Le monde regorge de beautés. Exemple : « Fendez le bois, chauffez le four »

Fendez- le bois, chauffez le four

est une chanson de folklore.

Le Passeur de la Côte peut écouter aussi souvent qu’il le veut la belle interprétation qu’en fait Yves Albert.

Dans le web, il a trouvé celle des Cailloux, ancien groupe de folklore du Québec, à cette adresse :

http://www.youtube.com/watch?v=xkwLHpDPSKA

Le journal montréalais Le Devoir au Canal Savoir

Le Canal Savoir, en collaboration avec Le Devoir, présente Le Devoir +. Tous les premier lundi du mois, la journaliste Karina Marceau s’entretient avec des journalistes du Devoir sur des sujets d’actualité. C’est aussi l’occasion d’entrer dans les coulisses du quotidien en compagnie de sa rédactrice en chef, Josée Boileau, et d’explorer en profondeur certains sujets grâce à la capsule Le Devoir de philo.

 

DIFFUSION :
Lundi 20 h

REDIFFUSIONS :
Mercredi 15 h
Jeudi 11 h
Samedi 1 h
Dimanche 19 h

PROCHAINE ÉMISSION:
le lundi 1er avril 2013, 20h

 

Adresse du Le Devoir + : http://www.ledevoir.com/devoirplus

Adresse du Canal Savoir : http://www.canalsavoir.tv/

Le monde regorge de beautés. Exemple : le coffre secret des vieux époux.

Le coffre secret des vieux époux n’est pas sculpté, mais il est beau. Il est riche et précieux. Il est résistant, il continuera sans doute de tenir. Le coffre secret des vieux époux n’accueille que le passé, mais la vie y bat très fort. C’est un grand écrin; lieu de la Beauté, du Bien, du Bonheur, de la Vie facile; lieu aussi de passages douloureux; lieu de l’Amour et de la Tendresse. Seuls les époux le connaissent vraiment, intimement; c’est leur secret, et un grand lien qui les unit.

 Roger Martel (le Passeur de la Côte)

 

Le Balcon

 

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,

Ô toi, tous mes plaisirs! ô toi, tous mes devoirs!

Tu te rappelleras la beauté des caresses,

La douceur du foyer et le charme des soirs,

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses!

 

Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon,

Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.

Que ton sein m’était doux! que ton coeur m’était bon!

Nous avons dit souvent d’impérissables choses

Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon.

 

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées!

Que l’espace est profond! que le coeur est puissant!

En me penchant vers toi, reine des adorées,

Je croyais respirer le parfum de ton sang.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées!

 

La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison,

Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,

Et je buvais ton souffle, ô douceur! ô poison!

Et tes pieds s’endormaient dans mes mains fraternelles.

La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison.

 

Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses,

Et revis mon passé blotti dans tes genoux.

Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses

Ailleurs qu’en ton cher corps et qu’en ton coeur si doux?

Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses!

 

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,

Renaîtront-ils d’un gouffre interdit à nos sondes,

Comme montent au ciel les soleils rajeunis

Après s’être lavés au fond des mers profondes?

Ô serments! ô parfums! ô baisers infinis!


– Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

 

 

Ici-bas

 

Ici-bas tous les lilas meurent,

Tous les chants des oiseaux sont courts ;

Je rêve aux étés qui demeurent

Toujours –

 

Ici-bas les lèvres effleurent

Sans rien laisser de leur velours ;

Je rêve aux baisers qui demeurent

Toujours –

 

Ici-bas tous les hommes pleurent

Leurs amitiés ou leurs amours ;

Je rêve aux couples qui demeurent

Toujours –


– Sully Prudhomme, Stances Et Poèmes

 

 

 

La colonisation des territoires palestiniens par Israël

Revue Altermondes, n° 33 – mars 2013 > Dossier 33 – Colonies en Palestine, l’Europe au pied du mur !

 

Source : http://altermondes.org/spip.php?article1046

 

 

Quelles sont les lignes rouges que nous nous fixons ?

(Extraits)

Depuis la guerre de 1967, l’État d’Israël n’a eu de cesse d’encourager l’expansion des colonies dans les Territoires palestiniens occupés, au mépris du droit international. Plus de 500 000 colons y vivent aujourd’hui, au détriment des droits les plus élémentaires des Palestiniens. Les condamnations de la communauté internationale ne suffisent plus à cacher la complaisance dont bénéficie l’État israélien. L’Union européenne doit agir pour appuyer les efforts de celles et ceux qui, en Israël comme en Palestine, se battent pour la paix.

« Les annonces répétées d’Israël quant à l’accélération de la construction de colonies dans les Territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, envoient un message aux effets dévastateurs. Nous appelons le gouvernement israélien à faire marche arrière […] Toute activité de colonisation, y compris à Jérusalem-Est, doit cesser immédiatement « . Ainsi s’exprimait l’Union européenne, le 20 décembre 2011, devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Une déclaration forte… mais pour quel résultat ? Un an plus tard, au lendemain du vote de l’Assemblée générale des Nations unies consacrant la Palestine, État observateur non membre, Benjamin Netanyahu, chef du gouvernement israélien, confirmait un projet de construction de quelque 3 000 nouvelles habitations pour des colons en Cisjordanie et à Jérusalem- Est.

Une matrice de contrôle

« Tant que les prises de position de la communauté internationale ne seront pas suivies d’effet, Israël n’a aucune raison d’arrêter le processus de colonisation, souligne Michel Warchavski, de l’Alternative Information Center (AIC). La colonisation est une politique de long terme qui vise à judaïser le plus grand espace possible.Tant qu’on laissera faire le gouvernement israélien, il continuera de déplacer les frontières car il considère que plus il aura avancé, plus le compromis qui lui sera imposé un jour lui sera favorable ».

Sommaire

 

I. A PROPOS DE LA COLONISATION…

 

« Quelles sont les lignes rouges que nous nous fixons ? »

 

 

Depuis la guerre de 1967, l’État d’Israël n’a eu de cesse d’encourager l’expansion des colonies dans les Territoires palestiniens occupés, au mépris du droit international. Plus de 500 000 colons y vivent aujourd’hui, au détriment des droits les plus élémentaires des Palestiniens. Les condamnations de la communauté internationale ne suffisent plus à cacher la complaisance dont bénéficie l’État israélien. L’Union européenne doit agir pour appuyer les efforts de celles et ceux qui, en Israël comme en Palestine, se battent pour la paix.

par David Eloy | Altermondes

Le territoire accaparé par les colonies

 

Carte de la Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine

La lente asphyxie de l’économie palestinienne

 

La vallée du Jourdain s’étend sur environ 2000 km2. La contrôler signifie avoir la mainmise sur la frontière avec la Jordanie, sur l’eau, ainsi que sur un très grand nombre de terres agricoles. Longtemps considérée comme le grenier à blé de la Palestine, elle est aujourd’hui celui d’Israël grâce aux 37 colonies qui y sont installées. Un exemple éclatant des conséquences de la colonisation sur l’économie palestinienne.

PAR ESTI MICENMACHER | WHO PROFITS | ISRAËL

Union européenne : une politique parfaitement incohérente

 

La politique de l’Union européenne sur les colonies est très floue. Agnès Bertrand, chargée de mission Moyen-Orient à APRODEV, un réseau de 17 grandes organisations européennes de développement qui travaillent avec le Conseil mondial des Églises, revient sur l’incohérence de cette politique commerciale européenne vis-à-vis d’Israël et sur ses conséquences pour l’économie palestinienne.

PROPOS RECUEILLIS PAR ANNA DEMONTIS | ALTERMONDES

« Les liens commerciaux n’expliquent pas tout »

 

PAR VÉRONIQUE DE KEYSER | DÉPUTÉE EUROPÉENNE | BELGIQUE | VICE-PRÉSIDENTE DU GROUPE SOCIALISTES ET DÉMOCRATES DU PARLEMENT EUROPÉEN

II. QUELLES SOLUTIONS POUR CONTRER LA COLONISATION ?

Intelligence collective et mobilisation

 

La mobilisation contre la colonisation est plurielle et se renouvelle sans cesse. Aucune victoire ne sera possible sans convergence des stratégies, sans intelligence collective. Les acteurs l’ont bien compris.

PAR DAVID ELOY | ALTERMONDES

La bataille contre l’ACAA

 

Le 23 octobre 2012, le Parlement européen a approuvé le Protocole relatif à l’évaluation de la conformité et l’acceptation des produits industriels (connu sous l’acronyme ACAA), un texte dit technique qui va se traduire par une intensification des relations commerciales entre l’Union européenne et Israël. Nicole Kiil-Nielsen, eurodéputée EELV, a voté contre. Entretien.

PROPOS RECUEILLIS PAR DAVID ELOY | ALTERMONDES

 

Produits des colonies ? Suivez l’étiquette !

 

Au regard du droit international, les colonies implantées dans les Territoires palestiniens occupés ne font pas partie de l’État d’Israël. Pourtant, en Europe, les produits qui en sont issus sont souvent vendus sous l’étiquette « Fabriqués en Israël ». En Grande Bretagne, les consommateurs ont exigé la transparence et un étiquetage leur permettant d’opérer des choix en conscience. Retour sur une mobilisation à succès qui aujourd’hui inspire d’autres pays.

PAR ANDREA PARACCHINI | JOURNALISTE

Les colonies : un investissement de plus en plus risqué

 

Bien que les colonies soient considérées comme illégales au regard du droit international, nombre d’entreprises, notamment européennes, n’hésitent pas à y investir. Partout dans le monde, des organisations et des citoyens se regroupent au sein de campagnes pour faire pression et obtenir le retrait de ces compagnies des colonies. Entretien avec Imen Habib, animatrice de la Campagne BDS France.

PROPOS RECUEILLIS PAR PIOTR MALEWSKI | JOURNALISTE

France Telecom et les relais de la colonisation

 

Réfugié derrière les clauses de l’accord de licence qu’il a signé avec l’opérateur israélien Partner Communications, le groupe France Telecom continue de ne pas prendre ses responsabilités. Pour longtemps ? Pas sûr…

PAR ROBERT KISSOUS | ASSOCIATION FRANCE PALESTINE SOLIDARITÉ (AFPS)

 

……………

 

Créée en mars 2005, Altermondes est une revue trimestrielle de solidarité internationale, destinée à toutes celles et tous ceux qui s’intéressent aux questions de solidarité internationale, de développement durable, de droits humains. (http://altermondes.org/spip.php?rubrique1)

 

 

 

La corruption tue et nuit au respect des droits de l’homme

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay affirme que la corruption tue et nuit au respect des droits de l’homme

 

New York, 13 mars 2013

 source : Centre de nouvelles ONU, http://www.un.org/french/newscentre/

Rappelant mercredi que la corruption tue, puisqu’elle détourne des fonds de projets humanitaires et de développement, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a exhorté les agences onusiennes et leurs partenaires à adopter une approche coordonnée et respectueuse des droits de l’homme pour lutter contre ce fléau.

« La corruption est un immense obstacle à la réalisation des droits de l’homme, en particulier les droits politiques, économiques, sociaux et culturels, ainsi que le droit au développement », a plaidé Mme Pillay devant le Conseil des droits de l’homme.

Entre 2000 et 2009, les pays en développement on perdu 8,44 milliards de dollars dans des flux financiers illicites, soit dix fois plus que le montant de l’aide publique au développement qu’ils ont perçu au cours de la même période.

L’argent englouti dans la corruption chaque année suffirait, selon Mme Pillay, à nourrir 80 fois l’ensemble des personnes faisant face à l’insécurité alimentaire dans le monde. Les pots de vin et les vols font augmenter parfois jusqu’à 40% les coûts des projets de développement, tel que l’approvisionnement en eau potable ou l’accès à l’assainissement.

Cependant, les liens intrinsèques entre droits de l’homme et lutte anticorruption font l’objet d’une sensibilité accrue de l’opinion publique. Dénonçant « les impacts négatifs de la corruption sur les droits de l’homme », la Haut Commissaire a estimé qu’il était urgent de « renforcer les synergies » pour mieux lutter contre le fléau.

Selon Mme Pillay, il est nécessaire de renforcer la coordination pour mieux mettre en oeuvre la Convention de l’ONU contre la corruption, un instrument international contraignant promu par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Actuellement, 165 États sont parties à cet instrument juridiquement contraignant.

Grâce à l’attention de plus en plus marquée accordée par l’ONU et la communauté internationale à la formulation des objectifs de développement post-2015, la Haut Commissaire s’est déclarée « convaincue que les efforts de lutte contre la corruption sont plus efficaces lorsqu’ils s’inscrivent dans une approche respectueuse des droits de l’homme, y compris des droits des individus accusés de corruption ».

« Alors que les liens entre corruption et droits de l’homme sont mis en évidence, les groupes engagés dans la lutte contre la corruption aux niveaux local et international trouveront plus facilement de valeur ajoutée à travailler avec les agences de l’ONU dans le domaine des droits de l’homme », a assuré Mme Pillay en précisant que cette dynamique fonctionnait dans les deux sens.

Deux morts au Canada français (Québec) au dix-neuvième siècle

Un homme et son péché, roman de Claude-Henri Grignon paru en 1933, « peinture des moeurs paysannes, vers 1890, dans la région des Laurentides, au nord de Montréal », précise l’auteur.

NOTE – L’histoire se déroule au Québec. Donalda était jeune et belle et travaillante. Séraphin, qui était plus âgé qu’elle et qui en fit son épouse, était… Disons-le tout de suite : il était un monstrueux avare ! Un homme et son péché appartient peut-être au monde des romans-feuilletons, mais il a marqué le Québec, avec ses adaptations pour la radio à partir de 1939, pour la télévision entre 1956 et 1970 et pour le cinéma (deux longs-métrages).

« En présence de l’amour, il [Séraphin]sacrifie sa femme à son désir de possession matérielle. Il immole Donalda deux fois : une première fois en lui refusant tout amour pour son cœur et une seconde fois en la laissant mourir, plutôt que de s’imposer des dépenses pour la faire soigner. La deuxième partie du volume décrit la grande torture de la vie de Séraphin : la perte de son argent. Il subit à son tour une double agonie. La peur de perdre son argent le torture mentalement pendant plusieurs mois, au point de lui ôter la joie de vivre; il perd réellement la vie en essayant de sauver son bien d’un incendie qui le dévore. Quand il s’aperçoit que le feu est à consumer sa maison, il pousse un vrai cri de nature : « Je brûle ». ( Samuel Baillargeon, Littérature canadienne-française, troisième édition, 41e mille, Montréal et Paris, Fides, ©1957, p. 287 )

À VOIR : http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-690/Un_homme_et_son_p%C3%A9ch%C3%A9,_de_Claude-Henri_Grignon.html#.UT-lohlU_7c


( Les extraits suivants du roman Un homme et son péché ont été transcrits par Roger Martel. )

I

« Comme toutes les choses qu’elle savait, Donalda avait appris à laver un plancher chez ses parents, à l ‘époque de la colonisation, au Lac-du-Caribou. Et c’était une valeur si considérable que le vieux garçon Séraphin Poudrier, dit le riche, l’avait remarqué. Il lisait dans ses gestes. Ses hautes qualités de paysan retors le poussaient à rechercher, dans la femme, la bête de travail beaucoup plus que la bête de plaisir. Comment aurait-il pu hésiter, puisqu’il posséderait les deux ?

[…]

« Une fois, une seule fois, Séraphin la posséda brutalement, mais refusa net de lui faire un fils qu’elle désirait tant. […]

« Tu sais, ma fille, que des enfants, ça finit par coûter cher.

[…]

Dévorée par l’énergie toujours croissante chez les descendants de défricheurs, cette paysanne [Donalda], afin d’oublier la vie, travaillait douze, seize et dix-huit heures par jour, désespérément, comme si un châtiment implacable eût pesé sur elle ou comme si la mort ne venait pas assez tôt. […]

II

Quatre fenêtres éclairaient, l’hiver, ce refuge de Poudrier. L’été, loin de les ouvrir, on fermait dessus, par dehors, des jalousies peintes en vertes. Pas un rayon de soleil n’y pénétrait, pas une mouche, pas un grain de poussière, ce qui sauvait les meubles et gardait à la maison cet air d’austérité et de rigidité qui ne manquait pas de paralyser les emprunteurs [Séraphin, homme d’une avarice immodérée, pratiquait l’usure]. […]

Un escalier, à gauche, conduisait à l’étage supérieur où un corridor étroit longeait deux grandes chambres séparées par une mince cloison. La première de ces chambres avait toujours servi de magasin au vieux garçon qui, pendant vingt ans, y avait entassé, pêle-mêle, des horloges, des montres, des harnais, des lampes, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des manteaux de femmes et d’hommes, des peaux tannées, des fourrures, des instruments aratoires, et quoi encore, toutes choses, vieilles ou neuves, laissées en gage. C’est encore dans cette chambre que se trouvaient les trois sacs d’avoine, toujours pleins, toujours à leur place, et dont l’épouse de Séraphin ne soupçonnait même pas l’existence. Dans un de ses sacs, l’usurier cachait une grande bourse de cuir ne renfermant jamais moins de cinq cents à mille dollars en billets de banque, en pièces d’argent, d’or ou de cuivre. Il ne déposait pas toujours la bourse dans le même sac. Mais il savait positivement, absolument, dans lequel des trois il l’avait mise. Alors il le regardait avec amour, puis marmonnait de vagues paroles. Une curiosité immense, suivie d’une sensation inexprimable, s’emparait de lui, coulait dans tout son être ainsi qu’une poussée de sang neuf et rapide. C’était trop de félicité : Séraphin ne pouvait plus se retenir. Il plongeait sa main osseuse et froide dans le sac. Avec lenteur, avec douceur, il tâtait, il palpait, il fouillait parmi les grains d’avoine, et lorsqu’il sentait enfin – ô suprêmes attouchements ! – la bourse de cuir ou simplement les cordons, sa jouissance atteignait à un paroxysme que ne connut jamais la luxure la plus parfaite, et son cœur battait, fondait, défaillait.

« Plusieurs fois par jour, il se vautrait dans cette volupté. »

VII

Donalda toussait de plus en plus, respirait de moins en moins, et crachait de temps à autre. […] Ah ! Que c’était alarmant! Elle [Bertine] ne voulait pas le croire. Mais elle sentait bien que Donalda s’en allait doucement […].

    • Écoute, Donalda [dit Alexis]. Je m’en vas aller en chercher un docteur pour toé. J’irai jusqu’à Sainte-Agathe, s’il faut. […]

    • Sais-tu, Alexis? J’aimerais autant voir M. le curé, à c’t’heure.

    • C’est correct, on va avoir le curé itou. En passant chez Gladu, je lui demanderai de l’amener icit’.

[…]

    • Je vas dire aussi au petit Gladu d’aller chercher le curé.

    • C’est ben vrai : le curé.

Et Séraphin fut fort surpris de n’y avoir pas pensé plus tôt, puisque le curé viendrait sans exiger un sou.

[…]

Désespérée, la malade montra le crucifix de plâtre qui souffrait, lui aussi, et saignait sur le vieux mur crevassé. Bertine lui tendit la Croix du Calvaire, que la malade saisit avidement et baisa avec amour. Mais le crucifix lui tomba presque aussitôt des mains : une crise de toux l’étouffait.

[…]

Dans la nuit crue, triste et pesante de novembre que la pluie rendait plus lourde encore, on entendit tout à coup une clochette d’argent qui faisait monter, à intervalles égaux, une note déchirante de la campagne écrasée.

    • Voici le bon Dieu ! dit Bertine qui rangea vivement chaque chose dans la place et alluma deux chandelles après avoir enlevé son tablier.

Poudrier était descendu, et se tenait debout, près de la porte. Bientôt, on aperçut la lueur d’un fanal qui décrivait un arc dans la cour, jusqu’au bord du puits. Séraphin et Bertine se mirent à genoux, tandis que la porte s’ouvrait devant le bon Dieu. Bertine suivit le prêtre au grenier. Elle alluma un cierge, mit de l’eau bénite et un rameau dans une soucoupe, puis déposa ces objets du rituel sur la petite table, près de la malade à qui elle remit une serviette blanche. (p.97-98)

Donalda manifestait le désir de se confesser. Bertine se retira […].

Un murmure soudain descendit au milieu du silence. On monta.

Le prêtre récitait des prières en latin, auxquelles il répondait lui-même, et que répétèrent ensuite, en tremblant et en passant des mots, Poudrier, Bertine et le jeune Gladu. Puis, il présenta à la malade, pauvre femme qui avait tant manqué d’amour, le pain des pauvres et des malheureux. […] Avec amour, Donalda reçut le corps et le sang du Sauveur du monde, tandis que deux larmes, les deux dernières, venues du fond de son être, coulaient lentement sur ses joues en feu.

Le prêtre dit encore une prière, et tous répondirent ensemble : « Ainsi soit-il ». La malade regardait fixement devant elle, comme plongée dans une extase. L’Envoyé de Dieu commença d’administrer, avec des gestes lents et doux, le sacrement de l’Extrême-Onction. On vit la figure de Donalda changer subitement. Le visage pâlissait et il devint pur et blanc comme un lis. Les yeux brillaient toujours. Donalda était arrivée à cette heure où l’éternité gagne sur la vie humaine son premier combat. La vision de l’Homme bleu qui marchait sur les eaux pénétra l’âme de Donalda de la grâce de la confiance. On eût dit que le prêtre venait de la séparer des maux d’ici-bas en l’oignant d’huile au nom du Seigneur.

Elle reposait.

Le curé se fit apporter une chaise, et s’assit près du lit, son livre de prières à la main. En face de lui, de l’autre côté, se tenait Bertine, debout. Poudrier traînait dans la chambre ses bottes éculées, lourdes, et qui avançaient avec peine, comme si elles eussent été engluées pour jamais dans la matière. Timéon Gladu, trop sensible pour assister à une pareille scène, descendit à la cuisine. […]

    • Ah! mourir, dit Donalda, d’une voix qui n’était plus humaine.

Et elle se laissa tomber.

L’abbé Raudin se mit à genoux et commença la grande prière des agonisants. Dans son cœur simple et fort il ne se rendait pas compte que les paroles terribles qu’il allait prononcer déchireraient par lambeaux l’âme de la pauvre paysanne.

    • Ayez pitié de moi, mon Dieu, récitait-il, d’une voix ferme, ayez pitié de moi selon votre grande miséricorde, Seigneur, mon Dieu, toute mon espérance est en vous, sauvez-moi. Je remets, Seigneur, mon âme entre vos mains. Je vous laisse tout le soin de mon salut. Vous êtes mon Dieu; mon sort est entre vos mains. Mon père, si ce calice [épreuve] peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite. Il est le Seigneur; qu’il fasse ce qui est agréable à ses yeux. Le Seigneur m’avait tout donné, le Seigneur m’a tout ôté, il n’est arrivé que ce qui lui a plu. Que le nom du Seigneur soit béni. Je désire mourir pour être avec Jésus-Christ. »

C’est alors que le docteur Cyprien fit son entrée, suivi d’Alexis. L’horloge en bas sonnait huit heures.

    • Docteur, docteur, sauvez-la, criait Bertine en se tordant les mains.

Le médecin des misères corporelles déposa son sac sur une chaise et vint près de la malade que les deux chandelles allumées et le cierge bénit éclairaient faiblement. Il mit la main sur la tête de Donalda, tâta son pouls et se pencha pour l’ausculter. Après quoi, il s’assit près du lit, n’abandonnant pas le pouls de la mourante et fixant toujours sur elle son regard aigu et scrutateur. Donalda bleuissait doucement, ainsi que la neige sous un rayon de soleil.

    • Comment ça va, ma fille, dit le docteur Cyprien, en donnant une légère tape dans la main de la malade.

    • Tiens! Alexis. Ça va bien. Je travaille, par exemple. J’ai lavé le plancher toute l’avant-midi, hier, avec une belle brosse. [Donalda délire.]

[…]

Subitement, Donalda s’agita avec violence et tenta même de se jeter hors du lit. Alexis et le docteur Cyprien la saisirent et la tinrent doucement, assise.

Elle criait :

    • Lâchez-moi. Vous voulez me tuer. On va-t-il faire le ménage dans la chambre barrée ? Lâchez-moi le bras, Séraphin, je veux de la mélasse… Au feu, la maison brûle… Je brûle… Et l’argent… Séraphin, où est mon argent ?

Et elle se tordait, la pauvre Donalda, comme sur un lit de braise.

Prions encore pour elle, dit le prêtre.

Aux paroles délirantes se mêlaient celles de l’Église, sages, poétiques, profondes, mais qui tombent pareilles à des poignées de terre sur un cercueil :

« Que je meure de la mort des justes, et que la fin de ma vie ressemble à la leur. Comme le cerf altéré soupire après les eaux, de même mon âme soupire après vous, ô mon Dieu, source de toute consolation. Venez, mon Seigneur, Jésus, venez. Je ne désire qu’une chose, Seigneur, et je le chercherai uniquement : c’est d’habiter dans votre maison céleste pendant tous les jours de l’éternité. Ô Seigneur, recevez votre fille dans votre maison. Vous me comblerez de joie par la vue de votre visage et par la vue de votre maison. Hélas! Seigneur, que mon exil est long ! »

Donalda parut un moment tranquillisée, pencha la tête. D’un air béat, elle semblait écouter des voix lointaines. L’abbé Raudin récitait toujours :

« Venez, Seigneur, et ne tardez pas. Je n’ai point peur de mourir, parce que j’ai un bon maître. Ô mon Jésus, que je sois à jamais crucifiée avec vous. Ô mon Jésus, toutes mes espérances sont dans vos mérites, dans vos tourments, et dans la mort que vous avez endurée pour moi. Ô mon Jésus, j’accepte lecalice que vous me présentez et je le reçois de votre main pour vous témoigner mon amour et ma soumission. Ô yeux divins que la mort a fermés, regardez-moi. Mains bénites, percées de clous, défendez-moi. Précieux côté de Jésus, recevez-moi. Bras étendus par l’amour de mon Sauveur, embrassez-moi. Pieds adorables, blessés pour me chercher, emportez-moi. Père éternel, regardez ce cher Fils, dont les plaies vous parlent pour moi, écoutez-le et sauvez-moi. Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour moi à cette heure de ma mort. Sainte Marie, mère de Dieu, protégez votre petite fille contre l’ennemi dans ces ténèbres. Ma sainte patronne, protégez-moi. Divin Jésus fait chair, qui, pour notre salut, avez daigné naître dans une étable, passer votre vie dans la pauvreté, dans les angoisses et dans la misère, et mourir par le supplice de la croix, dites à votre Père céleste, je vous en conjure au moment de ma mort : Mon Père pardonnez-lui; dites à mon âme : Aujourd’hui tu seras avec moi en paradis. Mon Dieu ne m’abandonnez pas à cette heure. J’ai soif ! »

Tout à coup, l’agonisante fit un dernier et suprême effort. Son corps, qui semblait rapetisser, était rempli de soubresauts et de tremblements. Elle cria :

    • J ‘ai soif ! Je brûle… Des messes, toutes les messes. On m’a tuée. M’man ! M’man ! Ah! Quel beau soleil !

Et elle rejeta la tête en arrière pour la ramener presque aussitôt.

De sa bouche sortait encore un souffle faible, d’infiniment loin. […] Poudrier, au pied du lit, […] regardait mourir celle qu’il n’avait jamais aimée d’amour […]

Le prête dit encore :

«  Oui, mon âme a soif de vous. Ma vie se passe comme une ombre. Je remets mon esprit entre vos mains pour toute l’éternité. Jésus, mon Sauveur, daignez recevoir mon âme. Ainsi soit-il. »

En se levant, il jeta l’eau bénite sur Donalda qui ouvrit la bouche dans un large bâillement. Sa belle tête tomba pour la dernière fois.

On vit le docteur Cyprien lâcher le pouls de Donalda, puis se lever, pour dire d’un ton calme :

    • Elle vient de passer!

VIII

« Séraphin passa deux fois la main sur le front de la morte. Il ne fut pas étonné de le sentir déjà froid.

[…]

Comme le prêtre se préparait à s’en aller, […], Séraphin le suivit dehors.

    • Écoutez donc, monsieur le curé. Je pense que Donalda était de l’Union de prières. Ça me donne le droit à un service de huit piastres, si je me trompe pas ?

    • En effet, répondit le curé Raudin, votre épouse était de l’Union de prières. Je lui chanterai un beau service.

    • Vous comprenez, je suis pas riche, dit-il.

    • Je comprends, monsieur Poudrier. Quand voulez-vous la faire enterrer ?

    • Ben, le plus vite possible, par rapport à la senteur. C’est aujourd’hui samedi. Mettons lundi, pour huit heures.

[…]

Dans le halo d’un fanal, Séraphin fabriqua [dans le haut côté de la maison] une table sur laquelle serait ensevelie Donalda. Il monta ensuite à l’étage supérieur, le cœur caressé par sa passion. Les trois sacs d’avoine et la bourse se trouvaient toujours là. Excité par d’autres soucis et fou de volupté, il demeura dans la chambre secrète plus longtemps qu’il ne l’aurait voulu. Tout à coup, la voix de Bertine le ramena à l’amère réalité.

Où êtes-vous, cousin?

    • Je descends, Bertine. J’étais venu fermer un châssis qui claquait.

    • Donalda est habillée. Vous allez la veiller pendant que nous arrangerons la chambre mortuaire, ajouta Bertine.

    • C’est correct.

Et il monta au grenier tandis que la femme d’Alexis en descendait.

Dans sa robe noire, les mains croisées, tenant le crucifix, Donalda reposait maintenant sur le lit où elle avait tant souffert. Son visage était beau comme un lis dans sa première aube. Séraphin la trouva vraiment belle. Il s’en approcha avec des gestes doux et l’embrassa sur le front. L’air qu’il déplaça fit monter et descendre la flamme de la chandelle. Il trempa le rameau dans l’eau bénite et il en aspergea la morte. Une goutte, tombée sur une paupière, descendit sur la joue et coula pareille à une larme.

Poudrier se mit à genoux et récita un Pater et un Ave. […]

Soudain, il entendit les pas de Bertine et de sa mère qui montaient l’escalier. Il revint près du lit.

    • Tout est prêt, cousin, fit Bertine. À c’t’heure, on va dire un chapelet avant de la descendre.

    • « Je crois en Dieu, le Père tout puissant… » commença la femme d’Alexis. Puis Bertine et Séraphin répondirent, mais pas ensemble, parce que Bertine pleurait toujours.

Lorsque le chapelet fut récité, on se prépara à descendre Donalda. Il fut convenu qu’on passerait les pieds les premiers, sous lesquels on avait mis un drap roulé que tiendraient de chaque côté Bertine et sa mère, alors que Séraphin la soulèverait par les épaules.

Il avait levé bien des poids, des pierres très lourdes au cours de sa vie (et il était très fort) et, cette fois-ci, le fardeau lui parut bien léger. Avec de grandes précautions, on dégagea la morte de son lit. Puis, on gagna l’escalier, les deux femmes en avant.

    • Tranquillement, disait Bertine.

    • Tranquillement, répétait Séraphin.

Au bout de quelques minutes, on la déposa sur les planches qu’on avait eu soin de recouvrir d’un drap blanc, immaculé. On plaça aussi deux oreillers blancs sous la tête.

Poudrier trouva que le salon était bien décoré, les murs tout en blanc à la tête de sa « pauvre défunte » et, dans les côtés, du blanc encore que tranchaient, ici et là, des bandes de baptiste noire. Les meubles étaient couverts aussi. On avait descendu la petite table qu’on plaça à droite de Donalda, et sur laquelle se trouvaient un cierge bénit et une soucoupe avec un rameau.

Sans parler, les trois personnes regardèrent la morte quelques instants. Puis, on passa dans la cuisine, en laissant ouverte la porte du haut côté.

    • Ça serait peut-être mieux de faire encore du feu, demanda la femme d’Alexis ?

    • Pas trop, pas trop, reprit Séraphin. La chaleur fera sentir le corps assez vite.

    • C’est vrai, dirent ensemble Bertine et sa mère, en échangeant un regard.

L’homme qui, sans répit, portait le péché, se trouva beaucoup de génie : il venait de sauver une autre brassée de rondins.

    • Je me sens un peu fatigué, dit-il, je vais aller me reposer en haut.

    • C’est ça, cousin, fit Bertine. Nous allons veiller, nous autres. Demain, ce sera votre tour.

[…]

Toute la nuit, Bertine et sa mère s’entretinrent de Donalda et des mille souffrances qu’elle avait endurées avec ce pingre de Séraphin, avec cet homme dégoûtant que sa passion pousserait un jour jusqu’au meurtre prémédité pour sauver trente sous. Comme elle avait dû souffrir ! Mais comme elle devait se sentir légère maintenant, bien chanceuse encore d’avoir vécu rien qu’un an avec lui. Et ces pensées leur étaient un prétexte pour aller la voir. Ensevelie dans la seule petite robe noire qu’elle eût portée, et reposant dans ce salon où elle avait obtenu si rarement la permission de venir.

    • On croirait qu’elle dort, dit Bertine, la bouche tordue.

    • Elle est morte comme une sainte, répondit la femme d’Alexis qui pleurait.

On récita encore un chapelet, Bertine à genoux, et sa mère dans une chaise berceuse, car elle était trop corpulente pour se plier.

La nuit passa ainsi en oraisons, auprès de la morte, ou dans la cuisine, à causer. Bertine s’occupa de faire cuire l’épaule de cochon et d’en tirer de grands bols de graisse qu’on servirait avec du pain et du thé.

[…]

L’horloge sonna un coup. Il était six heures et demie.

On mit la table pour déjeuner […]

[La femme d’Alexis] se rendit voir la morte, en soupirant et en se mouchant. Bertine l’accompagna. On récita d’une voix ferme le huitième chapelet.

À peine avait-on fini, qu’on vit Alexis entrer dans la cour avec son cheval qui fumait comme une cheminée.

[…]

Presque tout de suite, on vit entrer Alexis, le visage rouge, le cou rouge, les mains rouges et soufflant très fort. Il laissa tomber deux phrases :

    • Maudit que j’ai faim! Vous n’avez pas mis de crêpe [bandeau noir symbolisant le deuil]à la porte?

    • C’est pourtant vrai. On a oublié ça, dit sa femme.

Et elle se mit en frais de confectionner un crêpe.

[…]

Vers les neufs heures, les voitures commencèrent de descendre la côte, se dirigeant vers l’église du village. Cinq habitants passaient dans le rang Croche, et trois dans le rang Droit. Tous, ils arrêtèrent pour voir la morte, et tous ils promirent de venir veiller le corps, le soir même.

[…]

Il [Séraphin] s’empressait autour des visiteurs et causait avec eux auprès de la morte. […] Toute la relevée [après-midi], il vint beaucoup de monde, de partout, jusque de Sainte-Agathe. On avait bien connu Donalda Laloge, une pauvre fille de colon, mais si avenante, si bonne travailleuse, excellente danseuse aussi, que les jeunes faisaient tourner en des rythmes vertigineux. Elle avait laissé partout le meilleur souvenir. Aujourd’hui qu’elle reposait, face au ciel, dans les draps de la mort, on venait lui porter une prière, le cœur chargé de peine.

Un seul être au monde n’avait pas aimé et compris Donalda : son mari. […]

Il y avait beaucoup de monde dans la cuisine et dans le salon. Et, comme la plupart avaient apporté un fanal, les deux pièces se trouvaient pas mal éclairées.

À la conversation des hommes, s’accrochaient les prières que récitaient les femmes, dans le haut côté. La table de la cuisine était toujours couverte de plats dans lesquels se figeaient de la viande, de la graisse, de la sauce, des œufs au miroir; et aussi de pots de confitures, sirop d’érable, mélasse, crème et lait. Du pain tranché, en piles, aux quatre coins de la table, et du beurre en abondance, au milieu. Quiconque voulait manger n’avait qu’à tendre le bras.

[…]

Ni les prières ni les entretiens ne languissaient. On parlait même tous ensemble, soit des récoltes, soit de l’hiver qui était venu si vite, soit du chevreuil qui avait tué le garçon du père Thibault. On parla des taxes, des élections, et de la petite putain Célina Labranche. Dans un coin, à voix basse, Charlemagne Pinette et le gros Tison faisaient des calculs sur la fortune de Poudrier. Alexis racontait ses prouesses et ses batailles de l’époque où il dravait sur la rivière aux Lièvres. […]

Dans la maison, on priait toujours, on parlait toujours, et on étouffait les fous rires le mieux qu’on pouvait. En tout cas, on ne s’ennuyait pas. Ce fut même très encourageant, et l’on trouva la vie belle, lorsqu’on aperçut Séraphin Poudrier, une cruche à la main [remplie de whisky blanc apporté par Alexis]. Il versa à boire à tout le monde dans une tasse. Un air de fête et de santé se peignait sur tous les visages. On avait du courage plein la bouche et plein les genoux. Aussi les chapelets se succédaient-ils, avec une régularité, une rapidité et une ferveur extraordinaires. Personne n’avait souvenance d’une plus belle « veillée au corps » [veillée funéraire : les parents et amis du défunt se réunissent et prient pour ce dernier].

[…]

La neige tombait lourde comme de la pâte que faisait tournoyer une bise soufflant du nord. Les bâtiments en étaient déjà couverts, et les chemins s’allongeaient sous la bancheur silencieuse.

Comme l’heure du départ approchait, Bertine et sa mère choisirent quatre porteurs, et il fut décidé qu’on partirait de la maison, avec le corps, vers les six heures et demie. Ce ne serait pas trop tôt, Séraphin demeurant à trois milles et demi du village, d’autant que le cortège funèbre défilerait au pas.

On alla chercher le cercueil [fabriqué par Séraphin] dans la remise. Alexis le trouva convenable, bien peinturé, avec quatre belles poignées qui brillaient.

Quand ils revinrent à la maison, ils eurent beaucoup de difficulté à se frayer un chemin. Il y avait beaucoup de monde, soit à genoux, soit debout. Mais, presque au même moment, plusieurs hommes sortirent atteler les chevaux, tandis que les femmes mettaient leurs chapeaux et leurs manteaux. Pas une seule ne regretta de s’être habillée chaudement. Il neigeait toujours.

Séraphin et Alexis déposèrent le cercueil à terre, près de la morte. Des jeunes hommes les aidèrent à coucher dedans la femme à Poudrier. La tombe était un peu petite. Séraphin plia le corps en élevant la tête et les genoux. On déposa ensuite le cercueil sur les planches. Et comme on se préparait à mettre le couvercle, Bertine accourut en pleurant, une paire de ciseaux à la main. Sur le front de sa chère cousine, elle jeta une dernière fois ses lèvres fiévreuses, qui laissèrent une petite cernure. Elle coupa ensuite une mèche de cheveux, plus noirs et plus lourds que jamais, semblait-il. Alexis se pencha à son tour, comme s’il eût voulu lui parler une dernière fois. Il se releva, suffoqué de douleur. Arthémise vint, elle aussi, l’embrasser. Restait Poudrier. Doucement, il la baisa au visage tandis qu’une larme, peut-être d’alcool, la seule en tout cas qu’il eût jamais versée dans sa vie, coula sur la joue de la morte, pour s’arrêter à la lèvre inférieure. On mit le crucifix sur la poitrine de Donalda. Et, au milieu des sanglots et des lamentations des assistants, on ajusta le couvercle. Comme les genoux du cadavre dépassait un peu la bière, Séraphin pesa dessus et un craquement d’os se fit entendre.

    • Il va faire correct, conclut-il.

Et il vissa lui-même le cercueil.

Les quatre porteurs déposèrent avec soin la tombe dans l’express qu’avait prêtée M. Gladu.

[…] Et le cortège s’ébranla.

La voiture de Séraphin, dans laquelle se trouvaient aussi Bertine, Alexis et sa femme, suivait le cercueil. Les autres venaient derrière, à de courtes distances.

La neige cinglait de biais et le vent faisait voler la crinière des chevaux.Il faisait encore nuit. On ne distinguait rien à trente pieds devant soi. Les chemins étaient remplis de neige, et glissants sous le bandage des roues. Parfois, c’étaient des trous et des pierres qui faisaient balloter le cercueil.

Dans la voiture de Poudrier, on ne parlait pas. […]

L’homme [Séraphin, qui pensait, dans la voiture, à son argent] fut tiré de sa passion par le bruit de la cloche qui sonnait le dernier glas avant la messe, plainte déchirante et qu’on entendait de loin, malgré le vent qui sifflait toujours et malgré la neige qui tombait. Enfin on arriva.

L’Église état remplie de fidèles, et les sympathies montaient avec l’encens autour de la morte. Au Dies irae, le cœur d’Alexis s’ouvrit comme une digue, et tout le monde l’entendit sangloter jusqu’à la fin de l’office. Séraphin, impassible, plus froid que son épouse couchée parmi les cierges, regardait fixement devant lui. Il pensait sans cesse au paradis de son prochain bonheur [vivre sans Donalda coûtera moins cher].

Donalda Laloge fut enterrée dans le lot des Poudrier, à l’extrémité du cimetière, où poussent des fougères que frôlent, l’été, les froides couleuvres.

Séraphin aida lui-même, au moyen du câble, à descendre dans la fosse, presque remplie de neige, cette femme qu’il ne haïssait pas mais qu’il oublierait vite. Il jeta dessus une poignée de terre qui tomba sur Donalda comme le froid symbole de tous les durs traitements qu’il lui avait fait subir.

On revint à la maison vers midi. On mangea une dernière fois ensemble. Puis, après les remerciements et serrements de mains, Séraphin reconduisit à la porte ses chers parents, Alexis, Arthémise, et cette Bertine qu’il n’avait pu séduire et qu’il désirait comme un fou.

Il s’enferma dans sa maison, plus froide désormais qu’un tombeau. Personne ne le vit durant un mois, sauf pour le prêt à usure.

( Claude-Henri Grignon, Un homme et son péché, roman avec une préface de l’auteur. Quarante-et-unième mille, Les Éditions du Vieux Chêne. Distributeur : Librairie J.-A. Pony Ltée, 554 Est, rue Ste-Catherine, Montréal, Canada, MCMXLV )


Claude-Henri Grignon

 

Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, http://www.banq.qc.ca/histoire_quebec/parcours_thematiques/ClaudeHenriGrignon/chg_index.jsp

 

« Claude-Henri Grignon est né à Sainte-Adèle le 8 juillet 1894. Il fréquente pendant deux ans le collège Saint-Laurent puis poursuit ses études avec des professeurs en pratique privée. Sa formation est surtout celle d’un autodidacte. Agent de douanes à Montréal, puis agent de publicité au ministère de l’Agriculture à Québec, il publie son premier article dans L’Avenir du Nord en 1916. Il collabore à divers journaux et revues : Le Nationaliste (1921-1922), La Minerve (1920), La Nation de Québec (1930), Le Canada (1931-1934), L’Ordre (1934-1935), La Renaissance (1935). De 1937 à 1939, il dirige la page littéraire d’En avant. À partir de 1941, il rédige une chronique pour Le Bulletin des agriculteurs qu’il poursuivra jusqu’en 1970. Membre de l’École littéraire de Montréal de 1920 à 1926, il fonde en 1936 un périodique qui sera célèbre dès sa parution : Les Pamphlets de Valdombre. Il y signe, jusqu’en 1943, de nombreux articles où il ne manque pas de se mesurer à ses adversaires littéraires et politiques. Paru en 1933, Un homme et son péché demeure son œuvre majeure. Ce roman lui vaut le prix David en 1935. Les adaptations de cette œuvre, pour la radio à partir de 1939, pour le cinéma en 1948 et 1949, et pour la télévision entre 1956 et 1970, ont contribué à faire entrer dans la légende ce fameux personnage bénéficiant d’une grande popularité auprès du public canadien-français. Maire de Sainte-Adèle de 1941 à 1951, Grignon est admis à la Société royale du Canada en 1962. Il consacre ses derniers loisirs à la rédaction de ses Mémoires et meurt le 3 avril 1976. »

 

La Caisse populaire Desjardins de Lévis démontre par A + B que la démocratrie est une illusion au Mouvement Desjardins

LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE LÉVIS DÉMONTRE PAR A + B

QUE LA DÉMOCRATIE EST UNE ILLUSION AU MOUVEMENT DESJARDINS

Par Roger Martel (le Passeur de la Côte)

Selon le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), la démocratie est l’une des « valeurs fondamentales des coopératives » (http://www.coopquebec.coop/fr/principes-cooperatifs.aspx). L’entreprise appelée Mouvement Desjardins dit être une coopérative et reposer sur des valeurs fondamentales ou piliers. (Quand un pilier d’un édifice ou d’une doctrine tombe, l’édifice ou la doctrine s’écroule, il ou elle ne fait pas que « s’appauvrir ».) Le Mouvement Desjardins dit encore : « Le principe d’un homme un vote, instauré par Alphonse Desjardins, est un des piliers de la doctrine démocratique de Desjardins. Mais au-delà du principe, ajoute le Mouvement Desjardins, le membre a besoin pour exercer pleinement ce droit, d’une information juste et pertinente et d’unesensibilisation certaine de son engagement envers la caisse. Car sans engagement, est-il besoin de le rappeler, il n’y a pas de participation possible; et sans participation, on assiste à un appauvrissement de la démocratie [note du Passeur de la Côte : l’auteur aurait dû dire que l’absence ou la pauvreté de la participation est incompatible avec la démocratie] » (Démocratie et participation, texte publié dans Ma caisse, Numéro spécial, septembre – octobre 1990, volume 27, numéro 5, p. 13). (Ma Caisse est une publication du Mouvement Desjardins.)

Voyons comment se vit la démocratie au Mouvement Desjardins.

 

Parlons de l’assemblée générale spéciale tenue par la Caisse populaire de Lévis en septembre 2012.

Cette assemblée portait sur une question importante : la fusion de deux caisses : la Caisse de Lévis et la Caisse de Bienville. Le Mouvement Desjardins avait appelé les membres des deux caisses à se réunir au même moment, mais séparément. Cent dix-neuf membres de la Caisse de Lévis ont voté; 119, avez-vous bien lu (et parmi eux, il y avait un nombre appréciable d’employés du Mouvement Desjardins). Or, la Caisse de Lévis compte plus de quarante quatre mille membres, plus de 44 000, vous avez bien lu. Calculons : MOINS DE LA MOITIÉ DE UN POUR CENT des membres de la Caisse de Lévis ont voté lors de l’assemblée générale spéciale de septembre 2012. Rappelez-vous ce que vous avez lu ci-dessus : « Le principe d’un homme un vote, instauré par Alphonse Desjardins, est un des piliers de la doctrine démocratique de Desjardins. […] sans participation, on assiste à un appauvrissement de la démocratie ».

 

Croyez-vous encore que le Mouvement Desjardins et les caisses populaires Desjardins sont des organisations démocratiques, comme l’a affirmé récemment le président actuel de la caisse populaire de Lévis, M. René Bégin ? Le prédécesseur de M. Bégin, M. Clément Samson, devrait vous dessiller les yeux. Lisez ce qu’il a écrit en 2009 :« La démocratie est l’EXERCICE du droit des membres de s’exprimer et de VOTER » (Clément Samson, Coopération à visage humain, texte paru dans le quotidien Le Soleil le 25 avril 2009). VOTER, dit M. Samson, VOTER.

Allons plus loin : étant donné que la démocratie est l’une des « valeurs fondamentales des coopératives », comme le dit le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (http://www.coopquebec.coop/fr/principes-cooperatifs.aspx), et que le Mouvement Desjardins ne peut pas prétendre reposer sur le principe de la démocratie parce que l’engagement et la participation de ses membres sont faibles, pour ne pas dire insignifiants, le Mouvement Desjardins ne peut pas prétendre être une coopérative.

 

La démonstration est claire.

Le Passeur de la Côte (Roger Martel), client de la Caisse populaire Desjardins de Lévis

Lévis (Québec)

 À propos de LA PAUVRETÉ EXTRÊME DE LA PARTICIPATION des clients du Mouvement Desjardins

 

Dans le livre Les Holdings coopératifs paru en 2001, on peut lire ceci : « Environ 140 000 personnes participent aux assemblées générales de leurs caisses (sur une possibilité d’environ cinq millions de personnes). » ( Les Holdings coopératifs, ouvrage réalisé sous la direction de Daniel Côté, Bruxelles, De Boeck Université, 1re édition, p. 323 )

 

Autre extrait du même livre : «  La participation des membres ne s’exprime que quasi essentiellement par l’assemblée générale. Le taux de participation est très faible, environ 1,5% du membership, malgré les efforts qui sont de plus en plus déployés en ce sens. Moins de 15 % des caisses consultent leurs membres sur divers sujets au moins une fois par année. » ( Les Holdings coopératifs, ouvrage réalisé sous la direction de Daniel Côté, Bruxelles, De Boeck Université, 1re édition, p. 324 ) (Les données sont basées sur une enquête menée auprès des caisses de la grande région de Montréal.)

 

LA PARTICIPATION ET L’ENGAGEMENT DES MEMBRES AUTREFOIS. Ils étaient faibles.

Extrait du livre In Whose Interest? Quebec’s Caisses Populaires 1900-1945 écrit par Ronald Rudin (alors professeur d’histoire à l’University Concordia) et publié par McGill – Queen’s University Press en 1990 

The caisses were established largely by the petite bourgeoisie, and there is considerable evidence that members of this class and other well-to-do citizens largely ran these co-operatives throughout the period up to the end of the Second World War. Members of the three bodies that ran each caisse – the conseil d’administration (board of directors), the commission de crédit (credit board) and the commission de surveillance – were elected annually by the members of the co-operative, with each casting one vote regardless of the number of shares in his possession. This structure was not always as democratic, however, as it appeared. At the very inception of many of the caisses, a slate of candidates, chosen in advance from the local élite, was put forward by the organizers, who also belonged to the petite bourgeoisie.

 

The organizers wanted respected members of he community to guide the caisse during the initial signing-up of members, but their methods effectively precluded spontaneous nominations from the floor. In practice, the list of possible administrators was short, since few members were competent to direct the affairs of a financial institution. This list was further narrowed by Desjardins’ insistence that the administrators be volunteers. […]

 

Once the caisse was off he ground, the initial administrators were normally re-elected, giving their standing in the community and their expertise in running the co-operative. Even if new candidates were put forward, they usually formed part of an official slate that rarely met with any opposition when presented to the members at the annual meeting. Attendance at this meeting was frequently poor : the leaders at St-Théophile du Lac announced in 1916 that « there would be surprises at the end of the annual assembly to attract members and to keep them at the meeting until the very end ». The problem of poor attendance had apparently not been resolved by the 1930s, as no more of than twenty-five of the roughly 125 members were present at the annual meeting in January 1936. Considering that the thirteen administrators were probably at the meeting, only 10 per cent of the total membership was in attendance […]. Even if more people had attended, it would have been their only involvement of the year. Under these circumstances, they were hardly going to challenge leaders of the community in public. Reflecting on this problem one inspector noted : ‘No one is going to stand up to nominate an opponent. » (p. 44-45)

 

( « Le travail de Rudin est […] novateur et présente des interprétations qui rompent avec l’historiographie officielle […] Son ouvrage est particulièrement significatif », écrit le professeur Paul-André Linteau du Département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal.)

POURQUOI LA PARTICIPATION DES « SOCIÉTAIRES » DU MOUVEMENT DESJARDINS EST-ELLE INSIGNIFIANTE ?

La raison principale est probablement la suivante : aussi étonnant que cela paraisse, la majorité des « sociétaires » de Desjardins ne savent pas qu’ils sont membres d’une coopérative. Lisez ce qui suit.

En 1998, Laurent Laplante, journaliste et auteur québécois bien connu, a soutenu que « depuis quelque temps déjà, le mouvement coopératif québécois se préoccupe du nombre de ses membres plus que de leur formation, plus de ses résultats financiers que de l’adhésion des sociétaires à un ensemble de principes socioéconomiques. De la coopération, la plupart des coopérateurs en sont arrivés sans inquiétude tangible ni réaction des grands-prêtres du Mouvement, à ne connaître que ce qui l’apparente au système bancaire. On va dans une caisse comme dans une banque, on y ouvre un compte, on y dépose ou on y emprunte, on aime ou pas le service, on apprécie ou pas les heures d’ouverture, le service offert, l’emplacement choisi… On achète, il est vrai, une part sociale, mas comme on paie l’abonnement au Club Price [magasin Costco] ou à certains clubs vidéo. Et on ne cherche pas plus loin. Quand, avec des années de retard et de myopie paresseuse, le Mouvement Desjardins a enfin vérifié systématiquement ce que ses sociétaires savaient de la coopération, il en a pris pour son rhume. Non seulement les sociétaires ont étalé à qui mieux mieux leur ignorance totale de la coopération, mais ils ont confessé sans contrition ni ferme propos qu’ils demandent à une caisse la même chose qu’à une banque et qu’ils ont d’ailleurs des comptes à la fois dans une caisse et dans une banque. […] Le plus triste dans ces révélations est peut-être ce que révélèrent les sondages internes : la majorité des sociétaires des caisses populaires affirment haut et fort ne jamais avoir fait partie d’une coopérative… Venant d’un mouvement censément soucieux d’éducation, cela rend fier. » (Laurent Lapante, La Personne immédiate, Montréal, L’Hexagone, 1998, p. 127-128)

 

[ Laurent Laplante a été éditorialiste au quotidien montréalais Le Devoir et chroniqueur à la radio de Radio-canada. On lui doit plusieurs livres, dont Le Suicide (1985), L’Université – Questions et défis (1988), La Police et les valeurs démocratiques (1991), L’Information, un produit comme les autres ? (1992), L’Angle mort de la gestion (1995). ]

 

POURQUOI LE MOUVEMENT DESJARDINS DIT-IL ET RÉPÈTE-T-IL À SATIÉTÉ QU’IL EST UNE COOPÉRATIVE ? Vous trouverez peut-être la réponse dans le texte suivant :

 

« Les caisses populaires Desjardins n’ont de coopérative que le nom. […] Quand leurs dirigeants présentent leur institution à titre de coopérative, c’est simple, ils font preuve de dérision envers la population.

« Premièrement, les économistes de Desjardins […] tiennent un discours calqué sur celui des banques: réduction des dépenses gouvernementales, incluant la santé, l’éducation et la sécurité du revenu, mais accroissement des subventions aux entreprises, diminution radicale des impôts des entreprises et des nantis, allégement des lois sur le travail et sur l’environnement, remboursement de la dette, déficit zéro, etc. En passant, les caisses populaires Desjardins ne paient pratiquement pas d’impôt sur le revenu et de taxes sur le capital puisque le gouvernement les considère comme une coopérative en bonne et due forme. Quelle farce monumentale! » [Léo-Paul Lauzon, www.unites.uqam.ca/cese/pdf/chr_01_sept.pdf. M. Lauzon est professeur au département des sciences comptables de l’Université du Québec à Montréal, directeur du Laboratoire d’études socio-économiques depuis sa création en 1996, comptable agrée (C.A., 1er au Québec et 3e au Canada) et comptable en management accrédité (C.M.A., 1er au Canada), détenteur d’un doctorat en Sciences de Gestion de l’Université de Grenoble en France et d’une maîtrise en Administration des Affaires (M.B.A. Finance) des Hautes Études Commerciales de Montréal, auteur ou co-auteur de soixante-dix études et de près de vingt livres]

OPINIONS SUR LE MOUVEMENT DESJARDINS

« La coopération n’est digne de ce nom que si elle atteint à la fois la rentabilité et la démocratie, à la fois le mieux-être économique et la participation. Quand la coopération ne voit plus qu’un seul de ses objectifs, comme c’est le cas aujourd’hui chez Desjardins, elle reproduit servilement, paresseusement, gloutonnement, le modèle bancaire. »  (Laurent Laplante, Pauvre coopération !, 20 janvier 2000, http://www.cyberie.qc.ca/dixit/20000120.html)

« La vérité, c’est que le Mouvement Desjardins n’est plus un mouvement et que la coquille capitaliste qui le remplace achève de liquider la philosophie sociale du fondateur.

« Le pire, dans ce dérapage, c’est son hypocrisie. Comme si les relations publiques pouvaient tromper tout le monde indéfiniment à propos de tout. Comme s’il était possible de nier l’écart croissant entre le discours et les gestes. » (Laurent Laplante, Pauvre coopération !, 20 janvier 2000, http://www.cyberie.qc.ca/dixit/20000120.html)

« En fait, Claude Béland — président [du Mouvement Desjardins] de 1987 à 2000 — a affirmé au début du mois qu’il avait constaté l’émergence d’une philosophie plus près des banques au moment où les administrateurs et membres des conseils d’administration ont commencé à toucher une rémunération. «À ce moment, on a vu le bassin de candidats changer complètement. […] Des gens plus intéressés par l’argent, carriéristes, on les retrouve là. Alors, ce n’est pas étonnant que ça change la philosophie. […] On a introduit la semence de la cupidité et ça, c’est très mauvais», a dénoncé l’ancien président sur les ondes de RDI. «Ceci a beaucoup influencé les projets, qui visent des rendements maxima et à devenir aussi performants que les banques, etc.», a-t-il ajouté. » (Alexandre Shields , Le Devoir, 29 avril 201???, http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/322147/les-critiques-de-claude-beland

 

« Les caisses populaires Desjardins n’ont de coopérative que le nom. Elles sont mêmes pires que les banques parce qu’elles sont plus hypocrites et toutes aussi profiteuses. Quand leurs dirigeants présentent leur institution à titre de coopérative, c’est simple, ils font preuve de dérision envers la population.

« Premièrement, les économistes de Desjardins […] tiennent un discours calqué sur celui des banques: réduction des dépenses gouvernementales, incluant la santé, l’éducation et la sécurité du revenu, mais accroissement des subventions aux entreprises, diminution radicale des impôts des entreprises et des nantis, allégement des lois sur le travail et sur l’environnement, remboursement de la dette, déficit zéro, etc. En passant, les caisses populaires Desjardins ne paient pratiquement pas d’impôt sur le revenu et de taxes sur le capital puisque le gouvernement les considère comme une coopérative en bonne et due forme. Quelle farce monumentale! » – Léo-Paul Lauzon, comptable agréé, professeur au département des sciences comptables de l’Université du Québec à Montréal, directeur du Laboratoire d’études socio-économiques depuis sa création en 1996, comptable agrée (C.A., 1er au Québec et 3e au Canada) et comptable en management accrédité (C.M.A., 1er au Canada), détenteur d’un doctorat en Sciences de Gestion de l’Université de Grenoble en France et d’une maîtrise en Administration des Affaires (M.B.A. Finance) des Hautes Études Commerciales de Montréal, auteur ou co-auteur de soixante-dix études et de près de vingt livres.


Entre parenthèses :

[À ceux qui prient, M. Claude Béland, ancien président du Mouvement Desjardins, propose une nouvelle prière : le matin :] « Ce que je ferai aujourd’hui contribuera-t-il à créer un monde meilleur? » [Le soir :] « Ce que j’ai fait aujourd’hui a-t-il contribué à créer un monde meilleur? » (Claude Béland, Plaidoyer pour une économie solidaire, Montréal, Médiaspaul, © 2009, p. 123)




 

VIENNE LE MOUVEMENT DE REFONDATION ET DE MORALISATION DU MOUVEMENT DESJARDINS !