La preuve qu’il faut donner à tout le monde la possibilité de s’instruire.

 Depuis septembre 2006, le lycée Henri IV de Paris, autrefois fréquenté uniquement par des enfants des classes riches de la société française, accueille des jeunes qui vivent dans des milieux modestes, des jeunes dont les parents sont des gagne-petits, des jeunes qui n’auraient jamais envisagé d’étudier dans un lycée comme Henri IV. Depuis 2006, ils peuvent le faire grâce à un programme créé pour eux. Et l’expérience réussit, constate-t-on aujourd’hui. Le printemps prochain, un certain nombre de ces jeunes pourront frapper à la porte de grandes écoles françaises (Polytechnique, Normale Sup, etc.); ils pourront le faire au même titre que des fils ou des filles à papa. On leur en a donné la possibilité!

Dans les années 1970, un jeune couple de Lévis adopte une enfant haïtienne issue d’une famille vraiment très modeste vivant dans une société particulièrement défavorisée. Cette enfant a cinq ans et demi quand elle découvre Lévis et le Québec. Elle devient écolière; elle suit naturellement le même parcours que les autres enfants de sa ville : école primaire et école secondaire. Pendant de nombreuses années, elle fréquente aussi, dans sa ville, une école de musique où elle découvre, comme d’autres jeunes de sa ville, bon nombre des mystères et des beautés du piano et du violon. Elle entreprend des études au collège d’enseignement général et professionnel de sa ville, comme de nombreux jeunes concitoyens et concitoyennes, mais change de voie rapidement et entre au Conservatoire de Québec, où elle étudie entre autres le chant classique. Elle devient une artiste professionnelle applaudie, aimée. Question : l’enfant adoptée par des Lévisiens aurait-elle pu développer les talents qu’elle portait en elle si elle avait grandie dans un milieu très peu favorable à la scolarisation? Dans une ville comme Lévis, elle a développé ses talents; parce qu’elle a trouvé dans son milieu les ressources nécessaires; parce qu’on on lui en a donné la possibilité!

La voici, l’artiste lévisienne aimée et applaudie dont il vient d’être question :

 Marie-Josée Lord , soprano, en septembre 2009, le jour où elle a été consacrée

Célébrité de l’école Marcelle-Mallet de Lévis

(autrefois appelée Couvent Notre-Dame-de-Toutes-Grâces).

 (Photo : Roger Martel)

 IMAGINONS CE QUE SERAIT LE MONDE SI TOUS LES ÊTRES HUMAINS AVAIENT LA POSSIBILITÉ DE FAIRE FRUCTIFIER LEURS TALENTS AU MAXIMUM! IL SERAIT BIEN PLUS BEAU!

Depuis que l’école existe, des milliards de personnes ont vécu sans avoir reçu un enseignement scolaire. Aujourd’hui, des centaines de millions d’adultes n’ont pas été scolarisés ou ne l’ont pas été autant qu’ils auraient pu l’être; aujourd’hui, environ 760 millions d’adultes sont analphabètes; aujourd’hui, plus de 72 millions d’enfants aptes à fréquenter une école primaire ne peuvent pas le faire parce que leur milieu ne leur en donne pas la possibilité.

Évidemment, l’absence dans une société de ressources d’instruction, ou leur insuffisance, a des conséquences malheureuses, pour ne pas dire catastrophiques, pour les individus qui en sont les victimes, pour les sociétés ou pays dans lesquels vivent ces individus, ainsi que pour le reste du monde. Oui, pour le reste du monde!

Aujourd’hui, des États – le Canada en est, réduisent leur aide à l’étranger. Ils ne comprennent pas. Ils ne comprennent pas que la scolarisation favorise le développement social de l’enfant et qu’elle favorise le développement économique de son pays, qu’elle est essentielle à l’élimination de la misère.

Le programme français qui aide des jeunes de familles démunies à faire des études poussées prouve que l’aide donnée aux pauvres, aux défavorisés, aux démunis, aux miséreux, pour qu’ils s’instruisent, n’est pas perdue, qu’elle est au contraire très profitable pour la société parce qu’elle l’est pour ceux et celles qui la reçoivent.

Le développement de l’enfant haïtienne insérée dans un milieu favorable à la scolarisation prouve qu’il faut donner aux enfants et aux adultes la possibilité de s’instruire.

Le Passeur de la Côte (Roger Martel)