Désobéissance civile : Le député québécois Amir Khadir est en bonne compagnie

Amir Khadir, coporte-parole du parti politique Québec Solidaire et député de la circonscription électorale de Mercier, affirme que la désobéissance civile est un moyen que les citoyens ont le droit de prendre pour lutter contre une loi injuste. Est-il pensable de prendre parti pour la désobéissance civile?

Commençons par définir la désobéissance civile : « La désobéissance civile désigne une action politique illégale et non-violente fondée sur des motifs de conscience et destinée à modifier une loi ou à contester l’ordre juridique dans son ensemble. »(Manuel Cervera-Marzal, chercheur, http://www.irnc.org/NonViolence/Items/constitutionnaliser_la_desobeissance_civile.pdf); « La désobéissance civile est le refus de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent. Le terme fut créé par l’américain Henry David Thoreau dans son essai Résistance au gouvernement civil, publié en 1849, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique. » (Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Désobéissance_civile)

Des personnages importants de l’histoire ont employé la désobéissance civile ou approuvé l’emploi de la désobéissance civile.

GANDHI (1869-1948), par exemple. Homme politique et guide spirituel très important, on l’appelle le Père de la Nation dans son pays, l’Inde. Il a utilisé lui-même le moyen de la désobéissance civile. Selon lui, « La désobéissance civile est le droit imprescriptible de tout citoyen. Il ne saurait y renoncer sans cesser d’être un homme” (cité au http://raffa.grandmenage.info/post/2007/08/28/Florilège_Mohandas_Karamchand_Gandhi__1869-1948). Il a aussi dit : “Dès que quelqu’un comprend qu’il est contraire à sa dignité d’homme d’obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l’asservir” (cité au http://www.citationspolitiques.com/theme.php3?id_mot=261).

Autre personnage marquant du vingtième siècle, MARTIN LUTHER KING (1929-1968). Ce pasteur noir américain, prix Nobel de la paix (1964), a lutté pour la reconnaissance des droits civiques des Noirs; il a appliqué le principe de la désobéissance civile : « chacun a la responsabilité morale de désobéir aux lois injustes », pensait-il (cité par Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Luther_King#D.C3.A9sob.C3.A9issance_civile_et_non_violence).

Un autre personnage politique indien, JAYA PRAKASH NARAYAN (1902-1979), a secoué son pays dans les années 1970 en lançant un appel à la révolution qui a été entendu: « Nous sommes en révolution, a-t-il dit. Nous ne nous contenterons pas d’assister à la dissolution de l’Assemblée […] Après avoir connu 27 années de liberté, notre peuple souffre de la faim, de la flambée des prix, de la corruption… l’injustice l’accable de toutes les manières… Il nous faut mener une Révolution totale, rien de moins! » (cité en anglais au http://www.indiavisitinformation.com/indian-personality/Lok-Nayak.shtml) En juin 1975, une cour de justice trouva la première ministre, Indira Gandhi, coupable d’avoir employé l’arme de la corruption dans l’espoir d’être portée au pouvoir. Jaya Prakash Narayan lui demanda de démissionner. La Cour suprême renversa la décision de la cour inférieure. Indira Gandhi déclara l’état d’urgence et fit emprisonner son vieil adversaire malade dans un hôpital. Mais ce dernier eut sa revanche : en janvier 1977, l’état d’urgence fut levé; plus tard, des élections portèrent au pouvoir le parti que lui, auteur d’un appel à la révolution, appuyait et conseillait.

En Pologne, LECH WALESA (né en 1943), électricien et cofondateur du mouvement Solidarność (Solidarité), défia le régime en place dans les années 1980, un régime qui voulait à tout prix stopper la vague de libéralisation qui faisait irruption (déclaration de la Loi martiale, répression policière brutale, emprisonnement de Walesa, interdiction des syndicats, etc.). En 1990, le « désobéissant », Lech Walesa, récipiendaire duprix Nobel de la paix, est devenu président de son pays

La liste d’ « amis » célèbres et célébrés de M. Amir Khadir est longue. Pourraient y figurer le Front démocratique unifié (UDF) qui résista au régime d’Apartheid, en Afrique du Sud, ainsi que des personnages comme Denis Diderot, Confucius, Albert Einstein, Georges Bernanos, de même que :

Manuel Cervera-Marzal, auteur de Pourquoi il faut constitutionnaliser la désobéissance civile (offert au http://www.irnc.org/NonViolence/Items/constitutionnaliser_la_desobeissance_civile.pdf);

Herbert Marcuse, auteur de Le problème de la violence dans l’opposition (offert au http://www.aix-mrs.iufm.fr/formations/filieres/ecjs/productionaixprem/citdroitrepub.html);

Xavier Renou, auteur du Petit manuel de désobéissance civile (http://www.toupie.org/Citations/Renou_desobeissance_civile.htm);

Stéphane Hessel, que l’on peut retrouver au http://www.toupie.org/Citations/Desobeissance.htm;

Jean-Marie Muller, philosophe, qui a écrit Fondements philosophiques et stratégies de la désobéissance civile;

Howard Zinn, auteur de Désobéissance civile et démocratie : Sur la justice et la guerre (traduit par Frédéric Cotton);

Sandra Laugier et Albert Ogien, qui ont écrit Pourquoi désobéir en démocratie ?;

Jean-Claude Ravet, auteur de l’article Le devoir politique de désobéir, entrevue avec Jean-Marie Muller (à lire au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=1350).

Il serait difficile de ne pas parler ici de la Superstar, Jésus.

Donnons la parole à un bibliste, André Myre*:

« Les actions de Jésus dans la Palestine de son temps, telles que relatées dans les évangiles, témoignent d’un appel profondément actuel à la désobéissance civile au nom de la justice.

[…]

« Rien n’échappe à sa désobéissance de fond. Quand il [Jésus] prie, c’est seul, à l’écart, loin des gestionnaires du sacré; mais chaque fois qu’il se rend dans un lieu officiel de prière, il y conteste le système. Il refuse de se reposer le jour du sabbat s’il y a autour un malade à guérir. Il voit la Loi comme un chemin ouvert sur un horizon inatteignable et relativise les minuties juridiques de l’époque. Le mal qui peut sortir des cœurs humains l’horrifie. C’est à lui qu’il faut s’attaquer et ne pas se laisser distraire par les interdits alimentaires qui n’ont rien à voir avec ce qui pourrit les humains de l’intérieur. Il ne va pas s’empêcher de toucher une femme en public (ce qui était interdit), si cela peut la guérir et lui redonner une vie sociale. Il n’a pas de patience avec les scribes et les pharisiens, les gérants du sacré, les avocats de toutes sortes, tous ces obéissants patentés, engagés au service du système, mais désengagés du drame de vivre.

« Le Nazaréen vit dans une sorte d’état de désobéissance permanent qui ne laisse rien d’intact, qui vise toutes les institutions et naît d’une « relativisation absolue » de toutes les organisations humaines, quelles qu’elles soient, aussi saintes soient-elles. » (Source : Jésus, Le refus d’obéir,revue Relations, numéro 743, septembre 2010 http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=1340

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Quand la corruption fait des ravages dans un pays, dans un gouvernement, c’est surtout à cause de l’ « OBÉISSANCE » des politiciens qui savaient, des fonctionnaires qui savaient, des policiers qui savaient, des citoyens qui savaient ET QUI ONT LAISSSÉ FAIRE.

Le Passeur de la Côte (Roger Martel)

* Quelques écrits d’André Myre :

 

Pour l’avenir du monde. La résurrection revisitée. Montréal, Éditions Fides, 2007. 265 p.

(on peut consulter http://www.culture-et-foi.com/coupsdecoeur/livres/andre_myre.htm)

Scandale! Jésus et les pauvres, Collection Déclic (outil de vulgarisation biblique), éditions Paulines et CPMO-CPRF

Lui (l’auteur nous propose de suivre l’évangéliste Marc pas à pas), Novalis, 2009 (on peut consulter http://www.cprf.biz/publications.htm)

La source des paroles de Jésus, Novalis, 2011.

« André Myre, bibliste réputé et reconnu, a enseigné à la Faculté de théologie de l’Université de Montréal de 1970 à 1997. Il a participé à La Bible. Nouvelle traduction (Médiaspaul-Bayard, 2001), et au Nouveau vocabulaire biblique (Médiaspaul-Bayard, 2004). » (http://murmitoyen.com/74566)