Projet de loi québécois sur la laïcité : le recours aux dispositions de dérogation pour protéger la laïcité québécoise.

 

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/538870/au-sujet-du-recours-aux-dispositions-derogatoires-pour-proteger-la-laicite-quebecoise

Au sujet du recours aux

dispositions de dérogation

pour protéger la laïcité québécoise

«Le recours aux dispositions de dérogation de la Charte canadienne et de la Charte québécoise se révèle ici aussi entièrement légitime qu’éminemment nécessaire», selon les auteurs.

Texte collectif * 12 octobre 2018

Lettre ouverte au premier ministre François Legault

Solidement ancrée dans les moeurs québécoises depuis la Révolution tranquille, la laïcité est une valeur collective forte de la société québécoise — qui, après 40 ans de multiculturalisme et d’accommodements raisonnables, se trouve significativement mise à mal. Vous proposiez récemment un premier pas dans l’affirmation et la restauration de cette valeur essentielle aux Québécois avec votre intention de légiférer contre le port de symboles religieux par les employés de l’État en position d’autorité, y compris les enseignants, et nous ne pouvons que le saluer.

Ce même objectif de laïcité, de nombreux autres États dans le monde l’ont inclus dans leur droit. Le Québec ne serait certes pas le premier État à adopter des règles de droit pour restreindre le port de symboles religieux par ses fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions. À l’échelle internationale, de telles mesures ont été soumises dans de nombreux cas à un processus de contrôle judiciaire, tant devant les tribunaux nationaux que devant la Cour européenne des droits de l’homme, et ont été jugées valides. Dès 2001, dans l’affaire Dhalab c. Suisse, la CEDH validait l’interdiction suisse du port du voile par les enseignantes dans l’exercice de leurs fonctions, affirmant que : « même s’il est particulièrement important aux yeux de l’intéressée […] le port du foulard et de vêtements amples reste une manifestation extérieure qui, à ce titre, n’appartient pas au noyau intangible de la liberté de religion », en soulignant également qu’on ne peut nier le message religieux véhiculé par le voile d’une enseignante à l’endroit des enfants qui voient en elle une figure d’autorité. L’expérience européenne en atteste, l’interdiction de symboles religieux chez les fonctionnaires de l’État n’est pas un crime contre l’humanité et peut s’avérer une mesure législative tout à fait légitime et nécessaire au nom du droit collectif d’une population à un État laïque et d’apparence laïque sans pour autant choquer les droits fondamentaux des employés de l’État en tant qu’individus.

Système canadien

Cependant, le système judiciaire canadien ne partage généralement pas cette vision du droit. Depuis 1982, il existe une tendance lourde au sein de la jurisprudence de la Cour suprême à faire primer les intérêts individuels devant les droits collectifs et à mettre de côté le principe de l’égalité formelle de tous devant la loi lorsqu’un individu invoque sa religion pour se soustraire aux règles générales. Le courant jurisprudentiel largement dominant y considère que, au nom des Chartes des droits et libertés, les individus peuvent valablement invoquer leur religion pour se soustraire à l’application générale des règles de droit, des devoirs, obligations et responsabilités autrement applicables à tous, au nom d’une certaine conception du droit à l’égalité plaçant l’intérêt privé en position de supériorité juridique par rapport au collectif.

Au sein du système canadien, il y a conséquemment fort à parier que, quand bien même un encadrement législatif de la question du port de symboles religieux peut tout à fait se justifier dans l’absolu, il risque d’être jugé incompatible avec les canons juridiques établis par la Cour suprême du Canada et déclaré inconstitutionnel. Dans cette perspective, un recours aux dispositions de dérogation (article 33 de la Charte canadienne ; article 52 de la Charte québécoise) apparaît comme la voie à suivre pour soustraire cette nécessaire entreprise d’affirmation de la laïcité québécoise à la tutelle des Chartes et éviter qu’elle ne soit euthanasiée judiciairement au nom d’une vision du droit qu’elle prétendrait contredire.

Il y a quelques jours, Justin Trudeau, suivi par d’autres, prétendait vous servir une « mise en garde » contre l’utilisation des dispositions de dérogation, affirmant que celles-ci ne devraient être utilisées qu’en dernier recours. Selon cette frange du discours, le recours aux dispositions de dérogation relèverait de la négation des droits fondamentaux. À la limite, certains prétendent que le droit de dérogation n’aurait jamais dû apparaître aux Chartes ; et ne serait pratiquement jamais employé dans la réalité tellement il est gravissime et dangereux.

Plus de cent fois

Pourtant, une étude empirique révèle que le Québec a eu recours aux dispositions de dérogation plus de cent fois dans plus de quarante lois distinctes pour écarter le droit des Chartes au nom du bien commun. À plus d’une centaine d’occasions, sur une panoplie de sujets allant de l’agriculture aux régimes de pension, en passant par la procédure civile, le droit linguistique, l’accès à l’emploi et le système d’éducation, le législateur québécois a jugé opportun d’affirmer que certains enjeux étaient d’une importance collective telle qu’ils ne sauraient être mis en péril au nom d’intérêts privés qui prétendraient en chercher l’annulation au nom des Chartes. Un exemple récent : la Loi sur le régime de retraite du personnel d’encadrement contient à son article 211 une référence aux dispositions de dérogation des Chartes pour défendre l’objectif collectif d’accorder un calcul différentiel de pension de retraite à certaines catégories d’employés du secteur public. Un autre exemple : le Code de procédure civile, qui déroge à son article 542 au droit fondamental à la représentation par avocat devant la Cour des petites créances, pour favoriser l’objectif social d’accessibilité à la justice. Il y a eu 106 cas de dérogation aux Chartes au Québec depuis les 40 dernières années au nom de la recherche du bien commun. Le Québec ne s’est pas transformé en dictature totalitaire marchant au bruit des bottes pour autant, tous en conviendront.

Il y a au Québec une pratique et une théorie bien établies de considérer légitime une dérogation aux Chartes en présence de certains enjeux collectifs majeurs qui ne peuvent souffrir de voir leur mise en application paralysée, voire étouffée par une contestation constitutionnelle au nom d’intérêts individuels, tranchée selon une vision du droit que ne partage pas forcément la société québécoise. La réglementation du port de symboles religieux au sein de la fonction publique, nécessaire pour l’affirmation et la défense du droit collectif de tous les Québécois à un État laïque et d’apparence laïque, est incontestablement un enjeu d’une telle importance — et le recours aux dispositions de dérogation de la Charte canadienne et de la Charte québécoise se révèle ici aussi entièrement légitime qu’éminemment nécessaire.

Les signataires :

Jocelyn Beaudoin, avocat;

Anne-Marie Bilodeau, juriste;

Henri Brun, avocat et professeur de droit;

Nicolas Bucci, avocat;

Pierre Chagnon, avocat émérite,

ancien bâtonnier du Québec;

Pierre Cloutier, avocat à la retraite;

Julien Corona, juriste et candidat à la maîtrise en droit;

Lulu Cornellier, avocate;

François Côté, avocat, chargé de cours, chercheur en droit et candidat au doctorat en droit;

Raphaël Déry, avocat;

Lionel Alain Dupuis, ambassadeur canadien à la retraite;

Aude Exertier, avocate;

Dominique Goudreault, avocat;

Guylaine Henri, avocate et juge administrative à la retraite;

Nadine Koussa, avocate;

Sylvain Lemyre, avocat;

Gabriel Meunier, avocat;

Pascal Ouellet, notaire;

Virginie Paquet, avocate;

Nicolas Proulx, juriste et candidat au doctorat en droit;

Nicolas Rioux, juriste et candidat à la maîtrise en droit;

Guillaume Rousseau, avocat et professeur de droit;

Ginette Tétreault, avocate;

Guy Tremblay, avocat et professeur de droit;

Julien Valois-Francoeur, avoca

et Simon Vincent, avocat.

Une musulmane veut devenir policière au Québec et porter un hijab un travail. Qu’en pensez-vous?

Une étudiante en techniques policières de la région de Montréal demande en avril 2018 que les musulmanes comme elle soient autorisées à porter un hidjab dans les services de police du Québec. (Le hidjab est un voile qui couvre la tête et les cheveux, mais qui ne cache pas le visage, et qui serait un vêtement religieux avancent certains, non religieux affirment d’autres).

Montréal, 20 juin 202__ – Vous entendez? La sirène du service de police de Montréal retentit. Qu’y a-t-il encore? Des policiers s’interposent entre deux groupes de personnes qui manifestent; ils constatent (comment ont-ils fait?) que l’un des groupes est composé de musulmans sunnites et que l’autre rassemble des musulmans chiites. Fait d’une extrême importance, des policiers, membres des forces dites de l’ordre, portent un vêtement islamique. Or, les sunnites et les chiites, partout dans le monde, sont en désaccord; dans plusieurs pays, écrivait la revue Le Point en 2013, « pas un jour ne passe sans que des sunnites et des chiites s’entretuent » (note 1); et dans la région de Montréal, dans un cimetière musulman, chacune des branches sunnite et chiite possède « son adresse, sa barrière, son centre funéraire et son administration » (note 2). À quoi peuvent penser des sunnites et des chiites qui laissent leur opposition se hérisser dans la rue à Montréal, et devant qui se dresse le service de police municipal? Ils se demandent à quelle branche appartiennent les policiers musulmans présents, et si ces policiers musulmans feront preuve de neutralité. Situation malsaine, on en conviendra!

Ne nous faisons pas d’illusions, les Québécoises et les Québécois courent le risque d’entendre des sirènes retentir chez eux à cause de conflits interreligieux internes. Ou en raison d’actes de violence religieuse commis à l’étranger : ces dernières années seulement, l’Inde (je ne parlerai ici que de ce pays) a beaucoup souffert de la violence religieuse : en 2008, dans l’Orissa : « Flambée de violences antichrétiennes », a titré un journal; sept ans plus tard, « les chrétiens [craignaient] [toujours] les violences et les persécutions », a annoncé une station de radio; en 2002, « au Gujarat, bastion des nationalistes hindous et théâtre de conflits interreligieux récurrents, l’incendie d’un train déclenchait l’un des pogroms les plus violents de l’histoire du pays, a rapporté une revue; plus de 2 000 musulmans ont trouvé la mort dans ces émeutes, a précisé la revue »; en 1984, des milliers de Sikhs ont été massacrés à la suite de l’assassinat du premier ministre Indira Gandhi, et en 1993, une «  nouvelle vague de violence [a] fait rage […] à Bombay, opposant fondamentalistes hindous et musulmans », a écrit un journal. Les cruelles oppositions de croyances, d’opinions et d’intérêts entre les religions dans un pays ont eu dans le passé des répercussions malheureuses sur les adeptes des religions antagonistes dans d’autres pays; elles continueront d’en avoir.

Si le Québec permet aux adeptes d’une religion membres d’un service de police de porter un vêtement ou un signe religieux, il devra donner la même autorisation aux coreligionnaires de toutes les autres religions. Qui trouverait édifiant et beau le spectacle qu’offrirait un manifestant sikh qui perd son turban au moment où il est poussé dans une voiture de police par une policière qui porte un hidjab?

Il serait souhaitable que les policiers ne soient pas autorisés, partout dans le monde, à indiquer au travail leur appartenance religieuse par un vêtement, un signe ou autre chose.

« Plus qu’une fonction, plus qu’une tâche, le rôle du policier a une charge symbolique. Il incarne l’ordre, l’autorité de l’État : il dresse les constats d’infraction, il procède à l’arrestation de citoyens, il peut user de violence en toute légalité, jusqu’à causer la mort. On ne choisit pas le policier qui nous interpelle. Contrairement à un juge, qui, lui aussi, exerce un pouvoir de coercition, on ne peut même pas demander au policier qu’il se récuse. Pour ces raisons, sa neutralité, notamment religieuse, ne doit faire aucun doute. »

(Robert Dutrisac, éditorialiste, Étudiante en techniques policières voilée: la politique de la division, 14 avril 2018, https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/525249/etudiante-en-techniques-policieres-voilee-la-politique-de-la-division?utm_source=infolettre-2018-04-14&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne)

S’ils devraient réfléchir au problème du port de vêtements ou de signes religieux dans les services de police, les étudiantes et les étudiants en techniques policières auraient intérêt à se pencher aussi sur la question de l’adaptation de l’islam au monde actuel. Il est normal que les religions évoluent : « Sous l’action de la dynamique de la vie, écrit un professeur d’histoire des religions, G. Van Der Leeuw, la religion change sans cesse de figure; aussi longtemps qu’elle existe elle se reforme. […] Aucune religion n’est jamais achevée; chacune, même la plus primitive, était autrefois autre qu’aujourd’hui, et elle changera encore dans l’avenir. » (Note 3) L’islam a évolué lui aussi; peut-on penser sérieusement qu’aujourd’hui il est figé à jamais?

L’adaptation de l’islam au temps présent est réclamée depuis longtemps par beaucoup de personnes sérieuses, réfléchies. Selon Tareq Oubrou, imam de Bordeaux (France), « Réformer l’islam est nécessaire, abstraction faite du terrorisme qui frappe notre pays. […] Ce qui est valable pour la réforme de l’interprétation de l’islam est valable, raison de plus, pour l’institution religieuse représentative. » (Note 4) Un autre musulman réputé, Abdelmajid Charfi, professeur émérite et ancien doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines de Tunis, a affirmé « qu’une nouvelle interprétation du Coran et des textes fondateurs est non seulement possible mais qu’elle est plus fidèle à l’esprit et à l’objectif ultime du message du Prophète ». (Note 5) Musulman comme Oubrou et Charfi, Malek Chebel, anthropologue des religions, philosophe, psychanalyste, traducteur du Coran et auteur d’une quarantaine d’ouvrages, a déclaré être « persuadé que l’islam peut être compatible avec la modernité, s’il se déleste, c’est vrai, des versets qui posent problème ». (Note 6)

Ne serait-il pas possible, de nos jours, que les musulmans s’entendent pour déclarer que des passages du Coran ne conviennent pas au XXIe siècle (la Bible contient elle aussi des textes qui seraient relégués aux oubliettes par le Vatican aujourd’hui)?

Pensons par exemple à la sourate IV, 89 : « Ils [les hypocrites] aimeraient vous voir incrédules, comme ils le sont eux-mêmes, et que vous soyez semblables à eux. Ne prenez donc aucun protecteur parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le chemin de Dieu. S’ils se détournent saisissez-les; tuez-les partout où vous les trouverez (traduction de Denise Masson, Le Coran, Paris, Éditions Gallimard, ©1967, imprimé en 2012 dans la collection Folio Classique, p. 107-108) ». La présence dans un service de police de croyants qui doivent être entièrement soumis à leur Dieu qui leur commande de tuer [n’est-ce pas ce que doivent comprendre les lecteurs du Coran?) est un grand objet de préoccupation et un problème énorme.

La sourate IV, 34 pose problème elle aussi  : la policière musulmane qui découvre un homme en train de frapper une musulmane doit-elle porter secours sans tarder à la femme ou déterminer au préalable si l’attaquant est le mari? La question peut paraître absurde, mais seulement pour celles et ceux qui ne connaissent pas ce passage du Coran : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence que Dieu leur a accordée sur elles, et à cause des dépenses qu’ils font pour assurer leur entretien. Les femmes vertueuses sont pieuses : elles préservent dans le secret ce que Dieu préserve. Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les. Mais ne leur cherchez plus querelle, si elles vous obéissent. – Dieu est élevé et grand  – » (traduction de D. Masson, p. 98-99). Si l’attaquant est le mari de l’attaquée, la policière musulmane devra choisir entre deux partis : premier parti : laisser le mari continuer de battre sa femme [le Coran, livre sacré de leur religion (sacré pour le mari et la policière), permet au mari de battre sa femme, on l’a vu]; ou, second parti : appliquer le Code criminel canadien qui interdit les voies de fait (article 266, http://laws-lois.justice.gc.ca/PDF/C-46.pdf); si la policière choisit le premier parti, elle désobéit à son Dieu, si elle choisit le second, elle viole le Code criminel. Le problème de la policière est impossible à résoudre. *

Il est impossible de laisser entrer la religion dans la sphère de certaines activités sociales.

Roger Martel, citoyen de Lévis

La charia à Lévis, le quotidien Le Devoir et le droit à l’information

Lévis, le 18 mai 2019

Monsieur Brian Myles, directeur

Journal Le Devoir

Montréal

 

Monsieur,

Madame Odile Tremblay, votre journaliste, couvre le Festival de Cannes, ces temps-ci. À la fin de ses articles on peut lire cette mention : « Odile Tremblay est l’invitée du Festival de Cannes ».

Si l’industrie du cinéma a invité Le Devoir à son Festival, j’imagine que d’autres industries et même des citoyens très ordinaires peuvent eux aussi essayer de vous attirer.

J’invite Le Devoir à venir à Lévis (je lui suggère d’envoyer Mme Isabelle Porter, qui a vécu à Lévis – elle y habite peut-être toujours – pas loin de la mosquée, qui n’est pas loin de l’école où elle a fait son cours secondaire*). Venir à Lévis pour mener une « enquête » sur un événement survenu le 17 mai 2017, un événement dont votre journal n’a pas parlé (il a refusé d’en parler) (les autres organes d’information québécois n’ont pas fait mieux, à ma connaissance). L’événement en question s’est déroulé dans la chapelle désacralisée du Patro de Lévis*; quel est-il : l’imam de la mosquée locale, M. Karim Elabed, a prêché en faveur de la charia, au nom de laquelle des êtres humains décapitent, amputent des voleurs d’une main, lapident des femmes, etc., et dont on entend dire qu’elle n’est pas compatible avec les chartes occidentales des droits et libertés (M. Elabed a dit aimer la charia, la « voie à suivre », mais il ne l’a pas décrite).

Votre Devoir n’a pas parlé de la déclaration susmentionnée de l’imam, Monsieur Myles. Mais il a écrit, le 26 mars 2019, que la mosquée de Lévis avait reçu une lettre d’intimidation dont l’auteur n’est pas connu. Une lettre d’intimidation peut être écrite par n’importe qui; la déclaration sur la beauté et la grandeur de la charia faite à Lévis le 17 mai 2017 est L’ŒUVRE D’UN IMAM. Vous avez consacré vingt lignes à la lettre anonyme, vous auriez dû faire la une avec la déclaration de l’imam.

Mon invitation est lancée; elle n’est pas accompagnée d’une offre de « cadeau » : je ne voudrais pas que Le Devoir pense que je cherche à le faire agir contre sa conscience. En passant, quand on lit dans Le Devoir : « Odile Tremblay est l’invitée du Festival de Cannes », doit-on comprendre que l’industrie du cinéma a donné de l’argent au journal pour l’amener à affecter l’un de ses journalistes à la couverture du Festival, pour que ce journaliste écrive de beaux articles sur le Festival pendant plusieurs jours?

À titre informatif

M. François-Marc Bernier, professeur de journalisme, relève plusieurs raisons pour lesquelles les organes d’information devraient refuser les voyages gratuits : « Accepter les voyages revient à accorder plus d’espace rédactionnel aux organismes riches, au détriment des moins fortunés. » « Cela mine la crédibilité des journalistes car il existe une apparence de conflits d’intérêts qui est contraire à leur devoir d’impartialité et de neutralité. » (Éthique et déontologie du journalisme, Les Presses de l’Université Laval, © 1994, p. 248-249)

Rien n’empêche Le Devoir d’informer aujourd’hui ses lecteurs de ce qui s’est passé à Lévis le 17 mai 2017 dans une chapelle désacralisée.

Je vous prie, Monsieur, de recevoir mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

6364, rue Fraser, Lévis, G6V 3S3

* À l’époque la mosquée de la rue Bégin n’existait pas et l’école fréquentée par Mme Porter était un couvent tenu par les Soeurs de la Charité, catholiques. Et la chapelle du Patro était sacrée.

P.-S. La présente sera publiée au www.lepasseurdelacote.com, comme la réponse du Devoir (s’il en donne une).

Un éloge de la charia au Québec et la Ligue des droits et libertés (du Québec).

Lévis, le 20 mai 2019

Monsieur Christian Nadeau, président

Ligue des droits et libertés

Montréal (Québec)

christian.nadeau@umontreal.ca

Monsieur,

« La civilisation, c’est […] le seul combat qui vaille la peine. Celui qui détermine les caractères propres de la vie culturelle, morale et matérielle des nations. Les modernistes, attachés à la sécularité de l’État et de la société, à la démocratie, aux libertés individuelles, font face dans le monde arabo-musulman à des islamistes et à des fanatiques barbares et criminels, adeptes du califat et de la charia, institutions provenant du 7e siècle, qui font de la politique une religion, de la religion une arme criminelle, et de l’être humain un objet de sacrifice à Dieu comme les tribus vivant dans les forêts ou dans les cavernes qui faisaient des offrandes humaines aux divinités pour calmer leur colère). »

(Hatem M’rad, Révolutions arabes et jihadisme, Nirvana, © 2017, p. 173-174.) *

Le 18 mai 2017, à Lévis, se déroule une  « soirée d’échange » organisée par la Mosquée de Lévis et Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, et destinée à démystifier l’islam, selon les organisateurs. Deux personnes s’adressent à quelques dizaines de Lévisiennes et Lévisiens; ce sont des musulmans : l’imam local et une Québécoise « pure laine » convertie à l’islam. L’imam, M. Karim Elabed, fait l’éloge de la charia, loi divine, la voie que doivent suivre tous les musulmans, dit l’imam.

Le Journal de Lévis, 19 mai 2017

J’ai reproché au Tremplin, dont j’étais membre (j’aidais bénévolement des immigrants à « naviguer » à Lévis : des Mexicains, des Africains, etc., des catholiques, des musulmans, mais leur religion ne m’importait pas), j’ai reproché au Tremplin, dis-je, d’avoir participé à l’organisation d’une activité au cour de laquelle la charia a été vantée. La charia dont l’application n’est pas autorisée au Canada, la charia clairement rejetée par l’Assemblée nationale du Québec :

La Ligue des droits et libertés n’a sans doute pas entendu parler de l’éloge de la charia fait par l’imam de Lévis le 18 mai 2017; si elle avait appris son existence, elle l’aurait certainement dénoncé vivement. Mais il n’est pas trop tard, Monsieur Nadeau, il n’est pas trop tard : je demande à la Ligue des droits et libertés de faire savoir aux citoyennes et citoyens du Québec qu’elle s’oppose à l’application de la charia et à la création de tribunaux islamiques au Québec, qu’elle fera obstacle à l’application de toute loi divine ou religieuse au Québec. Au Canada, on ne doit pas passer sous silence les éloges de la charia; il est du devoir des Canadiennes et Canadiens de les dénoncer; c’est le devoir de la Ligue des droits et libertés.

Veuillez recevoir, Monsieur, mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

6364, rue Fraser, Lévis, G6V 3S3

P.-S. Pour avoir profiter de sa liberté d’expression, pour avoir reproché au Tremplin d’avoir organisé une activité au cours de laquelle un imam a fait l’éloge de la charia, l’auteur de la présente a été expulsé du Tremplin, sans qu’on lui donne la possibilité de s’adresser aux membres du Tremplin (le président du conseil d’administration lui offert de discuter avec lui entre quatre murs, derrière une porte close). À l’époque et encore aujourd’hui, le directeur du Tremplin est M. Guillaume Boivin, le président du conseil d’administration du Tremplin est M. Elhadji Mamadou Diarra, qui est – l’information est pertinente, musulman; on peut le joindre à cette adresse presidence@letremplinlevis.com.

Ce message et la réponse de son destinataire seront publiés au http://www.lepasseurdelacote.com.

* L’éditeur, Nirvana, écrit que :

« Hatem M’rad est professeur agrégé de science politique à la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis. Il est Président-fondateur de l’Association Tunisienne d’Etudes Politiques (ATEP), et ancien membre du Comité Exécutif de l’International Political Science Association (IPSA-AISP). Il est l’auteur de Place de la procédure dans la diplomatie de conférence (CPU, 2001), L’opinion publique mondiale (CPU, 2006), Libéralisme et Adversité (CPU, 2008), Libéralisme et liberté dans le monde arabo-musulman (Les Cygnes, Paris, 2011; Nirvana, Tunis, 2012), De la révolution à la Constitution (Nirvana 2014), Le déficit démocratique sous Bourguiba et ben Ali (Nirvana 2015), Le Dialogue national en Tunisie ( Nirvana 2015). D’autres publications ont paru sous sa direction. Il est collaborateur au journal numérique « Le Courrier de l’Atlas ».

 

 

Le Devoir, 17 décembre 2004

 

 

 

 

Comme ils sont nombreux ceux qui oublient (ou feignent d’oublier) la liberté de conscience des enfants!

L’archevêque de Montréal, M. Christian Lépine, « voit dans l’interdiction du port des signes religieux une entrave à la liberté de conscience et de religion ». * M. Lépine devrait comprendre que les enseignants qui affichent leur appartenance religieuse (ils devraient plutôt pratiquer la neutralité religieuse) et qui mettent ainsi leur religion en valeur, ne font aucun cas de la liberté de conscience des jeunes (« les enfants sont libres de déterminer quels seront les principes qui guideront leur existence », dit l’ONG Humanium), ni des convictions de leurs parents.

*(https://www.ledevoir.com/politique/quebec/554503/projet-de-loi-21-l-archeveque-de-montreal-craint-pour-la-liberte-de-conscience).

Roger Martel, citoyen de Lévis

Signes. Contradiction à gauche.

 

Joseph Facal *, Gauchistes, expliquez-moi, Le Journal de Montréal, 16 mai 2019,

https://www.journaldemontreal.com/2019/05/16/gauchistes-expliquez-moi

* Ancien homme politique, docteur en sociologie (Paris IV, Sorbonne), professeur titulaire (Département de management, Hautes études commerciales, Montréal)

Cette gauche qui veut changer la langue parce qu’elle sert à fonder des rapports de domination collectifs nous demande ensuite de croire que les symboles religieux portés par un individu n’ont aucune autre portée que de témoigner de son identité personnelle.

Selon cette gauche, la langue et le crucifix du parlement ont une dimension collective, symbolique et dominatrice. Ils lancent un message collectif inapproprié.

Mais il n’y a, dit-elle, aucune dimension collective, symbolique et dominatrice dans un signe religieux individuel. Pas de message inapproprié, juste un choix personnel.

Si ce n’est pas une contradiction massive, je ne sais pas ce que c’est.