Chroniques historiques de la Société d’histoire de Montmagny

 
Pour entendre et voir les chroniques historiques du lundi de la Société d’histoire de Montmagny, allez au
 

 

Émile Gagné, président

Société d’histoire de Montmagny
4, rue de la Station 
Montmagny (Québec)
G5V 3T2 
418-248-5660 

Victor-Lévy Beaulieu et le « démon » Gabriel

Communiqué

MERCI, GABRIEL!

PAR VICTOR-LÉVY BEAULIEU

 

Depuis le début de la grève étudiante, le gouvernement et la plupart des éditorialistes et commentateurs ne cessent de s’en prendre à Gabriel Nadeau-Dubois, le leader de la CLASSE. Pourquoi donc? Parce qu’il est le seul à garder le cap sur la raison qui a amené les étudiants à entrer en grève : la hausse des frais de scolarité. Sans Gabriel Nadeau-Dubois, ce réveil des étudiants et, plus généralement, de la population québécoise, aurait-il lieu?

 

Permettez-moi d’en douter. Ce ne sont certainement pas les grandes centrales syndicales, devenues si veules, qui auraient pu marquer ce réveil. Quand le président de la FTQ se permet à la fin d’une conférence de presse de ridiculiser Gabriel Nadeau-Dubois, sous les rires gras des journalistes, le message me paraît clair : « Tasse-toi, le jeune. Mononque va prendre tout ça en main.  Mononque est habitué à négocier, c’est-à-dire à ménager le chou et la chèvre.»

 

Cette semaine encore, la FTQ et les autres centrales syndicales auraient voulu « contrôler » la grande manifestation de Montréal. Ça n’a pas marché vraiment, et toujours pour la même raison : même les grandes centrales syndicales ne veulent pas parler de la hausse des frais de scolarité. Évidemment, Jean Charest a tout de suite frappé sur son vieux clou rouillé : à l’entendre, seul Gabriel Nadeau-Dubois a vraiment défié la Loi 78!

 

Quant au PQ, il ne voit que le petit Léo dans sa soupe. Le petit Léo, qui semble si vulnérable, serait pour les accommodements raisonnables. Conseillé par mon ami Gilles Duceppe qui, par deux fois, a fait preuve de lâcheté en renonçant à faire la lutte à Matante Pauline, il garde un mutisme absolu sur la hausse des frais de scolarité.

 

Et que dire de la réaction de Michelle Courchesne hier? Son point de presse était de l’hystérie pure, à ce point qu’elle y a mis brutalement fin avant que les plombs ne sautent pour de bon! Évidemment, Michelle Courchesne s’est dite prête à « discuter » avec les leaders étudiants en exceptant toutefois Gabriel Nadeau-Dubois. Mais discuter de quoi? Pas des frais de scolarité ni d’un moratoire! Alors, de quoi? De rien, bien évidemment! Quand elle a été nommée ministre de l’Éducation, son mandat était de rencontrer les leaders étudiants pour « une simple mise en lieu » avant de faire rapport au premier ministre. On sait maintenant le pourquoi de cette initiative : le gouvernement de Jean Charest avait besoin d’une journée afin de peaufiner sa Loi 78!

 

Le nouvel appel lancé aux étudiants est aussi cousu de fils blancs : le gouvernement a besoin d’un peu de temps pour pouvoir incriminer les leaders de la CLASSE, et particulièrement Gabriel Nadeau-Dubois. Dans les entrevues accordées hier par les porte-parole de la police de Montréal, c’est ce qu’ils disaient, à mots à peine couverts. Encore une fois, le petit Léo va se faire rouler dans la farine par une ministre sournoise et hypocrite! Il n’en verra rien et le bon peuple non plus. Au contraire, la cote de popularité du bon petit Léo ne fera qu’augmenter : au Québec, on aime les leaders fragiles et vulnérables… un restant du temps que nos familles étaient nombreuses et qu’on prenait plus de temps à dorloter les enfants fragiles et vulnérables que les autres.

 

Aussi, vais-je le répéter : Merci, Gabriel. Comme l’a dit Jean-Paul Sartre, on n’est jamais assez radical, surtout quand on est jeune et qu’on a devant soi tous ces corps morts d’un passé révolu.

 

 

Victor-Lévy Beaulieu

23 mai 2012 

Pour une nouvelle société, pour un nouveau vivre-ensemble

Vient de paraître le numéro 757, juin 2012, de la revue Relations.

Relations est une revue québécoise soutenue par les Jésuites du Québec.

Pour un projet de société

Jean-Claude Ravet

Relations, juin 2012

Près de 300 000 personnes se sont rassemblées à Montréal, le 22 avril dernier, pour célébrer le Jour de la Terre en formant une immense main humaine. Belle idée, cette main collective. Une main protectrice en souci de la Terre, dressée contre ce qui la mutile et la ravage. Un immense stop à l’insouciance prédatrice. Une main comme un arbre dont les racines s’enfouissent dans nos pratiques quotidiennes et collectives, et les branches se déploient dans notre imaginaire. Comment ne pas y discerner aussi la sève printanière du mouvement étudiant qui irrigue le Québec, drainant avec elle le courage, la détermination, l’audace, la créativité et le rêve d’une société fraternelle et solidaire – et être soulevé par cette vague d’humanité!

Nous vivons à une époque charnière. Nous le pressentons dans les multiples mouvements de solidarité, dans la fébrilité des voix qui s’élèvent pour des causes sociales et environnementales : éducation, santé, Plan Nord, harnachement des rivières sauvages, gaz de schiste, etc. Toutes ces expressions citoyennes évoquent une aspiration à des changements majeurs touchant aux fondements de notre société. L’establishment politique et économique n’en est d’ailleurs pas dupe. Ses chroniqueurs attitrés revêtent leurs habits de combat, appelant à la ligne dure – surtout ne pas plier – devant la « menace » de la démocratie participative et de la désobéissance civile. Quand le quotidien au plus fort tirage au Québec, le Journal de Montréal, préfère consacrer sa une à un fait divers plutôt qu’à un événement historique de l’ampleur de celui du 22 avril, cela en dit long sur le malaise que celui-ci génère.

Un renouveau politique et social se dessine à l’horizon. Certains diraient un projet de société. Mais voilà un vilain mot dans une société gérée de plus en plus comme une entreprise : ce qui convient, c’est plutôt un plan d’affaires pour optimiser la mainmise économique et technique du monde en transformant tout en valeurs monnayables. Il faut que ça produise, rapporte et enrichisse les élites économiques et financières coûte que coûte. Et comme celles-ci sont de moins en moins rattachées et redevables aux communautés locales, suspendues qu’elles sont à la spéculation globalisée, leur seule préoccupation sera le rendement à court terme de leurs actions. Le souci du bien commun et du territoire, le bien-être de la population, la justice, l’égalité, le partage, la responsabilité n’entrent guère dans leur champ de vision, sinon comme des slogans vides de sens, dont on se sert pour légitimer le statu quo et maintenir les citoyens dociles et passifs dans leur rôle de clients et de consommateurs. « Je n’écoute que la majorité silencieuse », comme l’a dit si bien Jean Charest.

On se rappelle la bouffonnerie du premier ministre évoquant à demi-mot les camps de travail pour les manifestants chahutant aux portes du Salon du Plan Nord. Rires et applaudissements parmi les gens d’affaires rassemblés. Scandale ailleurs. On a moins insisté sur la chute de sa blague qui exprimait pourtant un profond mépris pour la démocratie et la citoyenneté. Il a, en effet, ajouté gloussant : «… en espérant que ça va tous nous permettre de travailler fort », comme si les revendications sociales, les débats publics sur une vision de l’éducation cohérente avec un projet de société démocratique n’étaient qu’empêchements à accomplir des choses sérieuses. François Legault n’a pas dit autre chose en interpellant les étudiants en grève pour qu’ils retournent en classe : « C’est fini la récréation! »

Mais les nombreuses manifestations publiques des derniers mois témoignent que nous avons la solidarité bien ancrée dans la mémoire collective. Le souffle de la liberté anime toujours notre existence que certains aimeraient rapetisser à la vie privée, domestiquer et asservir aux dieux du marché. En optant pour l’expression d’une manière d’être collective qui lui soit propre et digne d’exister, le peuple québécois n’est-il pas en train de puiser à même la source qui peut donner sens à son existence comme nation politique? Et le pousser à écrire enfin son acte de naissance politique : sa Constitution?

Le philosophe tchèque Karel Kosik disait que la grandeur d’une « petite nation tient à son esprit », à sa culture, à une « vérité spirituelle » qui innerve sa vie politique et l’empêche d’être un jouet entre les mains des grandes puissances économiques et militaires[1]. On l’oublie trop souvent, un citoyen est aussi un quêteur de sens. La politique n’est pas qu’affaire de sous et de gouvernance, comme voudraient le laisser croire ceux qui nous dirigent actuellement.

« On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres, est-il écrit dans les Évangiles, autrement les outres se rompent et le vin se répand. » Jean Charest est une vieille outre!

[1] La crise des temps modernes, Paris, Éd. de la Passion, 2003, p. 238.

© Revue Relations/Centre justice et foi. Tous droits réservés. Crédits | Reproduction autorisée avec mention complète de la source.

Loi 78: une loi dénoncée, contestée, conspuée. Amnistie Internationale s’y oppose à son tour.

18 mai 2012

UNE DÉRIVE DANS LA PROTECTION DES DROITS FONDAMENTAUX :

 

AMNISTIE INTERNATIONALE S’OPPOSE À L’ADOPTION DU PROJET DE LOI 78

Source : http://amnistie.ca/site/index.php?option=com_content&view=article&id=17683:une-derive-dans-la-protection-des-droits-fondamentauxn-amnistie-internationale-soppose-a-ladoption-du-projet-de-loi-78&catid=27:communiqulocaux&Itemid=73&utm_source=AgirEXPRESS&utm_campaign=AgirExpress+du+24+février+2012&utm_medium=email

Alors que les débats sur la présentation du projet de loi 78, Loi permettant aux étudiants de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu’ils fréquentent, sont en cours à l’Assemblée nationale du Québec, Amnistie internationale se préoccupe vivement des potentielles limitations à des droits fondamentaux protégés par le droit international des droits humains et les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés de la personne.

« L’impact de ce projet de loi va bien au-delà de l’objectif du gouvernement. Amnistie internationale est notamment préoccupée par les limitations apportées au droit d’association et au droit de manifestation », déclare Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone.

Plusieurs articles du projet de loi peuvent limiter le droit de manifester pacifiquement et le droit d’association, et leur portée touche l’ensemble de la population, entre autres :

Les dispositions exigeant que les organisateurs des manifestations de 10 personnes ou plus dévoilent aux policiers au moins huit heures avant le début de la manifestation, par écrit, plusieurs renseignements, dont l’itinéraire et le mode de transport, et que les policiers puissent ordonner un changement de lieu ou d’itinéraire semblent nuire à la liberté d’expression en rendant plus difficile, par exemple, l’organisation de manifestations spontanées.

Il peut devenir difficile pour une personne participant ou souhaitant participer à une manifestation pacifique de savoir exactement quel geste peut être de nature illégale. Ceci accroît encore le pouvoir discrétionnaire de la police et peut mener à de la discrimination, voire des arrestations arbitraires.

Les sanctions financières imposées aux associations dans les cas où il serait impossible pour les établissements d’enseignement de dispenser des services en raison d’actes attribuables à des associations étudiantes nous paraissent trop élevées d’une façon alarmante. Elles pourraient limiter également la liberté d’association.

Le renversement de la preuve nous semble contraire aux principes de base de la responsabilité civile en rendant les organisateurs d’une manifestation responsables des actes d’autres personnes sans que l’on ait prouvé leur participation réelle aux actes fautifs.

Enfin, bien que le fait d’obstruer l’accès à un édifice puisse être sanctionné, perturber les activités d’un autre groupe n’est pas un motif suffisant pour suspendre le droit de manifester pacifiquement, et il est légitime pour des groupes de manifestants d’occuper l’espace public.

« Il est bien sûr légitime pour le gouvernement de souhaiter une sortie de crise, toutefois cela doit se faire dans le respect de la primauté du droit. Amnistie internationale s’oppose donc à ce projet de Loi, rédigé dans un contexte de tension », conclue Béatrice Vaugrante. « Il comporte des dispositions susceptibles d’atteintes graves aux droits fondamentaux auxquels adhère notre société. Il s’agit d’un projet de loi dont les mesures sont discrétionnaires et qui ouvriraient la voie à une application arbitraire ».

Gaston Deschênes, la Côte-du-Sud, Étienne Chartier

Le 20 mai 2012, à Berthier-sur-Mer, la Société nationale des Québécois et des Québécoises de Chaudière-Appalaches (SNQCA) a remis le Prix Étienne-Chartier à l’historien Gaston Deschênes, devenu ainsi le Patriote de l’année 2012.

Le texte suivant est signé Gaston Deschênes.

 

« Je comprends que le prix Étienne-Chartier m’est attribué d’abord pour mes recherches et mes publications sur la Côte-du-Sud et je profite de l’occasion pour remercier ceux et celles qui m’ont lu et encouragé à écrire sur cette vieille région rurale qui constitue notre petite patrie.

« J’ai déploré, il y a bien près de 25 ans, que la Côte-du-Sud ne soit pas, intégralement, de Beaumont à Saint-André, une région touristique officielle et qu’elle ait été noyée dans une association touristique regroupant des sous-régions disparates. À tout prendre, le premier nom de cette région touristique, « Pays de l’Érable », n’était pas si bête alors que « Chaudière-Appalaches », qui évoque la Beauce et une chaîne de montagnes, évacue toute référence à la partie côtière de la région, au fleuve, à ses îles, et, disons-le modestement, à la partie qui est la plus riche du point de vue patrimonial et la plus connue sur le plan touristique.

 

« On pourrait ici multiplier les témoignages. Je n’en retiendrai que deux. On disait, dans le premier guide publié pour les automobilistes québécois, que la route qui mène de Lévis à Rivière-du-Loup traverse « les endroits de villégiature et les stations balnéaires les plus recherchées de la province. […] ». En 1855, dans un livre publié à titre de commissaire du Canada à l’expo universelle de Paris, Joseph-Charles Taché décrivait notre région comme une « magnifique suite d’établissements qui bordent la rive du bas Saint-Laurent, et qui est connue et célèbre dans le pays sous le nom la Côte du Sud ». Je pourrais citer aussi Aubert de Gaspé ou Chauveau, qui décrivait les riches paroisses de la Côte-du-Sud comme « une succession si harmonieuse de tous les genres de paysages imaginables, panorama le plus varié qui soit au monde, et qui ne cesse qu’un peu au-dessus de Québec, où commence à se faire sentir la monotonie du district de Montréal ».

 

« Que le nom « Côte-du-Sud » soit maintenant « inconnu », comme on le prétend sur la foi d’un sondage récent, n’étonne guère : c’est le résultat du message qu’on diffuse depuis plus de trente ans en brandissant un nom, Chaudière-Appalaches, qui l’a pratiquement occulté. C’est donc avec un certain sourire que je verrai la Côte-du-Sud remise à l’honneur avec la nouvelle carte électorale. La nouvelle circonscription ne correspond pas exactement à la région historique (pas encore), mais la vieille Côte-du-Sud recevra une bouffée d’oxygène extraordinaire. » (Source : http://www.oieblanc.com/nouvelles/lire/lhistoire-est-ttue?utm_medium=email&utm_campaign=ÉVITONS+UN+DRAME+À+LA+MALIK+OUSSEKINE%21&utm_source=YMLP&utm_term=6a01156f944385970b0168ebc4cbea…)

 

_ _ _ _

 

Émile Chartier est né à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud en 1798; il a été « le seul curé qui s’engage activement dans le mouvement révolutionnaire » du Bas-Canada en 1837 (Richard Chabot).

Lectures proposées :

« Le destin du curé Étienne Chartier »

Gilles Boileau, Histoire Québec, vol. 4, n° 2, 1998, p. 13-15.

http://id.erudit.org/iderudit/11230ac

André Gaulin, Éloge d’Étienne Chartier, L’Action nationale, 13-09-2007

http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=539&Itemid=269

Texte de Richard Chabot paru dans le Dictionnaire biographique du Canada : http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=3827&terms=M

Le monde regorge de beautés

Le 9 mai 2012, au Centre municipal de Cap-Rouge (à Québec), l’astrophysicien Hubert Reeves a prononcé une conférence à l’invitation du club d’astronomie Véga de Cap-Rouge et du président de ce dernier, M. Philippe Moussette.

M. Reeves a dit que les trois plus grandes beautés du monde sont l’art, la culture (à laquelle appartient la science) et la compassion.

La compassion

Compatir avec une personne, c’est prendre part à sa misère, à sa douleur, à sa souffrance. On compatit avec un ami qui a perdu un être cher, par exemple. Compatir, c’est aussi souffrir devant la souffrance d’autrui. Cette souffrance peut amener celui qui l’éprouve à aider celui ou ceux dont il connaît la souffrance, à alléger ou à faire disparaître leur souffrance ou même à lutter pour que sa cause soit éliminée.

M. Reeves a raison : La compassion est vraiment une grande beauté du monde.

Le Passeur de la Côte (Roger Martel)

 

Le texte suivant provient de http://www.zen-occidental.net/sutras/daihishin1.html.

Kanzeon à mille mains et mille yeux : Comme le titre l’indique, Avalokiteshvara possède dans ce sûtra rien moins que mille mains et mille yeux. Cette forme extraordinaire est connue au Japon sous différentes appellations : le bodhisattva Kanzeon à mille mains et mille yeux (jap. senju sengen kanzeon bosatsu), bien sûr, mais aussi Kannon à mille bras (jap. senbi Kannon), Kannon à mille rayons (jap. senkô Kannon) ou simplement Kannon de la grande compassion (jap. daihi Kannon).

Le chiffre mille symbolise la compassion illimitée du bodhisattva qui peut à la fois voir toutes les souffrances du monde (avec ses mille yeux) et leur venir en aide (avec ses mille mains). Cette forme, vénérée très tôt au Japon, reste très populaire dans l’archipel. Comme il est difficile de peindre ou de sculpter mille bras, les représentations ont généralement 42 bras, deux joignent les paumes (jap. gasshô), les 40 autres étant disposés autour du corps en éventail. Chaque main vient en aide aux êtres des 25 divisions des six domaines de transmigration (40 x 25 = 1.000). La tête peut avoir onze ou vingt-sept visages.

La tradition japonaise veut que les personnes souffrant de problèmes oculaires prient spécifiquement Kanzeon aux mille mains et aux mille yeux.

Médias citoyens du Québec

 

Nous voulons une génération indignée

Jeunes du Québec et d’ailleurs,

“Nous voulons une génération indignée

qui laboure les horizons

déterre les racines de l’histoire

arrache la pensée aux ténèbres

Nous voulons une génération future

qui n’absout pas les fautes

ne pardonne pas

ne s’incline pas

ne connaît pas la duplicité

Nous voulons une génération

pionnière

prodigieuse.”

Nizar Qabbani, Les carnets de la défaite (1967), traduction Rania Samara; cité dans L’Atlas du Monde diplomatique, Mondes émergents, publication hors-série du Monde diplomatique, 2012

Nizar Qabbani détenait un diplôme de la faculté de droit de l’Université de Damas; il a travaillé comme attaché au ministère syrien des affaires étrangères et occupé des postes diplomatiques au Caire, à Ankara, à Madrid, à Pékin et à Beyrouth.

Il a aussi vécu à Genève, à Paris et à Londres. Il a publié une trentaine de recueils de poèmes. Il serait le poète arabe le plus lu.

L’État, les policiers et l’objection de conscience

Le statut d’objecteur de conscience est reconnu dans un certain nombre de pays.

Le plus souvent, semble-t-il, on invoque la qualité d’objecteur de conscience pour refuser de participer à une guerre. Les policiers du Canada ont-ils le droit de refuser d’accomplir une tâche qui pourrait les amener à prendre part à la répression d’une manifestation qu’ils croient légitime, justifiée, conforme à leurs principes moraux, à leurs valeurs éthiques ou à leur convictions religieuses?

Le Passeur de la Côte (Roger Martel)

LECTURE

Je refuse ! L’objection de conscience, ultime résistance au mal

Livre de François de Lacoste Lareymondie (Editions de L’Emmanuel, 222 pages, 19 €).

« Un pharmacien contraint de vendre des pilules abortives. Un cadre à qui l’on demande de fournir une attestation « bidonnée ». Un élu municipal face à la célébration d’un « mariage » de deux hommes. Dans de telles situations, que faire ? Le problème de l’objection de conscience est posé. La solution n’est pas toujours simple. Elle est parfois coûteuse voire héroïque. Enarque, officier de marine, élu local, secrétaire général du CIC, puis membre du directoire du Fonds de garantie des dépôts, vice-président de la Fondation de Service politique, François de Lacoste Lareymondie n’est pas un idéologue en chambre. Son essai fort intéressant a une visée pratique : fournir des éléments de discernement dans la résistance au mal. Illustré par les figures de saint Thomas More, Franz Jägerstätter et Baudouin Ier et s’appuyant sur les concepts de la théologie morale (liberté, conscience, tolérance, loi naturelle…), son propos concerne surtout le comportement personnel. » (source : http://www.chretiensdanslacite.com/article-actualite-de-l-objection-de-conscience-72584006.html)

« Comme un lointain écho au célèbre « J’accuse » de Zola, « Je refuse ! » décortique le concept de l’objection de conscience. L’objection de conscience est une question éthique et politique majeure. Il existe en fait peu d’écrits sur le sujet alors qu’elle peut concerner beaucoup de personnes qui voudraient résister à ce qu’elles considèrent comme mal. De grandes figures de l’objection de conscience (Thomas More, Baudouin 1er de Belgique, Franz Jägerstätter) servent de trame à la réflexion. L’auteur montre l’étendue du périmètre dans lequel elle peut se déployer. Avec un réel souci pédagogique il explique les concepts en jeu (liberté, tolérance, vérité, autorité, responsabilité, discernement, prudence), en les replaçant dans leur contexte historique et philosophique, sans en omettre la dimension spirituelle. Il prend le soin de mettre en lumière le moment où la question de l’objection de conscience apparaît et les écueils à éviter.

« En fin d’ouvrage il présente un guide de conduite pratique pour toute personne confrontée un jour à cette question. » (source : http://www.librairie-emmanuel.fr/A-67036-je-refuse-l-objection-de-conscience-ultime-resistance-au-mal.aspx)

Peut-on tout accepter ? Ethique personnelle et objection de conscience en démocratie

« Dans son arrêt Bayatyan du 7 juillet dernier (§118), la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme rappelle que « telle que la protège l’article 9 [de la Convention européenne des droits de l’homme], la liberté de pensée, de conscience et de religion représente l’une des assises d’une « société démocratique » au sens de la Convention. Cette liberté figure, dans sa dimension religieuse, parmi les éléments les plus essentiels de l’identité des croyants et de leur conception de la vie, mais elle est aussi un bien précieux pour les athées, les agnostiques, les sceptiques ou les indifférents. Il y va du pluralisme – chèrement conquis au cours des siècles – consubstantiel à pareille société ».

« Cette liberté de conscience serait particulièrement vide si elle ne donnait pas à chacun le droit de faire objection à des lois, des règlements ou des ordres, qui obligeraient à des actes qui lui seraient gravement contraires. Et pourtant, dans le même temps, les tentatives existent dans certains Etats membres de limiter le champ de cette objection, comme par exemple en Espagne avec la création d’une « liste noire des objecteurs », notamment en matière médicale et de recherche.

Alors, la loi peut-elle tout permettre ? Et le citoyen peut-il, doit-il, tout accepter ? » (source : http://www.institut-thomas-more.org/actualite/peut-on-tout-accepter-ethique-personnelle-et-objection-de-conscience-en-democratie.html)