Hommage à Louise Laurin, une grande souverainiste progressiste

Blogue de Françoise David

http://www.quebecsolidaire.net/francoise-david/

Hommage à Louise Laurin, une grande souverainiste progressiste

Aujourd’hui, j’ai déposé une motion à l’Assemblée nationale pour rendre hommage à Louise Laurin, une grande souverainiste progressiste qui s’est éteinte le 7 janvier dernier.

Des membres de la famille et des proches de Mme Laurin étaient présents pour l’hommage de même que Jean Dorion, ex-président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et ancien député bloquiste, ainsi que Nicole Boudreau, elle aussi ex-présidente de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Voici les quelques mots que j’ai prononcés pour l’occasion :

L’Assemblée nationale rend un hommage mérité à une grande dame. Louise Laurin a milité, toute sa vie durant pour des causes justes et progressistes.

Mme Laurin aura été une figure marquante de l’histoire du Québec. Son parcours, allant de l’enseignement de l’histoire à celui de directrice d’école, est celui d’une humaniste engagée. En 1993, elle fonde la Coalition pour la déconfessionnalisation des écoles, projet qui aboutira à un amendement de la Constitution canadienne et donc à l’instauration des commissions scolaires linguistiques.

Active au sein des Partenaires pour la souveraineté, Louise Laurin se voulait résolument rassembleuse autour de l’idéal d’un Québec souverain.

Reconnue pour sa défense d’une citoyenneté québécoise inclusive et ouverte, elle a été honorée du titre de Patriote de l’année en 2005 par la Société St-Jean-Baptiste de Montréal. En 1998, elle disait : «J’ai toujours transmis le message que la souveraineté doit se faire pour le peuple et par le peuple. Je garde toujours l’espoir».

Au nom de Québec solidaire, je puis assurer que cet espoir est encore vivant. Merci madame Laurin.

À lire : Louise Laurin (1935-2013): une vie consacrée aux jeunes, au http://www.lapresse.ca/actualites/passages/201301/14/01-4611045-louise-laurin-1935-2013-une-vie-consacree-aux-jeunes.php

Démocratiser l’économie – À bâbord ! Éditorial de février-mars 2013

Revue québécoise À bâbord ! Éditorial du no 48 (février-mars 2013)

Présentation du dossier du no. 48

source : http://www.ababord.org/spip.php?article1557

Démocratiser l’économie

Philippe Hurteau, Chantal Santerre, Claude Vaillancourt

Un moyen incontournable pour combattre l’injustice et les inégalités

Deux constats sont à l’origine de ce dossier. Le premier devrait être une évidence pour chacunE de nous : les institutions économiques telles que nous les connaissons ne favorisent pas le développement de la démocratie. Elles génèrent des inégalités effarantes, distribuent injustement les fardeaux et les bénéfices de la production de biens et de services, mettent en concurrence les individus et les groupes et asservissent les institutions politiques aux classes dominantes.

Pour que la démocratie puisse s’exercer, il faut faire en sorte qu’elle soit au service du politique et du bien commun – et pas seulement des intérêts des classes dominantes. Ce premier constat nous impose un programme : celui de démocratiser l’économie. C’est-à-dire permettre aux citoyens et aux citoyennes d’obtenir un véritable contrôle des décisions économiques dans l’intérêt de la majorité.

Or, il est possible d’observer, ici et là, de convaincantes réalisations de ce programme. C’est là le deuxième constat à l’origine de ce dossier, et il est aussi encourageant que le premier pouvait être désolant.

Les citoyens et les citoyennes ont inventé des moyens multiples et remarquables pour se réapproprier l’espace public, pour démontrer que notre compréhension de l’économie ne doit pas se limiter à l’application des préceptes du libre marché. La preuve est alors faite que l’économie n’est pas ce à quoi tous et toutes doivent se soumettre et obéir.

C’est ainsi qu’en première partie de ce dossier, des articles nous donnent des exemples de différents types de politiques budgétaires dans lesquelles on retrouve des alternatives aux diktats que veulent nous imposer les tenants du marché. C’est là un précieux moyen de décider de l’utilisation de nos ressources collectives.

En deuxième partie du dossier, on trouvera justement des outils pour contrôler l’utilisation de ces ressources. Un premier article porte sur la vérification citoyenne de la dette, où l’on questionne l’origine de cette dette, sa signification et sa légitimité. Un autre article aborde la question du contrôle de la circulation des capitaux par l’implantation d’une taxe sur les transactions financières. On démontre enfin la nécessité de réguler le marché pour pallier l’une de ses importantes et dangereuses défaillances, les externalités.

Notre dossier se termine par une réflexion sur le travail, sur son rôle et sa place dans nos sociétés et sur son organisation, de manière à développer une plus grande démocratie. En théorie, dans notre système économique, le travail est libérateur parce qu’il nous permet de sortir de la pauvreté. Dans les faits, on constate qu’il est pour bien des gens une contrainte tellement forte qu’il les empêche d’exercer cette liberté pour laquelle ils travaillent. Il nuit ainsi à l’organisation d’une vie démocratique pleine et entière.

Ce dossier nous fait donc pénétrer dans un vaste chantier. Nous souhaitons que les propositions énumérées ici soient stimulantes et permettent d’en inventer d’autres, tout aussi appropriées. La démocratisation de l’économie est sans aucun doute un des moyens les plus incontournables pour combattre l’injustice et les inégalités.

ARTICLE ÉCRIT PAR Philippe Hurteau, chercheur à l’IRIS

Chantal Santerre

Claude Vaillancourt

Pétition : Pour le respect des droits sexuels et reproductifs dans le monde

PÉTITION D’AMNISTIE INTERNATIONALE

Pour signer la pétition, allez au

https://www.amnistie.ca/outils/petitions/index.php?PetitionID=60

Source : Amnistie internationale

Persuadons les leaders mondiaux de protéger les droits sexuels et reproductifs d’aujourd’hui et des générations futures

Les droits sexuels et reproductifs d’environ 1.8 milliards de jeunes sont à risque d’être ignorés. Agissons auprès des gouvernements dès aujourd’hui.

Malgré les engagements pris il y a près de 20 ans lors de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), plusieurs jeunes dans le monde luttent pour avoir accès à une éducation sexuelle et aux services nécessaires à la santé sexuelle et reproductive. Si les leaders mondiaux ne tiennent pas leurs promesses, le futur des droits sexuels et reproductifs sera en danger.

Trop de filles et de jeunes femmes font face à la violence, la coercition et la discrimination. Plusieurs d’entre-elles n’ont pas un libre accès à la contraception, sont forcée à se marier ou n’ont pas accès à un avortement sécuritaire. On apprend aux filles et aux garçons à agir de façon à perpétuer la violation de leurs droits humains. Certains groupes et gouvernements vont jusqu’à remettre en question le principe d’égalité des sexes.

Cette année, les leaders mondiaux se réuniront afin de discuter du futur des droits sexuels et reproductifs. Signez maintenant et exhortez-les à soutenir la santé et les droits humains des jeunes du monde entier. Alors qu’ils se rencontreront pour discuter de la CIPD+20 et de l’agenda de développement post-2015, nous allons nous assurer qu’ils entendent vos demandes en délivrant vos signatures directement aux événements de 2013.

À l’intention des représentants permanents des Nations Unies, des leaders mondiaux et des organisations internationales :

Partout dans le monde, des centaines de mouvements sociaux, incluant des millions de jeunes, demandent la justice. Des militant-e-s locaux, nationaux et internationaux s’expriment sur l’importance de la participation active des jeunes, incluant les jeunes femmes, dans tous les domaines de la vie publique. Ils et elles militent pour l’accès à l’information, à l’éducation, à l’emploi ainsi que pour le respect des droits humains, incluant les droits sexuels et reproductifs.

Nous demandons que VOUS AGISSIEZ pour prioriser la santé et les droits humains des jeunes, particulièrement des jeunes femmes et des adolescentes. Il faut s’assurer que la CIPD+20 et l’agenda de développement post-25 incluent :

l’accès universel aux services adéquats de santé sexuelle et reproductive, comprenant l’assistance psychologique, l’accès à l’information et le respect des droits humains; avec une emphase sur l’égalité, l’équité et le respect de la diversité;

une éducation sexuelle exhaustive ainsi que d’autres programmes permettant aux jeunes de connaître leur corps et leurs droits;

Le respect, la promotion et la protection des droits sexuels et reproductifs;

Un leadership des jeunes femmes à tous les niveaux et dans tous les processus de décision influençant leur vie.

Nous sommes le présent et le futur de nos communautés, de nos nations et du monde. Nous comptons sur vous pour prendre les bonnes décisions.

Pas de sécurité sans droits humains

source : Amnistie internationale, http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Securite/Presentation

Certains défendent l’idée selon laquelle la menace représentée par le terrorisme est si grave que les règles de droit national et international en vigueur devraient être mises entre parenthèses pour permettre aux gouvernements de protéger leurs ressortissants de telles attaques. Ils affirment que l’obligation de respecter les droits humains constitue un obstacle à l’efficacité de la lutte contre le terrorisme et à l’amélioration de la sécurité.

La lutte contre le terrorisme ne saurait justifier de graves violations des droits humains

Après les attaques du 11 septembre 2001 aux États-Unis, l’administration du Président américain de l’époque, George W. Bush, a eu recours à ces arguments. Les forces armées américaines, parfois de connivence avec d’autres États, ont arrêté arbitrairement des personnes en diverses régions du globe, les ont maintenues au secret, les ont transférées d’un pays à l’autre sans aucun respect de la procédure à suivre, les ont placées en détention illégale et prolongée sans inculpation ni jugement et les ont torturées ou soumises à d’autres mauvais traitements.

De nombreux États ont profité du climat instauré par la « guerre contre le terrorisme » menée par les États-Unis pour intensifier des méthodes déjà existantes de violations des droits humains ou pour justifier le recours à de nouvelles pratiques abusives utilisées au nom de la sécurité. Certains ont exploité ce climat de peur comme un écran de fumée permettant de réprimer les opinions dissidentes légitimes et l’opposition politique. De nombreux gouvernements, notamment ceux d’Éthiopie, d’Inde et de Jordanie, ont adopté une législation antiterroriste comportant des définitions vagues du terrorisme, facilitant ainsi le recours à la détention arbitraire et parfois l’engagement de poursuites contre des personnes au seul motif qu’elles avaient exercé légitimement leurs droits.

Dans le cadre de la campagne « Pas de sécurité sans droit humains », Amnesty International dénonce les gouvernements qui violent les droits humains au nom de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme et exige que les responsables répondent de leurs actes. La campagne est aussi menée en faveur des droits des victimes, tant de violations commises par des États que d’attaques menées par des groupes armés.

Les principaux objectifs de cette campagne sont les suivants :

Faire campagne pour mettre un terme aux détentions illégales ;

Exiger que les gouvernements respectent l’interdiction absolue de la torture et des mauvais traitements ;

Appeler les gouvernements à ratifier la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées ;

Exhorter les gouvernements à enquêter sur les accusations de violations des droits humains commises au nom de la sécurité nationale ou de la lutte contre le terrorisme, à traduire les responsables en justice et à accorder une réparation aux victimes ;

Veiller à ce que les victimes d’atteintes aux droits humains, qu’elles aient été commises par des États, des groupes armés ou des terroristes, ne sombrent pas dans l’oubli et voient leurs droits respectés.

Pour téléchargez la brochure Pas de sécurité sans droits humains, allez au http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Securite/Presentation.

Concertation pour Haïti.

L’adresse suivante : http://www.aqoci.qc.ca/spip.php?rubrique124

est celle de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale(AQOCI).

Elle renferme une page web sur Haïti.

L’Association québécoise des organismes de coopération internationale « est un regroupement de 65 organisations québécoise qui œuvrent, à l’étranger et au Québec, pour un développement durable et humain ».

Le texte suivant est tiré de la page http://www.aqoci.qc.ca/spip.php?rubrique124.

Bienvenue sur la page web Haïti !

Cette section de notre site Internet porte spécifiquement sur Haïti et vise à faire valoir les réalisations des organisations membres de l’AQOCI et de la Concertation pour Haïti en lien avec ce pays. La page web sur Haïti se divise en quatre sections :

1- Projets et programmes en Haïti

Près de 40 projets et programmes de secours d’urgence et d’aide au développement réalisés actuellement, en Haïti, par les organismes membres de l’AQOCI et de la CPH y sont décrits. La localisation géographique des projets/programmes par département (Haïti) et la recherche par organisme et secteur d’intervention sont possibles.

2- Activités d’éducation du public sur Haïti

Les activités de plaidoyer et d’éducation du public sur Haïti, réalisés par les organisations membres de l’AQOCI et de la Concertation pour Haïti, dans ce pays y sont décrites.

3- Concertation pour Haïti

La Concertation pour Haïti est un regroupement d’organisations non gouvernementales, d’organisations de la société civile et de membres individuels du Québec qui participent au mouvement de solidarité avec le peuple haïtien. Découvrez ses organismes membres, ses réalisations et ses prises de positions.

4- Ressources sur Haïti

Une multitude de ressources sur Haïti est à votre disposition.

Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)

1001, rue Sherbrooke Est, bureau 540

Montréal (Québec) H2L 1L3 CA

514 871-1086

aqoci@aqoci.qc.ca

Détérioration des droits fondamentaux et de la démocratie au Canada.

Coalition Pas de démocratie sans voix

http://www.pasdedemocratiesansvoix.qc.ca/

En tant que citoyennes et citoyens québécois, nous sommes alarmés par la dangereuse détérioration des droits fondamentaux et de la démocratie au Canada.

« Depuis l’arrivée au pouvoir du parti qui dirige l’actuel gouvernement canadien, nous assistons à une intensification de ses attaques contre les institutions démocratiques, les pratiques démocratiques et les droits et libertés. Ces attaques systématiques tendent à vouloir faire taire la voix de toute organisation ou de tout individu qui conteste ou critique les politiques du gouvernement canadien. Cette tendance s’est, entre autres, manifestée par le retrait du financement aux instances ou organismes qui manifestent leur désaccord ou qui font du plaidoyer et par la révocation ou le non-renouvellement de leur mandat aux individus ayant remis en question les décisions ou politiques du gouvernement. Pensons au retrait du financement à l’ONG Kairos, à Match International, à plusieurs groupes de femmes et aux menaces pesant sur le Conseil canadien pour la coopération internationale, Alternatives et d’autres organisations. Pensons au congédiement de Linda Keen, présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire ou à celui de trois gestionnaires de Droits et Démocratie. » (Coalition Pas de démocratie sans voix)

Vous pouvez lire la suite et signer une pétition au

http://www.pasdedemocratiesansvoix.qc.ca/.

Faites entendre votre voix.

Exil forcé, exilés et réfugiés. L’Instant du danger.

VIVRE ENSEMBLE, webzine _ http://www.cjf.qc.ca/fr/ve/numero_actuel.php

PLURALISME CULTUREL MIGRATION DIVERSITÉ RELIGIEUSE

HIVER 2013

RECENSION DE LIVRE L’instant du danger

PAR GREGORY BAUM, théologien et collaborateur du secteur Vivre ensemble

C’est un beau livre, infiniment triste, mais aussi source d’espoir. Les textes vous inquiètent, mais les photographies vous font sourire. L’auteur accuse l’humanité de cruauté, mais le photographe montre que les victimes restent capables d’aimer la vie.

L’INSTANT DU DANGER : RÉFLEXIONS D’UN PSYCHANALYSTE ET TÉMOIGNAGES SUR L’EXIL FORCÉ

Textes : Michel Peterson – Photographies : Charles-Henri Debeur

Montréal, les éditions du passage, 2012, 165 pages.

Michel Peterson est un psychanalyste montréalais. Depuis dix ans, il reçoit comme patients des demandeurs d’asile qui ont subi la persécution et la torture ou ont été témoins de massacres et de génocides. Il écoute leurs histoires, observe les blessures profondes dont ils souffrent et découvre les humiliations que beaucoup expérimentent dans les procédures légales menant à leur reconnaissance comme réfugiés par le gouvernement canadien. Par l’intermédiaire de ses patients, le psychanalyste découvre le monde souterrain des persécutions, des internements, de la torture et des meurtres organisés. Pour révéler au public les choses terribles que les humains font aux humains et pour exprimer son respect pour les victimes qui sont venus le voir, Michel Peterson décide de publier ce beau livre grand format. Il est l’auteur des textes, et Charles-Henri Debeur produit les photos.

Les textes de Peterson présentent des réflexions psychanalytiques et philosophiques sur les sujets qui touchent au sort de ces réfugiés. Il médite sur la violence organisée, la torture, la cruauté, le génocide, sur les exilés, les anonymes, les apatrides, la confusion des langues et les mensonges. Il cite des psychanalystes et des philosophes postmodernes comme Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Michel Foucault et Félix Guattari. Toutes ses réflexions révèlent le côté sombre de la vie en société, une réalité dont nous préférons nier l’existence.

Avec la permission de certains de ses clients, Peterson présente des résumés de leur biographie accompagnée par une petite photo. Le lecteur qui ne veut pas accepter la sombre évaluation de l’humanité trouve dans ces pages des exemples concrets de ce qu’expérimentent les hommes et les femmes avant de devenir réfugiés. Mais les exilés veulent vivre. Ils résistent à la déprime et sont capables de sourire. Les grandes photographies en couleur de Debeur montrent que ces réfugiés, hommes et femmes, seuls ou avec leur famille, gardent leur dignité et s’accrochent à un grain d’espoir. Ce sont ces photographies qui protègent le lecteur de la dépression et rendent ce livre si beau. L’auteur et le photographe croient, tous les deux, que, caché dans l’humanité, malgré ses pratiques cruelles, il y a un mystère de vie qui continue à se manifester.

Les réfugiés mentionnés dans ce livre viennent tous de milieux religieux : chrétien, musulman ou bouddhiste. Mais l’auteur ne nous dit pas si ces exilés, après l’expérience de l’horreur, haïssent le Dieu auquel ils croyaient ou trouvent en lui la consolation. La seule allusion religieuse de l’auteur se résume à une remarque sur Jésus, persécuté, détesté, torturé et exécuté, le grand Exilé auquel croient les chrétiens.

Victor-Lévy Beaulieu exige des excuses publiques du maire de Trois-Pistoles.

Communiqué de Victor-Lévy Beaulieu, écrivain, éditeur, 7 février 2013

On se souviendra qu’en juillet dernier, Jean-Pierre Rioux, maire de Trois-Pistoles et organisateur en chef du Parti Libéral du Québec dans la MRC des Basques, s’opposa à la présence de Gabriel Nadeau-Dubois au Festival ÉchoFête, menaçant ses organisateurs de leur couper les vivres si le représentant de l’ASSÉ y prenait la parole. Au nom de la liberté d’expression, je me montrai solidaire du Festival ÉchoFête. Pour que celui-ci puisse avoir lieu, je prêtai gratuitement à ses organisateurs le Caveau-Théâtre et le terrain appartenant aux Productions théâtrales.

Par vengeance politique, le maire de Trois-Pistoles, la MRC des Basques et leur directeur de conscience, le député libéral Jean D’Amour du district de Rivière-du-Loup, refusèrent d’accorder aux Productions théâtrales les subventions par-devers lesquelles ils s’étaient engagées officiellement. Les Productions durent déposer leur bilan en dépit du fait que 15 représentations auraient pu être jouées à guichets fermés.

Dans une longue lettre publiée dans Le Devoir, le maire de Trois-Pistoles nia avoir agi de concert avec Jean D’Amour par vengeance politique. Il m’accusa plutôt d’être un colporteur de mensonges, la ville de Trois-Pistoles ayant, selon ses dires, accordé plus de 750 000$ aux Productions théâtrales pendant les 20 ans de leur existence. Le maire, ne se gênant pas pour déformer les faits, laissait entendre dans sa lettre que les Productions et VLB, c’était la même chose. Les Productions étaient en réalité un organisme sans but lucratif, dont je n’ai jamais été administrateur, sauf pour l’année 2012 quand, pour sauver le Caveau-théâtre, on fit appel à moi. Je démissionnai comme président quand le gouvernement Charest fit voter la loi 78, loi antidémocratique, parce que je tenais à garder ma liberté d’expression et que les statuts qui régissent tout organisme à but non lucratif exigent du président un devoir de réserve quant à ses déclarations, de manière à ne pas nuire à la cause qu’il soutient.

Après sa lettre au Devoir, le maire de Trois-Pistoles ne cessa pas de s’en prendre à moi dans les journaux, à la télévision et à la radio, dans l’intention évidente de miner ma crédibilité, mon intégrité et ma réputation, invoquant chaque fois le fameux 750 000$ comme preuve, non de sa mauvaise foi, mais de la mienne.

À l’Hôtel de ville de Trois-Pistoles, personne ne fut en mesure de me dire d’où venaient ces 750 000$ dont ne cessait de parler le maire. Je dus recourir à la loi sur l’accès à l’information afin de vérifier ses dires. Après une vérification serrée, le 750 000$ devint plutôt 250 000$, et cela sur une période de 20 ans, ce qui représente moins de 15 000$ par année déboursée par la ville de Trois-Pistoles. Deux études faites par la firme Desjardins Marketing de Québec ont établi que le Caveau-théâtre et le complexe culturel qui l’enveloppait apportaient à la ville de Trois-Pistoles et à ses environs rien de moins que 3 000 0000$ en retombées économiques par saison estivale !

J’ai demandé à ma firme comptable de vérifier combien, pour la même période de 20 ans, j’avais personnellement investi à fonds perdus dans le complexe culturel que j’ai créé. Douce ironie, la somme est de 750 000$. Si j’y ajoute les investissements, toujours à fonds perdus, que j’ai faits pour assurer la survie des Éditions Trois-Pistoles, celle du seul hôtel culturel de la ville et celle du traversier la reliant aux Escoumins, c’est 1 000 0000$ que j’ai engloutis dans ces aventures. J’aurais pu ne pas travailler 12 heures par jour et sept jours par semaine, et profiter comme tant d’autres des petits plaisirs inconséquents auquel l’argent gagné par son seul travail vous donne droit. Mais j’ai toujours cru que l’écrivain a un devoir social et, du mieux que j’ai pu, j’ai tenu à faire preuve de ce devoir-là.

En ne cessant pas de déblatérer sur mon compte, en me traitant encore aujourd’hui comme si j’étais une sangsue suçant le sang des contribuables, le maire de Trois-Pistoles a réussi à convaincre un bon nombre de citoyens de Trois-Pistoles et d’ailleurs que je n’ai toujours été qu’un vil profiteur qui n’a aucun droit au respect, à l’honorabilité et à quelque estime que ce soit, ce qui explique entre autre pourquoi on ne trouve pas encore mes œuvres à la bibliothèque de Trois-Pistoles qui devait les acquérir (à rabais !), ce qui n’a pas été fait, le maire y ayant opposé son veto.

Voilà pourquoi j’exige du maire de Trois-Pistoles qu’il me fasse des excuses publiques, à défaut de quoi je compte m’adresser à la justice contre lui, notamment pour diffamation, production de faux et abus de pouvoir, toutes choses dont j’ai dû subir les conséquences, surtout par-devers ma santé, ayant dû allonger de trois mois le repos auquel mon médecin m’avait forcé, tout cela parce que j’ai tenu à honorer les engagements moraux que j’avais pris envers les artisans et artistes de la région, à cause des subventions promises par la MRC des Basques, la ville de Trois-Pistoles et du député Jean D’Amour, engagements pour lesquels j’ai déboursé 30 000$, une somme dont les Éditions Trois-Pistoles auraient eu grand besoin pour stabiliser leur situation financière.

Le maire de Trois-Pistoles a 15 jours pour répondre à mon exigence. S’il ne devait pas y donner suite, j’entreprendrai aussitôt les procédures dont j’ai parlé ci-dessus.

Victor-Lévy Beaulieu

vlb2000@bellnet.ca

Il faut lutter davantage contre le travail forcé dans le monde.

L’Organisation internationale du travail préconise le renforcement de la lutte contre le travail forcé dans le monde

source: Centre de nouvelles ONU, http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 8 février 2013

Selon un rapport publié vendredi par l’Organisation internationale du travail (OIT), il est nécessaire d’adopter des mesures plus sévères pour lutter contre le travail forcé. Selon les estimations, près de 21 millions de personnes dans le monde seraient pris au piège d’emplois qu’ils ne peuvent quitter ou de la servitude pour dette, victimes de trafic, voire nés en esclavage.

Les efforts déployés pour prévenir, identifier et poursuivre les cas de travail forcé sont souvent insuffisants, malgré les bonnes pratiques adoptées par certains États, a indiqué l’Organisation internationale du Travail dans le rapport préparé pour la réunion d’experts sur le travail forcé, avec des représentants des gouvernements, des travailleurs et des employeurs qui aura lieu du 11 au 15 février 2013 à Genève.

Les victimes du travail forcé travaillent souvent sur des sites qui ne sont pas accessibles au public, sur des bateaux de pêche et des chantiers de construction, dans l’agriculture commerciale ou dans des usines.

« Le travail forcé comprend aussi les travailleurs des briqueteries, pris dans le cercle vicieux de l’endettement, les enfants victimes de la traite et contraints de mendier et les travailleurs domestiques trompés sur la réalité de leurs conditions de travail », a indiqué l’agence onusienne dans le rapport.

La servitude pour dette, en vertu de laquelle les travailleurs et leurs familles sont obligés de travailler pour un employeur afin de rembourser les dettes qu’ils ont contractées ou dont ils ont hérité, reste une pratique courante dans certains pays.

Selon les auteurs du rapport, il subsiste des « vestiges de l’esclavage » dans certains pays où « des conditions d’esclavage continuent à se transmettre à la naissance pour des personnes qui ont l’obligation de travailler pour leur patron sans aucun salaire ».

Les travailleurs domestiques, dont une grande majorité de femmes et de jeunes filles, sont souvent victimes de pratiques abusives de la part de leur employeur, telles que le non-paiement des salaires, la privation de liberté et les sévices physiques et sexuels. Ces pratiques s’apparentent à du travail forcé.

Les travailleurs migrants sont aussi concernés par ce risque. Le rapport avertit que la traite des personnes, y compris d’enfants, à des fins d’exploitation sexuelle ou d’exploitation au travail pourrait s’amplifier à l’avenir, en raison de la mobilité croissante de la main-d’oeuvre.

Cependant, selon les chiffres de l’OIT de 2012, le recours systématique de l’État au travail forcé a reculé partout dans le monde et a pratiquement disparu dans la grande majorité des pays. Les pratiques de travail obligatoire imposées par l’État représentent 10% des 21 millions de victimes du travail forcé dans le monde.

L’importance des mesures pour dissuasives contre les auteurs, pour renforcer les mécanismes d’application de la législation, pour agir sur la demande et pour réduire la vulnérabilité des victimes potentielles du travail forcé, est de plus en plus reconnue.

Mais, si la plupart des pays ont adopté une législation pour interdire le travail forcé, la sanction n’est pas toujours suffisamment sévère pour avoir un effet dissuasif, se limitant dans certains cas à des amendes ou à de très courtes peines d’emprisonnement.

Le monde regorge de beautés. Exemple : tout ce qui est plus doux que les plaisirs de la vie.

 » L’exercice que j’avais fait dans la matinée et la bonne humeur qui en est inséparable me rendaient le repos du dîner très agréable ; mais quand il se prolongeait trop et que le beau temps m’invitait, je ne pouvais si longtemps attendre ; et pendant qu’on était encore à table, je m’esquivais et j’allais me jeter seul dans un bateau que je conduisais au milieu du lac quand l’eau était calme, et là, m’étendant tout de mon long dans le bateau les yeux tournés vers le ciel, je me laissais aller et dériver lentement au gré de l’eau, quelquefois pendant plusieurs heures, plongé dans mille rêveries confuses mais délicieuses, et qui sans avoir aucun objet bien déterminé ni constant ne laissaient pas d’être à mon gré cent fois préférables à tout ce que j’avais trouvé de plus doux dans ce qu’on appelle les plaisirs de la vie. Souvent averti par le baisser du soleil de l’heure de la retraite, je me trouvais si loin de l’île que j’étais forcé de travailler de toute ma force pour arriver avant la nuit close. D’autres fois, au lieu de m’écarter en pleine eau je me plaisais à côtoyer les verdoyantes rives de l’île dont les limpides eaux et les ombrages frais m’ont souvent engagé à m’y baigner. Mais une de mes navigations les plus fréquentes était d’aller de la grande à la petite île, d’y débarquer et d’y passer l’après-dînée, tantôt à des promenades très circonscrites au milieu des marceaux, des bourdaines, des persicaires, des arbrisseaux de toute espèce, et tantôt m’établissant au sommet d’un tertre sablonneux couvert de gazon, de serpolet, de fleurs, même d’esparcette et de trèfles qu’on y avait vraisemblablement semés autrefois, et très propre à loger des lapins qui pouvaient là multiplier en paix sans rien craindre et sans nuire à rien. Je donnai cette idée au receveur qui fit venir de Neuchâtel des lapins mâles et femelles, et nous allâmes en grande pompe, sa femme, une de ses soeurs, Thérèse et moi, les établir dans la petite île, où ils commençaient à peupler avant mon départ et où ils auront prospéré sans doute s’ils ont pu soutenir la rigueur des hivers. La fondation de cette petite colonie fut une fête. Le pilote des Argonautes n’était pas plus fier que moi menant en triomphe la compagnie et les lapins de la grande île à la petite, et je notais avec orgueil que la receveuse, qui redoutait l’eau à l’excès et s’y trouvait toujours mal, s’embarqua sous ma conduite avec confiance et ne montra nulle peur durant la traversée. « 

 

( Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Les Rêveries du promeneur solitaire, Cinquième promenade, Lausanne, Éditions Rencontre, c. 1963, p. 131-133. )

Les Rêveries ont été écrites entre 1776 et 1778.