Ces personnes ont fait du Québec leur pays d’adoption; leur message va de soi !

Le 15 mars 2019 des citoyennes et des citoyens du Québec ont rendu public dans le journal Le Devoir un texte intitulé Monsieur Legault, agissez en faveur de la laïcité à l’école; en voici les dernières lignes :

 

l’islam n’est pas une « race ». Mettre sur le même registre islam et « race » comme le font certains est dangereux. Surtout lorsque cette confusion est instrumentalisée de façon à jeter l’opprobre sur des personnes qui militent contre une approche fondamentaliste de l’islam en les traitant d’islamophobes, voire de racistes. L’islam est une religion pratiquée par des millions de personnes. Il y a des musulmans arabes, iraniens, chinois, russes, ouzbeks, maliens, soudanais, bosniaques, etc., et chacun pratique un islam en fonction de sa compréhension, de ses traditions, de sa culture et de son environnement institutionnel. Il existe plusieurs islams.

Au Québec, il s’agit de voir ce qui est compatible avec notre démocratie. Pour nous, il y a deux indicateurs pour mesurer ce degré de compatibilité : le respect des lois de notre pays d’adoption et la reconnaissance de leur primauté sur n’importe quelle autre considération.

Le Devoir, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/549944/monsieur-legault-agissez-en-faveur-de-la-laicite-a-l-ecole, 15 mars 2019

 


 

TEXTE INTÉGRAL

Le Devoir, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/549944/monsieur-legault-agissez-en-faveur-de-la-laicite-a-l-ecole

Monsieur Legault, agissez en faveur de la laïcité à l’école

L’école accueille des enfants, par définition influençables, et se doit de préserver les conditions d’acquisition des savoirs et de la culture universelle.

15 mars 2019

Monsieur le Premier Ministre,

Vous vous apprêtez à présenter devant l’Assemblée nationale un projet de loi portant sur la laïcité de l’État. Nous vous soutenons dans cette initiative. D’emblée, nous pouvons vous dire que nos attentes sont élevées pour le milieu de l’éducation. S’agissant de l’école, le débat est trop souvent partiel. En effet, il tourne presque toujours autour de la question de l’interdiction de l’affichage des symboles religieux des enseignants. Cette façon de procéder nous semble réductrice, car elle omet l’essentiel : le rôle de l’école et le respect de la liberté de conscience des enfants. L’école accueille des enfants, par définition influençables, et se doit de préserver les conditions d’acquisition des savoirs et de la culture universelle.

Les Québécois ont eu à se pencher sur cette question à quelques moments phares de leur vie collective. Le rapport Parent est en ce sens un document fondateur. Inculquer une culture humaniste du monde et construire l’autonomie de jugement préparent les élèves à assumer le rôle qui deviendra, plus tard, le leur : habiter, construire, réenchanter le monde. Libérer l’école de l’emprise du clergé a constitué le point de départ d’une grande ambition.

Monsieur le Premier Ministre, vous êtes aujourd’hui confronté aux mêmes défis. En effet, comment accepter que des enseignants puissent exhiber des symboles religieux ostentatoires alors que leur fonction les oblige à se conformer à une certaine idée de la citoyenneté intimement liée à l’égalité entre les femmes et les hommes par exemple ?

L’enseignement ne consiste pas seulement à transmettre des savoirs et des savoir-faire, il véhicule, d’abord, une conception du monde, nécessairement inspirée par un choix de valeurs. Les deux impératifs doivent aller de pair. Il faut que les élèves apprennent à distinguer ce qui relève de la croyance et ce qui est de l’ordre de la connaissance. Ce qui peut avoir valeur d’universel et ce qui peut être lié à la particularité d’un individu. L’enseignant qui place ses croyances individuelles au-dessus de sa mission éducative se met dans une situation insurmontable. Évoquer cette exigence revient à considérer la liberté de conscience des élèves. Il est donc nécessaire d’interdire l’affichage des symboles religieux à l’école publique et d’imposer un seul et même régime à l’ensemble du corps enseignant. Ce n’est pas tout. Dans un souci de cohérence, cette exigence doit être étendue aux éducatrices en service de garde et à l’ensemble du personnel de l’école.

Quelques mots sur le voile puisqu’il fait l’objet, lui aussi, d’un débat intense. Le voile n’est pas une obligation religieuse. Par ailleurs, certains musulmans qui ont une lecture littéraliste des textes religieux en font une obligation. Il faut reconnaître que les musulmans sont divisés sur cette question. Ce qui est important à nos yeux, c’est d’évoluer avec son temps.

Avant de conclure, nous aimerions rappeler un simple fait, une évidence même, l’islam n’est pas une « race ». Mettre sur le même registre islam et « race » comme le font certains est dangereux. Surtout lorsque cette confusion est instrumentalisée de façon à jeter l’opprobre sur des personnes qui militent contre une approche fondamentaliste de l’islam en les traitant d’islamophobes, voire de racistes.

L’islam est une religion pratiquée par des millions de personnes. Il y a des musulmans arabes, iraniens, chinois, russes, ouzbeks, maliens, soudanais, bosniaques, etc., et chacun pratique un islam en fonction de sa compréhension, de ses traditions, de sa culture et de son environnement institutionnel. Il existe plusieurs islams.

Au Québec, il s’agit de voir ce qui est compatible avec notre démocratie. Pour nous, il y a deux indicateurs pour mesurer ce degré de compatibilité : le respect des lois de notre pays d’adoption et la reconnaissance de leur primauté sur n’importe quelle autre considération.

*Ont signé ce texte :

Mohand Abdelli, ingénieur retraité ; Rachida Ait Tahar, enseignante ; Karim Akouche, poète, romancier et dramaturge ; Nadia Alexan, professeure retraitée ; Fatiha Attou, enseignante ; Amani Ben Ammar, comptable agréée ; Radhia Ben Amor, militante associative ; Djemila Benhabib, politologue et écrivaine ; Leila Bensalem, enseignante ; Djafer Bouchilawen, ingénierie Télécoms ; Ferid Chikhi, conseiller en emploi ; Kamal Codsi, entrepreneur ; Nadia El-Mabrouk, professeure à l’Université de Montréal ; Zabi Enayat-Zada, fiscaliste, auteur et conférencier ; Aziz Fares, auteur et journaliste ; Said Guerfi, professeur au collège ; Ensaf Haidar, présidente de la Fondation Raif Badawi ; Hassiba Idir, gestionnaire ; Nacere Irid, ingénieur ; Ali Kaidi, militant pour la laïcité, membre fondateur de l’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité (AQNAL) ; Ferroudja Kaidi, enseignante ; Ammar Lakehal, maître de taekwondo ; Leila Lesbet, technicienne en éducation spécialisée, militante féministe ; Belkacem Nasri, militant associatif ; Farid Salem, Solidarité Québec Algérie ; Nacéra Si Serir, enseignante ; Nacera Zergane, conseillère en sécurité financière ; Nabila Ben Youssef, comédienne et humoriste.

Charles Taylor, le projet de loi sur la laïcité et les violations des droits humains

Lévis, le 16 avril 2019

Charles Taylor, philosophe né en 1931, vient de manifester dans les rues de Montréal pour condamner le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État. Selon, lui, le projet est « illégitime » : « Interdire d’enseigner à des personnes portant des signes religieux, soutient-il, est une discrimination » (https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-8068466/rojet-loi-sur-laicite-entrevue-avec-charles-taylor). M. Taylor devrait dire à ses compatriotes s’il pense que le droit de faire connaître sa religion par le port d’objets religieux est un droit absolu, que le port en classe par les enseignants d’objets religieux est conforme aux principes de conduite destinées à favoriser le vivre-ensemble et si le port d’objets religieux en classe par les enseignants est conforme à l’article 14 de la Convention relative aux droits de l’enfant : « Les Etats parties respectent le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion ». M. Taylor devrait aussi dire s’il a déjà manifesté par écrit, et dans la rue, sa désapprobation des violations des droits humains par des religions, lui qui a déclaré, au sujet du projet de loi 21 : « Ce n’est pas le langage des droits humains » (https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-8073993/ aicite-elus-et-citoyens-manifestent-contre-projet-loi); a-t-il déjà, par exemple, reprocher à l’islam d’interdire à ses adeptes de sexe féminin d’épouser un non-musulman, d’imposer des châtiments cruels à la femme musulmane adultère (lapidation), aux voleurs musulmans (amputation d’une main), d’interdire aux catholiques de construire des églises (en Arabie saoudite, par exemple)? Que M. Taylor explique sa pensée à ses compatriotes.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Moments démocratiques dans le monde arabe au 20e siècle.

http://iremmo.org/rencontres/hors-les-murs/moments-democratiques-dans-le-monde-arabe/

RENCONTRES > HORS LES MURS

Moments démocratiques dans le monde arabe

Jeudi 18 Avril 1919 – 14h-20h30

Colloque – Institut du Monde arabe | Salle du Haut-Conseil

Au cours du XXème siècle et bien avant les révolutions arabes, le monde arabe a traversé des moments d’ouverture politique et populaire. Ces épisodes, souvent peu connus, méritent d’être mis en lumière, tout particulièrement à l’occasion du 100ème anniversaire de la Révolution de 1919 et du Parti Wafd, pilier de la lutte pour l’indépendance égyptienne.

À travers l’étude d’une série d’acteurs et d’événements historiques, l’objectif de ce colloque est donc de proposer un panorama différent de l’histoire de la région, à travers le prisme de l’ouverture démocratique. Si la répression massive qui touche aujourd’hui de nombreux pays arabes peut appeler au fatalisme et à la résignation face à la résilience des régimes autocratiques, ces derniers ne sauraient constituer la seule identité politique de la région. L’ébullition sociale de la Révolution de 1919 en Egypte a ainsi constitué un moment fondateur de l’histoire de la nation égyptienne, la Syrie post-indépendance a quant à elle été marquée par une vie parlementaire riche et pluraliste. L’Algérie, sans doute précurseur des printemps arabes et bien avant les mobilisations actuelles, avait connu dès 1988-1992 un épisode de revendications et d’ouverture démocratiques sans précédent, avant de sombrer dans la décennie noire.

À travers ces quelques exemples, du Caire à Damas, en passant par le Maghreb et jusqu’à l’espoir de la transition démocratique en cours en Tunisie, ce colloque ambitionne ainsi de penser ces « moments démocratiques » dans le monde arabe.

PROGRAMME

14h-16h : 1ère table-ronde

Egypte 1919 : une révolution manquée ?

Mounir Abdel Nour, ancien secrétaire général du parti Wafd, ancien député et ancien ministre du tourisme et ancien ministre du commerce et de l’industrie en Egypte.

Anne-Claire Gayffier Bonneville, historienne à l’Inalco, spécialiste de l’histoire contemporaine de l’Égypte et du Soudan, auteure notamment de L’échec de la monarchie égyptienne 1942-1952 (IFAO, 2010), Histoire de l’Egypte moderne. L’éveil d’une nation XIXe-XXIe siècle (Flammarion, 2016).

Dina Heshmat, professeure assistante de littérature arabe à l’université américaine du Caire, auteure de Egypt 1919: the Revolution in Literature and Film (Edinburgh University Press, à paraître).

Modération : Alain Gresh, directeur du journal en ligne Orient XXI, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique.

16h30-18h30 : 2ème table-ronde

La Syrie, de (l’espoir de) l’indépendance aux coups d’État.

Nadine Méouchy, historienne, chercheure spécialiste de l’histoire de la Syrie et du Liban contemporains, responsable des Presses de l’Ifpo (Beyrouth-Damas) et présidente d’une association libanaise qui travaille avec les femmes vulnérables libanaises et réfugiées.

Salam Kawakibi, directeur du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (CAREP Paris), chercheur en sciences politiques et relations internationales.

Ghaiss Jasser, docteure ès Lettres, compositrice de musique, pianiste et présidente du festival international des films de femmes de Créteil.

Modération : Mélanie Chalandon, journaliste à France Culture.

19h00-20h30 : Jeudi de l’IMA et 3ème table-ronde

Le Maghreb, des démocraties inachevées ?

Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste du Maghreb et des mondes arabo-berbères, auteur notamment de Maghreb, les origines de la révolution démocratique (Pluriel, 2011), et Dissidents du Maghreb (avec Khadija Finan-Mohsen, Belin, 2019).

Akram Belkaïd, journaliste et écrivain, collaborateur d’Orient XXI, du Monde Diplomatique, d’Afrique Méditerranée Business, du site Maghreb émergent et chroniqueur au Quotidien d’Oran.

Selim Kharrat, président de l’ONG tunisienne Al Bawsala et co-fondateur des Cahiers de la liberté.

Modération : Rachida El Azzouzi, journaliste à Médiapart.

Colloque co-organisé par l’iReMMO et l’Institut du monde arabe

En partenariat avec Orient XXI

Avec le soutien de l’Institut français d’Egypte

Le Caire, 1919 – Une révolution manquée ?

 

Demande à la Commission municipale du Québec – Déclarations extrêmement graves du maire de Hampstead.

L’accusé de réception/réponse de la Commission municipale du Québec est publié après la demande.

 

Lévis, le 5 avril 2019

Commission municipale du Québec

10, rue Pierre-Olivier-Chauveau, Mezzanine, aile Chauveau

Québec, (Québec) G1R 4J3

Objet : Déclarations extrêmement graves du maire de Hampstead, M. William Steinberg.

 

Madame ou Monsieur,

À propos du projet de loi 21 sur la laïcité déposé récemment à l’Assemblée nationale du Québec, le maire de la municipalité de Hampstead, M. William Steinberg, a dit, le 5 avril 2019, que le projet de loi  :

« est une tentative de faire partir ceux qui pratiquent des religions minoritaires, ne laissant que des non-croyants et des chrétiens au Québec. C’est du nettoyage ethnique – pas avec un fusil, mais avec une loi. C’est raciste et c’est ignoble. »1

« C’est raciste et méprisable », a ajouté M. Steinberg pour qualifier la volonté du gouvernement Legault de bannir les symboles religieux auprès des employés de l’État en position d’autorité.»2

Circonstance aggravante, les paroles de M. William Steinberg ont été prononcées lors d’une conférence de presse (donc devant des journalistes) à laquelle participaient, à Côte-Saint-Luc, des élus de tous les paliers de gouvernement opposés au projet de loi.

M. Simon Jolin-Barrette, ministre du gouvernement du Québec, a déclaré : « Des propos comme ceux-ci ne sont pas acceptables et des accusations comme celles-ci, elles n’ont pas leur place. »

Les affirmations du maire William Steinberg sont extrêmement graves (je laisse le soin aux experts de déterminer si M.William Steinberg a enfreint le Code criminel du Canada ou une autre loi) étant donné que « Les experts appréhendent le nettoyage ethnique comme une pratique contraire au droit international qui consiste à rendre une zone ethniquement homogène en utilisant la force ou l’intimidation pour faire disparaître de la zone en question des personnes appartenant à des groupes déterminés ».3

Je demande que la Commission municipale du Québec destitue M. William Steinberg de sa fonction de maire ou demande au gouvernement du Québec, si c’est lui qui a le pouvoir de destituer un maire, de faire les actions nécessaires pour priver M. William Steinberg de sa fonction de maire.

Recevez, Madame ou Monsieur, mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

1. Pierre Saint-Arnaud, Sidhartha Banerjee, Laïcité: le projet de loi qualifié de «nettoyage ethnique» par un élu, La Presse, 5 avril 2019, https://www.lapresse.ca/actualites/politique/201904/05/01-5221078-laicite-le-projet-de-loi-qualifie-de-nettoyage-ethnique-par-un-elu.php.

2. Projet de loi sur la laïcité: le maire de Hampstead évoque un «nettoyage ethnique», Le Journal de Montréal, https://www.journaldemontreal.com/2019/04/05/le-ministre-jolin-barrette-denonce-les-propos-inacceptables-du-maire-de-hampstead-1).

3. Émile Ouédraogo, Génocide et « nettoyage ethnique » : quelle différence en droit international pénal ? http://www.quidjustitiae.ca/blogue/genocide-et-nettoyage-ethnique-quelle-difference-en-droit-international-penal,

23 décembre 2014. M. Émile Ouédraogo est chercheur en études stratégiques et diplomatiques, Chaire Raoul-Dandurand, Université du Québec à Montréal.

 


Accusé de réception/réponse de la Commission municipale du Québec

5 Commission municipale_Plainte Maire de Hampstead Steinberg_04-2019 4 - Version 2

Demande pour que le ministre de la Justice du Canada détermine si le maire de Hampstead a enfreint une loi.

( La demande a été transmise au ministre le 10 avril 2019. )

Lévis, le 10 avril 2019

 

M. David Lametti, ministre de la Justice et procureur général du Canada

Chambre des communes, Ottawa (Ontario), K1A 0A6 – David.Lametti@parl.gc.ca

Objet : Déclarations extrêmement graves du maire de Hampstead, M. William Steinberg.

 

Monsieur le ministre,

À propos du projet de loi 21 sur la laïcité déposé récemment à l’Assemblée nationale du Québec, le maire de la municipalité de Hampstead, M. William Steinberg, a dit, le 5 avril 2019, que le projet de loi  :

« est une tentative de faire partir ceux qui pratiquent des religions minoritaires, ne laissant que des non-croyants et des chrétiens au Québec. C’est du nettoyage ethnique – pas avec un fusil, mais avec une loi. C’est raciste et c’est ignoble. »1

« C’est raciste et méprisable », a ajouté M. Steinberg pour qualifier la volonté du gouvernement Legault de bannir les symboles religieux auprès des employés de l’État en position d’autorité.»2

Circonstance aggravante, les paroles de M. William Steinberg ont été prononcées lors d’une conférence de presse (donc devant des journalistes qui allaient indubitablement répandre ses paroles partout au Canada ) à laquelle participaient, à Côte-Saint-Luc, des élus de tous les paliers de gouvernement opposés au projet de loi.

M. Simon Jolin-Barrette, ministre du gouvernement du Québec, a déclaré : « Des propos comme ceux-ci ne sont pas acceptables et des accusations comme celles-ci, elles n’ont pas leur place. »

Déclarer en public (devant des journalistes) que le projet de loi 21 « est une tentative de faire partir ceux qui pratiquent des religions minoritaires, ne laissant que des non-croyants et des chrétiens au Québec. C’est du nettoyage ethnique – pas avec un fusil, mais avec une loi. C’est raciste et c’est ignoble. », est extrêmement grave.

Un nettoyage ethnique est « une pratique contraire au droit international qui consiste à rendre une zone ethniquement homogène en utilisant la force ou l’intimidation pour faire disparaître de la zone en question des personnes appartenant à des groupes déterminés »3. La gravité des propos de M.William Steinberg est telle, Monsieur le ministre, que je vous demande instamment de déterminer si M.William Steinberg a enfreint le Code criminel du Canada, la Charte canadienne des droits et libertés ou une autre loi en les tenant.

La présente et la réponse de votre ministère seront publiées au www.lepasseurdelacote.com.

Recevez, Monsieur le ministre, mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

 

1. Pierre Saint-Arnaud, Sidhartha Banerjee, Laïcité: le projet de loi qualifié de «nettoyage ethnique» par un élu, La Presse, 5 avril 2019, https://www.lapresse.ca/actualites/politique/201904/05/01-5221078-laicite-le-projet-de-loi-qualifie-de-nettoyage-ethnique-par-un-elu.php.

2. Projet de loi sur la laïcité: le maire de Hampstead évoque un «nettoyage ethnique», Le Journal de Montréal, https://www.journaldemontreal.com/2019/04/05/le-ministre-jolin-barrette-denonce-les-propos-inacceptables-du-maire-de-hampstead-1).

  1. Émile Ouédraogo, Génocide et « nettoyage ethnique » : quelle différence en droit international pénal ? http://www.quidjustitiae.ca/blogue/genocide-et-nettoyage-ethnique-quelle-difference-en-droit-international-penal, 23 décembre 2014. M. Émile Ouédraogo est chercheur en études stratégiques et diplomatiques, Chaire Raoul-Dandurand, Université du Québec à Montréal.

Les vêtements et les signes religieux communiquent au moins un message; il faut absolument qu’il en soit tenu en compte!

Les vêtements et les signes religieux communiquent au moins un message;

il faut absolument qu’il en soit tenu en compte!

Les personnes qui portent un vêtement ou un signe religieux reconnaissable véhiculent toutes au moins un message, un message très clair : « Je pratique la religion [catholique, musulmane ou autre], que je crois être la meilleure puisque je la choisis ». (En classe, les élèves ne manqueront pas de demander à l’enseignant pourquoi il porte des vêtements ou signes particuliers.)

Dans un pays, qui devrait être habilité à déterminer quels vêtements ou signes sont religieux, lesquels ne le sont pas, et lesquels doivent être portés obligatoirement, lesquels peuvent être portés selon une décision libre?

Dans un pays, qui devrait être habilité à déterminer ce qu’est une religion, à élaborer les critères en fonction desquels il serait établi si X dit la vérité quand il affirme avoir été chargé par un dieu grand comme un sequoia géant, qui lui est apparu une nuit, de le représenter auprès des Terriens, ou quand Y prétend être la douzième et dernière réincarnation de l’évangéliste Luc? Qui déterminerait si toutes les religions se valent? Si les religions ne se valent pas toutes, qui feraient le classement des religions?

Si un État autorisait les enseignantes musulmanes à porter un vêtement religieux, il ne serait pas logique qu’il leur interdise d’inscrire un ou plusieurs passages de leur « livre saint », le Coran, sur ce vêtement; son incohérence serait d’autant plus incompréhensible que le Coran est vendu en toute légalité dans les commerces et qu’on peut l’emprunter dans les bibliothèques des municipalités, des écoles publiques secondaires, etc. Dans les établissements d’enseignement, les enseignantes musulmanes seraient donc autorisées à transmettre à leurs élèves des paroles comme : « Tranchez les mains du voleur ou de la voleuse » (V : 38); « ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens » (V : 51); « Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu » (IX : 29).

Supposons que des membres d’une religion demande à l’État d’autoriser leurs coreligionnaires enseignants

à porter des vêtement et des signes religieux à l’école.

Pensez-vous que l’État pourrait autoriser le port de certains vêtements et signes

et prétendre avoir la compétence d’en interdire d’autres, le niqab, par exemple ?

 

Si l’État du Québec autorisait les enseignants musulmans à communiquer aux élèves des messages du Coran, il serait incompréhensible qu’il interdise aux enseignants adeptes d’une autre religion ou d’une secte de communiquer des messages religieux eux aussi. Le catholique pourrait donc répandre des passages de la Bible  : « Femmes, soyez soumises à vos maris » (Colossiens 3:18), « Ne croyez pas [c’est Jésus qui parlerait] que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. » (Matthieu 10:34-35), etc. Les Freedomites de la Saskatchewan en exil au Québec pourraient revendiquer à l’école le droit de s’opposer à toute ingérence de l’État et celui de refuser l’intégration et la modernité.

Si l’État du Québec autorise des croyants à transmettre dans les écoles publiques des messages religieux, ne serait-il pas obligé d’autoriser les personnes qui nient l’existence des dieux à faire connaître leur opinion?

Les vêtements et les signes religieux communiquent au moins un message;

il faut qu’il en soit tenu en compte!

Les écrits et les paroles des religions ne sont pas tous conformes à la morale;

il faut qu’il en soit tenu compte!

 

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

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Ils sont si différents les humains qui vivent sur la Terre, à chercher à vivre ensemble dans un pays

Si des chrétiens et des musulmans entendaient l’anthropologue Françoise Héritier leur dire :

« Je ne puis adhérer au message des religions révélées : elles sont apparues à un moment récent de l’histoire de l’humanité avec l’idée d’un dieu unique, créateur, et qui ne permettait pas la coexistence ni avec les autres dieux, ni avec des systèmes de pensée animistes.

« À mes yeux d’anthropologue, les religions révélées, celles du Livre, sont le berceau de l’intolérance et j’allais presque dire, de l’extrême violence. Elles conduisent à des attitudes excessives où même des personnes qui ont eu la chance d’accéder à la connaissance et à la rationalité scientifique récusent celles-ci au nom de la foi. » *

Comment réagiraient les chrétiens et les musulmans à ces paroles de Madame Héritier?

* Source : Florence Quentin, Françoise Héritier : « À mes yeux, les religions révélées sont le berceau de l’intolérance », Le Monde des religions, 12/10/2012,

http://www.lemondedesreligions.fr/mensuel/2012/56/francoise-heritier-a-mes-yeux-les-religions-revelees-sont-le-berceau-de-l-intolerance-12-10-2012-2768_192.php

Françoise Héritier a enseigné au Collège de France; elle a dirigé la Chaire d’anthropologie sociale fondée par Claude Lévi-Strauss; elle a publié De la violence, un ouvrage collectif en deux tomes consacré aux phénomènes de violence contemporains.

La revue Le Monde des religions fait partie du groupe auquel appartient le prestigieux quotidien français Le Monde.

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Le monothéisme : Parole d’un musulman, Moreno al Ajamî. Médecin, Docteur en Littérature et Langue arabe, Islamologue, Théologien, Spécialiste de l’exégèse du Coran

Les Cahiers de l’islam, https://www.lescahiersdelislam.fr/La-violence-les-religions-l-islam-et-le-Coran_a1212.html

La violence, les religions, l’islam et le Coran

De manière générale, l’on a coutume de dire que le monothéisme est un concept porteur en soi de violence, puisque n’admettant plus la présence des dieux de l’autre, il refuse l’altérité. Cette posture dogmatique contient potentiellement le germe de toute forme de violence à l’encontre de celui que l’on considère alors impie, au pire impur, au mieux égaré. Ce raisonnement est juste, sauf que l’on ne peut l’imputer à l’idée du monothéisme, mais bien à la constitution des religions monothéistes. Ici, le pluriel s’impose, et les trois sœurs ennemies : le judaïsme, le christianisme et l’islam, partagent en la matière les mêmes croyances. Non point quant au Dieu auquel ils croient, mais s’agissant du Peuple élu, de la Nation élue ou de la Communauté élue, juifs, chrétiens et musulmans ont tous fondé, de par la Sainte-Alliance entre théologie et pouvoir, leur religion sur la suprématie de leur confession respective.

Nous voici au cœur du problème, le fondement des luttes d’expansion des uns et des autres et la cohorte des violences et oppressions faites à l’autre, ce que l’on nomma les guerres de religion. Ce lourd bagage commun repose sur trois postulats intrinsèques à ces trois religions, à savoir : le refus de l’universalité de la foi, la prétention à l’exclusive du Salut, la non-reconnaissance de la pluralité des religions et des croyances. Plus précisément, car je ne cherche pas à faire là le procès des religions, mais parce que je suis musulman, je traiterai de l’islam. Cet objet toujours étranger à nos yeux d’Occidentaux, mais qui ces dernières décennies, et plus encore depuis les événements récents, a été projeté sur le devant de la scène, là où maintenant l’horreur le dispute à l’incompréhension. Or, la peur et l’incompréhension ne peuvent qu’enfanter la haine.

Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes [de toutes religions ou sans religion, précise le Passeur de la Côte]

Par le Conseil du statut de la femme [du Québec], https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/avis-affirmer-la-laicite-un-pas-de-plus-vers-legalite-reelle-entre-les-femmes-et-les-hommes.pdf, 2011

La laïcité ne naît pas naturellement au sein d‘un État, elle se bâtit. Le Québec est à l‘heure des choix.

Nous avons démontré que l‘affirmation solennelle que l‘État est areligieux est un exercice urgent à faire, absolument nécessaire, comme en témoignent les crises, les revendications citoyennes et les recours aux tribunaux, et qui doit être mené collectivement. On ne peut laisser les tribunaux – et la Commission des droits – définir chaque cas individuellement, en n‘ayant que la protection des droits individuels enchâssés dans les chartes à interpréter. Ne pas agir, c‘est continuer de s‘avancer vers la « laïcité ouverte » aux violations des droits des femmes.

Les frontières de l‘État québécois par rapport au religieux doivent être affirmées et décidées collectivement afin que toutes les consciences soient respectées. Car c‘est par l’adhésion citoyenne que ce nouveau pacte sera scellé, que les croyances religieuses de la majorité, comme celles des minorités, cèderont volontairement le pas au respect de toutes les consciences et de toutes les religions au sein des institutions publiques : « Au contraire des appartenances religieuses, qui par nature excluent l‘autre, l‘appartenance citoyenne est inclusive. Elle est encore plus nécessaire dans une société pluraliste »466. L‘exercice collectif est essentiel afin que chacune et chacun se responsabilise relativement aux choix qui seront faits. Ce ne sera plus « la faute aux chartes »467, si l‘on décide de cesser d‘imposer des rituels religieux et des signes manifestement visibles dans les lieux de l‘État, ce sera un choix collectif conscient. La laïcité québecoise sera garante d‘un espace institutionnel inclusif et exempt de discrimination.

Les mesures demandées par le Conseil visent à promouvoir l‘égalité entre les sexes. L‘engagement de l‘État envers la laïcité est fondamental afin de conserver les droits des femmes chèrement acquis au cours des années. Il est nécessaire aussi à la réalisation de l‘atteinte de leur égalité réelle. C‘est un exercice urgent, difficile, mais indispensable et le Conseil invite le gouvernement à ne pas reculer devant cette tâche. Ne pas agir, c‘est faire un choix. Choisir la laïcité, c‘est se rallier autour d‘un projet rassembleur pour le Québec qui chérit l‘égalité entre les sexes. Le Conseil est convaincu que ces choix sont requis pour faire avancer l‘égalité, tout comme il est conscient qu‘ils demandent une volonté politique forte.

 

466 D. GUILBAULT, op. cit., p. 86.

467 Le maire de Trois-Rivières, en réaction à l‘avis de la Commission des droits, disait que « [l]a fameuse

Charte nous dicte encore quoi faire. Il faut la revoir parce qu’il commence à y avoir des dérapages ».

M. FRANCOEUR, « La prière a disparu », Le Nouvelliste, [En ligne], 28 septembre 2010.

[www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201009/28/01-4327220-la-priere-a-disparu.php].