Un patriote québécois : Jacques Couture

20 mai 2013 :

Journée nationale des patriotes, au Québec

Pour souligner la Journée nationale des patriotes, le Passeur de la Côte propose aux Québécois de lire un texte sur le patriote Jacques Couture, qui peut faire naître chez eux de belles idées, de beaux sentiments, des projets.

Le texte suivant a été publié dans le Prions en Église du 28 avril 2013.

Source : http://www.cjf.qc.ca/userfiles/file/Accueil_CJF/Avril_2013/Jacques_Couture_Prions-en-Eglise_Avril2013.pdf

VISAGE : JACQUES COUTURE

Par Marco Veilleux

Jacques Couture est né à Québec en 1929. Issu d’une famille bourgeoise, il est frappé par la pauvreté des quartiers de la

basse-ville de Québec. Il entre dans la Compagnie de Jésus et est ordonné prêtre en 1964. Conscient d’être un privilégié, il se fait alors un devoir de servir son prochain, au nom de l’Évangile et de la justice.

Engagement social et politique

Après son ordination, il s’installe dans le quartier populaire de Saint-Henri (Montréal), où il s’engage dans l’action citoyenne et l’organisation communautaire. Il est à l’origine des premiers camps familiaux, du Groupement familial ouvrier, du journal Opinion ouvrière, de comités de citoyens et du CLSC de Saint-Henri. Lors des émeutes du défilé de la Saint-Jean-Baptiste, à Montréal, en 1968, il est arrêté et incarcéré sans motif pendant quelques heures. Cette expérience fera naître en lui une solidarité durable avec les personnes dont les droits fondamentaux ne sont pas respectés. Il dira : « Tous ceux qui sont ainsi traités sont le Christ que l’on bafoue. »

Au milieu des années 1970, Jacques Couture prend la tête du mouvement de contestation du maire de Montréal de l’époque, Jean Drapeau. Il dénonce, chez ce dernier, « des projets de grandeurs ne profitant qu’à une classe privilégiée ». Il participe à la fondation du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) et devient, avec la permission de ses supérieurs, candidat à la mairie. À l’élection municipale de 1974, il arrive bon deuxième.

Impressionné par sa performance, René Lévesque, chef du Parti québécois, le convainc de se présenter à l’élection provinciale suivante. Le 15 novembre 1976, il est élu député de la circonscription de Saint-Henri à l’Assemblée nationale du Québec. En tant que politicien, il doit quitter la Compagnie de Jésus.

Nommé ministre du Travail et de l’Immigration, il est un des membres les plus progressistes du gouvernement Lévesque. Il fait adopter deux hausses significatives du salaire minimum, ouvre les portes du Québec aux réfugiés et met en place des mesures de francisation des nouveaux arrivants. Il facilite également la régularisation du statut de plus de 4000 Haïtiens et mobilise la population québécoise en faveur des boat people. En 1978, il signe une entente historique avec le gouvernement fédéral qui accorde plus de pouvoir au Québec en matière de sélection des immigrants (Entente Cullen-Couture).

Missionnaire à Madagascar

En janvier 1981, il quitte la vie politique et demande sa réintégration dans la Compagnie de Jésus. En 1982, à 52 ans, il est envoyé en mission dans un des quartiers les plus pauvres de la capitale malgache. Il y fonde un conseil de développement qui organise l’entraide, l’éducation, les soins de santé et la réinsertion des jeunes de la rue, ainsi qu’une coopérative de production qui génère des emplois. Cette ONG donne aux 35 000 résidants du quartier un véritable pouvoir sur leur développement. Jacques Couture devient vite l’étranger le plus connu et admiré de Madagascar. Mais sa santé décline et il est rapatrié, en 1995, à l’infirmerie des Jésuites à Saint-Jérôme où il meurt le 10 août.

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Journée nationale des patriotes

Source : http://www.journeedespatriotes.qc.ca/

« Ce jour férié soulignera la lutte des patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance nationale de notre peuple, pour sa liberté politique et pour l’obtention d’un système de gouvernement démocratique. »

C’est en ces termes que le Gouvernement du Québec créait en 2002 la Journée nationale des patriotes, le lundi précédant le 25 mai de chaque année (décret no 1322- 2002). C’est dire combien ce rendez-vous est l’occasion de commémorer la conquête de nos droits civils et de donner corps à la devise du Québec : Je me souviens.

Née en 1791, la démocratie québécoise est l’une des plus anciennes du monde. Elle a cependant connu un sérieux accroc de 1837 à 1841, alors que les institutions démocratiques et les droits de la personne sont abolis suite au Rapport Durham et en réponse à la lutte menée par les patriotes. Occasion de célébrer, la Journée nationale des patriotes rappelle aussi ce devoir de vigilance pour la sauvegarde de nos principes de démocratie en prenant exemple sur la lutte menée par nos ancêtres. Car c’est bien aux patriotes qu’on doit la naissance d’une presse libre au Canada (1806), du premier parti démocratique (1827), du réseau scolaire francophone laïc (1829). On leur doit également une fête et une Société Saint-Jean-Baptiste (1834) et la conquête pour nous du gouvernement responsable (1849). Bien plus tard, leurs héritiers tiendront haut le flambeau du libéralisme et du patriotisme jusqu’aux portes de la Révolution tranquille.

Célébrée au mois de mai, la Journée nationale des patriotes souligne en particulier la tenue, au printemps de 1837, de vastes assemblées publiques, partout au Québec, dénonçant les autorités coloniales et revendiquant la souveraineté du peuple. La lutte patriote fut donc aussi un vaste exercice de prise de parole pour des milliers d’agriculteurs, d’ouvriers et de notables, lésés dans leurs droits civils et nationaux, et qui ont alors senti de leur devoir d’affirmer haut et fort ce qu’ils souhaitaient pour eux et pour leur collectivité. À l’heure où il est beaucoup question de corruption, d’éthique, du respect des institution et du désintéressement envers la chose publique, la Journée nationale des patriotes est un moment privilégié pour rappeler la ténacité de Québécois d’hier et d’aujourd’hui dans la défense de nos droits collectifs dont l’épisode patriote constitue le jalon essentiel. La lutte patriote montre également que la défense des droits démocratiques est parfaitement compatible avec la promotion d’une identité culturelle distincte en Amérique; que l’avancement des droits de la majorité peut s’inscrire dans le respect des différences.

La Journée nationale des patriotes, c’est enfin la fête de toute l’histoire du Québec, à l’heure où l’histoire nationale occupe de moins en moins de place à l’école. Elle offre ainsi l’opportunité de rapprocher le public de son histoire par le biais de conférences, d’expositions et d’événements festifs. Cette année encore, pour sa dixième édition, nous souhaitons que la Journée nationale des patriotes soit soulignée dans toutes les régions du Québec par divers événements culturels auxquels toute la population est invitée à se joindre.

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