La laïcité au Québec

Quelques balises pour définir une laïcité québécoise1

Par Élisabeth Garant, directrice du Centre justice et foi

Il n’existe pas un modèle unique de laïcité qui pourrait s’appliquer à toutes les sociétés et dont nous n’aurions qu’à suivre la recette pour le Québec. Il existe de nombreux aménagements inspirés des trajectoires différentes des pays. La laïcité est un processus qui se précise au cœur des débats de société et à la lumière des transformations sociales. Pour définir le contenu d’une laïcité québécoise, nous avons besoin de quelques balises : celle du parcours sociohistorique du Québec, celle de clarifier la portée de nos débats, celle de l’inclusion et de la non-discrimination comme fondements du vivre-ensemble, celle de la reconnaissance d’une dimension publique de la religion.

 

Rendre explicite la laïcité au Québec : un processus récent

 

Nous vivons dans un contexte social où se côtoient des orientations idéologiques, religieuses, culturelles et politiques diverses. Nous sommes de plus en plus confrontés à la portée du choix, fait avec la Révolution tranquille et affirmé dans la Charte québécoise des droits de la personne, de tenir compte effectivement de la liberté de conscience pour toutes les personnes vivant au Québec.

 

La volonté de laïciser les institutions communes est donc née d’un souci de prise en compte de ce pluralisme constitutif de notre société – et non pas uniquement pour répondre à la diversité religieuse et culturelle de l’immigration. C’est ce défi qui a été relevé pour l’école québécoise dont les structures étaient confessionnelles jusqu’en 2000. C’est d’ailleurs dans le contexte du processus de déconfessionnalisation scolaire que nous avons commencé à utiliser le terme « laïcité » et à débattre du modèle que nous voulions. La perspective d’une « laïcité ouverte » pour l’école québécoise a alors été l’option retenue. Elle exprimait une volonté de ne pas occulter la dimension religieuse (individuelle et collective) tout en l’abordant dans le respect de la diversité croyante et non-croyante de notre société.

 

La portée de la laïcité à préciser

 

Dans les débats sur la laïcité, les préoccupations exprimées touchent plus particulièrement trois questions : l’égalité homme-femme, l’intégration des immigrants et le projet national (ou l’identité nationale). Il y a des éléments de chacune de ces questions dont notre modèle de laïcité doit tenir compte puisque l’une des deux principales finalités de la laïcité est l’égalité des citoyens qui doit aussi être la base de notre vie en société.

 

Dans nos efforts pour définir les contours de la laïcité, il faut donc se demander quelles en seront les conséquences sur les personnes les plus vulnérables de la société et sur notre capacité à réaliser une société inclusive. Il ne faut pas laisser certains raccourcis populistes ou certaines de nos peurs en imposer les orientations.

 

Mais nous devons aussi réaliser que nos débats soulèvent des questions qui débordent la seule définition d’une laïcité. Cette dernière n’est pas une garantie de l’égalité homme/femme qui est avant tout le gain d’une lutte sociale constante. Elle ne peut pas non plus se substituer à une politique d’immigration et d’intégration permettant aux nouveaux arrivants et aux membres de la société d’accueil de transmettre un héritage et d’accueillir de nouveaux apports. Elle ne peut pas non plus être le garant d’un projet national dont nous constatons tous l’effritement mais dont les causes sont surtout à chercher du côté du modèle économique privilégié depuis les années 90, le néolibéralisme qui met à mal tous les liens sociaux.

 

La religion confinée à la sphère privée?

 

La question de la place de la religion est centrale dans le débat en cours. La laïcité est l’expression d’une séparation entre les institutions religieuses et l’État. Mais cette séparation est au service d’une deuxième finalité qui est la liberté de conscience. Elle n’exclut pas une reconnaissance de la diversité religieuse mais s’oppose à ce qu’une religion soit privilégiée au détriment des autres.

 

Il n’y a donc pas lieu de céder à certains courants antireligieux qui voudraient faire disparaître toute référence au vécu religieux des citoyens dans l’espace public. Mais en contrepartie, il faut que les traditions religieuses acceptent de dialoguer entre elles et avec les non-croyants afin d’inscrire leur présence dans la recherche du bien commun. Une décision qui appartient au politique La laïcité doit être précisée au cœur du champ politique -plutôt que du champ juridique- par des débats collectifs, le développement d’instruments politiques adéquats et des décisions de l’Assemblée nationale. Il est temps que le gouvernement mette au jeu un livre blanc ou un projet de politique à partir duquel les débats que nous avons amorcés depuis quelques années puissent se poursuivre. Il faut espérer que cette politique aura comme base une laïcité qui s’inscrive dans une histoire et une trajectoire sociale propre au Québec mais qui vise tout autant le renforcement d’une société juste et égalitaire pour aujourd’hui.

 

1 Ce texte s’inspire de la réflexion réalisée au Centre justice et foi lors de la Journée d’étude du 28 janvier 2012, La laïcité au Québec : enjeux et angles morts du débat. Les Actes de cette Journée d’étude sont disponibles dans le bulletin Vivre ensemble (vol. 19, no. 65, printemps 2012) au http://www.cjf.qc.ca/ve.

 

Ce texte a été publié dans Nouvelle Revue franciscaine, volume 117, numéro 5, pp. 8-9. On le trouve aussi au http://www.cjf.qc.ca/userfiles/file/Accueil_CJF/Octobre2012/Texte_Nouvelles-fransciscaines_EG_Sept-Oct-2012_corr.pdf.

 

Émilie Gamelin, un exemple inspirant

Émilie Gamelin : l’action citoyenne comme pratique spirituelle

Le 23 septembre 1851, décédait Émilie Gamelin, fondatrice des Sœurs de la Providence de Montréal. Cette veuve et mère de trois enfants a été une spirituelle engagée dans l’action. Membre active d’associations caritatives, elle se consacre au soin des malades et à la mise sur pied d’un refuge pour femmes en difficultés. Lors des troubles politiques de 1837-1838, elle ira même visiter des patriotes emprisonnés à qui elle apportera réconfort. L’historienne Denise Robillard écrira d’Émilie Gamelin et des femmes chrétiennes de son époque qu’elles « attaquent de front les problèmes sociaux amplifiés par la conjoncture économique, une immigration massive et l’incurie du gouvernement. Faisant preuve d’une créativité et d’un sens remarquable de l’organisation, elles développent un réseau de services qui, en amenant la société canadienne- française à se prendre en mains, l’a empêchée de dégénérer en tiers-monde » (Émilie Tavernier- Gamelin, éditions du Méridien, 1988).

Aujourd’hui encore, l’exemple d’Émilie Gamelin nous inspire. Il nous rappelle que la foi, avant de se traduire en discours, en croyances ou en rites, c’est d’abord un « acte » : aller vers les autres, faire alliance avec les pauvres et ceux qui souffrent, établir des pratiques de solidarité au cœur de la cité humaine. La vérité de la foi s’incarne donc toujours dans un « geste » : prendre soin du « corps » – de celui, le plus immédiat, du prochain, jusqu’au corps social tout entier. C’est ainsi que l’action citoyenne, pour un chrétien, apparaît comme une pratique spirituelle. Une pratique consistant à participer, avec d’autres, à l’humanisation du monde, à la création de liens de solidarité et à la transformation des structures génératrices d’injustice et d’oppression dans la société.

Marco Veilleux

(Texte publié dans le Prions en Église du 23 sept. 2012 et diffusé ar le Centre Justice et Foi au http://www.cjf.qc.ca/userfiles/file/Accueil_CJF/Emilie-GamelinAction-citoyenne%20_23%20sept_-2012_.pdf)


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 ÉMILIE GAMELIN, née Émilie Tavernier, Québécoise née à Montréal (1800-1851)

Texte de Marguerite Jean extrait du Dictionnaire biographique du Canada, http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=4212

TAVERNIER, ÉMILIE (Gamelin) (baptisée Marie-Émilie-Eugène ; elle signait Amélie Tavernier, mais elle s’est surtout fait connaître sous le nom d’Émilie Tavernier), fondatrice et première supérieure des Filles de la charité, servantes des pauvres, née le 19 février 1800 à Montréal, fille d’Antoine Tavernier, voiturier, et de Marie-Josephte Maurice ; décédée le 23 septembre 1851 dans la même ville.

Issue d’un père et d’une mère respectivement d’ascendance picarde et normande mais tous deux de souche montréalaise, Émilie Tavernier est la dernière d’une famille de 15 enfants, dont 6 seulement parviendront à l’âge adulte. En dépit de la situation économique précaire du Bas-Canada au début du xixe siècle, la famille Tavernier n’a pas trop à souffrir de la pauvreté. Durant son enfance et son adolescence, la jeune Émilie connaît cependant des deuils successifs et douloureux. Elle a moins de 4 ans quand sa mère meurt et n’aura que 14 ans à la mort de son père. Dans l’intervalle, elle voit aussi disparaître tour à tour cinq autres parents très chers. Avant de mourir, sa mère avait confié Émilie à sa belle-sœur, Marie-Anne Tavernier, épouse de Joseph Perrault, qui vivait dans une relative aisance. Mère de quatre enfants, dont les deux derniers, Agathe et Joseph, restaient encore à la maison, Mme Perrault aime sa nièce comme sa propre fille. Elle veille à l’éducation et à l’instruction d’Émilie. Puis elle l’envoie quelques années au pensionnat des sœurs de la Congrégation de Notre-Dame où elle fait des études qu’elle termine probablement vers 1815. Émilie retourne par la suite chez sa tante. En 1818, elle va s’occuper de son frère François qui vient de perdre sa femme. Lorsqu’elle revient dans son foyer d’adoption l’année suivante, sa tante, trop âgée et infirme, confie Émilie à sa fille Agathe, maintenant veuve de Maurice Nowlan, de 13 ans son aînée, qui deviendra sa confidente et pour ainsi dire sa troisième mère.

À l’âge de 19 ans, tout en prenant soin de sa tante, Émilie Tavernier fréquente la société. Elle prend un certain plaisir à la vie mondaine et se fait beaucoup d’amis. Sa compagnie est recherchée tant à Montréal qu’à Québec où elle fait deux séjours assez prolongés entre 1820 et 1822 pour aider l’une de ses cousines, Julie Perrault, épouse de Joseph Leblond. Elle entretient alors une correspondance avec sa cousine Agathe à qui elle confie dans une lettre datée du 18 juin 1822 qu’elle a « beaucoup de vocation […] pour le couvent ». Elle ajoute dans cette même lettre : « les faros j’y renonce pour jamais et au monde aussi, je me fais religieuse vers l’automne ». Pourtant, à la surprise de son entourage, Émilie Tavernier contracte mariage le 4 juin 1823 avec Jean-Baptiste Gamelin, célibataire âgé de 50 ans, bourgeois respectable de Montréal demeurant dans l’élégant faubourg Saint-Antoine et vivant du commerce des pommes. Malgré la différence d’âge, l’union est heureuse, mais ne dure pas cinq ans, car Jean-Baptiste Gamelin meurt le 1er octobre 1827 ; deux des trois garçons nés de ce mariage étaient morts peu après leur naissance et le troisième survivra moins d’un an à son père. C’est dire qu’à 27 ans Émilie Gamelin se retrouve seule.

Veuve pourvue des biens lé-gués par son époux, en pleine jeunesse et en possession de tous ses charmes, Mme Gamelin pourrait très bien refaire sa vie. Les prétendants d’ailleurs ne manquent pas, mais un retournement s’accomplit chez elle. Profondément éprouvée par la perte de son mari et de ses enfants, elle commence à s’intéresser, sur les conseils de son confesseur, Jean-Baptiste Bréguier-Saint-Pierre, et de Mgr Jean-Jacques Lartigue*, auxiliaire de l’archevêque de Québec à Montréal, aux œuvres de charité afin de trouver un réconfort à sa douleur. Vers la fin de 1827, elle adhère à deux associations de secours mises sur pied par les sulpiciens, à savoir la Confrérie du bien public, ayant pour but de trouver du travail à un grand nombre de chômeurs, et l’Association des dames de la charité, fondée pour venir en aide aux victimes de la pauvreté et de la misère alors très répandues à Montréal. Les visites à domicile et la distribution d’aumônes – dons charitables et argent recueillis au cours de quêtes auprès des bien nantis – constituent les principales œuvres des Dames de la charité. L’année suivante, Mme Gamelin s’agrège également à la Confrérie de la Sainte-Famille dont le but est l’avancement spirituel de ses membres et la promotion de l’action apostolique. Au sein de ces divers organismes, Mme Gamelin fait preuve de dévouement et développe son sens de l’organisation. Elle prête aussi son concours pendant quelque temps à l’Institution charitable pour les filles repenties, établie par Agathe-Henriette Huguet-Latour, veuve de Duncan Cameron McDonell, en 1829. C’est probablement à cette époque qu’elle commence à se dépouiller des propriétés dont elle affecte le produit de la vente au soulagement des pauvres.

Au cours de ses visites à domicile, Mme Gamelin compatit à la détresse physique et morale des femmes âgées, malades ou infirmes, dépourvues de toutes ressources humaines et condamnées à mourir seules dans leur logis insalubre. Pour les secourir, elle ouvre le 4 mars 1830 un premier refuge au coin des rues Saint-Laurent et Sainte-Catherine dans un immeuble mis à sa disposition par le curé de la paroisse Notre-Dame de Montréal, Claude Fay. Le refuge devient bientôt étroit et, l’année suivante, elle loue un nouveau refuge, rue Saint-Philippe, dont elle prend la direction et où elle cohabite avec ses 15 premières pensionnaires. L’œuvre de la Providence commence alors à prendre forme. En 1832 et 1834, des épidémies de choléra frappent durement le Bas-Canada. Malgré sa peur de contracter cette maladie, Mme Gamelin visite régulièrement les cholériques et porte secours aux familles éplorées de Montréal. En 1836, le refuge de la rue Saint-Philippe est devenu à son tour trop étroit. Mme Gamelin s’adresse alors à Antoine-Olivier Berthelet*, riche homme d’affaires et philanthrope de Montréal. Le 14 mars, celui-ci fait don d’une maison située au coin des rues Sainte-Catherine et Lacroix (rue Saint-Hubert), près du futur siège de l’évêché. Le 13 mai, après plusieurs années de luttes religieuse et politique, la circonscription ecclésiastique de Montréal est érigée en diocèse et, le 8 septembre, Mgr Lartigue devient le premier titulaire de la dignité d’évêque de Montréal. À l’époque de la rébellion, Mme Gamelin obtient des autorités la permission de visiter les patriotes emprisonnés et condamnés à mort qu’elle met en contact avec leurs familles et dont elle aide à soulager les souffrances. Sunnenée, elle tombe gravement malade en mars 1838, atteinte de fièvre typhoïde. Elle parvient cependant à se rétablir et reprend son activité peu après.

En 1840, à la mort de Mgr Lartigue, Mgr Ignace Bourget* est promu évêque de Montréal. Cette même année marque aussi le début de l’époque du réveil religieux au Bas-Canada. Mgr Bourget projette la fondation d’une œuvre capable de répondre aux besoins des pauvres de Montréal. Il n’est pas question pour lui cependant de fonder une communauté religieuse pour s’en occuper. Le 3 mai, il se rend en Europe et notamment en France où il travaillera à faire venir quelques Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul pour assurer la permanence de l’œuvre projetée. Durant son absence, l’Assemblée législative de la province du Canada reconnaît le 18 septembre 1841 l’existence légale du refuge de Mme Gamelin sous le nom d’Asile de Montréal pour les femmes âgées et infirmes. Peu après son retour, Mgr Bourget exprime le 16 octobre son intention de confier l’œuvre de Mme Gamelin aux Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul ; le même jour, les dames de la corporation de l’asile, dont Mme Gamelin, décident d’acheter un terrain pour y bâtir une maison à laquelle elles donnent le nom d’asile de la Providence. Le 27 octobre, elles élisent Mme Gamelin directrice de la corporation et, le 6 novembre, sous l’impulsion de cette dernière sans doute, elles font l’achat d’un terrain borné par les rues Sainte-Catherine, Lacroix et Mignonne (boulevard de Maisonneuve), tout près du palais épiscopal. Le 20 décembre, elles décident de faire commencer sans délai la construction de l’édifice. L’asile de la Providence voit ainsi le jour. Le 16 février 1842, Mme Gamelin fait don de sa dernière propriété à la corporation de l’asile.

Le 8 novembre de cette année-là, Mgr Bourget apprend que les Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul ne peuvent pas venir à Montréal. Il décide alors de fonder une communauté religieuse sur place et de confier à celle-ci la direction du nouvel asile. Le 25 mars 1843, sept jeunes filles répondent à son appel et, sous la direction du chanoine Jean-Charles Prince, futur coadjuteur de l’évêque de Montréal et premier évêque de Saint-Hyacinthe, elles commencent un noviciat. Mme Gamelin ne figure pas parmi les novices, mais Mgr Bourget, voulant l’associer à son projet, l’autorise à remplir la fonction de supérieure auprès de ces dernières. Le 8 juillet, l’une des novices se désiste et Mme Gamelin peut prendre sa place. Cependant, avant que celle-ci n’entre au noviciat, Mgr Bourget l’envoie aux États-Unis pour prendre des informations sur l’organisation des œuvres charitables et de la vie religieuse des Sisters of Charity, fondées par Elizabeth Ann Bayley Seton à Emmitsburg, dans le Maryland, en 1809. Elle rapporte une copie de la règle manuscrite de saint Vincent de Paul que l’évêque de Montréal voulait donner à sa nouvelle communauté canadienne. Peu après son retour, le 8 octobre, elle prend l’habit des novices. Le 29 mars 1844, Mgr Bourget donne au cours d’une cérémonie le statut canonique aux Filles de la charité, servantes des pauvres, connues par la suite sous le nom de Sœurs de la charité de la Providence (Sœurs de la Providence). Puis Mme Gamelin prononce avec les six autres novices les vœux de chasteté, de pauvreté, d’obéissance et celui de servir les pauvres, et reçoit le nom de mère Gamelin. Le lendemain, mère Gamelin est élue supérieure de l’institut des Sœurs de la charité de la Providence.

Sous la direction de mère Gamelin, le jeune institut se développe et ne tarde pas à mettre sur pied plusieurs nouvelles œuvres. En 1844, les Sœurs de la charité de la Providence accueillent des orphelines et des dames pensionnaires âgées. En 1845, elles ouvrent l’hospice Saint-Joseph, destiné à loger des prêtres âgés ou infirmes. La même année, elles ouvrent un bureau de placement pour les personnes qui cherchent du travail domestique et pour celles qui en offrent ; elles commencent aussi à s’occuper des malades mentaux. En 1846, elles ouvrent deux autres maisons, l’une à Longue-Pointe (Montréal) et l’autre à Laprairie (La Prairie). En 1847, mère Gamelin se porte au secours des victimes de l’épidémie de typhus et prend en charge l’hospice Saint-Jérôme-Emilien, destiné à hospitaliser les enfants des immigrés irlandais morts de cette maladie ; elle accepte également d’envoyer quelques religieuses enseigner à l’école Saint-Jacques qui manque alors de personnel. En 1849, mère Gamelin ouvre un lazaret pour venir en aide aux victimes de l’épidémie de choléra. L’œuvre des aliénés connaît à cette époque un essor considérable, et mère Gamelin soumet à Louis-Hippolyte La Fontaine*, procureur général du Bas-Canada, un projet qui aboutira à la création de l’asile de Longue-Pointe. La même année, les Sœurs de la charité de la Providence établissent un couvent à Sainte-Élisabeth, près de L’Industrie (Joliette). En 1850, mère Gamelin fonde un autre couvent à Sorel et fait un second voyage aux États-Unis où elle visite les établissements des Sisters of Charity et en particulier leurs asiles d’aliénés.

À son retour en 1851, mère Gamelin s’occupe de régler les affaires de l’asile de la Providence. Mais son extraordinaire activité charitable des dernières années a eu pour conséquence de miner sa santé. Cette année-là, une nouvelle épidémie de choléra sévit à Montréal. Celle-ci aura raison de la résistance physique amenuisée de mère Gamelin qui meurt en moins de 12 heures le 23 septembre. Le lendemain, mère Gamelin est inhumée dans le caveau de l’asile de la Providence. À sa mort, l’institut des Sœurs de la charité de la Providence compte 51 sœurs professes, 19 novices, 5 postulantes et 7 maisons où sont hébergés 110 femmes pauvres et âgées, certaines mentalement atteintes, 95 orphelins, 6 prêtres infirmes, 16 dames pensionnaires et 700 jeunes élèves.

Mère Gamelin a le mérite d’avoir été la première fondatrice canadienne-française d’une communauté religieuse au Bas-Canada depuis la Conquête. Par le dévouement qu’elle a manifesté envers les vieillards, les malades et les pauvres et par les œuvres qu’elle a fondées et qu’elle a contribué à mettre sur pied, elle y a définitivement ouvert les avenues de la charité aux générations futures dans la première moitié du xixe siècle.

Marguerite Jean

ANQ-M, CE1-51, 20 févr. 1800, 4 juin 1823, 4 oct. 1827, 24 sept. 1851 ; CN1-134, 4 juin 1823.— Arch. des Sœurs de la charité de la Providence (Montréal), Fonds Émilie Gamelin, A3.1 ; A3.5 ; A3.7.— Canada, prov. du, Statuts, 1841, chap. 67.— Mélanges religieux, 30 sept. 1851.— F.-M. Bibaud, le Panthéon canadien (A. et V. Bibaud ; 1891), 102.— [Thérèse Frigon, dite] sœur Paul-du-Sauveur, « Essai de bio-bibliographie de la révérende mère Gamelin, fondatrice des Filles de la charité servantes des pauvres dites Sœurs de la Providence » (thèse de bibliothéconomie, univ. de Montréal, 1958), 1–22.— [L.-A. Huguet-Latour], Annuaire de Ville-Marie, origine, utilité et progrès des institutions catholiques de Montréal […] (2 vol., Montréal, 1863–1882), 1 : 70–82.— Le Jeune, Dictionnaire, 1 : 685–686.— [J.-P.] Archambault, Sur les pas de Marthe et de Marie : congrégation de femmes au Canada français (Montréal, 1929), 93–99.— [M.-J.-L. Blanchard, dite mère Marie-Antoinette], l’Institut de la Providence : histoire des Filles de la charité servantes des pauvres, dites Sœurs de la Providence (6 vol., Montréal, 1925–1940), 1–2 ; 4 ; Notes historiques, 1799–1893, Sœurs de la Providence (Montréal, 1922), 61.— Gustave Bourassa, Madame Gamelin et les Origines de la Providence (Montréal, 1892), 15, 56–57.— M.-C. Daveluy, l’Orphelinat catholique de Montréal (1832–1932) (Montréal, 1933), 24–28, 314–316.— N.-E. Dionne, Serviteurs et Servantes de Dieu en Canada : quarante biographies (Québec, 1904), 212–219.— [M.-L. Duchaîne, dite sœur Jean-Baptiste], Biographies de la mère Gamelin et de ses six compagnes fondatrices de l’institut des Filles de charité servantes des pauvres, dites Sœurs de la Providence (Montréal, 1918), 11–56.— Henri Giroux, Une héroïne du Canada : madame Gamelin et ses couvres (Montréal, 1885), 14s., 17s., 21–23.— Maurice Hudon-Beaulieu, Mère Gamelin (Montréal, 1942), 6–27.— Angelo Mitri, Mère Gamelin et sa cause de béatification ([Montréal], 1978), 3–7.— Eugène Nadeau, la Femme au cœur attentif : mère Gamelin (Montréal, 1969).— Pouliot, Mgr Bourget et son temps, 2 : 86–109.— Irène Richer, Un cœur qui bat : itinéraire spirituel de mère Gamelin (Montréal, 1978), 30, 39, 69, 78.— [Rose-de-Lima Tessier, dite sœur Rose-de-Marie], Vie de mère Gamelin, fondatrice et première supérieure des Saurs de la charité de la Providence (Montréal, 1900), 7–10, 12–19, 24–25, 28, 30, 32, 91, 100, 102.— Léon Trépanier, On veut savoir (4 vol., Montréal, 1960–1962), 2 : 179–180.— É.-J.[-A.] Auclair, « le Centenaire des Sœurs de la Providence », la Voix nationale (Saint-Justin, Québec), 17 (1943) : 12–13.— Madeleine Durand, « Mère Gamelin et le service social », SCHÉC Rapport, 28 (1961) : 11–18.— É.-Z. Massicotte, « le Refuge des filles repenties à Montréal », BRH, 46 (1940) : 373–377.

La répartition de l’impôt

Taxer les riches, avec leur bénédiction (extraits)

LE MONDE | 16.08.2011 à 18h01 • Mis à jour le 08.09.2012 à 19h07

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/08/16/taxer-les-riches-avec-leur-benediction_1560049_3234.html

1. Qui a déclaré : « Mes amis milliardaires et moi-même avons trop longtemps été gâtés. Nous, les mégariches, continuons de bénéficier d’exemptions fiscales extraordinaires. Notre gouvernement (doit) s’atteler sérieusement au partage des sacrifices. »

2. Qui a écrit : « Il me paraît indispensable que l’effort de solidarité passe d’abord par ceux que le sort a préservés. Oui, une contribution des plus riches s’impose. »

3. Quel dirigeant occidental a décidé d’augmenter de 5 % les impôts de ses concitoyens dont les revenus dépassent 90 000 euros, et de 10 % les revenus de plus de 150 000 euros ?

Vous hésitez ? Liliane Bettencourt ou Bernard Arnault, les premières fortunes françaises ? Jean-Luc Mélenchon ou Philippe Poutou, candidats respectifs du Front de gauche et du Nouveau Parti anticapitaliste ? Nicolas Sarkozy, le président français ? Vous faites erreur.

Il s’agit : 1. De Warren Buffett, l’homme le plus riche du monde, dans une tribune au New York Times, le 15 août ; 2. De Maurice Lévy, le patron de Publicis, dans nos colonnes ce jour même ; 3. De Silvio Berlusconi, président du conseil italien et l’homme le plus riche de la Péninsule, dans le cadre du nouveau plan de rigueur annoncé le 12 août.

(…)

Bref, l’idée qu’il faut taxer davantage les riches pour renflouer plus rapidement et équitablement les caisses des Etats n’est pas forcément l’apanage de gauchistes indécrottables. (…)  

l’impôt « doit être également réparti entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés ». On ne cite pas là Warren Buffett, mais l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789.

Que vive la langue!

Que vive la langue!

Par Emiliano Arpin-Simonetti

(Ce texte est tiré du numéro d’octobre 2012 de la revue québécoise Relations; on le trouve aussi au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=3002.)

 « Dans tous les domaines où ils œuvreront, [les jeunes Québécois] prendront exemple sur ce qu’ont réussi à faire d’une langue misérable nos écrivains, nos poètes, nos chanteurs, certains de nos scientifiques et de nos entrepreneurs : transformer la survivance en gestes créateurs. » Fernand Dumont, Raisons communes

   La question de la langue au Québec est tellement conditionnée par le débat sur sa protection qu’on en vient souvent à oublier son importance première : celle de lieu de communion où se vit le social, en même temps qu’il s’y dépose, s’y cristallise.

   Savoir si le français avance, recule ou stagne à Montréal est certes important pour en assurer la pérennité. Mais à trop vouloir en faire une langue utile, une langue payante même, notamment aux yeux des immigrants qui l’adopteraient par pure nécessité de se trouver du travail, on finit souvent par entrer dans cette logique utilitariste qui déprécie la langue, la mine de l’intérieur.
   Cette logique n’est pas très éloignée de celle qui a pu prévaloir au cours de la dernière décennie, sous le règne des libéraux de Jean Charest, voulant que les nouveaux arrivants aient la liberté de choix en matière de langue (quitte à payer un passage dans une école passerelle pour ce faire). Dans cette perspective, la langue est vue comme un simple outil de communication servant à l’amélioration de la qualité de vie. Une telle vision réifiée de la langue se fonde sur une conception libérale de la liberté individuelle, sans considération du lien social. Elle ne peut conduire qu’à réduire la question de la langue à un choix purement individuel. En somme, défendre le français à partir des principes libéraux et utilitaristes est une lutte perdue d’avance. Et la bilinguisation tranquille de Montréal peut se poursuivre, sous prétexte de création de richesse et d’adaptation à la mondialisation. Si le français survit, tant mieux; sinon, tant pis! Certains en viennent même à considérer que la loi 101 n’est plus nécessaire et même nuisible à l’épanouissement économique des personnes.
   La lutte pour le français exige de repenser notre rapport à la langue en lien avec une vision de la liberté définie par son enracinement dans une culture, dans un passé garant d’un avenir, et non par son détachement de tout lien social, où les individus atomisés se livrent une concurrence féroce sur le marché de l’emploi. Cette lutte exige aussi de défendre la langue comme matrice d’un tissu social, construit historiquement et chargé du sens sans lequel la liberté est factice, plutôt que comme une corde de plus à ajouter à son arc dans la guerre de tous contre tous.
   L’avenir de la langue française au Québec ne saurait donc être assuré par des politiques linguistiques visant la seule reproduction entêtée du français en terre d’Amérique sans désir d’assurer l’avenir d’un rapport au monde singulier, d’une culture unique. Il ne s’agit pas de thésauriser la langue comme un joyau rare à sertir dans un écrin, mais de l’habiter comme un espace vital. Parce qu’elle permet de rire, de chanter, d’exister et d’être libre différemment, et que cette différence permet à l’humanité tout entière de mieux respirer.
   En ce sens, notre atavique angoisse existentielle de peuple minoritaire est parfois un frein au déploiement de notre culture dans toute sa vivacité, et donc, paradoxalement, une menace à sa survie. Pour des raisons évidentes, la survie et la résistance sont profondément ancrées dans notre histoire et notre identité collectives – ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Relations publiait, il y a exactement dix ans, un dossier intitulé « Que résiste la langue! » (no 680, novembre 2002). Mais, à bien des égards, cette résistance n’est-elle pas devenue un réflexe identitaire justifiant en soi notre existence, évacuant du même coup la nécessité de faire valoir la richesse de notre expérience historique collective telle qu’inscrite dans la langue que nous parlons?
   Il est certes incontestable que le français au Québec est menacé par sa situation géopolitique ainsi que par la marche hégémonique de la mondialisation, qui fait de l’anglais la langue « universelle ». Toutefois, la nécessaire résistance, notamment par des moyens juridiques, ne peut faire l’économie de l’aspect culturel, inextricable de la langue. Sans quoi, le combat pour le français devient une obsession monomaniaque, vidant notre existence collective de son sens et de la joie de vivre et de transmettre notre culture, ce dépôt d’une histoire inédite. Cette posture conservatrice face à la langue nous coupe de la jouissance liée à la perpétuation de notre culture, de ce plaisir contagieux né du bonheur d’exister qui fait d’une nation un centre d’attraction pour les autres. Or, vivre la langue, n’est-ce pas justement le meilleur moyen de la perpétuer? La résistance, nos poètes et chansonniers nous le démontrent, peut être jouissive.
 
   S’il est une leçon à tirer du fameux « printemps québécois » que nous venons de vivre, c’est entre autres celle-là. Ce mouvement issu de la jeunesse québécoise s’est fait dans un joyeux brassage de discours, d’idées, de symboles, d’images et de sons tirés de notre histoire commune. Il a donné naissance à d’innombrables publications et autres lieux de parole où a pu se vivre l’extase de la communion qu’induit le verbe partagé.
   Ce mouvement s’est surtout vécu en français, dans l’assurance, et sans que ne surgisse le doute que nous formons bel et bien un peuple dont la culture est forte, plurielle, ouverte, ingénieuse, voire irrévérencieuse. Il a fait du Québec et de sa jeunesse un symbole d’espoir, inspirant d’autres luttes contre le néolibéralisme de par le monde. En occupant l’espace public de discours, de chants, de slogans – la plupart du temps très imaginatifs – et ce, jour après jour des mois durant, la jeunesse québécoise et ceux et celles qui lui ont emboîté le pas ont fait la preuve que la langue française vit et vivra encore longtemps au Québec.

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L’équité dans l’éducation

Source : OCDE (2012), « Qu’est-ce que l’équité dans l’éducation ? », dans Regards sur l’éducation 2012 : Panorama, Éditions OCDE. http://dx.doi.org/10.1787/eag_highlights-2012-29-fr

L’OCDE ou Organisation de coopération et de développement économique, a vu le jour en 1961; sa mission consiste à « promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde » (http://www.oecd.org/fr/apropos/). Elle regroupe trente-quatre pays.

Qu’est-ce que l’équité dans l’éducation?

Dans les pays de l’OCDE, près d’un quart des enfants ne participent pas à des programmes d’enseignement pour la petite enfance, bien que cela conduise de manière générale à l’obtention de meilleurs résultats scolaires.

— Près d’un jeune sur cinq (19 %) ne maîtrise pas les compétences de base en compréhension de l’écrit dans les pays de l’OCDE.

— Les élèves issus de l’immigration tendent à moins bien réussir à l’école, avec un écart de performance pouvant atteindre une année et demie d’études dans certains pays.

— Dans les pays de l’OCDE, 50 % des 25-34 ans, mais seulement 27 % des 55-64 ans, se livrent à une activité de formation formelle et/ou non formelle.

Introduction

Il est essentiel pour le développement économique et social d’un pays que sa population ait un bon niveau d’instruction – un niveau plus élevé de formation procure des revenus plus importants, une meilleure santé et une vie plus longue. Il en va donc de l’intérêt de toute société de s’assurer que tous les enfants et les adultes aient accès à une importante offre d’éducation.

Êtes-vous moins susceptible de décrocher un diplôme de fin d’études secondaires ou d’obtenir une place à l’université si vous habitez dans un quartier défavorisé ? Les enfants seront- ils désavantagés dans leurs études s’ils n’ont pas fréquenté de structures préprimaires ou si leurs parents sont immigrés ? Est-il plus difficile d’accroître ses compétences ou de procéder à une reconversion professionnelle si l’on a dépassé un certain âge ou si l’on est une femme ? Comment les gouvernements peuvent-ils œuvrer pour mettre les concitoyens sur un pied d’égalité ? Cet indicateur s’intéresse à l’équité dans l’éducation et à la façon dont celle-ci peut contribuer à surmonter les inégalités sociales et économiques.

Caractéristiques principales de l’équité dans l’éducation

Le milieu familial des élèves influe sur leur réussite scolaire – ceux qui ont des parents peu instruits, qui possèdent un pro- fil socio-économique défavorisé ou qui sont issus de l’immigration, ainsi que les garçons, ont un risque plus élevé d’obtenir un faible niveau de performance scolaire à l’âge de 15 ans. Quelque 19 % des jeunes de cet âge dans les pays de l’OCDE ne maîtrisent pas les compétences fondamentales en compréhension de l’écrit, ce qui renforce la probabilité selon laquelle ils quitteront l’école sans qualification. En effet, quelque 20 % des jeunes de 25-34 ans dans les pays de l’OCDE ne vont pas au terme de leurs études secondaires. Les élèves issus de l’immigration sont davantage susceptibles d’arrêter l’école plus tôt que leurs camarades, et lorsqu’ils restent scolarisés, un grand nombre d’entre eux ont de moins bons résultats que les autres élèves – cet écart de performance équivalant dans certains pays à 1.5 année d’étude.

Une des clés de l’amélioration de l’équité dans les résultats de l’apprentissage est de commencer tôt. Les enfants qui intègrent l’enseignement préprimaire sont plus susceptibles de
réussir à l’école quand ils auront atteint l’âge de 15 ans et au-delà.

Il est possible, mais pas toujours facile, de rattraper son retard à l’âge adulte. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 8 % des adultes âgés de 25 à 64 ans sont en formation dans un cadre institutionnel. Les plus jeunes sont nettement plus susceptibles de suivre une formation formelle que leurs aînés : le taux de participation est de 17 % pour les 25-34 ans, mais seulement de 2 % pour les 55-64 ans.

La question de l’équité des aspirations se pose également – la réduction de l’écart entre hommes et femmes en termes de niveau de formation a connu de nombreux progrès mais les filles sont toujours moins susceptibles que les garçons de choisir des études ou des carrières dans certains domaines, tels que les mathématiques ou l’informatique, en partie au moins en raison de la vision qu’elles ont du type de carrière qui leur conviendrait.

Définitions

Les éléments détaillés dans cet indicateur proviennent de l’édition 2012 de Regards sur l’éducation et de la publication Équité et qualité dans l’éducation : Comment soutenir les élèves et les établissements défavorisés (OCDE, 2012). Les informations conte- nues dans ces deux publications sont tirées des résultats de l’enquête PISA 2009 consacrée à l’évaluation des compétences des élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences.

Informations sur les données concernant Israël : http://dx.doi.org/10.1787/888932315602.

Autres publications de l’OCDE

OCDE (2012), Équité et qualité dans l’éducation : Comment soutenir les élèves et les établissements défavorisés.

Tire, tire, la lirette – 17 octobre 2012

LA RICHESSE

Le riche qui souffre de sa richesse peut parfois compter sur l’aide de l’État, et ce, depuis toujours : juillet 2012, L’État français alourdit la fiscalité des plus riches; antiquité : on exige des plus riches qu’ils ouvrent leurs goussets pour équiper les choeurs qui participeront à un concours dramatique, en temps de guerre on oblige les plus riches à payer l’équipement d’un vaisseau de guerre. (Le Passeur de la Côte)

LA FEMME AVEC L’HOMME

Juillet 2012. L’Assemblée nationale française augmente les peines des personnes reconnues coupables de harcèlement sexuel. Ce délit est toujours puni moins sévèrement que le vol à la tire, en France. (Le Passeur de la Côte)

EST-CE ÇA, LA CROISSANCE?

« Les banques alimentaires s’implantent partout en Angleterre pour répondre aux besoins de chacun. Des gens écrasés par la crise qui n’ont aucune autre solution que de faire la queue pendant plusieurs heures devant une banque. » (Mediapart, 19 juillet 2012, http://www.mediapart.fr/journal/international/190712/le-boom-des-banques-alimentaires-en-angleterre)

DE NEW YORK AUX ZONES TOUCHÉES PAR LES CONFLITS, L’ONU OBSERVE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PAIX

New York, 21 septembre 2012  

« Nous demandons aussi à tous les peuples du monde d’observer une minute de silence à la mi-journée afin d’honorer toutes les victimes, à savoir celles qui ont perdu leur vie et celles qui ont survécu, mais doivent à présent faire face aux traumatismes et à la souffrance », a déclaré M. Ban [Secrétaire général des l’Organisation des Nations Unies].

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Dans ses remarques, M. Ban a mis en exergue deux des aspects les plus préoccupants de conflits récents : le recrutement d’enfants-soldats et le commerce illicite de diamants et autres ressources naturelles pour financer les conflits.

« Les ressources naturelles doivent être utilisées au profit de tous, et non pour financer des guerres », a-t-il affirmé. « Les enfants devraient aller à l’école et non être recrutés par des groupes armés. Les budgets nationaux devraient être axés sur le renforcement des capacités, et non sur la fabrication d’armes meurtrières ». (source : Actualités ONU)

 

DES SIÈCLES ET DES SIÈCLES

Chaque siècle, à son tour, qu’il soit d’or ou de fer,


Dévoré comme un cap sur qui monte la mer,


Avec ses lois, ses mœurs, les monuments qu’il fonde,


Vains obstacles qui font à peine écumer l’onde,


Avec tout ce qu’on vit et qu’on ne verra plus,


Disparaît sous ce flot qui n’a pas de reflux.


VICTOR HUGO, Feuilles automne, 1831

 

ESTIME DE SOI

« L’estime de soi, c’est très contextuel, commente Eugide Royer. Si j’ai un jeune qui ne sait pas patiner dans une équipe de hockey, je n’améliorerai pas sin coup de patin en m’asseyant souvent avec lui pour lui dure qu’il est important. C’est plutôt en travaillant sur son patin que son estime e soi va s’améliorer. (Eugide Royer, professeur au département d’étude sur l’enseignement et l’apprentissage, Université Laval, Le Soleil, 7 octobre 2012; rapporté dans Le Fil (hebdomadaire publié par l’Université Laval de Québec), 11 octobre 2012, p. 6)

LE VOTE ET LES CITOYENS

«  Le résultat du vote, quel qu’il soit, ne doit surtout pas signer la déresponsabilisation des citoyens et des citoyennes. Dans une manifestation nocturne, on pouvait lire récemment sur une pancarte : « Vos urnes sont trop petites pour contenir nos rêves ». Il faudra s’en souvenir. Ce qui ne veut pas dire se détourner des élections : il faut au contraire investir le processus électoral pour ne pas le laisser aux mains des opportunistes et des mesquins. Les élections demeurent une modalité importante dans l’exercice de la citoyenneté, mais celle-ci ne s’arrête pas là, contrairement à ce que voudraient nous le laisser croire ceux qui y cherchent leurs intérêts privés afin de permettre à la dictature du profit de se maintenir et à la servitude volontaire de se légitimer. » (Jean-Claude Ravet, L’Urne démocratique, dans la revue Relations, septembre 2012, p. 3; on peut lire l’article au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=2981)