Il serait naturellement souhaitable que les croyantes musulmanes et les croyants musulmans, au Canada, au Québec, soient heureux. Mais jusqu’à quel point est-ce possible?

Lévis, 10 octobre 2020

EN GUISE D’INTRODUCTION

EXTRAIT DE «  Ils ont trahi Allah » ( Editions de l’Observatoire, 2020 ) – L’AUTEUR EST MUSULMAN.

« Pourquoi des croyantes et des croyants s’irritent, crient, dénoncent, jugent, blâment, haïssent bien trop souvent alors même qu’ils possèdent une richesse incommensurable : l’espérance d’une vie éternelle? Ne devraient-ils pas, au contraire, baigner dans la plénitude? Comment expliquer que cette merveilleuse perspective, celle de l’éternité, n’illumine pas leur âme trop souvent occupée à dresser des tribunaux pour demander des comptes à telle fille dont la robe est trop courte, à tel jeune homme écoutant de la musique au lieu de lire le Coran, ou encore à cette dame ne jeûnant pas en période de ramadan? Pourquoi ne jouissent-ils pas – ou si peu – de ce bonheur?

« N’est-ce pas plutôt le non-croyant qui, ruminant une forme de désespérance. aurait matière à se plaindre puisque pour lui, une fois mort la partie s’arrête, le rideau tombe et le spectacle se termine brutalement? Pourtant, lorsqu’on analyse les statistiques, rares sont les violences et autres attentats suicides commis au cri horrifiant de « Dieu n’est pas ». Derrière ces mots, une triste réalité : la foi est plus souvent synonyme d’austérité, de sermonade, voire de brutalité aveugle, que de joie illuminant les visages. »

Malik Bezouh, Ils ont trahi Allah. Blasphème. Homosexualité, masturbation, athéisme... Ces tabous qui tuent la religion musulmane, Paris, Éditions de l’Observatoire/Humensis, © 2020, p. 257-258

UNE SOURCE D’INCONFORT POUR LE MUSULMAN. QUE FAUT-IL POUR QUE L’ISLAM CONDUISE AU BONHEUR?

EXTRAITS DU LIVRE Le Bonheur et les morales des grandes religions. Regards de scientifiques, écrit par Michel Cabanac et Marie-Claude Bonniot-Cabanac, publié à Québec par les Presses de l’Université Laval, 2007, 227 p.

Le Coran est écrit essentiellement pour des hommes et des hommes musulmans, à l’exclusion des non-musulmans et des femmes. Les femmes y sont certes mentionnées de façon répétée, mais comme des personnes mineures, ce qui peut être générateur pour elles d’un certain inconfort.

[…]

Les commandements [donnés aux croyantes et aux croyants dans le Coran] sont assez facilement observables et conduisent donc bien au bonheur tel que défini au chapitre 1 du présent ouvrage.

Une nuance d’importance est néanmoins à apporter. Le Coran est au présent, il est une série de commandements de Dieu hic et nunc [ici et maintenant]. Il ne peut donc être question de les modifier ou de les interpréter. Comme nous l’avons déjà souligné, l’observance d’un bon nombre de commandements peut être malcommode en société sécularisée, car ils impliquent une organisation sociale. Sans même parler de la condamnation à mort des renégats, des amputations en punition des voleurs, ou des punitions corporelles, la simple pratique du Ramadan, ou de la prière plusieurs fois par jour, selon un rite bien défini, peut être incompatible avec certaines fonctions. De même, l’inégalité juridique et sociale entre les sexes et l’acceptation de l’esclavage peuvent entraîner des difficultés en société libérale. Le Coran prévoit le plus souvent des dispenses pour cas d’empêchement, mais on comprend néanmoins que des musulmans pieux à qui le Coran interdit de prendre pour amis des Juifs et des Chrétiens souhaitent vivre dans des sociétés régies par la charia, la loi islamique, car l’islam est à la fois un dogme (din) et une loi (sharia). Cette difficulté peut être source de malheur, tel que défini au chapitre 1, c’est-à-dire l’incapacité à satisfaire les commandements. On peut donc conclure raisonnablement que c’est seulement en société islamique, le dar al islam, que le Coran conduit au bonheur, tel que défini au chapitre 1.

C’est d’ailleurs le message du Coran lui-même :

« Voilà ceux qui suivent une Voie indiquée par leur Seigneur; Voilà ceux qui sont heureux! (S. II, v. 8)

[…]

comme les commandements portent sur tous les domaines de la vie, leur observance stricte implique une organisation de la société incompatible avec les notions occidentales de liberté et d’égalité. Cette incompatibilité peut êtres source d’inconfort pour le musulman.

FIN DES EXTRAITS DU LIVRE Le Bonheur et les morales des grandes religions. Regards de scientifiques

Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher la croyante musulmane, le croyant musulman, au Québec, d’être heureux? Ceci, peut-être : l’Arabie saoudite, pays où les musulmans sont fortement majoritaires, interdit aux chrétiens de bâtir des églises. Les croyants musulmans au Québec monteraient certainement sur leurs grands chevaux, ils pousseraient sûrement des hauts cris si le Québec ou le Canada ne les autorisait pas à ouvrir des mosquées ou des salles de prière. Ne voudraient-ils pas tous, ou une partie d’entre eux ne voudraient-ils pas se mettre en quatre pour essayer de convaincre leurs frères musulmans de l’Arabie saoudite de cesser de brimer la liberté de religion des chrétiens? Leur religion les empêche-t-ils de le faire? Ou est-ce que ce sont des pressions familiales ou sociales? S’ils pouvaient aider les chrétiens persécutés en terre musulmane, ne seraient-ils pas heureux?

A-t-elle l’esprit tranquille, est-elle heureuse, la croyante musulmane, a-t-il l’esprit tranquille, est-il heureux, le croyant musulman établi au Québec ou ailleurs au Canada qui croise des concitoyens dans la rue ou dans un centre commercial, qui côtoie des non-musulmans (chrétiens, juifs, athées…) au travail? Pourquoi ne pourrait-il pas l’être, heureux?

Les non-musulmans du Québec qui connaissent peu de choses de l’islam sont nombreux (malheureusement, des musulmans tablent sur leur ignorance pour tenter de les tromper, il serait facile de le démontrer); mais il y en a plus qu’on le pense qui se sont renseignés et qui ont découvert, par exemple, l’existence de deux coquineries que le monde musulman ne condamne pas, pas à haute voix, en tout cas : la taqiya et l’esquive, des coquineries dont l’existence est ou devrait être d’autres causes d’inconfort, de gêne très embarrassante, de grand malaise, pour les adeptes de l’islam.

Qu’est-ce que la TAQIYA?

Réponse de Mohamed Louizi, Libérer l’islam de l’islamisme, publié par la Fondation pour l’innovation politique, janvier 2018, http://www.fondapol.org/etude/liberer-lislam-de-lislamisme/

« La Taqiya est une technique sophistiquée du double discours et de la dissimulation des vraies convictions, des vraies opinions et des vraies intentions. Elle est loin d’être la seule technique de communication utilisée par les islamistes. […] En phase de faiblesse, la Taqiya est utilisée de manière intense. En phase de force, le recours à la Taqiya diminue sensiblement. Le double discours chez les islamistes est surtout une combinaison de deux discours espacés dans le temps : un discours assurément trompeur, adapté à la phase de faiblesse, et un autre discours, le vrai, conçu pour la phase de force et de domination. Sans parler évidemment des canaux linguistiques qui révèlent également un discours dans les prêches en arabe bien différent, à bien des égards, de la traduction faite de ces mêmes prêches en français : une traduction biaisée, sélective, partielle, orientée, idéologique et souvent incomplète à dessein. »

[Mohamed Louizi est l’auteur de Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans : retour éclairé vers un islam apolitique (Michalon, 2016) et de Plaidoyer pour un islam apolitique (Michalon, 2017).]

Qu’est-ce que l’ESQUIVE?

Réponse donnée par Annie Laurent (https://www.atlantico.fr/decryptage/2445946/la-taqiya-ou-le-concept-coranique-qui-permet-aux-musulmans-radicaux-de-dissimuler-leurs-veritables-croyances-annie-laurent) :

« L’esquive consiste à utiliser un vocabulaire qui plaît aux Occidentaux pour décrire l’islam comme une religion inoffensive, apportant « la paix, la tolérance et l’amour ». Certaines personnalités musulmanes profitent de l’ignorance de leurs interlocuteurs non musulmans pour faire passer des messages tronqués quant à l’enseignement véritable de l’islam, en particulier sur certains sujets sensibles (violence, liberté de conscience, droits de l’homme, statut de la femme, respect des non-musulmans, égalité entre les hommes, etc.). Ces personnalités utilisent dans ce but les tribunes qui leur sont ouvertes dans la presse ou même les rencontres de dialogue interreligieux. Il s’agit en fait de rassurer les non-musulmans quant aux valeurs libérales et pacifiques de l’islam, en présentant des comportements moralement inacceptables comme des dérives, des déformations, voire des trahisons de la religion. »

(Annie Laurent est titulaire d’une maîtrise en droit international et docteur d’État en science politique. Elle a vécu cinq ans au Liban, où elle éditait le périodique Libanoscopie (1988-1992). Elle a été nommée par Benoît XVI experte au Synode spécial des évêques pour le Moyen-Orient, qui s’est tenu à Rome en octobre 2010. Elle a fondé en 2009 l’association Clarifier, qui vise à « éclairer sur les réalités de l’Islam, selon une approche pédagogique et respectueuse des personnes qui s’y référent », et à « promouvoir les conditions et les moyens d’une vie commune pacifique ». –

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Laurent)

Un dieu, que l’on dit compatir à la misère des femmes et des hommes (ses créatures),

mais qui ordonne de tuer,

est-ce concevable?

A-t-elle l’esprit tranquille, est-elle heureuse, la croyante musulmane, a-t-il l’esprit tranquille, est-il heureux, le croyant musulman établi au Québec ou ailleurs au Canada? Une femme, un homme, peuvent-ils être heureux quand leur dieu, quel qu’il soit, leur ordonne de tuer les fidèles d’une autre religion?

DES VERSETS DU CORAN PEUVENT CRÉER UNE AMBIANCE PACIFIQUE ET D’AUTRES

UN CLIMAT TERRIBLE

Paroles de Meir Bar-Asher, auteur de « Les Juifs dans le Coran », Albin Michel

( Islamologue israélien, directeur du Département de langue et littérature arabe de l’Université Hébraïque de Jérusalem, Meir Bar-Asher publie un livre consacré aux juifs dans le Coran. )

( https://www.la-croix.com/Religion/Judaisme/Meir-Bar-Asher-place-juifs-Coran-ambivalente-2019-02-01-1200999495 )

« L’usage du terme « antisémitisme » renvoie à des périodes très spécifiques (le XIXe siècle et les suivants), et à des traditions auxquelles le Coran n’appartient pas. Dans le Coran et les hadiths [recueil de traditions relatives au Prophète], il y a certes des éléments qui peuvent nourrir une pensée antisémite. Ainsi, on cite toujours le hadith des « pierres et des arbres » (« Les rochers et les arbres diront : «  O musulman, ô serviteur de Dieu, il y a un juif derrière moi, viens le tuer! »). C’est un passage enfoui dans une litté­rature tellement immense que l’extraire de son contexte pour se focaliser dessus équivaut à tomber dans la propagande. Travers que j’essaie d’éviter, sans pour autant être naïf – comme je le souligne dans mon livre, les critiques violentes contre les Hébreux de la ­Bible, puis contre les juifs, y occupent une place plus importante que les jugements positifs, tels ces versets du Coran qui témoignent d’admiration pour le peuple juif. Ainsi dit-on d’eux qu’ils sont un peuple élu. »

Source : Meir Bar-Asher : « Quelques versets du Coran peuvent créer une ambiance pacifique et d’autres un climat terrible », Propos recueillis par Nicolas Weill, Le Monde, 5 juin 2019, https://www.lemonde.fr/livres/article/2019/06/05/meir-bar-asher-quelques-versets-du-coran-peuvent-creer-une-ambiance-pacifique-et-d-autres-un-climat-terrible_5471989_3260.html

QU’EST-CE QUI POURRAIT BIEN EMPÊCHER LA CROYANTE MUSULMANE ET LE CROYANT MUSULMAN, AU CANADA, AU QUÉBEC, D’ÊTRE HEUREUX?

Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher la croyante musulmane et le croyant musulman au Québec, grand fief chrétien autrefois, aujourd’hui encore terre chrétienne et pays d’un grand nombre de femmes et d’hommes ayant grandi dans une famille catholique, d’être heureux? Ceci, peut-être : son Dieu dresse devant lui un gigantesque obstacle à son bonheur : son livre saint, le Coran (oeuvre de son Dieu, selon la Communauté religieuse musulmane), ordonne de tuer les chrétiens, ordonne de tuer les juifs. (De telles paroles sont contraires à la Charte canadienne des droits et libertés du Canada et au Code criminel du Canada, soit dit en passant.) Cet ordre devrait normalement faire ressentir aux adeptes de l’islam un gigantesque inconfort. Comment le croyant musulman au Québec peut-il être à l’aise quand il se montre au chrétien ou au juif que son Dieu lui ordonne de faire mourir – un chrétien ou un juif qui peut être un voisin, un confrère, un coéquipier dans une course de relais, comment le croyant musulman peut-il être heureux quand le livre saint qu’il lit et apprend par coeur ordonne de tuer les chrétiens et les juifs? Et comment doivent réagir les non-musulmans devant des croyants musulmans convaincus que le Coran est l’oeuvre intouchable de leur Dieu? Le Coran est censé être le livre saint des croyantes musulmanes et des croyants musulmans d’aujourd’hui comme il était celui de leurs prédécesseurs; s’il était destiné seulement aux femmes et aux hommes de l’Arabie qui vivaient au temps de Mahomet (fin du VIe siècle et début du VIIe siècle), pourquoi les femmes et les hommes du XXIe siècle qui vivent dans la principauté de Monaco, à Las Vegas, à Shirakawa-go,à Calcutta, à Rio ou à Saint-Jean-sur-Richelieu, pourraient-ils trouver une raison de lui attacher de l’importance et de le lire, et, surtout, de s’y soumettre?). Au Québec et ailleurs au Canada, les non-musulmanes et les non-musulmans, même celles er ceux qui sont convaincus qu’aujourd’hui la majorité des fervents de Mahomet aspirent d’abord et avant tout à vivre paisiblement dans une société paisible, auraient-ils tort de se demander parfois s’il n’y a pas, parmi leurs concitoyens de confession musulmane, des personnes qui utilisent la technique de la taqiya ou celle de l’esquive pour se faire accepter par les autres, pour ne pas être rejetés par eux?

Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher la croyante musulmane et le croyant musulman au Québec d’être heureux? Ceci, certainement: la volonté de l’islam d’obliger ses enfants, dès qu’ils atteignent l’âge de quatre ans, à apprendre par coeur le Coran, toutes les paroles de leur Dieu, à leur faire mémoriser des paroles comme Tuez les chrétiens, tuez les juifs, des paroles comme « Ô vous qui croyez! Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens (Coran 5, 51; traduction de l’islamologue Denise Masson), des paroles comme… Belle façon de préparer les enfants au vivre-ensemble! Façon aussi de violer la liberté de conscience de ces enfants : le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion est reconnu en vertu de la Convention internationale des droits de l’enfant adoptée par les Nations Unies en 1989; les parents, précise la Convention, ne peuvent guider l’enfant dans l’exercice de ce droit que « d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités ».

QU’EST-CE QUI POURRAIT BIEN EMPÊCHER LA CROYANTE MUSULMANE, LE CROYANT MUSULMAN, AU CANADA, AU QUÉBEC, D’ÊTRE HEUREUX? BIEN D’AUTRES CHOSES, HÉLAS! ON EN ÉNUMÈRE QUELQUES-UNES?

UnLe Québec dit non à la loi islamique. – La religion musulmane demandent à ses adeptes de faire tout ce qu’ils peuvent pour que la loi islamique (charia) soit appliquée un jour à tous les êtres humains, y compris bien sûr aux habitants du Canada, du Québec, du Québec dont l’Assemblée nationale a rejeté ladite loi en 2005, À L’UNANIMITÉ! (Imaginez : en 2017, au Québec, à Lévis plus précisément, un organisme communautaire, Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, a joint ses efforts à ceux de la mosquée de Lévis (et de son imam, M. Karim Elabed) pour faire publiquement l’éloge de la charia. À noter que Le Tremplin recevait en 2017 et reçoit toujours des subventions de la Ville de Lévis, du gouvernement du Canada et du gouvernement du Québec. À noter aussi que la personne qui présidait le Conseil d’administration du Tremplin en 2017, M. Elhadji Amadou Diarra, un musulman, s’est établi au Canada avant 2005, l’année où l’Assemblée nationale à très fortement dit non à la charia.) (Mentionnons qu’en 2017 le conseil d’administration du Tremplin comprenait au moins deux musulmans.) (« le monde entier est censé se soumettre tôt ou tard à la charia et les musulmans sont invités à oeuvrer dans ce but », a écrit Annie Laurent dans L’Islam peut-il rendre l’homme heureux, Paris, Éditions Artège, © 2012, p. 38).

Deux – Pour les croyants musulmans, la plupart des juifs et des chrétiens sont des… Laissons le Coran dire ce qu’ils sont : « Vous formez (est-il dit aux croyants musulmans) la meilleure Communauté suscitée pour les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable, vous croyez en Dieu. Si les gens du Livre [les juifs et les chrétiens] croyaient, ce serait meilleur pour eux. Parmi eux se trouvent des croyants, mais la plupart d’entre eux sont des pervers [ils se plaisent à faire le mal]. » (Coran 3, 110; traduction de l’islamologue Dense Masson) [À noter que le Coran, Dieu donc, dit que Dieu n’aime pas les infidèles : « Ceux [les hommes] qui auront accompli des oeuvres bonnes en recueilleront le bénéfice. Ainsi Dieu, par sa grâce, récompensera ceux qui ont cru et qui auront accompli des œuvres bonnes. – Il n’aime pas les incrédules – (Coran, 30, 44-45; traduction de l’islamologue Denise Masson), et il leur imposera de grands châtiments.] Les croyantes musulmanes et les croyants musulmans, au Canada, au Québec, sont-ils vraiment sincères quand ils prônent le vivre-ensemble? Il est raisonnable de leur poser cette question.

Trois – La religion musulmane autorise les croyants musulmans à épouser une non-musulmane; mais elle interdit aux femmes musulmanes d’unir leur destinée à celle d’un non-musulman. À noter que la femme non-musulmane (disons une chrétienne), qui met au monde des enfants dont le père est un croyant musulman doit se soumettre au monde musulman et accepter de ne pas élever ses enfants dans la religion chrétienne, à accepter qu’ils soient musulmans, à accepter qu’ils ne soient pas chrétiens comme elle. On comprend qu’interdire aux croyantes musulmanes d’épouser un non-musulman et qu’autoriser les hommes qui adhèrent à l’islam à épouser une femme non-musulmane, c’est favoriser l’expansion de l’islam (la chrétienne mariée à un musulman n’augmente pas la population des chrétiens, la croyante musulmane met au monde des musulmans et augmente la population des musulmans). [Rappel : il est dit dans le Coran : « Pas de contrainte en religion! » (2, 256;  traduction de l’islamologue Denise Masson) Pourtant, la communauté musulmane impose une grande contrainte aux croyantes musulmanes : leur époux doit obligatoirement être un croyant musulman…] (Les croyants musulmans accepteraient-ils que le Canada rendent illégaux les mariages entre un musulman et une non-musulmane?)

Quatre – La religion musulmane interdit aux musulmans de quitter leur religion [d’apostasier] et se montre ainsi, encore une fois, contraire à la Charte canadienne des droits et libertés) : « Ceux qui, parmi vous, s’écartent de leur religion et qui meurent incrédules : voilà ceux dont les actions seront vaines en ce monde et dans la vie future; voilà ceux qui seront les hôtes du Feu; ils y demeureront immortels » [Coran, 2, 217; traduction de l’islamologue Denise Masson) L’islam impose donc aux croyants musulmans une autre contrainte en matière de religion : il leur interdit d’apostasier. – Espérons que les croyantes musulmanes et les croyants musulmans du Canada, du Québec, comprennent et acceptent que les Canadiennes et les Canadiens de longue date (et d’autres sans doute) déplorent que le Coran soit contraire à la Charte canadienne des droits et libertés et au Code criminel du Canada.

Cinq – Le Coran impose des peines inhumaines aux voleurs : « Tranchez les mains du voleur et de la voleuse, y lit-on : ce sera une rétribution pour ce qu’ils ont commis et un châtiment de Dieu. – Dieu est puissant et juste – » (5, 38; traduction de l’islamologue Denise Masson). Il n’y a certainement pas un seul Québécois de longue date qui approuve des châtiments aussi cruels; je suis convaincu que les musulmans que j’ai côtoyés un peu au Québec se réjouiraient que cette cette sanction disparaisse du Coran.) N’y aurait-il pas moyen de retirer des parties du Coran?

Six – La condition féminine en islam a de quoi scandaliser le Canada, le Québec :

A) « L’émancipation de la femme à l’égard du carcan de coutumes éculées comme à l’égard des injonctions et des pratiques obscurantistes des traditionnaires et des néofondamentalistes demeure l’une des questions les plus ardentes et les plus controversées actuellement dans toutes les sociétés du vaste monde musulman. […] Question capitale en effet, qui renvoie bien évidemment au statut juridique de la femme et à sa place tant dans l’espace domestique que dans l’espace public. Mais plus généralement, elle conditionne immanquablement le moindre processus de démocratisation. Résoudre cette équation, c’est, pour les individus vivant en société, choisir les valeurs morales fondamentales qui organiseront leur existence : opter ou non en faveur de l’instauration d’une véritable justice sociale, et in fine, faire ou non un choix de civilisation.

« Or, que constate-on dans la plupart des pays arabes et musulmans en ce qui concerne le statut des femmes? C’est une situation sociale lamentable et le retour en force d’attitudes misogynes, sexistes, iniques et parfois violentes à leur égard, qui prédominent nonobstant d’incontestables avancées dues aux combats très anciens et ininterrompus livrés par des mouvements féministes. » (Abderrahim Lamchichi*, Le statut de la femme dans les sociétés musulmanes. Une bataille ardente et obstinée, revue Confluences méditerranée publiée à Paris par Harmattan Éditions, 2006/4, no 59 intitulé Femmes et Islamisme 2006, https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2006-4-page-11.htm) * Abderrahim Lamchichi : maître de conférences de Science politique à l’Université Jules Verne de Picardie, membre du Centre universitaire de recherches administratives et politiques de Picardie (Unité mixte de recherche, Centre national de la recherche scientifique)

B) « … les grandes avancées juridiques des femmes en Europe sont loin d’être acquises dans la majorité des pays arabo-musulmans, où en général la situation juridique des femmes reste très fragile » (Asma Lamrabet, citée par Nadia Lamlili, Islam et femmes: les questions qui fâchent, dernière publication de Asma Lamrabet, http://www.asma-lamrabet.com/articles/islam-et-femmes-les-questions-qui-fachent-derniere-publication-de-asma-lamrabet/). (Asma Lamrabet, croyante musulmane marocaine, est médecin.)

C) « En France, la mentalité des musulmans est encore très traditionnelle. Ce qui me surprend le plus est le nombre de femmes qui se soumettent d’elles-mêmes à l’inégalité et aux interdits de la mixité. » (Pierre Lory, cité in Jeune Afrique, 2007, https://www.jeuneafrique.com/mag/489372/societe/islam-le-temps-des-femmes/) (P. Lory est un professeur et un islamologue français de renom, écrit la revue Jeune Afrique.)

D) Pays du golfe arabo-persique (Iran, Iraq, Koweït, Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis, Bahreïn)

« Très lentement, les législations dans les pays du Golfe se modifient. Mais la violence contre les femmes reste une réalité quotidienne et la combattre demande non seulement un renforcement de l’appareil juridique mais un combat au sein de sociétés conservatrices. […] Les lois relatives à la protection des femmes contre la violence restent sommaires. Elles sont loin d’être en conformité avec la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw). […] La loi aux Émirats arabes unis tolère la violence au sein de la famille. L’article 53 du Code pénal autorise « le mari à corriger sa femme. Il autorise les pères à corriger les enfants mineurs » tant que cela se passe « dans les limites de la loi religieuse ». Quant au viol conjugal, il n’est pas considéré comme un crime. En 2010, le tribunal fédéral supérieur a émis une décision, basée sur le Code pénal, permettant aux maris de battre leurs épouses et de recourir à d’autres formes de punition et de contrainte à leur encontre, à la seule condition de ne pas laisser de traces physiques visibles, selon le rapport 2018 de Human Rights Watch. […] Au Koweït, aucune loi ne prohibe la violence domestique ou le viol conjugal. […] Il n’existe pas à Oman de loi sur les violences domestiques et le viol conjugal, les poursuites ne peuvent être engagées dans ces cas que sur la base d’accusations plus générales de violence. Le Code pénal omanais exclut explicitement l’idée qu’il puisse exister un viol conjugal et ne criminalise pas le harcèlement sexuel, constate Human Rights Watch (chapitre Oman). […] Au Qatar, le viol conjugal et les violences domestiques ne sont pas considérés comme des crimes. (Source : Nazeeha Said, Golfe. Ces violences quotidiennes contre les femmes,périodique Orient XXI, 10 janvier 2019,https://orientxxi.info/magazine/golfe-ces-violences-quotidiennes-contre-les-femmes,2846)

E) Récemment, l’Egypte a « [transformé] en délit le harcèlement dont les femmes sont victimes dans la rue ou dans les transports publics – attouchements sexuels, mais aussi viols. Il était temps : d’après une récente étude internationale de Thomson-Reuters, ce pays se classe en dernière position en matière de droits des femmes et plus de 99% s’y disent harcelées. » [Corinne Fortier, anthropologue, citée par Laure Cailloce (journaliste scientifique pour le Centre national de la recherche scientifique, France], Femmes dans le monde arabe : des progrès, mais..., 2014,https://lejournal.cnrs.fr/articles/femmes-dans-le-monde-arabe-des-progres-mais]

F) « … une nouvelle relecture réformiste des textes ainsi qu’une réforme du droit musulman, principale source de discriminations et d’inégalités envers les femmes, sont à ce stade essentiels et prioritaires afin que l’islam puisse accompagner les défis contemporains et être en phase avec son temps.

[…]

« La question des réformes religieuses, notamment celles concernant la thématique des femmes, reste fortement liée à l’exercice d’un véritable pouvoir démocratique et il serait certes illusoire de prétendre analyser la thématique des femmes sans tenir compte de la globalité des problèmes qui minent profondément les sociétés musulmanes. C’est en travaillant sur ces deux volets – démocratie et réformisme religieux – que les transformations sociales peuvent avoir des chances de véritablement se concrétiser au sein d’une réalité sociale où la religion demeure un référentiel incontournable. » (Asma Lamrabet, Les femmes et l’islam : une vision réformiste, publié par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), Paris, mars 2015, p. 34-35. – Les femmes et l’islam : une vision réformiste fait partie de la série Valeurs d’islam, dont le conseil scientifique est assuré par Éric Geoffroy, islamologue à l’Université de Strasbourg. – « Asma Lamrabet est médecin, écrivaine et directrice du Centre d’études et de recherches féminines en islam (Cerfi) au sein de l’institution Rabita Mohammadia des Oulémas au Maroc » écrit Fondapol).

SeptMohamed Cherif Ferjani, professeur à l’Université de Lyon, écrit que la vie démocratique est absente dans la quasi-totalité des pays musulmans (Culture, magazine de l’Université de Liège, 2018, http://culture.uliege.be/jcms/prod_194968/fr/islam-politique-une-breve-comparaison-avec-la-democratie-chretienne). (M. Ferjani, a notamment écrit ces livres : Islamisme, laïcité et droits de l’Homme, 1992; Le politique et le religieux dans le champ islamique, 2005.)

Ômer Çaha, politologue à la Faculté de Sciences Politiques de l’Université de Fatih-Istanbul, se demande « pourquoi dans la plus grande partie du monde islamique ce sont les régimes despotiques qui se mirent en place au lieu des régimes démocratiques ? Pourquoi les régimes démocratiques ne parviennent-ils pas à s’implanter dans ce monde? » (Ômer Çaha, L’Islam et la démocratie, dans Autres Temps. Cahiers d’éthique sociale et politique, n° 74, 2002, pp. 28-35)

Vida Amirmokri, dans son livre L’islam et les droits de l’homme. L’Islamisme, le droit international et le modernisme islamique (Québec, Les Presses de l’Université Laval, © 2004, p. 164-165), écrit ceci ;

« … tout système politique qui [prétend] à une légitimité divine d’être démocratique » est empêché « d’être démocratique ». « Un tel système donnerait lieu à la création des institutions qui, n’ayant pas à répondre à l’opinion publique, constitueront autant de barricades parfaites pour la résistance à celle-ci. Cette résistance peut être suscitée par le souci de protéger et de préserver nombre de traditions historiques identifiées aux lois divines éternelles sans tenir compte de l’évolution de la société. Elle peut-être simplement le fait de ceux qui cherchent à profiter de ce moyen pour assurer cyniquement leurs propres intérêts, politiques ou autres. Dans tous les cas le problème fondamental est que ces institutions n’auront à répondre à personne. Le rôle de Dieu serait assumé par les hommes siégeant dans les conseils qui décident en son nom. »

L’ISLAM PEUT-IL RENDRE LA FEMME ET L’HOMME HEUREUX?

ON TROUVE LA RÉPONSE (OU UNE RÉPONSE) DANS LE CORAN :

« Ô VOUS QUI CROYEZ! CRAIGNEZ DIEU! RECHERCHEZ LES MOYENS D’ALLER À LUI! COMBATTEZ DANS SON CHEMIN! – PEUT-ÊTRE SEREZ VOUS HEUREUX – » (5, 34).

PEUT-ÊTRE, DIT DIEU… PEUT-ÊTRE…

La plupart des Canadiennes et des Canadiens de longue date souhaitent que toutes les femmes et tous les hommes soient traités avec respect et avec équité, avec bienveillance, ils veulent qu’ils soient bien protégés par leur État, qu’ils ne manquent jamais de nourriture, qu’ils vivent sous un toit agréable, qu’ils ont accès à d’excellents services d’éducation et de santé, qu’ils vivent dans un environnement culturel intéressant, qu’ils puissent s’amuser, se divertir, être heureux, et qu’ils jouissent de la liberté.

Selon un philosophe et professeur de philosophie contemporain africain :

aucun pays ne peut fonctionner de façon durable sans un minimum de confiance entre les individus, sans un minimum de règles admises par tous, sans un minimum de justice et sans un minimum de principes. Ceux du droit.

(Bonaventure Mve Ondo*, Le Gabon en danger de mort, The Conversation, 21-09-2016, https://theconversation.com/le-gabon-en-danger-de-mort-65061) – Bonaventure Mve Ondo, professeur, Université Omar Bongo (Libreville); chercheur associé au LAM (Laboratoire des Afriques dans le monde), Sciences Po Bordeaux

Mise en garde de Louis Massignon (1883-1962), dont on dit qu’il fut un très grand islamologue :

En 1962, après avoir invité les chrétiens, les juifs et les musulmans  à « prier ensemble pour l’avènement de cette Paix tant désirée, qui se fait attendre, » M. Massignon les met en garde : il leur dit qu’il faut absolument que « Toute tentative d’accord sur le terrain économique, et même culturel », soit fondé sur

« UN MOUVEMENT SINCÈRE DES COEURS ».

(cité dans Louis Masssignon, publication dirigée par Jan-François Six, Paris, Éditions de l’Herne, 1970, p. 520)

Il est manifeste que les coeurs ne sont pas tous sincères, au Canada, au Québec, à Lévis.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

La religion la plus simple ne serait-elle pas la meilleure ?

Le texte suivant de Voltaire a été reproduit dans le web par le Groupe de Recherches Islamo-Chrétien, au sein duquel travaillent ensemble des universitaires musulmans et chrétiens.

« Après notre sainte religion [le christianisme], qui, sans doute est la seule bonne [selon l’auteur], quelle serait la moins mauvaise ? Ne serait-ce pas la plus simple ? Ne serait-ce pas celle qui enseignerait beaucoup de morale et très peu de dogmes ? Celle qui tendrait à rendre les hommes justes sans les rendre absurdes ? celle qui n’ordonnerait point de croire des choses impossibles, contradictoires, injurieuses à la Divinité et pernicieuses au genre humain, et qui n’oserait point menacer des peines éternelles quiconque aurait le sens commun ? Ne serait-ce point celle qui ne soutiendrait pas sa créance par des bourreaux, et qui n’inonderait pas la terre de sang pour des sophismes inintelligibles ? Celle dans laquelle une équivoque, un jeu de mots, et deux ou trois chartes supposées ne feraient pas un souverain et un dieu d’un prêtre souvent incestueux, homicide et empoisonneur ? Celle qui ne soumettrait pas les rois à ce prêtre ? CELLE QUI N’ENSEIGNERAIT QUE L’ADORATION D’UN DIEU, LA JUSTICE, LA TOLÉRANCE ET L’HUMANITÉ ? ».

Voltaire (1694-1778), écrivain et philosophe français, représentant de la philosophie des Lumières.

Cité par Abderrazak SAYADI, Entre chrétiens et musulmans, quelles frontières ? – Gric* de Tunis, 21 mars 2008, https://gric-international.org/2008/dossiers/entre-chretiens-et-musulmans-quelles-frontieres/frontieres-entre-islam-et-christianisme/ – GRIC : Groupe de Recherches Islamo-Chrétien – Le GRIC est né en 1977 de l’initiative d’un petit groupe d’universitaires, chrétiens et musulmans.

LE VIVRE ENSEMBLE

« La question du vivre ensemble se pose partout

et dans tous les temps. »

« Toute société est un système d’inégalités que des acteurs en compétition pour la conquête et l’exercice du pouvoir, s’efforcent de réduire avec des succès variables selon les régimes politiques en place. La question du vivre ensemble se pose partout et dans tous les temps. La modernité a ouvert de nouvelles possibilités pour construire un espace de citoyenneté où les critères d’appartenance ethnique, professionnelles, philosophique tendent à s’effacer. Les stratégies centralisatrices et unitaires des États-nations ont limité jusqu’ici les extensions de l’espace citoyen à tous les étrangers qui expriment le désir de s’installer dans les pays de leur choix. Cette tendance à la limitation s’est durcie avec les flux récents de migrants venant de tous les continents. Dans toute la sphère géopolitique et historique nommée Occident, on s’interroge inlassablement sur les possibilités de vivre avec un « islam » perçu comme une force dangereuse de soulèvement des peuples démographiquement prolifique et politiquement mobilisés par l’idéologie de combat depuis 1945. Les pressions grandissantes de l’histoire en cours marquée par les guerres de libération et les efforts de construction nationale, puis la multiplication des guerres civiles, les échecs politiques, sociaux, économiques et culturels des Partis-États postcoloniaux et bien d’autres facteurs encore, font apparaître plus de menaces que de promesses pour un vivre ensemble dans les espaces nationaux et internationaux ».

(Mohammed Arkoun*, ABC de l’islam. Pour sortir des clôtures dogmatiques, Édition revue et augmentée de l’ouvrage paru sous le tire L’Islam chez le même éditeur, Paris, Éditions Grancher, © 2007, p. 325-326)

* Philosophe et historien de l’islam, Mohammed Arkoun, né en 1928 en Algérie, décédé en 2010 à Paris, a été professeur émérite d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne (Paris-III).

Il serait infiniment malheureux

que cette femme et cet enfant

meurent ou souffrent

à cause de leur religion,

ou d’une autre.

La liberté d’expression n’a pas de religion, affirment des responsables de lieu de culte catholiques, musulmans, juifs.

https://www.saphirnews.com/Le-pluralisme-au-service-de-nos-libertes_a20535.html

Le pluralisme au service de nos libertés

Proclamation sur la liberté d’expression

Rédigé par Reporters sans frontières (RSF) | Vendredi 13 Mars 2015

« Nul ne peut imposer sa conception du sacré à autrui. » Dans le cadre de sa campagne « La liberté d’expression n’a pas de religion », Reporters sans frontières a lancé en février une initiative nationale destinée aux responsables de lieux de culte de toutes religions afin de les inviter à signer la Proclamation sur la liberté d’expression. Ce manifeste que soutiennent Saphirnews*et Salamnews** est ici reproduit.

La liberté d’expression est garantie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui affirme que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».

La loi française sanctionne l’injure, la diffamation et la provocation à la haine raciale, à la discrimination ou à la violence envers des personnes ou des groupes de personnes, mais non la critique des idées, des symboles et des représentations.

Elle ne reconnaît ni ne condamne le sacrilège ou le blasphème. Chacun est libre d’exprimer et de diffuser des critiques, même irrévérencieuses, envers tout système de pensée politique, philosophique ou religieux.

La liberté de conscience, qui est celle de croire, de pratiquer une religion, ou de ne pas croire, est aussi garantie par la Convention européenne des droits de l’homme et la Constitution. Elle doit naturellement s’appliquer sans discrimination.

Certains peuvent se sentir offensés ou blessés par la critique de leurs croyances, notamment sous la forme satirique. Mais la liberté d’information et d’expression, celle des journalistes comme des citoyens, ne saurait être contrainte ou limitée par les convictions ou les sensibilités des uns ou des autres.

Ce sont les conditions du respect du pacte républicain et des droits de tous dans une société démocratique pluraliste et tolérante.

Nul ne peut imposer sa conception du sacré à autrui.

Représentants des organisations religieuses soutenant l’initiative

Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, Marie-Stella Boussemart, présidente de l’Union bouddhiste de France

Signataires

Foudil Benabadji, aumônier des prisons et des hôpitaux en Savoie, Joëlle Wetzstein, pasteure de l’Eglise Protestante Unie de France à Bagnols sur Cèze, Mohamed-Ali Bouharb, directeur de l’aumônerie musulmane française de l’armée de terre, Ali Jarroudi, président de la Grande Mosquée de Strasbourg, Mohamed Moussaoui, imam de la Grande Mosquée de Strasbourg, Cheikh Dhaou Meskine, Secrétaire général du Conseil des imams de France, Carine Frank, pasteur de la paroisse protestante de Montbéliard, Eglise Protestante Unie de France, Marcel Mbenga, pasteur aux temples de Chalon-Sur-Saône et Sornay, Eglise Protestante Unie de France, Stéphane Hervé, pasteur délégué pour l’œcuménisme en Région Parisienne, Eglise Protestante Unie de France, Corinne Scheele, pasteur de la paroisse protestante du Mont-Bart, Eglise Protestante Unie de France, Cheikh Khaled Bentounès, guide spirituel de la confrérie soufie Alâwiyya et fondateur des Scouts Musulmans de France, Larbi Kechat, recteur de la mosquée Adda’wa et directeur du Centre socio-culturel de Paris, Mohamed Bechari, président de la Fédération Nationale des Musulmans de France, Haidari Nassurdine, ancien imam et délégué du Conseil Représentatif des Associations Noires de France en région PACA, Tareq Oubrou, penseur musulman et grand imam de Bordeaux, Jonas Jacquelin, rabbin, Union libérale israélite de France, Philippe Haddad, rabbin, Union libérale israélite de France, Jean-François Bensahel, président de l’Union libérale israélite de France, Serge Herrbrech, président de l’Union d’assemblées protestantes en mission (UAPM), Marc Konczaty, président du Mouvement juif libéral de France, Yann Boissière, rabbin, Mouvement juif libéral de France, Delphine Horvilleur, rabbine, Mouvement juif libéral de France, Abdelali Mamoun, imam à Alfortville, Val-de-Marne, Roland Kauffmann, pasteur de l’Église protestante d’Alsace et de Lorraine au temple Saint-Étienne de Mulhouse, Vincent Scheffels, curé de la paroisse de Nanterre Nord, Jean-Jacques Bonsirven, pasteur, président de la Commission de l’aumônerie des Etablissements sanitaires et médico-sociaux de la Fédération Protestante de France, Guy Gilbert, prêtre et éducateur

Comité de soutien

Dany Nocquet, Doyen de la faculté de théologie de Montpellier, Huê Trinh Nguyen, rédactrice en chef du mensuel des cultures musulmanes Salamnews, Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, Hanan Ben Rhouma, rédactrice en chef du site d’information sur le fait musulman Saphirnews.com, Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Farid Abdelkrim, auteur et comédien, Elisabeth Badinter, essayiste, Robert Badinter, avocat et ancien Garde des Sceaux, Saïd Branine, responsable du site d’information Oumma.com, Abdennour Bidar, islamologue, Ghaleb Bencheikh, islamologue, président de Religions pour la Paix-France, Fethi Benslama, islamologue, Malek Chebel, anthropologue des religions, Cynthia Fleury, philosophe, Eric Geoffroy, islamologue et professeur d’université, Jacques Julliard, historien et journaliste, Philippe Labro, journaliste, Henri Leclerc, avocat, vice-président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Richard Malka, avocat, Pierre-Emmanuel Moog, anthropologue et politologue, Philippe Portier, historien et sociologue des religions, Alain Touraine, sociologue, Catherine Teitgen-Colly, vice-présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Cédric Villani, mathématicien…

Je suis responsable d’un lieu de culte, je veux signer. Reporters sans frontières met en place un dispositif d’authentification permettant de vérifier l’identité des responsables de lieux de culte souhaitant signer la proclamation. La copie d’une pièce d’identité pourra vous être demandée. Pour plus d’information et/ou pour devenir signataire, cliquez ici

* Saphirnews –

( L’auteure parle du site Saphirnews.com. ) « … ma lecture des principaux sites musulmans d’information me menait à considérer sa ligne éditoriale comme nettement plus pluraliste que l’orientation générale de l’UOIF [Union des organisations islamiques de France]. Il y distribuait son mensuel papier Salamnews dans lequel les femmes photographiées sont rarement voilées et dont la lecture de dossiers tels que « Tout est bon dans le cochon », avec un focus sur le réfrigérateur des couples mixtes, agrémentait les temps indéterminés d’attente à l’entrée du hall de conférences. Une investigation plus poussée a confirmé la pertinence de ce choix comme révélateur de la diversité intra-musulmane et comme analyseur d’un mode de fabrication du commun à partir du particulier. »

(Anne-Sophie Lamine, Média minoritaire, diversité intra religieuse et espace public. Analyse du site Saphirnews.com, dans la revue Sociologie, 2015/2 (Vol. 6). Madame Lamine est professeure de sociologie à l’Université de Strasbourg.)

** Salamnews

« Depuis 2008, Salamnews le « premier mensuel gratuit des cultures musulmanes » est distribué dans les commerces, les universités, sur les marchés. « 

( Stéphanie Le Bars dans le quotidien français Le Monde, 08 août 2011, Le Monde, https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2011/08/08/salamnews-mensuel-des-cultures-musulmanes_1557270_3236.html)

Lettre au président du Conseil du trésor concernant l’agrandissement du Cégep Dawson (Québec)

EXTRAIT :

Monsieur le ministre, il est encore temps de renoncer à ce projet mal avisé, sans doute inscrit dans les plans du gouvernement en raison de sa volonté, fort compréhensible, de relancer l’activité économique paralysée par la pandémie de la covid-19. Nous osons penser que l’attachement à la langue française que vous et votre gouvernement ne cessez de redire vous conduira à revoir votre décision, et donc à retirer l’agrandissement du collège Dawson de la liste des projets mis en accélération, voire à suspendre le projet, même réalisé en mode normal. Après toutes les mesures de confinement qu’il a fallu prendre pour freiner des pans entiers de notre vie nationale, il serait malencontreux et funeste que la langue française subisse à son tour une forme de confinement par sa contraction dans l’enseignement supérieur au Québec. 

En espérant que vous saurez reconsidérer votre décision, nous vous prions, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de nos sentiments les plus distingués.

Nicolas Bourdon,
professeur de littérature, Cégep Bois-de-Boulogne
Marc Chevrier,
professeur de science politique, Université du Québec à Montréal
Jacques Dufresne,
philosophe, éditeur de l’Encyclopédie de l’Agor

Le monde regorge de beautés. Les animaux de compagnie, par exemple.

Les animaux de compagnie et le bien qu’ils font autour d’eux.

Des animaux de compagnie, il y en avait un bon nombre au Domaine de Maizerets, à Québec, un jour de septembre 2020.

Photos prises par Roger Martel

Jean Ferrat, poète, chanteur, avait un chien appelé Oural.

La chanson OURAL OURALOU chantée par son auteur, Jean Ferrat :

https://www.youtube.com/watch?v=DChb5TFpF5I

SUR JEAN FERRAT :

https://www.youtube.com/watch?v=t5QjZQseKI4 (TV5, L’Invité)

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PAROLES DE OURAL OURALOU

https://www.boiteachansons.net/Partitions/Jean-Ferrat/Oural-ouralou.php

OURAL OURALOU – Jean Ferrat

Paroles et musique : Jean Ferrat

Tonalité :E |F |Gb |G |Ab |A |Bb |B |C |Db |D |Eb |E

Intro : Am / Dm Am Am / Dm Am

Am C’est d / ans l’au Dm be chère à Ver Am laine

Am Que t / u cou Dm rais notre do Am maine

Am Humant / l’air Dm des quatre sai Am sons

Gm Odeurs de thym et de bru F yère

Gm Sous tes pattes fraîches, lé F gères

Gm S’élevaient comme une orai F son

Bb Berger des landes fami Am lières

Bb Tu vivais digne et soli Am taire

Bb Animal doué de rai Am son

Gm J’écris ce jour anniver F saire

Gm Où tu reposes sous la F terre

Gm A deux pas de notre mai E7 son

Am Hour / rah Dm ! Oural, G7 / Oura C lou

Am / Bb Oural, Oura Am lou

Am Hour / rah Dm ! Oural, G7 Ou / ra C lou

Am / Bb Oural, Oura Am lou Am

On voit souvent des souveraines

A la place des rois qui règnent

Rien qu’en posant leurs yeux dessus

Il faut se méfier du paraître

De nous deux qui était le maître

Nous ne l’avons jamais bien su

Tu vécus la vie parisienne

La nuit sur les quais de la Seine

Les music-halls et les tournées

Et cette vie qui fût la mienne

Il me semble que tu la traînes

A la semelle de tes souliers

Hourrah ! Oural, ouralou

Oural, ouralou

Hourrah ! Oural, ouralou

Oural, ouralou

Jour après jour, il faut l’admettre

Voir ceux qu’on aime disparaître

C’est ce qui fait vieillir trop tôt

Au paradis des chiens, peut-être

Ton long museau à la fenêtre

Tu nous accueilleras bientôt

Au triple galop, caracole !

Je vois tes pattes qui s’envolent

Chevauchant l’herbe et les nuées

Le vent siffle dans ton pelage

Vole, vole, mon loup sauvage

Comme au temps des vertes années

Hourrah ! Oural, Ouralou

Oural, ouralou

Hourrah ! Oural, Ouralou

Am / Bb Oural, Oura Am lou Fmaj7 Dm9 A(sus2)

Source :

https://www.boiteachansons.net/Partitions/Jean-Ferrat/Oural-ouralou.php


Normand Baillargeon, philosophe: réfléchir pour un monde meilleur

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-grands-entretiens/segments/entrevue/32664/entrevue-normand-baillargeon-marie-france-bazzo

Normand Baillargeon : réfléchir pour un monde meilleur

Publié le 27 juillet 2017 Audio fil du lundi 31 juillet 2017

21 h 06

Rencontre entre Marie-France Bazzo et le philosophe Normand Baillargeon

Durée : 54:00

L’éducation est une des valeurs les plus chères aux yeux du philosophe Normand Baillargeon. « C’est ce qui sert à faire des personnes libres, qui servent à faire vivre une démocratie. » Dans cette entrevue avec Marie-France Bazzo, le philosophe revient sur son enfance en Afrique et parle de son grand intérêt pour la poésie, la science et l’anarcho-syndicalisme. (Rediffusion du 7 mars 2017)

Islam – Supplique d’une femme à Dieu

EXTRAITS

ISLAM

Ahmed Abdouni, Supplique d’une femme à Dieu, Revue Le Monde des religions, 29/04/2014, http://www.lemondedesreligions.fr/savoir/supplique-d-une-femme-a-dieu-29-04-2014-3880_110.php

Le Monde des Religions est un bimestriel édité par Malesherbes Publications. Il appartient au Groupe Le Monde qui édite notamment le très prestigieux quotidien Le Monde

Par une longue nuit d’hiver, une femme dans sa solitude se tourmenta, jusqu’à l’aube, à se questionner à propos de certains versets du Saint Coran qu’elle a lus après qu’elle eut fini la dernière prière de la journée. Elle les récita autant de fois que la patience, suscitée en elle par sa foi, l’eut permis. [] Rien n’y fit. Son effort resta désespérément vain. Sa soif de connaissance et surtout de conviction ne fut guère assouvie. Pire, elle s’est accrue. [] il lui restait un dernier recours, l’ultime même : pourquoi ne pas s’adresser à la source de la vérité absolue, universelle et éternelle ? Vous l’avez bien compris. Elle s’adressa à Dieu. Au Seigneur créateur du monde et de l’homme qui y fait la loi en se prévalant de sa proximité de Dieu. Sa supplique porta sur son statut par rapport à l’homme, avec lequel, bien évidemment, elle partage la même origine. En voilà au moins une vérité incontestable.

C’est en ces termes qu’elle formula sa supplique au Seigneur des mondes : « Seigneur, par ta volonté la création est une réalité et j’en suis une infime partie, sans que cela diminue pour autant mon importance auprès de Toi. [] Je suis soumise à Ta volonté et à Ta loi de bon gré ou contrariée. [] Tu T’es interdit la moindre injustice. Et Tu confirmes que Tu n’es point injuste à l’égard de Tes serviteurs. Imbue jusqu’au profond de mon âme de Ta justice et de la faiblesse de mes capacités intellectuelles de sonder Tes desseins impénétrables, je n’ai pu me résoudre, par ignorance sûrement, cependant absolument pas par ingratitude vis-à-vis de Tes bienfaits, à comprendre ni accepter l’interprétation que nos exégètes donnent de Ta parole sacrée à mon sujet. Mes aïeules maternelles furent sauvées par Ton miséricordieux message islamique.

Il leur donna la dignité dont elles étaient totalement et complètement dépossédées. Même une chamelle avait plus de valeurs auprès de l’homme que les femmes qu’il s’appropriait, et que rien ne protégeait de l’injustice immonde qui les frappait. La femme à cette époque obscurantiste n’avait même pas la propriété de son âme. [] l’homme disposait de la femme comme on disposait d’un objet. Dès que cette capacité lui était enlevée par les vicissitudes du temps [] elle était jetée ou dirais-je annihilée comme si elle n’existait plus. [] Par Ta providence, cette injustice, révoltante selon nos conceptions actuelles, cependant traduisant un comportement tout à fait dans les normes de la société préislamique, fut corrigée. []

Il m’arrive de lire et relire les versets qui définissent le statut de la femme et comme Tu le sais, Seigneur, il m’arrive de me questionner à propos de certains de ces versets. []

[]

Seigneur, j’ai frappé à plusieurs portes en quête de plus de vérité que ne le permette ma raison, la réponse des exégètes anciens comme celle des contemporains est invariable. Les seconds ont abdiqué aux premiers leur liberté et leurs pensées, ils ne pensent plus que par ceux qu’ils appellent les “Salafs” (les anciens ou ancêtres). Ils vivent le présent par leur corps, et leur esprit s’accroche aux réalités passées, lointaines et révolues.

[]

Seigneur, Tu sais que je ne suis versée dans aucune science et encore moins en savoir religieux ; néanmoins, je n’ai pas manqué de m’instruire autant que ma condition de femme me l’a permis, enfreignant en cela tout le dispositif social et culturel qui barricadait le statut de mes ainées et les réduisaient à peu de choses près à être les servantes obéissantes du père et des frères avant qu’on leur trouvât époux qui prenait nécessairement la relève. Je me souviens, toute petite fille encore, à l’occasion d’une aide que je lui prodiguais et ce fut souvent le cas, ma mère me serinait les tenants et aboutissants pour mieux les graver en moi, de ce statut qu’elle me disait avoir été fixé par Toi Seigneur. “Ce sont les prescriptions de notre Seigneur”, me répétait-elle comme réponse à toute question ou dénonciation craintive et hésitante que j’osais opposer à cette condition injuste que l’on imposait aux femmes et aux petites filles. [] Ce qui me trouble, Seigneur, ce sont quelques versets de Ta parole sacrée, qui traitent directement de nos droits, nous les femmes. Notamment ceux qui comportent des lois concernant l’héritage, le témoignage, le statut hiérarchique de l’épouse eu égard à son époux. Seigneur, exception faite des dérogations que Tu lui as spécifiquement accordées et qui s’expliquent par sa condition physiologique, Tu as mis la femme sur un pied d’égalité avec l’homme, en matière de cultes, rites et autres devoirs religieux qui Te sont rendus, alors que pour les choses de la vie terrestre, elle n’a droit qu’à la moitié des droits que se revendique l’homme. C’est ainsi qu’on me dit que par Ta volonté, ma part à l’héritage n’est que la moitié de celle de l’homme, que pour que je sois crédible lors d’un témoignage, il faut que nous soyons deux femmes pour valoir le témoignage d’un seul homme; parce que paraît-il, j’ai une mémoire défaillante et suis facilement influençable car je maîtrise moins que l’homme mes passions. Bref, je ne vaux que la moitié de l’homme. Mon statut auprès de mon époux n’est guère reluisant. Il peut, en effet, se prévaloir du droit que Tu lui aurais accordé de m’obliger à le partager avec trois autres coépouses.

Quand je me plains de cette injustice auprès des hommes, ils me répondent que c’est Ta loi Seigneur et Ta volonté. Quand je leur réplique que c’est leur interprétation, ils me clouent au pilori en m’accusant de vouloir changer Ta loi car Ta parole, croient-ils avec entêtement, est claire, limpide et ne nécessite aucune interprétation. Tout leur argumentaire se résume en leur crédo : “point d’interprétation quand le texte est franc”. Alors, je me trouve contrainte de me défendre en me prévalant de ce que Ta vérité éternelle est que Tu es juste et que la condition qui m’est faite est loin d’être considérée comme juste. Ce à quoi ils répondent que Tes voies sont impénétrables et que derrière cette injustice apparente, erronée et trompeuse, il y a une sagesse et une justice que Toi seul connaît. Mais, Seigneur, comment puis-je me convaincre alors que je ne peux juger que par mon entendement mes rapports avec mes semblables ? Tu insistes, Seigneur, sur l’établissement de la justice sur terre et Tu commandes à l’homme de la chercher et de la pratiquer par tous les moyens et même au dépens de soi-même. N’est-ce pas là une vérité éternelle, donc qui ne souffre aucune exception, sous peine de tomber dans l’erreur ?

Seigneur, je médite souvent les versets du Saint Coran, dont l’un abroge l’autre dans la sourate Al bakara (la vache). []

Seigneur, rien, ni dans les cieux ni sur terre, ne T’aurait empêché d’appliquer la première loi et donc de n’accorder la moindre attention à l’état d’âme dans lequel elle mit les croyants. Cependant, étant miséricordieux, bienveillant à l’égard de Tes serviteurs, Tu as entendu leur cri de détresse psychologique et Tu as changé le difficile par ce qui est le plus léger, le plus supportable pour l’homme en tenant compte de la faiblesse de sa nature.

Seigneur, les exemples d’abrogation de versets pour une raison ou une autre, mais toutes se rapportant à l’homme et ses capacités d’honorer son engagement envers Toi, abondent dans Ta parole sacrée que Tu as révélée. Il y eut même l’exemple de sourates que Tu as complètement effacées de la mémoire des croyants. C’est là quelques exemples qui attestent pertinemment de la nature non éternelle de certaines de Tes lois et commandements. Je me demande, Seigneur, s’il ne serait pas là un exemple et un modèle de conduite pour les croyants que l’évolution, ce principe de la vie qui est une vérité éternelle, a contraint à subir des changements inéluctables et inévitables. Non que nous nous autorisions à changer Ta parole sacrée, Tes commandements et Tes lois ou de supprimer des versets, mais tout simplement de chercher à trouver un consensus conforme à Ta parole sacrée, une interprétation dirais-je, qui ne soit sclérosée, qui évite la fracture qui devient de plus en plus béante dans l’âme du croyant ; lequel ne sait plus s’il faut suivre sa raison, produit de l’évolution à laquelle il est soumis ou se soumettre à des lois appartenant à un passé, qui, certes, obéissait à une raison, mais qui n’en est plus une. La schizophrénie est devenue notre mode de vie, elle est devenue notre quotidien. Seigneur, l’homme qui m’est soumis, que ce soit à l’université pour apprendre, à l’hôpital pour se faire soigner, dans l’entreprise pour gagner sa vie, à l’administration par l’autorité civile qui m’est conférée, sur le chantier parce que je suis l’architecte et dans bien d’autres domaines et secteurs où il puise ses connaissances des miennes et où il contribue à la gestion de la vie sous mon autorité et ma conduite, face à cet homme, Seigneur, je ne compte que pour la moitié quand il s’agit d’hériter, de témoigner et il se permet de disposer de moi en m’imposant d’être l’une de ses quatre épouses. Tout cela serait conforme à Ta volonté. Qu’elle soit faite si c’est vraiment Ta volonté. Toutefois, je doute fort qu’il s’agisse de Ta volonté, car Tu T’es interdit d’être injuste et la condition que l’on me fait est, au regard de ma raison, une injustice aberrante. Aucun doute que ce statut de la femme fut Ta volonté. Mais comme Ta volonté accompagne le développement des capacités de l’entendement humain, s’il était possible que nous recevions, par Ta grâce, une révélation, Tu nous dirais autre chose, je ne sais laquelle, mais je suis certaine qu’elle serait conforme aux exigences de notre époque.

Il y a bien des sourates dans Ta parole, Seigneur, qui ont une portée seulement historique et donc elles revêtent un caractère informatif [] Qui peut prétendre s’en inspirer au quotidien ? Et ces versets abrogés, ils continuent à être récités et médités et ils le resteront jusqu’à ce que Ta volonté de mettre fin à ce bas monde s’accomplisse. Mêmes certains versets qui constituèrent pendant des siècles des commandements très suivis dans la oumma (communauté) islamique et qui avaient régi les relations entre les croyants, ne sont plus et ne peuvent plus, en aucune manière, être en vigueur. Ils sont, si j’ose m’exprimer de la sorte, tombés en désuétude. C’est le cas des lois qui régissent l’esclavage que Tu entérines dans Ta parole sacrée en tant que réalité anthropologique et sociale de l’époque de la révélation. En effet, l’esclavage fut toléré en tant qu’institution et instrument de gestion des relations entre les croyants (4). De tout cela, Seigneur, je tire la conclusion qu’un consensus pourrait être trouvé, sous l’autorité de qui de droit, pour harmoniser les pans spirituel et temporel de la vie d’un croyant au XXIe siècle.

[]

(4) L’affranchissement d’un esclave fut un moyen de réparation de certains péchés et fautes graves que ce soit à l’égard de Dieu ou à l’endroit des autres croyants. À titre d’exemple, l’homicide involontaire ou accidentel ou la non observance volontaire d’un jour de jeune du mois de Ramadan pouvaient, entre autres, être réparés par l’affranchissement d’un ou d’une esclave.

Scène islamo-québécoise : le policier, l’infraction et le survêtement intéressant d’une musulmane

(La scène suivante aurait pu se dérouler n’importe où au Canada.)

Le policier sort de sa voiture, la conductrice de l’auto qu’il suivait l’imite.

Qu’est-ce que j’ai fait de mal, demande-t-elle?

Vous rouliez trop vite, Madame, je dois vous dresser une contravention.

Je roulais trop vite, moi? Prouvez-le! Je ne roule jamais vite!

Vous pourrez contester la contravention, Madame.

Je vais appeler mon père, ll va vous le dire, lui, que je conduis prudemment, que je respecte toujours le Code de la route.

Je ne peux pas attendre, malheureusement. Tenez, votre contravention. – Je peux vous demander ce que veut dire l’inscription arabe que porte votre survêtement?

La traduction en français est au dos, répond l’automobiliste, qui se retourne. Le policier lit : « Tuez les chrétiens, tuez les juifs. Coran »

Intéressant, dit le l’agent chargé du maintien de l’ordre avant d’entrer dans sa voiture.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Les nouveaux penseurs de l’islam

Les nouveaux penseurs de l’islam

EXTRAIT DU LIVRE SUIVANT :

Rachid benzine, Les nouveaux penseurs de l’islam, Paris, Édition Albin Michel, collection Espaces libres, © 2008 (Première édition : © 2004) (La préface a été reproduite dans la revue La Pensée, numéro 384, 2015/4; on la trouve aussi au https://www.cairn.info/revue-la-pensee-2015-4-page-7.htm#.)

RACHID BENZINE : islamologue et historien, auteur notamment de Des mille et une façons d’être juif ou musulman avec la rabbin Delphine Horvilleur (Seuil) et de Finalement, il y a quoi dans le Coran ? (Journal français La Croix, https://www.la-croix.com/Religion/Islam/Rachid-Benzine-Lurgence-nest-pas-dexpurger-Coran-den-faire-lecture-critique-2018-04-23-1200933990

L’entreprise la plus audacieuse, la plus riche de promesses sans doute mais aussi la plus risquée parce que la moins facile à faire comprendre, en l’état, par les sociétés musulmanes, est tout cet effort de travail sur le texte coranique lui-même. Ainsi, pour Nasr Hamid Abu Zayd, qui concentre ses efforts sur l’analyse littéraire du Coran, si la forme finale du texte coranique reste bien Parole divine, elle n’en est pas moins humanisée, insérée dans l’histoire humaine. Cette Parole divine peut donc être étudiée comme tout objet d’étude historique : « Il s’agit d’un texte historique, affirme-t-il. Cela signifie qu’il a été révélé à une époque spécifique, en un lieu spécifique, en une langue spécifique – l’arabe- en somme dans un contexte culturel. Bien qu’il soit révélé par Dieu, comme nous tous, musulmans, nous le croyons, il est incarné en une langue humaine. » [5] Aussi réclame-t-il de pouvoir traiter le Coran comme un texte ouvert à l’interprétation.

Écouter ces nouvelles voix de l’islam

Tous ces penseurs sont préoccupés de penser la place de la religion dans un monde qui, malgré les apparences, se sécularise chaque jour davantage. Car la modernité a surgi dans les sociétés musulmanes qui n’y étaient pas préparées. Et cette modernité qui maintenant les touches n’est pas le fruit de leur mûrissement interne. Comment concilier ce qui est considéré comme immuable (la religion) avec le changement ? L’affirmation centrale du penseur iranien Abdul Karim Soroush est que toutes les sciences et tous les domaines de connaissances sont dans un état de transformation constante, et que des changements dans un domaine de l’érudition ne peuvent que provoquer des modifications dans les autres domaines, y compris dans la jurisprudence musulmane. Aussi a-t-il élaboré progressivement une « théorie de l’extension et de la contraction de la connaissance religieuse ». Il estime, à partir de celle-ci, que le cadre de développement du fiqh (jurisprudence musulmane) doit s’étendre constamment en prenant en compte les développements qui ont lieu dans d’autres sphères que le religieux.

Pour les nouveaux penseurs de l’islam, seule une nouvelle lecture des textes fondamentaux pourra permettre d’harmoniser les valeurs cardinales de l’islam avec les exigences de la modernité. Seule cette réformation-là permettra l’ouverture de la jurisprudence, l’adhésion véritable de la pensée politique de l’islam à la démocratie aux droits de l’Homme, la réalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes, l’émancipation des sociétés musulmanes.

Ces voies nouvelles surgies du monde musulman ces dernières décennies ont beaucoup à nous dire. Leurs questionnements sont ceux d’un grand nombre, parmi les musulmans comme chez les non musulmans. Les réponses qu’ils apportent ne sont pas destinées à faire nécessairement l’unanimité, mais poser de bonnes questions est déjà faire œuvre utile.

(Pages 26-28 de l’édition de 2008)

Note [5] Entretien avec l’auteur, 2002.


Rachid Benzine : « L’URGENCE N’EST PAS D’EXPURGER LE CORAN MAIS D’EN FAIRE UNE LECTURE CRITIQUE »

https://www.la-croix.com/Religion/Islam/Rachid-Benzine-Lurgence-nest-pas-dexpurger-Coran-den-faire-lecture-critique-2018-04-23-1200933990

Plus que d’« épurer » le Coran, il est urgent selon lui [Rachid Benzine] : d’enseigner la « lecture critique » des textes. Une tâche qui incombe selon lui aussi aux responsables religieux musulmans.

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner, le 23/04/2018

 

Islam/Allah est-Il schizophrène?

Mounia Ait Kabboura est la co-autrice de L’Islam, regards en coin, en collaboration avec Patrice Brodeur et autres, Québec, Presses de l’Université Laval, 2015.

Allah est-Il schizophrène?

Mounia Ait Kabboura, Doctorante au Département de philosophie et chargée de cours à l’UQAM, chercheuse à la Chaire UNESCO d’étude des fondements philosophiques de la justice et de la société démocratique.

Idées

Coups de feu à Ottawa. Meurtre à Saint-Jean-sur-Richelieu. Ces événements dramatiques récemment survenus posent tous pour moi la même question : Allah est-Il schizophrène ? Si Allah nous ordonne à nous, les musulmans, de tuer, pourquoi interdit-Il le meurtre dans le verset 32 de la sourate al-Maida (« La table servie ») du Coran ? « C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la Terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet, nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la Terre. »

Si Allah nous ordonne à nous, musulmans, d’éliminer la diversité et d’unifier l’humanité dans un seul clan, pourquoi affirme-t-Il et recommande-t-Il le respect de la diversité humaine dans le verset 13 de la sourate Al-Hujurat (« Les appartements privés ») ? « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand-Connaisseur. »

Si Allah traite tout croyant en Lui et qui n’est pas forcément musulman de mécréant, comment peut-Il rassurer les humains dans le verset 69 de la sourate al-Maida (« La table servie ») en disant : « ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Sabéens et les Chrétiens, ceux parmi eux qui croient en Allah, au jour dernier, et qui accomplissent les bonnes oeuvres, pas de crainte sur eux, ils ne seront point affligés ».

Si Allah est contraignant, pourquoi interdit-Il dans le verset 256 de la sourate Al-Baqarah (« La vache ») la contrainte ? « Nulle contrainte en religion ! car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. » Et pourquoi traite-t-Il alors les non-croyants d’égarés et non de mécréants ? « Quiconque ne croit pas en Allah, en ses anges, en ses Livres, en ses messagers et au jour dernier s’égare, loin dans l’égarement. »

Si Allah est Un, et s’Il n’est pas schizophrène, quel est ce dieu du Dai’ch (« État islamique ») et des fanatiques ? Est-il un monstre de Frankenstein fait de versets coraniques privés de leur contexte textuel et historique ? Fait sur mesure pour servir les intérêts de certains groupes d’individus ? Pourquoi M. Rouleau est-il allé à la rencontre de ce monstre sur Internet ? Pourquoi a-t-il voulu devenir son martyr ? Qu’est-ce que ce monstre lui a offert que notre société était incapable de lui offrir ? Ces martyrs annoncent-ils la fin de la société postmoderne comme l’a signifié Alain Touraine dans son dernier livre ? Cherchent-ils l’authenticité du soi dans une société atomisée comme l’a expliqué Charles Taylor dans Les sources du moi ? Ou cherchent-ils simplement un idéal moral ?