Nouvelle-France – Le système seigneurial? Quel système seigneurial?

Le système seigneurial? Quel système seigneurial?

In HISTOIRE ENGAGEE, 2 OCTOBRE 2018

http://histoireengagee.ca/le-systeme-seigneurial-quel-systeme-seigneurial/

Par Allan Greer, professeur au département d’histoire de l’Université Mcgill

Ce texte a d’abord paru en anglais sur le site Borealia, A Group Blog on Early Canadian History

L’auteur dit vouloir pointer les « ouvrages de référence et manuels qui continuent de propager une image profondément erronée de la Nouvelle-France rurale sous la rubrique « système seigneurial », par exemple l’Encyclopédie canadienne : https://encyclopediecanadienne.ca/fr/article/regime-seigneurial/ ».

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Aux musulmanes et musulmans du Québec, après la condamnation d’Alexandre Bissonnette à vivre en prison les quarante prochaines années

Aux lendemains de la condamnation d’Alexandre Bissonnette, qui, à Québec le 29 janvier 2017, a tué ou blessé de nombreux adeptes de l’islam, en plus d’endeuiller leurs proches, à vivre en prison les quarante prochaines années, la meilleure chose que l’on peut faire pour aider les musulmanes et musulmans du Québec qui trouvent la peine trop clémente est peut-être de leur rappeler cette parole de leur dieu :

« Le Seigneur dit :

« Mon châtiment atteindra qui je veux; ma miséricorde s’étend à toute chose»

(Coran, sourate VII, verset 156; traduction de Denise Masson)

 

Lire le témoignage suivant devrait aussi les aider :

(L’auteur du témoignage est le professeur Rusmir Mahmutčehajič, né en 1948, musulman, ancien doyen de la faculté de génie électrique de l’Université de Osijek (Croatie), ex-vice-président (1991-1992) du gouvernement de la Bosnie-Herzégovine, auteur de plusieurs livres scientifiques et sur la religion, en particulier de Le meurtre de la Bosnie consacré à la guerre qui, dans les années 1990, a ravagé son pays et s’est soldée par la mort de dizaines de milliers de musulmans, entre autres atrocités.)

« Plus d’un millier de leurs mosquées ont été détruites, plus de 150 000 personnes massacrées, plus de 50 000 femmes et jeunes filles violées, et plus d’un million de gens expulsés de leur maison. Les forces obscures du mal humain ont affecté tous les aspects de leur existence – d’où le danger que les souffrances subies par ces gens les radicalisent au point d’adopter le comportement des auteurs de ces crimes. L’autre option est de réaliser la vraie signification de la première image, la mosquée, et de s’y tenir en faisant face aux besoins immédiats d’affronter ce mal, de l’analyser et de l’identifier. L’image de la mosquée et la réalité des massacres offre une gamme de possibilités s’échelonnant de la plus haute – emprunter la voie verticale – à la plus basse : s’abandonner à la colère.’’

La réponse de Mahmutčehajič ? Suivre l’injonction du Coran :

« L’action bonne n’est pas semblable à la mauvaise. Repousse celle-ci par ce qui est le plus beau en bonté : tu verras alors celui qu’une inimitié séparait de toi devenir pour toi un ami chaleureux. C’est là une chose à laquelle n’atteignent que ceux qui exercent la patience, ceux qui ont reçu une faveur insigne. (Coran : 41, 34-35). »

Source : Tayeb Chouiref, Les enseignements du Coran sur la compassion, la paix et l’amour, 14 septembre 2009, https://oumma.com/les-enseignements-du-coran-sur-la-compassion-la-paix-et-lamour/

 

Tayeb Chouiref : docteur en islamologie, spécialiste de la mystique musulmane et des sciences du Hadith, auteur, traducteur.

Mahmutćehajić, Rusmir (1948-….)
Le meurtre de la Bosnie [Texte imprimé] / Rusmir Mahmutćehajić ; traduit du bosniaque par Mauricette Begić et Nicole Dizdarević. – Paris : Non lieu, DL 2008 (53-Lassay-les-Châteaux : Impr. EMD). – 1 vol. (199 p.-[20] p. de pl.) : cartes, couv. ill. ; 21 cm.
Titre original : Kriva politika : ćitanje historije i povjerenje u Bosni. – Précédemment paru sous le titre : « Une politique erronée : lecture de l’histoire et confiance en la Bosnie ».
ISBN 978-2-35270-039-5 (br.) : 18 EUR. – EAN 9782352700395.

Curieux? Consultez le Canal-U, site de référence pour les ressources audiovisuelles de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Canal U

Canal-U est le site de référence pour les ressources audiovisuelles de l’enseignement supérieur et de la recherche. Enseignants, chercheurs, étudiants, publics curieux, plus de 25 000 vidéos dans tous les domaines sont à votre disposition.

Canal-U est un projet de la communauté universitaire et scientifique dans son ensemble. Développé en relation avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, il fait l’objet d’une labellisation qui assure la validité des contenus. Il permet à chacun d’accéder gratuitement aux productions audiovisuelles universitaires et scientifiques.

Source : MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE,

https://www.mnhn.fr/fr/enseignement-formation/ressources-numeriques/chaine-video-canal-u


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LIEN: http://www.canal-u.tv

Canal-U est la vidéothèque numérique de l’enseignement supérieur français. C’est un site de référence pour les ressources audiovisuelles de l’enseignement supérieur. Enseignants et étudiants peuvent y trouver des programmes enrichis de documents pédagogiques et validés par les conseils scientifiques des Universités Numériques Thématiques.

Source : Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine, http://cdeacf.ca/site-web/canal-u

469, rue Jean Talon Ouest, bureau 229

Montréal, Québec, H3N 1R4

Téléphone : 1 514 876-1180

Sans frais : 1 866 972-1180

Courriel : info@cdeacf.ca


VOIR AUSSI :

https://www.youtube.com/watch?v=QFbOyhFTF3k

https://www.canal-u.tv/producteurs/

https://www.canal-u.tv/themes/

Personne ne peut vous enlever vos droits de l’Homme (Article 30 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations Unies)

Regardez cette vidéo sur l’Article 30 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations Unies qui stipule que personne ne peut vous enlever vos droits de l’Homme et qu’aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme donnant le droit à quiconque de détruire n’importe laquelle des libertés qui y sont énoncées.

Source : Vidéo sur l’Article 30 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations Unies

Les caisses scolaires Desjardins dans les écoles du Québec : inacceptable !

Lévis, le 18 janvier 2019

Monsieur Jean-François Roberge

Ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur

Cabinet du ministre

Édifice Marie-Guyart

1035, rue De La Chevrotière, 16e étage

Québec (Québec) G1R 5A5

Monsieur le ministre,

En 2012, un historien à l’emploi de l’entreprise Mouvement Desjardins a écrit ceci : « À partir du constat que LA CAISSE SCOLAIRE PEUT S’AVÉRER UNE ŒUVRE AUXILIAIRE DES PLUS UTILES POUR LA CAISSE POPULAIRE, [Alphonse] Desjardins fait sien cet écrit de l’économiste français Léon Say : « La caisse agit sur les adultes, mais son action devra être lente à raison même de la force de résistance des habitudes prises; tandis que de son côté l’épargne scolaire, elle, s’empare de l’enfance et la façonne dès le berceau [!] à cette vertu sociale de l’économie. […]            Par cette nouvelle activité, on préparera de nombreuses recrues qui viendront grossir plus tard les rangs des sociétaires des Caisses populaires. »

(Guy Bélanger, historien, employé de l’entreprise Mouvement Desjardins,

Alphonse Desjardins 1854-1920, Septentrion, p. 380).

« Malgré ce qui prend l’allure d’un empiètement, Alphonse Desjardins n’hésite pourtant pas à promouvoir l’épargne scolaire et intégrer ces petites caisses au mouvement coopératif. Sans désespérer de l’épargne adulte, il espère davantage de la relève des futurs épargnants que préparera la caisse scolaire. »

(Paul Morency, Alphonse Desjardins et le catéchisme des caisses populaires,

Québec, Les Éditions du Septentrion, 2000, p. 55).

« L’enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d’exploitation… »

Déclaration des droits de l’enfant adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies

https://www.humanium.org/fr/normes/declaration-1959/

Les Québécoises et les Québécoises ont raison de se demander ce que font l’entreprise Mouvement Desjardins et ses caisses scolaires dans les écoles du Québec fréquentées par des enfants de 4 à 12 ans. Apprennent-ils aux enfants à épargner ? Dans un document distribué à des écoliers en 2012, Desjardins dit : « Grâce à ce mode d’épargne [la caisse scolaire], les jeunes de niveau primaire s’habituent à épargner et apprennent des notions d’économie et de coopération »; dans le web, Desjardins admet que l’un des objectifs pédagogiques de ses caisses scolaires est de faire « connaître et comprendre » la « notion de coopération ». Le Mouvement Desjardins est fidèle à son fondateur : en 2013, il lorgne « la relève des futurs épargnants que préparera la caisse scolaire », comme le faisait consciemment, délibérément, Alphonse Desjardins il y a un siècle : « À partir du constat que la caisse scolaire peut s’avérer une œuvre auxiliaire des plus utiles pour la caisse populaire, a écrit en 2012 un historien à l’emploi de Desjardins, [Alphonse] Desjardins fait sien cet écrit de l’économiste français Léon Say : « La caisse agit sur les adultes, mais son action devra être lente à raison même de la force de résistance des habitudes prises; tandis que de son côté l’épargne scolaire, elle, s’empare de l’enfance et la façonne dès le berceau à cette vertu sociale de l’économie. […] Par cette nouvelle activité, on préparera de nombreuses recrues qui viendront grossir plus tard les rangs des sociétaires des Caisses populaires. » (Guy Bélanger, Alphonse Desjardins 1854-1920, Septentrion, p. 380). Vous pensez probablement comme moi, Monsieur le ministre : on ne doit pas accepter qu’un établissement financier, Desjardins ou n’importe quel autre, soit autorisé par le gouvernement et les commissions scolaires du Québec à s’installer dans les écoles pour « grossir plus tard les rangs des sociétaires des Caisses populaires » ou des clients des succursales d’une banque.

Vous avez compris, Monsieur le ministre, que je demande au gouvernement du Québec, à votre ministère, d’ordonner à l’entreprise Mouvement Desjardins de retirer rapidement ses caisses scolaires des écoles du Québec. Je ne crois pas qu’il y a beaucoup de Québécoises et de Québécois qui aiment que leurs enfants de 4 à 12 ans subissent l’influence de l’épargne scolaire qui « s’empare de l’enfance et la façonne dès le berceau [!] à cette vertu sociale de l’économie [la coopération] », ou qu’on expose leurs enfants aux vertus du capitalisme, du communisme ou de l’illibéralisme à l’école primaire, « dès le berceau » [!].

La présente et votre réponse seront publiées au www.lepasseurdelacote.com.

Je vous prie, Monsieur le ministre, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan (bénévole) de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan (bénévole), après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Travailleur bénévole au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles de 2013 à 2018. Libre d’antécédents judiciaires.

Post-scriptum

I_Rappel – Le 3 février 2012, le quotidien montréalais La Presse a écrit ceci :

« Pour avoir contrevenu à l’interdiction de faire de la publicité destinée aux enfants, le Mouvement Desjardins s’est fait taper sur les doigts par l’Office de protection du consommateur (OPC), a appris La Presse. Dans le matériel scolaire qu’il offre aux écoles, le Mouvement a « fait la promotion de Desjardins avec un certain appétit de faire de la publicité », a expliqué Nathalie Jackson, avocate à l’OPC.

« C’est une commission scolaire qui a porté plainte à l’OPC en 2010, jugeant que le matériel didactique offert en lien avec les caisses scolaires devenait hors de proportion. Il y en avait tant que « ça faisait un bon dictionnaire Robert de haut », a décrit Me Jackson. » (https://www.lapresse.ca/actualites/education/201202/02/01-4492114-desjardins-a-fait-de-la-pub-dans-les-ecoles.php)

II_« Parce que le droit est au service de la Justice il est fondamental pour le juge de ne jamais tolérer que l’homme aliène* l’homme, l’exploite** ou le trompe sous le couvert de la loi ou du contrat et de toujours rechercher les points d’équilibre des droits ou des intérêts qui s’affrontent. »

(Jean Chazal [président de Chambre à la Cour d’appel de Paris, président d’honneur de l’Association des Juges des enfants], Les Droits de l’enfant, Paris, Presses universitaires de France, coll. Que Sais-Je? © 1959, p.117)

* aliéner : « Soumettre quelqu’un à des contraintes, lui enlever son libre arbitre », https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/ali%C3%A9ner/2258

** exploiter : « Tirer abusivement profit »

http://www.cnrtl.fr/definition/exploiter



Membres de caisses scolaires, enfants de six ans ou plus.

Les meilleurs coopérateurs sont probablement les enfants qui déposent le plus d’argent.

Des conseils pour les parents modernes

Extrait de Georges Heuyer : L’Enfance, Paris, Presses universitaires de France, © 1971, p. 191-192 [Georges Heuyer était membre de l’Académie de Médecine (France) et professeur honoraire à la Faculté de Médecine de Paris] :

Le livre de Mme Hélène Brûlé, inspectrice générale, Parents modernes pour enfants modernes [Paris, Hachette, 1956], résume bien les principes conformistes et rationnels qui étaient à la base de l’instruction plus que de l’éducation et qui préoccupaient les instituteurs du « primaire ».

Votre enfant, cet inconnu. Vous pouvez aider ce petit être inconnu à devenir lui-même et à trouver sa place dans le petit monde de demain.

– Le bonheur de votre enfant est compromis, si vous ne lui assurez pas :

– une vie bien réglée,

– un climat d’affection et de sécurité;

la liberté de manipuler les choses qui l’entourent et d’exprimer ce qu’il éprouve.

À l’école maternelle, l’enfant de moins de six ans trouve des petits camarades de son âge; son esprit s’éveille; ses dons créateurs se révèlent à la faveur d’activités bien choisies.

Apprendre è bien lire est le premier travail de l’écolier. C’est aussi le plus important pour les études à venir et pour l’aptitude à s’instruire et à rédiger.

Pour profiter pleinement de ce que l’école lui offre, l’enfant a besoin :

de repos, de sommeil, de bonne nourriture;

d’une vie familiale heureuse et calme;

d’une bonne entente entre ses parents et ses maîtres.

Si votre enfant est un brillant élève, ne gâtez pas son caractère par des louanges excessives. S’il est seulement passable,

soyez attentif à ses mérites et ne l’humiliez pas.

Les erreurs d’une éducation peuvent retentir sur toute une existence.

Le genre de vie, le cadre, les habitudes comptent autant et plus que les bonne paroles.

Tous ces conseils sont excellents. La vie quotidienne, dans la famille et à l’école, montre qu’il est difficile de les satisfaire.

Il n’est pas douteux que, sous les uniformes modernes, les clans militaires japonais de 1941 aient vécu très exactement au seizième siècle.

Le péril du décalage chronologique.

Il n’est pas douteux que, sous les uniformes modernes, les clans militaires japonais de 1941 aient vécu très exactement au seizième siècle.

Source : René Grousset (historien de l’Orient), Bilan de l’histoire, Paris, Librairie Plon, © 1946, collection Le Monde en 10 / 18, dépôt légal : 2e trimestre 1962, p. 102-104

Les astronomes nous apprennent que les diverses parties du ciel, bien que nous les embrassions du même regard à la même seconde, ne sont pas synchroniques. Des étoiles qui paraissent nous envoyer un rayonnement tout semblable, sont séparées non seulement par des gouffres d’espace, mais aussi par des abîmes de temps. Telle d’entre elles qui semble encore briller sur nos têtes est, en réalité, éteinte depuis déjà des millions d’années. D’autres sont nées, dont le rayon n’a pas encore eu le temps de parvenir jusqu’à nous. Il n’en va pas autrement des peuples. Sous la rubrique apparente du même millésime, d’effroyables décalages chronologiques les séparent. L’Islam date des éphémérides du quatorzième siècle de l’Hégire, et il est exact que nombre de ses fidèles vivent encore à l’époque de notre Trecènto [quatorzième siècle]. Le moins que l’on puise dire de l’invasion hitlérienne, c’est qu’elle était contemporaine d’Alaric* et de Genséric**. Des zones entières de l’âme allemande sont encore éclairées par le soleil du pré-Moyen Age, et il n’est pas douteux que, sous les uniformes modernes, les clans militaires japonais de 1941 aient vécu très exactement au seizième siècle. Par contre, les plus évolués des peuples occidentaux, les Scandinaves, donnaient l’impression d’avoir déjà atteint le port de l’an 2000.

Ce décalage chronologique constitue pour l’humanité le plus grave péril. La plupart de nos malheurs viennent de ce que les peuples, ne vivant pas à la même époque, n’obéissent ni à la même logique ni à la même morale. Combien de guerres a causées ce dénivellement culturel! Les camps de concentration allemands nous ont même, à cet égard, révélé le plus effroyable secret : sur de nombreux secteurs nous sommes restés contemporains de l’humanité primitive.

Or, une voix d’outre-tombe, celle d’un homme d’État américain, vient de nous rappeler que – plus que jamais – la Terre est ronde ». Il est en effet certain que le progrès scientifique, encore accélérée par la dernière guerre, a à ce point raccourci les distances que tous les peuples désormais se touchent. La théorie de la dérive des continents joue, cette fois, en sens inverse : les voilà de nouveau agglomérés. Des peuples que nous venons de voir séparés par des abîmes psychologiques et culturels devront vivre en étroite symbiose, cohabiter dans une maison commune aux parois soudains resserrées, aux cloisons abattues. Dans un prochain conflit la nation la plus inoffensive, la plus résolument neutre, se trouverait impliquée d’office. L’exemple de la Norvège, pour ne citer que celui-là, est un avertissement.

C’est que l’Occident semble avoir oublié le maître-mot qui était comme la clé de sa civilisation. Ce mot magique autour duquel s’était ordonnée la pensée européenne, cette idée-force qui aura été la grande motrice des derniers siècles, c’était l’idée de liberté. Liberté de pensée, libertés civiques, indépendance des peuples, c’était vers cet idéal que depuis la R de l’humanité s’était mise en marche.

Pour lui, elle avait, pendant des décades, peiné et souffert. Au commencement du vingtième siècle, elle l’avait à peu près atteint. Du moins tous les peuples, même les moins évolués, je veux dire les éléments les plus cultivés chez tous les peuples, se piquaient-il de se modeler sur le libéralisme dont les nations anglo-saxonnes donnaient l’exemple et qui était considéré comme la formule même de la civilisation. Les traités de 1919 s’efforcèrent de reconstruire le monde sur ses bases.

Mais il arriva que lorsque nos contemporains eurent à peu près atteint le but pour lequel étaient morts leurs pères, ils parurent s’en désintéresser. Entre 1919 et 1939 nous avons assisté à cet étonnant spectacle : une société qui a cessé de croire à sa raison d’être et qui, pareil à l’Athénien de la Vie d’Aristide, se trouvant lasse d’entendre sans cesse l’éloge de la Liberté et de la Justice, inscrit le nom de ces deux déesses sur ses ostraka*. En dehors du domaine anglo-saxon, on eût dit que, du jour au lendemain, le sens de ces mots s’était perdu. C’est que, contre la doctrine officielle, des négateurs s’étaient dressés, qui, procédant à la manière des encyclopédistes du dix-huitième siècle, mais en sens inverse, sapaient par la base les théories libérales.

* Alaric : « (delta du Danube vers 370-Cosenza 410), roi wisigoth de 396 à 410. Il ravagea les pays balkaniques et envahit l’Italie. Le sac de Rome par ses troupes en 410 eut un immense retentissement dans l’Empire romain d’Occident. » (https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Alaric_Ier/104526)

** Genséric : « Roi des Vandales de 427 à 477, et des Alains de 428 à 477, Genséric est né vers 399 sur les rives du lac Balaton et mort le 25 janvier 477 à Carthage. » (https://www.universalis.fr/encyclopedie/genseric-geiseric/)

« Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Ils s’illustrèrent en pillant successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (en Espagne), l’Afrique du Nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des Grandes invasions, au Ve siècle de l’ère chrétienne. Ils fondèrent également un éphémère « royaume vandale d’Afrique », ou « royaume de Carthage » (439–533). » (https://www.histoiredumonde.net/-les-vandales-.html)

*** ostrakon : origine ostrakon, morceau de poterie sur lequel on inscrivait son vote à Athènes) Ce système fut instauré dans les poleis au moment de l’établissement de la démocratie. L’assemblée des citoyens avait le droit, par vote plus que majoritaire, d’exiler des individus qu’elle jugeait n’avoir pas bien rempli leurs fonctions politique, militaire ou judiciaire. L’ostracisme était une punition très grave. [Ostracism] (http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/civilisation/textes/glossaireo-z.htm

« The Story of 2018 Was Climate Change. »

The New York Times

Monday, December 31, 2018

https://static.nytimes.com/email-content/TY_9024.html?nlid=63657981

David Leonhardt, Op-Ed Columnist

A global heat wave. Extreme rainstorms. Severe droughts. Rapidly intensifying Gulf Coast storms. The deadliest wildfire in California history. And a presidential administration that’s trying to make the problem worse.

There were more obvious big news stories than climate change in 2018. But there weren’t any more important stories, in my view. That’s why it is my choice for the top story of the year. It’s the one most likely to affect the lives of future generations.