La Côte du Sud en trois mots

La Côte du Sud est une région historique et l’un des plus vieux territoires habités du Québec. Elle s’étend le long du fleuve Saint-Laurent, sur un peu moins de 200 kilomètres, entre Beaumont (voisine de Lévis) et Notre-Dame-du-Portage (située près de Rivière-du-Loup); au sud, son territoire s’arrête à la frontière d’un pays : les États-Unis, ou à la limite d’une province canadienne : le Nouveau-Brunswick; sur ma Côte du Sud, on n’est jamais à plus de 100 kilomètres de la terre américaine.

La population de la Côte du Sud est peu nombreuse : environ 90 000 habitants. Ses municipalités les plus populeuses sont :

Montmagny (11 289 habitants)

La Pocatière (4 405 habitants)

L’Islet (3 830 habitants)

Saint-Pascal (3 450 habitants)

Saint-Jean-Port-Joly ( 3 350 habitants)

Cap-Saint-Ignace (3 170 habitants)

Pohénégamook (2 892 habitants)

Plan Nord, croissance et consommation

LA DIMINUTION DE LA CONSOMMATION PAR LES PEUPLES LES PLUS RICHES :

UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT

[…] nous ne quitterons jamais la Terre. La planète sur laquelle nous vivons est donc pour nous la planète définitive. L’Homme est à la mesure de la Terre. Puisqu’il ne la quittera pas, il est de son devoir de chercher à vivre avec elle sereinement, en la respectant, en s’efforçant de ne pas la détruire. […] il nous faut avant tout être conscients des contraintes imposées par notre environnement, et notamment de la finitude des richesses apportées par la Terre. L’une de ces richesses est la surface habitable; or, elle est limitée, ce qui interdit une croissance sans fin du nombre des humains. […] La rupture de l’équilibre entre naissances et décès aboutit à une quasi-saturation de la planète et nous oblige à modifier la façon dont nous utilisons les biens qu’elle nous fournit. Il est clair que l’alignement de neuf milliards d’humains sur le mode de vie des Occidentaux actuels aboutirait à un gaspillage destructeur ne laissant à nos petits-enfants qu’une Terre exsangue. Pour éviter des inégalités entraînant des conflits catastrophiques pour tous, la seule issue est dans le choix d’une diminution de la consommation par les peuples les plus riches. »

(Albert Jacquard, De l’angoisse à l’espoir. Leçons d’écologie humaine, édition établie par Cristina Spinedi, Calmann-Lévy, 2002, pages 26, 28 et 29 de l’édition Le Livre de Poche)

LE PLAN NORD DU PREMIER MINISTRE DU QUÉBEC, JEAN CHAREST 

Le Plan Nord proposé par Jean Charest, premier ministre du Québec, est un outil d’exploitation des ressources naturelles du Nord québécois (deux fois plus grand que la France). Il est applaudi par tous ceux qui croient ou espèrent que la croissance et la consommation sauveront la planète. Plan Nord ou Plan Mort?

Meurtre du registre des armes à feu

Abolition du registre des armes à feu: NON!

 

Il n’y a rien d’autre à dire que: non et non au gouvernement Harper.

Après les portraits monarchiques, la nomination d’un juge unilingue anglophone, le renforcement des forces armées « royales » canadiennes, les coupes de subventions à des projets novateurs et progressistes (le Wapikoni mobile), voilà que ce gouvernement ultra-conservateur abolit le registre des armes à feu. Plus encore, il entend détruire les données accumulées depuis 15 ans. Un véritable scandale!

Il en aura coûté 2 milliards pour constituer le registre des armes à feu. Et Stephen Harper décrète que les données iront aux poubelles. Son objectif : empêcher les provinces de se donner leur propre registre. Mais de quoi je me mêle? On enregistre nos chiens, nos voitures, nos bateaux de pêche…et on refuserait d’enregistrer des armes?

J’en appelle ici aux féministes, à toutes les femmes québécoises et à ceux qui les aiment : il faut empêcher ce saccage. Exiger de nos députés fédéraux qu’ils et elles se battent sans relâche pour le maintien du registre et des données. Mais aussi contacter les députés-es du Québec pour que l’Assemblée nationale s’oppose unanimement au projet Harper. Envisager la création d’un registre québécois.

Je ne peux m’empêcher d’aller plus loin dans ma réflexion :  comme j’aimerais que l’argent de nos impôts nous permette de vivre dans un Québec plus juste et plus vert plutôt que de financer toujours plus d’armes et de soldats! Si on décidait souverainement, au Québec, des politiques économiques, sociales et culturelles que nous voulons?

D’ici là, un travail nous attend : dire non haut et fort à Stephen Harper!

Françoise David

PROPRIÉTÉ COLLECTIVE OU APPROPRIATION PRIVÉE

«Il y a certaines catégories de biens pour lesquels on peut soutenir avec raison qu’ils doivent être réservés à la collectivité lorsqu’ils en viennent à conférer une puissance économique telle qu’elle ne peut sans danger pour le bien public, être laissée entre les mains des personnes privées.»

Pape Pie XI, Quadragesimo anno (encyclique sociale), n° 123

Hôtel-Dieu de Sorel : un jour, une entreprise privée?

Contre le bradage de la propriété sociale

LA PROPRIÉTÉ COLLECTIVE PEUT PARFOIS ÊTRE PRÉFÉRABLE À L’APPROPRIATION PRIVÉE

Par Louis O’Neill, professeur d’éthique sociale

Louis O’Neil est un théologien, un philosophe et un auteur né au Québec. Il a enseigné à l’Université Laval, à Québec.

Le Devoir, 5 mars 1997  –  Texte reproduit dans http://archives.vigile.net/economie/solid/oneillbradage.html

L’appropriation des biens a revêtu plusieurs formes au cours de l’histoire. On observe en effet de multiples modèles de propriété: patriarcale, féodale, communautaire, individuelle, collective, étatique, privée, etc.

Lappropriation privée définie comme un droit exclusif et absolu représente une forme parmi d’autres d’accès à la propriété. L’idéologie économiste libérale lui attribue la dignité de propriété idéale. Pour certains, elle fonde la citoyenneté. «Le propriétaire est le vrai citoyen», disait Diderot. La glorification de la propriété privée, particulièrement celle des biens fonciers et des biens de production, a conduit jadis à réserver le droit de vote aux gens ayant «feu et lieu», les non-propriétaires étant considérés comme des citoyens de seconde classe inaptes à assumer des responsabilités civiques ou politiques.

Tous propriétaires

La morale sociale d’inspiration chrétienne a toujours défendu le droit de propriété, mais elle rejette la prétention au droit exclusif. Elle préconise d’autre part l’universalisation dans l’application du droit c’est-à-dire l’extension à tous de l’accessibilité à la propriété, tout au moins à celle des biens nécessaires à une existence quotidienne décente. Si l’on reconnaît à l’appropriation privée une légitimation éthique et une valeur humanisante, il devient impératif d’en faire bénéficier tout le monde.

Une façon de concrétiser l’exercice du droit de propriété consiste à appliquer la norme du plancher de ressources, à savoir l’attribution à tous d’un minimum de biens jugés essentiels: alimentation, vêtement, logement, soins de santé, biens culturels, etc. La Déclaration universelle des droits de l’homme (10 décembre 1948) entérine le paradigme «plancher de ressources» quand elle affirme que «toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et celui de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté» (article 25).

Devenir propriétaires ensemble

Pour le citoyen ordinaire, les chemins qui conduisent à l’appropriation sont:

– le salaire, ce qui suppose un emploi;

– un revenu, par exemple un héritage, une rente, une allocation sociale, une pension;

– l’accès aux bénéfices de la propriété collective. On entend ici de façon particulière la propriété sociale, celle qui met à la portée de tous, incluant les citoyens les moins favorisés, des instruments indispensables au développement humain, celui que l’on peut mesurer en recourant à l’indicateur utilisé par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement). Grâce à la propriété sociale, les avantages reconnus à l’appropriation privée deviennent réalité pour l’ensemble des citoyens. Posséder collectivement des outils de développement économique, humain et social, c’est une manière éminente et réelle d’être propriétaire.

Des réseaux publics d’aqueduc et d’égout, de l’hydroélectricité à coût raisonnable, des services de police et d’incendie, des établissements scolaires de qualité, un réseau public et gratuit de soins de santé accessibles en tout temps et dans toutes régions, des bibliothèques publiques, des réseaux routiers et ferroviaires qui desservent l’ensemble du territoire: autant d’outils de développement possédés collectivement et dont bénéficient tous les citoyens, autant de façons d’être propriétaire.

Même quand elle ne vise pas une finalité sociale explicite, la propriété collective peut être parfois préférable à l’appropriation privée. «Il y a certaines catégories de biens pour lesquels on peut soutenir avec raison qu’ils doivent être réservés à la collectivité lorsqu’ils en viennent à conférer une puissance économique telle qu’elle ne peut sans danger pour le bien public, être laissée entre les mains des personnes privées.» Qui a dit cela? Un socialiste pur et dur? Pas du tout. Le texte est tiré d’une encyclique sociale (voir Quadragesimo anno, n° 123).

La propriété sociale en danger

La pertinence de la propriété collective n’exclut pas que, s’inspirant du principe de subsidiarité, l’on privatise, en certains cas, une entreprise que l’on aurait nationalisée pour des raisons devenues caduques. On comprend par exemple que l’Etat français se soit délesté en partie de l’entreprise Renault étatisée en 1945 parce que ses dirigeants avaient collaboré avec l’occupant nazi. On peut comprendre aussi, vu l’évolution de la conjoncture, que l’Etat québécois cesse d’exercer une responsabilité directe dans l’exploitation du minerai d’amiante.

Il demeure que la privatisation ne doit pas s’effectuer à vil prix. Il n’est pas permis de brader la propriété collective.

L’aliénation de la propriété sociale peut équivaloir à une spoliation. Elle dépossède la masse des citoyens ordinaires. Elle risque de rendre trop coûteux et inabordables des services dont les citoyens à revenu modeste profitaient gratuitement ou à un prix raisonnable. Elle entraîne avec elle la dépossession d’un pouvoir social et politique. Car le citoyen ordinaire exerce un droit de regard, au moins nominal, sur les institutions publiques. Il peut demander des comptes aux gestionnaires de ces institutions. La privatisation le dépossède de ce droit.

La dépossession du citoyen ordinaire par le truchement de la privatisation de la propriété sociale accélère le processus de gonflement du capital privé, qui a trop souvent comme corollaire l’appauvrissement des masses. Deux stratégies renforcent ce processus en marche depuis le début des années 80. La première, fondée sur une politique de taux d’intérêt usuraires, a plongé les Etats, les institutions publiques et les citoyen ordinaires dans un endettement intolérable qui n’est pas sans rappeler l’esclavage pour dettes à la mode dans la Rome antique. La deuxième consiste, grâce à la mainmise sur les nouvelles technologies, à évacuer les citoyens ordinaires du marché du travail; d’où la suppression de fait du droit au travail, le chômage structurel, la pauvreté, l’exclusion sociale, voire l’apartheid social.

Gonflé de profits exorbitants et en quête de rentabilité accrue, le grand capital explore de nouveaux champs d’activité prédatrice. Le voici qu’il lorgne du côté de la propriété sociale. Celle-ci apparaît en effet comme une proie facile, surtout là où des gestionnaires publics sont de connivence pour faciliter la transformation de biens publics en biens privés. L’attrait de la propriété sociale est d’autant plus grand que les profits sont garantis et les risques quasi nuls. Peu de risques encourus dans la mainmise sur l’hydroélectricité, les réseaux d’aqueduc, les services de santé, etc. La demande est assurée et les usagers fournissent une clientèle captive à qui on refile la facture, gonflée de frais supplémentaires.

La magie du privé

La doctrine néolibérale a réussi à vendre l’idée que tout ce qui est privé est meilleur, plus efficace, moins coûteux. Comme si une entreprise privée était de soi plus performante parce que privée. Comme si un ingénieur au service de l’Hydro-Québec allait devenir plus compétent et plus efficace le jour où on privatiserait l’entreprise. Comme si les conduits d’aqueduc, privatisés, seraient plus étanches etfourniraient une eau de meilleure qualité et à moindre prix. Une transformation miraculeuse obtenue grâce à la privatisation. C’est de la magie.

Le dogme de la privatisation fait partie du credo néolibéral. Propagé par les faiseurs d’opinion adeptes de la pensée unique, il fascine beaucoup de citoyens ordinaires. Ceux-ci auraient avantage à méditer sur les coûts de la nouvelle religion. La dîme est lourde et les gains aléatoires.


L’APPAUVRISSEMENT DES FEMMES AU QUÉBEC

Le texte suivant a d’abord été publié en avril 2011 dans l’hebdo L’Oie blanche de Montmagny (Québec) http://oieblanc.typepad.com/oiejour/2011/04/08-3.html – 8 avril 2011

 (Au Québec) Budget Bachand:

LES FEMMES CONTINUERONT DE S’APPAUVRIR

Le réseau des 102 centres de femmes du Québec déplore que le ministre Bachand soit resté insensible à toutes les manifestations d’opposition à ses orientations. Malgré la grogne et la mobilisation populaires, le gouvernement poursuit la diminution des services gouvernementaux et la perception de revenus provenant de façon disproportionnée de la classe moyenne et des moins nantis.

«Cela fait des années que les groupes de femmes demandent au gouvernement de tenir compte de l’analyse différenciée selon les sexes (ADS) dans l’élaboration de ses politiques. Ce budget vient démontrer encore une fois que nous ne sommes pas entendues», a déclaré Lyse Cloutier, présidente de L’R des centres de femmes du Québec.

Le gouvernement abandonne sa promesse de créer 15 000 places de garderie avant les prochaines élections. Ce délai pénalise surtout les femmes qui demeurent les premières à donner des soins aux enfants et à retarder leur retour au travail à cause du manque de garderies.

Il est compréhensible que la Régie des rentes ait besoin d’être renforcée. Par contre, en réduisant les prestations pour les personnes prenant leur retraite avant 65 ans, le gouvernement ne tient pas compte du caractère discriminatoire de cette autre mesure. En effet, les femmes quittent souvent leur emploi plus tôt que les hommes, pour différentes raisons : santé, conditions de travail plus difficiles (les femmes sont majoritaires dans les emplois au salaire minimum et atypiques), discrimination en fonction de l’âge, trajectoire professionnelle moins intéressante à causes des années passées à la maison avec les enfants… Pour encourager les travailleuses et les travailleurs à rester sur le marché du travail, il est temps d’envisager des mesures de conciliation travail-famille pour adapter le marché du travail à la population vieillissante et non de pénaliser les aînées.

Quelques mesures sociales sont saupoudrées (logement, aidantes), mais de façon outrageusement insuffisante. Après des diminutions importantes d’impôt pour les individus et les entreprises, la principale mesure pour financer les universités est l’augmentation des frais de scolarité. Cela rend l’éducation moins accessible aux étudiants venant de milieux moins favorisés.

«Ce budget vient confirmer l’absence de vision sociale de ce gouvernement pour qui l’accroissement des inégalités n’est pas un problème», a déclaré Madame Cloutier.

L’ÉCART ENTRE LES RICHES ET LES PAUVRES

Une mendiante et son bébé dans une rue de Paris en septembre 2011

Une mendiante et son tout jeune enfant. Rue de Paris, septembre 2011.

ARTICLE DE LA REVUE RELATIONS, numéro 752, novembre 2011

ASSEZ, C’EST ASSEZ   (extraits)

Jean-Claude Ravet

Plusieurs études récentes signalent l’écart grandissant entre les riches et les pauvres un peu partout dans le monde. Le Canada est loin d’être épargné. […]

« C’est en créant plus de richesse que les pauvres s’enrichiront », entend-on souvent, pour justifier les privilèges fiscaux réservés aux riches. Or, cela s’avère être plus que jamais un mythe. Dans les faits, les riches ne se sont jamais autant enrichis, sans qu’on voie le moindre signe de partage. Au contraire, les pauvres pataugent dans leur misère – ce qui s’accroît, c’est leur nombre. Un scandale dans un monde si riche. Une vieille histoire qui n’est pas démodée : les riches s’enrichissent encore sur le dos des pauvres. Et ils sont à tel point choyés qu’il s’en trouve même qui ont un peu honte, et suggèrent à l’État de hausser leurs impôts… question de mettre des limites à l’obscénité.

[…]

Privatiser les profits, socialiser les pertes. Voilà la règle d’or de la religion néolibérale triomphante. Nous voyons actuellement en Europe ses fâcheuses conséquences. Et cela plane sur nos têtes. Une mise en tutelle des États par des dispositifs de contrôle et de surveillance financiers qui voient à ce que des politiques d’austérité – synonymes de démantèlement et de privatisation des services publics et sociaux – soient méticuleusement appliquées au nom d’une soi-disant gestion saine des budgets de l’État, jugée à l’aune des règles des institutions et des marchés financiers. Même si la dette publique, devenue critique dans différents pays, a été le fruit de la spéculation et des règles du jeu imposées par ces mêmes joueurs. Ce sont eux qui gouvernent et imposent leur loi implacable à la valetaille politique.

[…]

Des signes encourageants d’un ras-le-bol populaire à l’égard des règles du jeu actuelles pointent à l’horizon, comme en témoigne, entre autres, le mouvement des indignés qui se répand en Europe, non sans faire écho à ce qui ébranlait l’Amérique latine il n’y a pas si longtemps. Atteindra-t-il le Québec?

NOTE – LISEZ L’ARTICLE AU COMPLET, à cette adresse : http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=2738

Site web de la revue Relations, faite au Québec : http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/