La solidarité avec les travailleurs

Mot de Françoise David – Toute une campagne!


Ainsi donc, le Parti québécois prend racine chez Quebecor. Ce parti entreprend une campagne publicitaire dans le 24 heures, un journal gratuit propriété de Quebecor. Or le 24 heures vient de congédier la moitié des employés de sa salle de rédaction. Formidable, non? Désormais beaucoup d’articles seront écrits par des employés de l’agence QMI, celle-là même qui a été mise sur pied par Pierre-Karl Péladeau, patron de l’empire, pour faire échec à la lutte des journalistes du Journal de Montréal. Et une partie du montage du 24 heures est faite à Ottawa.

Les députés-es du PQ qui sont mis de l’avant au cours de cette campagne ne ressentent-ils aucun malaise à faire campagne ainsi chez Quebecor? N’ont-ils gardé aucun souvenir de la dure lutte des journalistes à la rédaction et des employés-es aux petites annonces du Journal de Montréal? Le Parti québécois a beau se dire social-démocrate, les gestes parlent.

Nous apprenons au même moment que Pauline Marois consentirait à ouvrir le code du travail pour moderniser les dispositions antibriseurs de grève en autant que l’on ouvre aussi d’autres articles pour satisfaire les attentes des employeurs. « C’est toujours une question d’équilibre » dit-elle, citée par le Devoir. D’équilibre? Et moi qui croyais que les employeurs avaient bien assez de pouvoir au Québec! Vous avez vu les fermetures des Couche-Tard? Difficile de se syndiquer au Québec même si des lois sont censées protéger ce droit social.

Pour moi, pour nous à Québec solidaire, la solidarité avec les travailleuses et les travailleurs doit être davantage qu’un discours. Elle doit s’incarner dans des gestes concrets. Voilà pourquoi nous ne solliciterons pas les journaux de l’empire Quebecor pour une campagne publicitaire.

Françoise David