et honneurs.

Ce pouvoir évocateur repose largement sur la capacité qu’il acquiert au fil du temps de rassembler une communauté autour d’aspirations communes et de symboliser l’identité même de cette communauté.

Vous trouverez dans cette section une présentation de l’histoire du drapeau du Québec, les grands principes à observer pour son déploiement de même que les spécifications techniques en vue de sa reproduction. Vous pourrez également télécharger des images du drapeau en divers formats.

(Source : http://www.drapeau.gouv.qc.ca/drapeau/drapeau.html)


Le drapeau du Québec, aussi connu ou désigné sous l’appellation « fleurdelisé », est un symbole ou emblème national comme le sont les armoiries, la devise (Je me souviens), la fleur de lys ainsi que les emblèmes floral (iris versicolore), aviaire (harfang des neiges) et forestier (bouleau jaune).

 


 

NAKOMITUNAKA, chanson africaine.

ON PEUT ÉCOUTER NAKOMITUNAKA AU HTTPS://WWW.YOUTUBE.COM/WATCH?V=0ZCH0UNK4DI

La chanson Nakomitunaka

« Cette chanson est une composition du musicien za’irois Kiamwangana Mateta Verckys* et date de l’année 1971 en rapport avec la politique du Recours à l’authenticité [voir ci-dessous] prônée par l’État zaïrois. Elle est chantée par Saak Sakul et ses compagnons Djeskin et Sinatra avant la dislocation de l’orchestre Vévé. »

* Saxophoniste et auteur-compositeur, entre autres, né en1944 au Congo belge (République démocratique du Congo).

(Source : Mpimpa Fiamba Manestor, L’émergence d’une église locale au diocèse d’Idiofa au Congo-Zaïre, tome 1, Thèse présentée à la Faculté des études supérieures de l’Université Laval pour l’obtention du grade de philosophiae doctor (ph.d.), annexe 7, p. 462, Faculté de théologie et de sciences religieuses, Université Laval, Québec, août 2000, © 2000 – Thèse reproduite au http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/s4/f2/dsk2/ftp02/NQ55823.pdf)

« Après « Muana Nsuka », voici encore une chanson thématique de grande portée. « Nakomitunaka », fut composée en 1972 par Kiamwangana Mateta dit Verckys après le départ du trio Ma-DJE-SI de l’orchestre Vévé. Elle fut lancée en pleine période de « l’authenticité », lorsque l’église Catholique n’était pas en odeur de sainteté avec le régime Mobutu . D’ailleurs le thème développé dans cette chanson ne plut guère à la clergé, qui avait perdu son influence d’antan. Sinon Verkys aurait dû se réfugier comme Wendo à l’époque coloniale . Autre temps autres moeurs, dit-on. (Messager) »

(Source : http://www.mbokamosika.com/article-22776735.html vu le 5 mars 2017)

Authenticité

« Doctrine politique et culturelle prônant la désaliénation par le recours aux valeurs proprement africaines. »

Source : Mussia Kakama, « Authenticité », un système lexical dans le discours politique au Zaïre [article], in Mots. Les langages du politique, Année 1983, Volume 6, Numéro 1, pp. 31-58, article reproduit au http://www.persee.fr/doc/mots_0243-6450_1983_num_6_1_1095

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Mobutu et la politique de zaïrisation (1965-1997)

Lorsque le colonel Mobutu Sese Seko — Joseph-Désiré Mobutu dit Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga, ce qui signifie «guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne ne puisse l’arrêter» — prit le pouvoir en 1965, appuyé par des États extérieurs (dont la Belgique, la France et les États-Unis), il instaura un régime autoritaire de type présidentiel fondé sur un parti unique, le Mouvement populaire de la révolution (MPR), et entériné par une nouvelle constitution en 1967. Avec l’arrivée au pouvoir du président Mobutu, apparut le concept officiel du «recours à l’authenticité». Cette authenticité fut définie comme le désir d’affirmer l’«africanité congolaise» et le refus d’adopter les valeurs venues d’ailleurs (l’Occident). En 1970, Mobutu devenu général, élu pour un mandat présidentiel de sept ans, lança un vaste programme d’africanisation.

– La zaïrisation linguistique

Dès l’année suivante, le pays changea même de dénomination: le Congo belge devint officiellement le Zaïre. Au nom de l’authenticité, plusieurs interventions à caractère linguistique furent amorcées. Ainsi, le gouvernement rebaptisa les noms des grandes villes (p. ex. Léopoldville > Kinshasa, Élisabethville > Lumumbashi, Stanleyville > Kisangani, Port-Francqui > Ilebo, etc.), des rues, des fleuves, des lacs, etc.; le général-président Mobutu a eu droit à un lac qui porte son nom. On supprima les noms et prénoms étrangers; les patronymes traditionnels africains devinrent obligatoires, ce qui suscita un conflit ouvert avec l’Église catholique, opposée à la déchristianisation des prénoms. Les raisons sociales furent également zaïrianisées, que ce soit dans les établissements d’enseignement, les commerces, les noms des journaux (tout en étant rédigés en français). Les termes de salutation tels que Monsieur, Madame et Mademoiselle furent remplacés par Citoyen, Citoyenne et Maman. Les députés se transformèrent en commissaires du peuple, les ministres, des commissaires d’État, les maires, des commissaires de zone, etc. La monnaie nationale porta aussi le nouveau nom du pays: le zaïre qui deviendra plus tard le nouveau zaïre. Bref, la prise du pouvoir politique par Mobutu s’est traduit également par une prise du pouvoir linguistique.

Cette idéologie du recours à l’authenticité entraîna apparemment la valorisation des langues nationales; elle remit en question le monopole du français. Le domaine de l’enseignement fut particulièrement touché. Après avoir été exclues depuis 1962, les quatre langues nationales — swahili, lingala, kikongo et tshiluba — furent réintégrées officiellement partout au pays dans l’enseignement primaire. Rompant avec le programme de 1962-1963 qui avait entraîné l’usage exclusif du français, Mobutu réintroduisit les langues nationales (le tshiluba, le swahili, le kikongo et le lingala) dans les écoles primaires. Toutefois, cet enseignement resta confiné aux deux premières années du primaire. Cette décision n’a été consacrée par un quelconque arrêté ministériel. Il fallut attendre la circulaire du 31 août 1976, qui consacrait le bilinguisme en introduisant l’usage exclusivement oral du français durant les deux premières années du primaire.

La politique du recours à l’authenticité suscita des espoirs légitimes en matière de valorisation des langues nationales. Beaucoup crurent que cette idéologie allait évoluer vers une prise de position sans équivoque en faveur des langues nationales non seulement dans l’éducation, mais dans l’administration, la presse écrite, la télévision, etc. Or, ce n’est pas ce qui s’est passé. Des pressions politiques et économiques ont freiné l’expansion des langues nationales au Zaïre. Le discours officiel alla dans le sens de la promotion des langues nationales, mais les comportements des dirigeants furent caractérisés par l’hésitation, la prudence et l’attentisme. La population zaïroise ne comprit pas toujours pourquoi le discours apologétique officiel sur «l’authenticité africaine» ne s’est pas transposé davantage dans la réalité et, surtout, comment il aurait pu être compatible avec le modèle occidental perpétué par ceux-là même qui le décriaient. Beaucoup soupçonnèrent les dirigeants politiques de vouloir récupérer les valeurs ancestrales à des fins strictement personnelles et partisanes.

Autrement dit, pour que le recours à l’authenticité devienne un nouvel ordre linguistique, il aurait fallu qu’il dépasse les formes superficielles et limitées des termes africanisés, et qu’il consacrât les langues nationales comme des facteurs de développement sociale et économique. Mais ce n’est pas ce voulait le maréchal-président Mobutu.

(Source : Québec, CEFAN*, Université Laval, http://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/czaire.htm)

*CEFAN : Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord

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NAKOMITUNAKA (Je me demande souvent)

Source : Afrique Noire, Histoire et Civilisations, tome II, XIXe et XXe siècles. Auteurs : Elikia M’Bokolo avec la collaboration de Sophie Le Callennec et de Thierno Bah, Jean Copans, Locha Mateso, Lelo Nzuzi, Paris, Hatier – AUPELF*, © 1992, p. 546

* AUPELF :  Association des universités partiellement ou entièrement de langue française

 

Chanson en français (première version présentée dans cette page web)

 

Je ne cesse de m’interroger

Je ne cesse de m’interroger

Mon Dieu, je ne cesse de m’interroger

Mon Dieu, je ne cesse de m’interroger

D’où est sortie la peau noire

D’où est sortie la peau noire

Qui est notre premier ancêtre

Jésus, le fils de Dieu, est un Blanc

Adam et Ève sont des Blancs

Tous les Saints sont des Blancs

Pourquoi

Je ne cesse de m’interroger

Je ne cesse de m’interroger

Mon Dieu, je ne cesse de m’interroger

Mon Dieu, je ne cesse de m’interroger

À l’église nous remarquons ceci

Les photos de tous les saints montrent des Blancs

Tous les anges sont des Blancs

Si c’est le diable, la photo représente un Noir, hein

D’où vient cette injustice

Je ne cesse de m’interroger

Je ne cesse de m’interroger

Je ne cesse de m’interroger

Je ne cesse de m’interroger

Mon Dieu, je ne cesse de m’interroger

D’où est sortie la peau noire

D’où est sortie la peau noire

Les colonialistes nous ont ainsi trompés

Les statuettes de nos ancêtres, ils les rejettent

Les médicaments indigènes, ils les rejettent

Mais à l’église nous remarquons

Nous prions, le chapelet à la main

Nous prions, à l’église pleine des statuettes

Mais ces statuettes ne représentent que des Blancs

Pourquoi, mon Dieu

Mon Dieu, je ne cesse de m’interroger

Nous, nous croyons aux prophètes blancs

Mais eux ne croient pas aux prophètes noirs

Pourquoi nous as-tu créés ainsi, mon Dieu

L’Afrique voit clair

Afrique, il ne faut plus reculer

Mon Dieu, je ne cesse de m’interroger

D’où est sortie la peau noire

D’où est sortie la peau noire

Qui est notre premier ancêtre

Jésus, le fils de Dieu, est un Blanc

Adam et Ève sont des Blancs

Tous les Saints sont des Blancs

Pourquoi, mon Dieu

Mon Dieu, je ne cesse de m’interroger

Nous, nous croyons aux prophètes blancs

Mais eux ne croient pas aux prophètes noirs

Pourquoi nous as-tu créés ainsi, mon Dieu

Notre ancêtre à nous les Noirs où est-il

L’Afrique voit clair

Afrique, il ne faut plus reculer


Source : https://www.facebook.com/youngcongoleseentrepreneurs/posts/1392352234423560 vu le 5 mars 230167 –

Chanson en anglais : Aee I ask myself (en lingala: Aee nakomitunaka)

li: Nzambe nakomitunaka

en: God I ask myself

li: Poso mwindo ewutande wapi ?

en: Where did black skin come from?

li: koko nabiso ya kala ye nani yeee?

en: who is our ancestral?

li: Yesu mwana Nzambe ye nde mondele

en: Jesus son of god is white

li: Adamu na Eva bango nde mindele

en: Adam and eve are white

li: Ba Santo niosso bango pe mindele

en: All saints are white

li: pona nini ?

en: Why is like this?

li: Aee nakomitunaka

en: Aee I ask myself

li: Nzambe nakomitunaka

en: God I ask myself

li: Ba buku ya Nzambe tomonaka boye

en: In the books of god this is what we see

li: Ba santo niosso foto se mindele

en: All photos of saints are white

li: Ba angelu niosso bango se mindele

en: All photos of Angels are white

li: Soki Zabulu foto moto mwindo

en: If it’s a demon, the photo is of black person

li: Injustice ewuta wapi ah Mama

en: Where did this injustice come from ah mama

li: Aee nakomitunaka

en: Aee I ask myself

li: Aee nakomitunaka

en: Aee I ask myself

li: Nzambe nakomitunaka

en: God I ask myself

li: Poso mwindo ewutande wapi ?

en: Where did black skin come from ?

li: Bango ko bakanga bisso mayele boye

en: why do we let ourselves be dupped like this

li: bikeko ya ba koko bango ba boyaka

en: the statues of our ancestors they forbid

li: kisi ya ba koko bango ba ndimaka te

en: our ancestral medicine they don’t accept

li: kasi na ndaku ya Nzambe biso to monaka

en: but what we see in churches

li: Toko sambela chapele na maboko

en: we pray with rosary in our hands

li: Toko sambela bikeko bi tondi ndaku

en: we pray with all their statues in the church

li: Kasi bikeko yango se mindele

en: but these statues are all white

li: Pona nini Nzambe?

en: Why God?

li: Aee nakomitunaka

en: Aee I ask myself

li: Nzambe nakomitunaka

en: God I ask myself

li: Ba prophet mindele biso to ndimaka

en: All white prophets we accept

li: kasi ya bato mwindo bango ba ndimaka te

en: but black prophets they don’t accept

li: Pona nini Nzambe osala biso boye?

en: God why have you created us this way?

li: Africa misso efugwuani

en: Africa’s eyes have been opened.

li: Africa tozanga sima te ah mama

en: Africa let’s not go backwards ah mama

li: Aee nakomitunaka

en: Aee I ask myself

li: Aee nakomitunaka

en: Aee I ask myself

li: Nzambe nakomitunaka

en: God I ask myself

li: Poso mwindo ewutande wapi ?

en: Where did black skin come from ?

li: koko nabiso ya kala ye nani yeee

en: who is our ancestral?

li: Yesu mwana Nzambe ye nde mondele

en: Jesus son of god is white

li: Adamu na Eva bango nde mindele

en: Adam and eve are white

li: Ba Santo niosso bango pe mindele

en: All saints are white

li: pona nini ?

en: why?

li: Aee nakomitunaka

en: Aee I ask myself

li: Nzambe nakomitunaka

en: God I ask myself

li: Ba prophet mindele biso to ndimaka

en: All white prophets we accept

li: kasi ya bato mwindo bango ba ndimaka te

en: but black prophets they don’t accept

li: Pona nini Nzambe osala biso boye?

en: God why have you created us this way?

li: Koko na biso bato mwindo azali wapi

en: where is our black ancestor?

li: Africa misso efugwuani

en: Africa’s eyes have been opened.

li: Africa tozanga sima te ah mama

en: Africa let’s not go backwards ah mama

Aee nakomitunaka

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NAKOMITUNAKA

En lingala : http://multidimensions.over-blog.com/2013/12/la-race-noire-quelle-est-son-origine-s-interroge-verckys-dans-sa-chanson-na-ko-mitunaka.html vu le 5 mars 2017

Autre version en français : http://multidimensions.over-blog.com/2013/12/la-race-noire-quelle-est-son-origine-s-interroge-verckys-dans-sa-chanson-na-ko-mitunaka.html vu le 5 mars 2017

 

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