La Fille de l’Inde : un appel de l’ONU

L’ONU APPELLE L’INDE À PRENDRE DES MESURES D’URGENCE SUITE AU DÉCÈS DE L’ÉTUDIANTE VICTIME D’UN VIOL COLLECTIF

 

Source : Centre de nouvelles ONU, http://www.un.org/french/newscentre/

 

New York, 31 décembre 2012

 

Le Secrétaire général de l’ONU a exprimé samedi sa profonde tristesse à l’annonce de la mort de l’étudiante de 23 ans, victime, le 16 décembre, à New Dehli, d’un viol collectif commis par six hommes dans un bus qui traversait la ville. Il a condamné « sans équivoque » ce « crime brutal » et appelé l’Inde à prendre les mesures qui s’imposent.

 

« La violence à l’encontre des femmes ne doit jamais être acceptée, excusée ou tolérée. Chaque fille, chaque femme a le droit d’être respectée, estimée et protégée », souligne la déclaration transmise par le porte-parole de M. Ban.

 

D’après les médias, l’étudiante, accompagnée de son ami, revenait du cinéma lorsqu’on les a convaincus de monter dans un bus. Six hommes l’ont tour à tour violée, agressée sexuellement avec une barre de fer rouillée et battue. Les deux victimes ont ensuite été jetées hors du véhicule. Grièvement blessée, la jeune femme, issue d’un milieu défavorisé, est décédée samedi soir à Singapour.

 

Le Secrétaire général, poursuit le communiqué, accueille avec satisfaction les efforts du gouvernement de l’Inde pour prendre des mesures d’urgence et réclame d’autres mesures ainsi que des réformes pour prévenir de tels crimes et faire traduire leurs auteurs en justice.

 

Il encourage également les autorités à renforcer les services essentiels pour les victimes de viol. « Femme et les autres entités des Nations Unies sont prêtes à appuyer de tels efforts de réforme par une expertise technique et toute autre forme d’appui qui sera jugée nécessaire », précise le porte-parole.

 

De son côté, la Haute Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, a souhaité lundi que ce « terrible incident » marque un « tournant » dans la lutte contre les violences à l’égard des femmes en Inde.

 

« Espérons que 2013 sera l’année où les choses changeront s’agissant des violences contre les femmes en Inde […]. Le public exige une transformation des systèmes qui perpétuent les discriminations à l’encontre des femmes et l’émergence d’une culture qui respecte la dignité de celles-ci dans la loi et dans les pratiques », a-t-elle plaidé, rappelant que cet incident n’était que le dernier en date d’une longue série.

 

« En octobre dernier, une jeune fille dalit de 16 ans s’est suicidée par immolation après avoir été la victime d’un viol collectif dans l’Haryana, un état où un niveau alarmant de violences sexuelles a été signalé », a rappelé Mme Pillay. « Il s’agit d’un problème national qui touche des femmes de toutes classes et castes et qui appelle des solutions nationales. »

 

Notant l’« escalade des protestations et des appels à la peine de mort contre les accusés », la Haute Commissaire a appelé à un débat public de toute urgence pour réfléchir aux mesures adaptées pour prévenir de tels crimes.

 

« Quelle que soit la gravité des crimes commis, la peine capitale n’est pas la réponse », a estimé Navi Pillay. « Ce dont nous avons besoin, c’est d’une nouvelle prise de conscience de l’opinion publique et d’une meilleure application des lois dans l’intérêt de toutes les femmes. L’Inde a prouvé par le passé au travers de ses mouvements de réformes sociales qu’elle a les moyens de se débarrasser d’un fléau comme le viol. »

 

Elle s’est félicitée à cet égard de l’annonce faite par le gouvernement d’établir une commission d’enquête sur la sûreté publique des femmes à Dehli, ainsi qu’un panel judiciaire chargé de revoir la législation indienne en vigueur sur les violences à l’encontre des femmes.

 

Aux voleurs ! Les ressources naturelles du Québec et le Plan Nord

À bâbord !, revue sociale et politique du Québec, présente un dossier intitulé

Aux voleurs ! Nos ressources naturelles et le Plan Nord

(numéro 47, déc. 2012-janv. 2013, www.ababord.org).

Voici des extraits de la présentation de ce dossier, écrite par Normand Baillargeon (http://www.ababord.org/spip.php?article1505).

Aux voleurs ! Parce que c’est exactement ce qu’on a envie de hurler à la lecture de ce dossier. Quelle honte ! Quel gâchis ! Quel inacceptable mépris pour le peuple du Québec, pour ce qui nous appartient collectivement et qui est pire que cédé à rabais puisqu’on paie pour qu’on nous spolie !

À bâbord ! a voulu exposer dans toute son horreur cette grande braderie de nos ressources naturelles qui se prépare, la situer dans une perspective historique et géopolitique et la décrire en nommant des noms, tout cela dans le but de susciter l’indispensable militantisme qui s’impose pour y résister.

[…]

Aux voleurs ! mais comment en est-on arrivé là ? Bernard Schepper donne de précieux éléments de réponse à cette question centrale dans le texte qui clôt ce dossier. il permet de comprendre comment se sont progressivement mises en place les conditions rendant possible « le vol du siècle ». La colère et l’indignation qu’on ressent devant tout cela sont immenses. On voudrait une commission Charbonneau sur ces vols, sur ces voleurs, sur leurs complices. et on se dit que décidément il y a plus d’affinités, de respect, de connivences et d’intérêts partagés entre les capitalistes de tous les pays et les gouvernements de ces pays qu’entre ces gouvernements et les peuples qui les élisent.

Mais cette légitime colère et cette indignation doivent engendrer leurs indispensables contreparties : l’action et le militantisme, ceux là même qui ont permis de mettre au jour les agissements de margoulins et de leurs complices et qui, seuls, pourront faire en sorte qu’on se réapproprie ce qui nous appartient et assurer que son éventuelle exploitation se fera au bénéfice de toutes et de tous et dans le respect de la nature.

Aux voleurs !, donc. mais aussi, au travail ! Citoyennes et citoyens : ne les laissons pas faire.

Normand Baillargeon, Professeur au département d’éducation et de pédagogie, UQAM

Pour vous abonner à la revue À babord !, allez au http://www.ababord.org/spip.php?article27.

Médecine : l’acharnement préventif

Un texte de Pierre Biron, Professeur honoraire, faculté de médecine, Université de Montréal

Attention au bilan médical périodique, au santéisme biologique et au profilage génétique

Source : http://encyclopedie.homovivens.org/documents/acharnement_preventif

Extrait
« Votre dossier est en bonne santé. Mais votre bilan fait de vous un patient, un patient sous surveillance. On s’occupe de vous, de vos enfants, de vos parents vieillissants. L’Industrie de la santé vous a à l’œil avec la complicité des gouvernants, des chercheurs, des formateurs, des éditeurs, des médias, tous devenus pharmas-co-dépendants à différents degrés. Co tient lieu de complicité, collusion, compromission, connivence et autres termes débutant par co (Biron et coll. Méd Fam Can 2007; 53: 1643-1645). Sous prétexte d’accompagnement personnalisé, les mondiales du médicament auront graduellement accès à votre bilan en attendant que les banques de dossiers médicaux informatisés leur soient vendues ‘pour fins de recherche’. Les technologies de l’information appliquées à la médecine réchauffent le cœur des pdg des industries privées de santé. »

Temps des fêtes : l’abondance s’affiche, le dénuement se cache.

Voici des extraits de l’article Un peu de magie à l’école Saint-Anselme – Temps des Fêtes, tant d’inégalités écrit par Lisa-Marie Gervais et publié dans le journal québécois Le Devoir le 22 décembre 2012, http://www.ledevoir.com.

À Noël égal, bonheurs divers. Le temps des Fêtes célébré dans l’abondance, les réjouissances familiales et la neige folle pour certains rime plutôt avec dénuement, stress et isolement pour d’autres. Le Devoir est allé à la rencontre de ces deux mondes, alors que les lutines du collège Sainte-Marcelline ont visité les enfants de l’école Saint-Anselme, à Montréal.

[…]

Et si la magie des Fêtes opère, c’est peut-être parce que, dans la vie de certains enfants de l’école, il y en a justement très peu, de magie. « Il y en a qui n’auront pas de cadeaux ou à peu près pas. La nourriture va manquer ou bien ils ne sortiront pas dehors », laisse tomber Mme Massüe [directrice de l’école Saint-Anselme]. Parfois, cet esseulement se révèle subtilement dans le comportement d’un enfant ou son regard triste.

[…]

Le bonheur à Noël n’est pas uniquement lié à l’abondance financière, loin s’en faut ; les difficultés familiales ne vont pas de pair avec la grosseur du portefeuille, c’est connu. Reste que, pour la plupart de ces jeunes filles de bonnes familles qui fréquentent un collège privé à 4000 $ au bord de la rivière des Prairies, le temps des Fêtes est fait de tables bien garnies, de plein air et de voyages dans le Sud. En revanche, pour une bonne partie des enfants de Saint-Anselme, issus de familles immigrantes, monoparentales ou très démunies, Noël se vivra dans le dénuement, le stress, la solitude.

[…]

Lutine Eleni, qui en est à sa troisième visite de Noël, reconnaît que la rencontre des deux mondes constitue « un choc ». « Nous, on nous a élevées dans une atmosphère pas du tout semblable et on débarque ici… Un simple petit cadeau fait leur bonheur. C’est incroyable », note-t-elle. Leur bonheur ? Et comment !

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LA MISÈRE VOUS NE LA VOYEZ PAS.

Le livre La misère du monde, réalisé sous la direction du sociologue français Pierre Bourdieu, présente des témoignages d’hommes et de femmes « à propos de leur existence et de leur difficulté d’exister »,. L’extrait suivant provient de cet ouvrage, il est tiré d’un texte de la chercheuse Gabrielle Balazs.

Madame Tellier s’est confiée à Gabrielle Balazs en 1991. Elle a occupé des emplois de bureau avant de devenir commerçante dans la cinquantaine (son commerce n’a pas duré longtemps : il a été pillé et brûlé). Elle a présidé le comité des commerçants de sa ville. Auparavant, elle avait été élue conseillère municipale après avoir participé au mouvement d’occupation par le personnel de l’usine pour laquelle elle travaillait alors et qui avait déposé son bilan.

Mme Tellier – « La misère vous ne la voyez pas, il faut entrer dans les HLM, dans les appartements, faut voir comment les gens vivent. En tant qu’élue, moi j’ai eu l’occasion disons…

D’aller chez les uns, chez les autres?

Mme Tellier – Oui et je m’étais opposé à des saisies, etc., il fallait voir ce qu’il y avait à l’intérieur; il y avait tout juste une table et un matelas par terre. C’est plus les bidonvilles que l’on connaissait avant, c’est vrai que c’est caché, c’est une misère qui est cachée. Je revois. J’ai eu l’occasion de voir, bon, il y avait une table qui avait d’ailleurs un pied cassé, des chaises branlantes et puis un réchaud, quoi. Avec des boîtes de conserve sur la table… Non c’est vrai que ça ne se voit pas, les bidonvilles on le savait mais là il y a des immeubles…

Et puis sûrement beaucoup de gens qui vivent, soit avec des tout petits salaires, ça c’est la majorité mais aussi avec le RMI, des choses comme ça.

Mme Tellier – Vous vous rendez comte les jeunes, on leur propose le TUC à… le TUC à 1 900 francs par mois, le RMI, maintenant ça doit être 2 000 francs; qu’est-ce que vous voulez faire avec ça? Ça paye même pas le loyer. Non, c’est pour ça qu’il faut des études et c’est vrai qu’il faut rénover, c’est vrai que… Mais si on n’attaque pas, si on n’attaque pas le mal à la racine, on saupoudre. On réglera rien, on réglera absolument rien. Tant que les jeunes auront le pouvoir d’achat plus que minable, tant que les jeunes n’auront pas plus de perspective et ça c’est dramatique… pour les jeunes, vous vous rendez compte? Ils ne peuvent pas s’engager, se marier, ils ne savent pas si ils auront un métier, non ça… On m’a fait comprendre que c’était utopique, quand je demandais à ce que bon, maintenant les gens puissent… le droit au travail, le droit au logement, etc., bon on veut pas entendre. On continue de fermer les boîtes, là vous avez vu, vous prenez la radio, il y a encore je ne sais pas combien de licenciements à Air France ou je ne sais plus où, on continue de fermer les boîtes, comment voulez-vous que là les famille puissent vivre décemment, enfin quand il y a des problèmes d’argent, tout se détraque, tout se dégrade.

La Misère du monde, ouvrage publié sous la direction de Pierre Bourdieu, Paris, Éditions du Seuil, © 1993. Le Passeur de la Côte a lu l’édition publiée dans la collection Essais en 2007;

le texte de Gabrielle Balazs commence à la page 179.

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Luc, chapitre 16

Lc 16:19-  » Il y avait un homme riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour brillante chère.

Lc 16:20- Et un pauvre, nommé Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d’ulcères.

Lc 16:21- Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche… Bien plus, les chiens eux-mêmes venaient lécher ses ulcères.

Lc 16:22- Or il advint que le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche aussi mourut, et on l’ensevelit.

Lc 16:23-  » Dans l’Hadès, en proie à des tortures, il lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein.

Lc 16:24- Alors il s’écria : « Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. « 

Lc 16:25- Mais Abraham dit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux ; maintenant ici il est consolé, et toi, tu es tourmenté.

Lc 16:26- Ce n’est pas tout : entre nous et vous un grand abîme a été fixé, afin que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le puissent, et qu’on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous. « 

Lc 16:27-  » Il dit alors : « Je te prie donc, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père,

Lc 16:28- car j’ai cinq frères ; qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de la torture. « 

Lc 16:29- Et Abraham de dire : « Ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent.  » –

Lc 16:30- « Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront. « 

Lc 16:31- Mais il lui dit : « Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus.  » « 

Source : La Bible de Jérusalem, http://www.biblia-cerf.com/BJ/lc16.html

Pensées pour raffermir les cerveaux et les coeurs.

LES MASSAGES RAFFERMISSENT LES MUSCLES.

VOICI DES PENSÉES POUR RAFFERMIR LES CERVEAUX ET LES COEURS.

Si tu agis contre la justice que je le sache et que je te laisse faire, l’injustice c’est moi. (Gandhi; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Ne jamais laisser s’accomplir devant soi une méchanceté ou une injustice sans s’y opposer de toutes ses forces… Ne jamais laisser s’éloigner un malheureux sans avoir tout fait pour le soulager, pour qu’il soit moins seul… moins triste… (Alain; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Ne savez-vous pas ce qui me plaît? Rompre les chaînes injustes, délier les liens du joug, renvoyer libres les opprimés, briser tous les jougs, partager son pain avec l’affamé, héberger les malheureux sans asile, vêtir les gens déguenillés, au lieu de se détourner de son semblable. (Isaïe LVIII, 6-7; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

La charité sociale conditionne, détermine, commande les actes de la justice sociale elle-même. (Pie X; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 70)

Donner aux indigents ce qui leur est nécessaire, c’est leur rendre leur dû, non donner du nôtre. Dès lors, nus payons une dette de justice plutôt que nous n’accomplissons une oeuvre de miséricorde. (saint Grégoire le Grand; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 70)

Ceux qui se croient chrétiens et qui se résignent mollement aux triomphes de l’injustice sont plus injustes que les injustes, car celui qui fait le mal a au moins le courage de le faire, celui qui s’en ait le complice par son silence en porte le même péché avec la lâcheté en plus. (Étienne Borne; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Ce n’est pas avec des velléitaires, mais avec des audacieux qu’on mène le monde et qu’on le sauve. (P. Bessières; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 201)

J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice. Il fallait donner sa vie pour la combattre. (Albert Camus; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Loin de croire que nous ne faisons rien, soyons plutôt confondus de la portée de nos actes; nous ne pouvons faire un pas sans peser sur l’univers. (A. Mahaut; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 151)

Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir, mais de ne pas en être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie, de regarder la mort d’un regard tranquille; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers entier. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains, aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. (Jean Jaurès; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Sain-Jacques, 1977, p. 198)

Toute vie est une responsabilité, et nous sommes coupables non seulement du mal que nous faisons, mais du bien que nous ne faisons pas. (Élisabeth Leseur, cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 231)

L’Évangile n’est pas un somnifère, mais de la dynamite. Regardez l’heure à votre montre. En ce moment meurent des milliers d’hommes. Quelques autres milliers souffrent quelque part sur une table d’opération. En ce moment aussi, sur les bords de la Seine ou autre part, des femmes au désespoir sont sur le point de se suicider. À l’Est, il y a des dizaines de milliers de gens qui fuient. Ailleurs, des centaines de milliers sont dans des camps. Tout cela pendant ces quelques minutes… Et je devrais vous dire : « Je vous souhaite une bonne nuit »? Non, si vous n’avez rien fait, si vous ne voulez pas aider vos frères… je vous souhaite une mauvaise nuit, une nuit pas tranquille… (P. Leppich; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 232)

On est responsable de ce qu’on fait, de ce qu’on ne fait pas, et de ce qu’on empêche de faire. (Cardinal Suhard; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 231)

Faisons le mieux possible notre tâche, convaincus que le plus petit de nos actes a une répercussion sur toute l’humanité. (P. Doumer; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 232)

Pour qui sait les recueillir et s’en nourrir, il y a des pensées qui sont sources de vie. (A. Valensin; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 510)

La statue d’un héros lévisien authentique sur la terrasse de Lévis?

Encore une fois, certains de nos décideurs exposent leur ignorance de notre histoire.

Lettre aux Lévisiens, mes concitoyens.

Vous le savez : il est prévu d’ériger une statue de François-Gaston de Lévis, duc de Lévis, sur la Terrasse de Lévis. Les remarques suivantes ont trait à ce projet.

Remarque 1 – Je pense qu’il serait nécessaire que les écoles de Lévis donnent aux élèves quelques leçons sur l’histoire de leur ville. S’il avait reçu de telles leçons, un journaliste Lévisien n’aurait pas écrit que le capitaine Joseph-Elzéar Bernier a joué un grand rôle dans l’histoire de Lévis. Mieux renseigné sur le passé de sa ville, M. Clément Samson, ancien président de la Caisse populaire Desjardins de Lévis, n’aurait pas affirmé que le chevalier François-Gaston de Lévis, duc de Lévis « a prêté son nom à notre communauté » (http://www.capitale.gouv.qc.ca/commission/nouvelles/

ville-de-levis-aura-un-visage-un.html).

Remarque 2 – D’où vient le nom de la ville de Lévis? L’historien Yves Hébert répond : « […] le nom de Lévis donné à la ville en 1861 fait d’abord référence à Pointe Levy et au duc de Ventadour » (La naissance de la ville de Lévis en 1861, La Seigneurie de Lauzon, no 118, été 2010, p. 14-15). M. Hébert rappelle que Samuel de Champlain a écrit le nom Pointe Lévis sur une carte qu’il a dressée en 1629; il précise que « Champlain aurait voulu rappeler Henri de Lévy, duc de Ventadour » [le duc était le vice-roi de la Nouvelle France en 1629]. M. Hébert ajoute ceci : « Ce n’est qu’à partir de 1888 [la ville de Lévis a été fondée en 1861] que l’on commença à établir un lien entre le chevalier François-Gaston de Lévis et le nom de la ville qui va naître sur la cime de la falaise et en bordure du fleuve. Le nom du chevalier de Lévis, il faut le dire, est absent de la toponymie locale et des références culturelles que se donnent les Lévisiens avant les années 1890 ». C’est clair.

Remarque 3 – François-Gaston de Lévis est un personnage exceptionnel de la Nouvelle-France, personne ne le conteste. D’ailleurs, depuis 1895, une statue érigée devant l’hôtel du Parlement, à Québec, le rappelle à la mémoire des Québécois. Mais pourquoi installer à Lévis une copie de cette statue, la statue d’un homme qui ne s’est pas illustré à Lévis ou dans la seigneurie de Lauzon? N’y a-t-il pas, dans le passé de Lévis, un beau personnage que l’on oublie trop?

La personne à laquelle je pense a été le premier colon de Lévis. « Les Jésuites […], dans leurs Relations, ne tarissent pas d’éloges sur son dévouement et son courage » (Raymond Douville, texte publié dans le Dictionnaire biographique du Canada et reproduit au http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=724). Cette personne « est […] le premier Français à conquérir une grande influence en Iroquoisie, après y avoir été adopté, et à jouer dans ce pays ennemi même un rôle favorable à la France » (Léo-Paul Desrosiers cité par R. Douville). « [S]a connaissance des langues indiennes et son expérience de la vie des bois sont souvent mises à profit par les autorités [de la Nouvelle-France] » (R. Douville). En 1661, écrit encore Douville, on lui demande de participer à une expédition envoyée par le gouverneur Voyer d’Argenson à la découverte de la mer du Nord. Ce n’est pas tout : il « exerce tour à tour ou cumule les charges les plus importantes de la seigneurie [de Lauzon] : capitaine de milice, greffier, « juge sénéchal de la côte de Lauzon ». Selon un acte de Nicolas Métru du 16 novembre 1684, il aurait fait aussi office de notaire » (R. Douville). Bref, « On peut affirmer que [ce personnage que l’on oublie trop], ce «seigneur» de la terre, fut pendant 50 ans l’âme de la Seigneurie de Lauzon » (abbé Georges-Étienne Proulx, ancien président de la Société d’histoire régionale de Lévis, texte publié dans La Seigneurie de Lauzon, numéro spécial 65-66, printemps-été 1997, p. 10).

Vous l’avez compris, c’est à Guillaume Couture que je pense. C’est sa statue (il en existe déjà une, érigée à Lauzon) que l’on devrait installer sur la terrasse de Lévis. La copie de la statue de François-Gaston de Lévis serait certainement belle sur la terrasse, mais elle laisserait les Lévisiens un peu froids, elle serait reçue comme un aimable visiteur étranger, sans plus. Mais la statue de Guillaume Couture, elle, serait accueillie comme un membre de la famille; en voyant Guillaume Couture, les Lévisiens se rappelleraient, s’ils l’ont appris à l’école ou par la lecture, qu’il a foulé le sol sur lequel ils marchent aujourd’hui, qu’il a ouvert des chemins qu’ils empruntent aujourd’hui, ils se rappelleraient qu’il a été l’âme de la seigneurie de Lauzon pendant un demi-siècle, ils se rappelleraient que ce personnage qui est vraiment un des leurs a été exceptionnel et ils en tireraient une grande fierté. S’il y a une personne, dans l’histoire de Lévis, autour de laquelle tous les Lévisiens peuvent se rassembler, c’est bien Guillaume Couture.

C’est la statue de Guillaume Couture, héros lévisien authentique, qu’il faudrait élever fièrement sur la terrasse de Lévis!

Roger Martel (le Passeur de la Côte)

L’UNESCO lance un cri de ralliement pour défendre le droit des filles à l’éducation

source : Centre de nouvelles ONU, http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 10 décembre 2012

« Défendons Malala –; Défendons le droit des filles à l’éducation ! » est le cri de ralliement d’un événement de sensibilisation qui se tient lundi au Siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris, au lendemain de la Journée des Nations Unies pour les droits de l’homme.

Coparrainé par le gouvernement du Pakistan, cette manifestation a pour ambition d’accélérer l’impact de l’action politique pour garantir le droit de toute jeune fille d’aller à l’école et de promouvoir l’éducation des filles comme une priorité urgente pour la réalisation des objectifs d’Éducation Pour Tous.

L’événement rend hommage à Malala Yousafazi, une jeune fille de 15 ans qui a survécu à une tentative d’assassinat pour avoir défendu avec détermination l’éducation des filles au Pakistan. Dans sa région natale, la Vallée de Swat, les talibans avaient interdit aux filles d’aller à l’école, ce qui constitue une violation du droit humain fondamental à l’éducation et à l’égalité entre les sexes.

« Chaque fois que, dans le monde, on interdit à une jeune fille d’entrer à l’école, c’est une attaque contre toutes les autres, contre le droit d’apprendre, contre le droit de vivre pleinement sa vie et c’est intolérable », avait déclaré le mois dernier la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, lors d’une manifestation officielle de soutien à Malala.

La lutte menée par Malala souligne une réalité désastreuse : les filles constituent la majorité des 61 millions d’enfants non-scolarisés dans le monde. Celles-ci ont moins de chance que les garçons d’entrer à l’école primaire. Mariages précoces, violence sexiste, lois discriminatoires : autant de pratiques néfastes qui empêchant l’inscription des filles à l’école ou la poursuite de leurs études.

Les disparités éducatives commencent dès le plus jeune âge et se poursuivent à l’âge adulte. Les femmes représentent les deux tiers des 775 millions d’analphabètes dans le monde et, malgré certaines percées dans l’enseignement supérieur, ne représentent encore que 29% des chercheurs.

Il ne peut y avoir de société juste et équitable sans parité, à commencer par l’éducation. L’UNESCO s’est engagée pleinement en faveur de la scolarisation des filles et à veiller à ce qu’elles restent à l’école, du primaire au secondaire, et jusque dans l’enseignement supérieur. L’éducation accélère les transformations politiques, économiques et sociales et donne aux filles les outils pour façonner le monde selon leurs aspirations. L’éducation a un impact positif sur la santé maternelle et infantile, les taux de fécondité et la réduction de la pauvreté : c’est un multiplicateur de vie. Par exemple, les femmes qui ont un niveau d’éducation supérieur au primaire sont cinq fois plus susceptibles d’être informées sur la prévention du VIH /sida que les femmes analphabètes.

Dans son célèbre blog sur sa vie sous un régime taliban, Malala réagit à la destruction des écoles, et en particulier des écoles de filles: « Cinq nouvelles écoles ont été détruites, l’une d’elles était près de ma maison. Je suis très surprise, parce que ces écoles ont été fermées, alors pourquoi doivent-elles aussi être détruites ? »

Comme le rappelle un rapport de l’UNESCO en date de 2011, les enfants et les écoles sont aujourd’hui en première ligne des conflits armés, les salles de classe, les enseignants et les élèves étant considérés comme des cibles légitimes, avec pour conséquences « une peur croissante des enfants de fréquenter l’école, des enseignants à donner cours et des parents à envoyer leurs enfants à l’école ».

Saluant le courage de Malala, la Directrice exécutive de l’UNESCO a fait ce triste constant sur la situation mondiale: « Au mois d’avril, en Afghanistan, plus d’une centaine de collégiennes de la province de Takhar ont été empoisonnées par des fanatiques hostiles à l’éducation des filles. Au Mali, au Sahel, des jeunes filles sont mariées de force, recrutées par les milices, empêchées d’aller à l’école et de mener une vie digne. Malala est le symbole de toutes ces jeunes filles. » Lors de la clôture de la 190ème session du Conseil exécutif de l’UNESCO, les 59 États membres se sont levés et ont brandi la photo de Malala en silence.