Électrices et électeurs de Lévis, pour qui voterez-vous?

Voterez-vous pour la Coalition Avenir Québec?

C’est quoi, la CAQ? Est-il possible que les Québécois la connaissent très mal… L’un de ses fondateurs, M. Charles Sirois, homme d’affaires millionnaire, est étrangement absent de la campagne électorale, il est étrangement muet; il aurait pu être au nombre des aspirants députés, pour défendre les idées de son parti; préfère-t-il agir dans l’ombre, à l’insu du peuple, comme Paul Desmarais? Est-il occupé à bâtir on ne sait pas quoi, à élaborer un plan pour privatiser Hydro-Québec, qui fait saliver bien des gens d’affaires? On ne sait pas. Si François Legault nous disait que M. Sirois est en vacances dans un paradis (fiscal?), le croirions-nous? Jacques Duchesneau, lui, voudrait certainement vérifier… Quant au candidat de la CAQ dans Lévis, on sait que c’est un homme d’affaires comme il y en a tant. Naturellement, les gens d’affaires ont le droit de chercher à devenir députés; mais avant d’entrer à l’Assemblée nationale, il faudrait qu’ils découvrent qu’un État ou une province ne se dirige pas comme une entreprise, que l’État et l’entreprise n’ont pas du tout les mêmes raisons d’être; malheureusement, la plupart des gens d’affaires se lancent en politique parce qu’ils pensent qu’un État doit être dirigé comme une usine (catastrophe assurée pour le peuple).

Voter pour la CAQ, c’est voter pour un parti dont le chef s’affiche en compagnie de femmes qui aspirent à devenir députées de la CAQ au cours de la présente campagne électorale, mais qui omet de dire que c’est son parti qui présente le moins de candidats de sexe féminin; l’image que la CAQ présentait était donc trompeuse (c’est Québec solidaire qui compte le plus de femmes parmi ses candidats). Ne votons pas pour un parti qui tente de manipuler les électrices et les électeurs.

Voterez-vous pour le Parti québécois?

Que deviendra le PQ après le 4 septembre? S’il n’est pas au pouvoir, la course à la succession de Pauline Marois commencera vite et elle sera féroce; s’il est au pouvoir, une pluie d’affrontements entre péquistes nous tomberont dessus : lutte entre les partisans et les adversaires de Madame Marois, lutte entre les gens de la gauche et les gens du centre ou de la droite (par exemple, entre Jean-François Lisée et Stéphane Labrie, candidat dans Lévis, si jamais ils deviennent députés)… Peut-on mener correctement une barque quand les passagers se chamaillent tout le temps! Ici, la barque, ce serait notre gouvernement.

Voterez-vous pour le péquiste Stéphane Labrie? Quand ce dernier présidait la Chambre de commerce de Lévis, il appuyait le projet Rabaska (à titre de lobbyiste, par-dessus le marché); le candidat qu’il est aujourd’hui s’oppose au projet Rabaska; demain, dans six mois, dans un an, se battra-t-il de nouveau pour que Rabaska se réalise? M. Labrie sait que le PQ, comme la CAQ, ne pousse pas fort pour que le Québec se tourne résolument vers les énergies non polluantes. Ne votons pas pour un parti qui use de détours ou de faux-fuyants pour retarder le moment de prendre les “vraies” décisions en matière d’environnement (la tergiversation est un grand mal au PQ : exportation de notre amiante, référendum, changement de notre mode de scrutin, etc.).

Voterez-vous pour le Parti libéral du Québec

C’est gênant de voter pour un parti dont le bilan éthique est catastrophique et carrément honteux. C’est gênant de voter pour un parti qui a négligé la lutte pour la protection du caractère français du Québec. C’est gênant de voter pour un parti qui a choisi d’exporter l’amiante du Québec qui va rendre malade et tuer. C’est gênant de voter pour un parti qui, depuis l’adoption de la Loi 115 qui réglemente les « écoles passerelles » « autorise en continu des demandes d’accès à l’enseignement en anglais public (financé par l’État) » (http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2012/03/20120327-063216.html). Ne votons pas pour un parti qui vient de gouverner pendant neuf ans et qui affiche un bilan franchement inacceptable.

Voterez-vous pour Gilles Lehouillier? C’est gênant de voter pour un candidat qui a approuvé tout ce que son parti a fait, quand son parti présente un bien triste bilan. Le PLQ nous présente M. Lehouillier comme « un Lévisien d’abord et avant tout ». Madame Valérie Guilloteau, candidate de Québec solidaire, n’est pas moins Lévisienne que son adversaire libéral : elle est née et habite à Lévis et c’est la troisième fois qu’elle est la candidate de Québec solidaire dans Lévis. De plus, elle a montré qu’elle sait se dévouer pour son milieu et pour la planète: elle a lutté contre Rabaska, elle a apporté sa collaboration à la coop Tendre Vert, elle a été active au sein d’Amnistie internationale. Valérie Guilloteau enseigne et veille, avec son compagnon, sur cinq jeunes enfants. 

Voterez-vous pour Québec solidaire?

Tasha Kherriddin est journaliste au National Post, elle a été la vice-présidente de l’Institut économique de Montréal et directrice de la section québécoise de l’Institut Fraser, bref, ce n’est pas une femme de gauche, au contraire. Mais c’est elle qui a appelé Françoise David « la souverainiste honnête »… (c’était au Téléjournal de Radio-Canada, le 23 août 2012, http://www.radio-canada.ca/emissions/telejournal/2011-2012/integrales.asp). Honnêteté, idéal, voilà des mots que l’on associe à Québec solidaire. Un autre terme qui colle à la peau de Québec solidaire : bien commun.

Ces semaines-ci, pendant la campagne électorale, on a l’impression qu’un seul parti, Québec solidaire, a une vision d’ensemble de l’État et de ses politiques : le Parti libéral met en vedette son Plan Nord et avance que ce Plan devrait créer de la richesse et des emplois; Québec solidaire semble le seul à savoir qu’un projet comme le Plan Nord créera aussi des inégalités sociales auxquelles le gouvernement devra faire face et qui auront un prix humain et économique (ces inégalités découleront entre autres du fait que le Plan Nord amènera dans des régions des travailleurs qui seront mieux payés que la plupart de leurs nouveaux concitoyens et que la présence de ces nouveaux travailleurs entraînera une augmentation du coût de la vie pour tous les citoyens). Autre exemple de la vision globale de Québec solidaire : qui parle des 750 000 Québécois qui n’ont pas un revenu suffisant pour combler les besoins de base reconnus (selon le collectif Pour un Québec sans pauvreté)? Lors du débat des quatre chefs, le dimanche 19 août 2012, c’est Françoise David qui a soulevé la question de la lutte contre la pauvreté. Québec solidaire ne ferme pas les yeux pour ne pas voir la pauvreté.

Les coporte-parole de Québec solidaire n’ont jamais touché un salaire secret, ils ne sont pas liés à une autre personne qui fait on ne sait quoi dans les coulisses; leur parti est uni; leur parti offre un programme sérieux, un programme qui se tient et qui est axé sur le bien de toute la population. Québec solidaire est pour le bien-être économique, naturellement; Québec solidaire est pour la justice sociale, naturellement. Le 4 septembre 2012, pourquoi ne pas mettre un peu d’idéal dans l’urne? Le 4 septembre 2012, votons et mettons de l’idéal dans l’urne!

Le Passeur de la Côte (Roger Martel)


Le gouvernement par le peuple ou par l’argent? se demande Jacques Dufresne.

FRANÇOIS LEGAULT NOUS CACHE QUELQUE CHOSE DE GROS. QUOI? IL NOUS CACHE SON RICHISSIME PARTENAIRE CHARLES SIROIS, COFONDATEUR DE LA COALITION AVENIR QUÉBEC (CAQ).

Jacques Dufresne, philosophe né en 1941, fondateur de la revue Critères et cofondateur de l’Encyclopédie de L’Agora, débusque Charles Sirois. Rappelons que M. Sirois est un homme d’affaires qui a réussi; en 2006, selon le canal Argent, il avait plus de 800 millions de dollars dans ses poches, (http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2011/02/20110221-181207.html); en 2009, selon la même source, il a été nommé président du conseil de la banque CIBC, de Toronto; mais « il a été écorché en 2009 par l’ADQ en raison de son implication questionnable dans un Fonds d’intervention économique régional (FIER)», souligne Argent; on reproche aussi à M. Sirois d’avoir « [cautionné] le recours aux filiales étrangères, une pratique légale, mais qui fait perdre des centaines de millions en revenus au Canada » (http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2012/05/20120528-201245.html).

Le texte de Jacques Dufresne

« Au Québec toujours, tout le monde connaît le pouvoir qu’a exercé Paul Desmarais notamment sur les partis libéraux québécois et canadiens. […]

« Il n’a, par contre, presque jamais été question de M. Charles Sirois, co-fondateur de la CAQ, dans la présente campagne électorale. Il est rentré dans les coulisses et c’est précisément de cela qu’il faut s’inquiéter. […].

« Il est encore temps d’informer les électeurs à son sujet. […]

« Je précise d’abord que je n’ai rien contre l’entreprise privée, ni contre la réussite en affaires. Je n’ai que de l’admiration pour des entrepreneurs comme Armand Bombardier. Quand j’ai vu apparaître François Legault en tant que chef de parti, sa réussite en affaires me semblait devoir être mise à son crédit. Jusqu’au jour où j’ai appris comment il avait encaissé ses premiers millions : en vendant ses actions d’Air Transat sans avertir ses partenaires. Il s’enrichissait ainsi lui-même et appauvrissait ses partenaires, et cela dans une conjoncture très difficile pour l’entreprise.

[…]

M. Dufresne parle aussi des investissements de M. Sirois dans la santé. En 2007, M. Sirois, selon La Presse du 15 mai 2007, est en effet devenu partenaire de la clinique privée Plexo. M. Dufresne pose cette question : « À qui profitera le préjugé favorable de la CAQ à l’endroit du privé en santé?, puis celle-ci : « Pourquoi ne trouve-t-on sur le site de Plexo aucune information sur ses propriétaires? »

M. Dufresne termine son texte ainsi : « Mon but est de rappeler aux Québécois qu’en passant des libéraux aux caquistes de François Legault, ils iraient de Desmarais en Sirois, allusion à l’expression bien connue, déjà utilisée par La Fontaine, de Charybde en Scylla [tomber de Charybde en Scylla, c’est échapper à un mal pour tomber dans un autre plus grand]. » 

(Pour lire l’intégrale du texte de M. Jacques Dufresne, allez au http://agora.qc.ca/documents/de_desmarais_en_sirois.)