La 132 plutôt que la 20 : elle est plus intéressante.

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Rouler sur la 132 plutôt que sur la 2

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La 132 déborde de paysages magnifiques. 

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Notes

La 132 est une route secondaire, c’est la plus longue route du Québec; la 20 porte aussi le nom d’autoroute Jean-Lesage.

Madame le matricule 138 est une policière bien musclée de Montréal. On lui attribue à tort la préface du livre de Robert Walser intitulé Le Matricule des Anges.

Informations sur la richesse touristique de la 132 entre Lévis et Sorel :

Région Chaudière-Appalaches (Lotbinière, Lévis) :

http://www.chaudiereappalaches.com/fr/chaudiere-appalaches/secteurs-touristiques/

Région du Centre du Québec (Route des Navigateurs entre Baie-du-Febvre et Deschaillons-sur-Saint-Laurent, le long du fleuve Saint-Laurent; Baie-du-Febvre; Nicolet; etc.) :

http://www.tourismecentreduquebec.com/vacances-forfaits/index.aspx

Montérégie (Sorel-Tracy, Sainte-Anne-de-Sorel, Îles de Sorel, Contrecoeur, etc.) :

http://www.tourisme-monteregie.qc.ca/cyclotourisme-hotel-restaurant-musee-mariage-erable-pomme-cidre

Photos prises par le Passeur de la Côte (Roger Martel) le 29 septembre 2013.

Le monde regorge de beautés. Exemple : le temps des pommes au Québec, un après-midi ensoleillé.

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Photos prises au Verger Nicolois de Lévis (secteur Saint-Nicolas), le samedi 28 septembre 2013, par le Passeur de la Côte (Roger Martel).

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Vous voyez l’expression du visage de ce charmant enfant? C’est la première réponse à la demande de sa mère qui voulait le photographier : « Fais-moi donc un beau sourire. » L’enfant a rapidement accordé à sa mère ce qu’elle désirait : un vrai beau sourire.

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Le Village acadien.

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Cueillir des pommes, une activité familiale.

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Vraiment, un bel après-midi !

Le monde regorge de beautés. Exemple : la poésie populaire.

Et moi je m’enfouiyais

 

En passant près d’un moulin

Que le moulin marchait,

Et dans son joli chant disait :

Ketiketiketac, ketiketiketac ;

Moi je croyais qu’il disait :

Attrape, attrape, attrape, attrape, attrape, attrape,

Et moi j’ m’enfouiyais…

Et moi j’ m’enfouiyais.

 

En passant près d’un’ prairie,

Que les faucheurs fauchaient,

Et dans leur joli chant disaient :

Ah ! l’beau faucheur, ah l’beau faucheur

Moi je croyais qu’ils disaient :

Ah v’là l’voleur, ah v’là l’voleur !

Et moi je m’enfoui-foui…

Et moi j’ m’enfouiyais.

 

En passant près d’une église,

Que les chantres chantaient,

Et dans leur joli chant disaient :

Alleluia ! Alleluia !

Moi je croyais qu’il disaient :

Ah ! le voilà, ah ! le voilà !

Et moi je m’enfoui-foui…

Et moi je m’enfouiyais.

 

En passant près d’un poulailler

Que les poules chantaient,

Et dans leur joli chant disaient :

Coucouricou, coucouricou ;

Moi je croyais qu’ell’s disaient :

Coupons-y l’cou ! coupons-y l’cou !

Et moi je m’enfoui-foui…

Et moi je m’enfouiyais.

 

(Claude Roy, Trésor de la poésie populaire, textes choisis avec la collaboration de Claire Vervin, Paris, Seghers, 1967, p. 63-64)

Activités de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie en septembre 2013, à Québec

CONFÉRENCES

 

Le vendredi 27 septembre à 19 h auront lieu deux conférences sur l’histoire de la médecine et de la pharmacie à l’Amphithéâtre Hydro-Québec du Pavillon Desjardins de l’Université Laval.

 

La première est donnée par le docteur Marc Desmeules et s’institue: La révulsion : réflexions sur une approche thérapeutique millénaire et sur la persistance des théories médicales anciennes

La seconde est donnée par le professeur Gilles Barbeau et s’intitule: Littérature et cinéma; l’image du pharmacien.

 

 

 

 EXPOSITION

 

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http://www.sqhp.pha.ulaval.ca

https://www.facebook.com/pages/SQHP-Soci%C3%A9t%C3%A9-qu%C3%A9b%C3%A9coise-dhistoire-de-la-pharmacie/339713909473667

 

Droits de l’enfant : appel de l’ONU à la ratification de la convention relative aux droits de l’enfant

Source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 19 septembre 2013

La Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants a enjoint jeudi aux États signataires n’ayant toujours pas ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE) et ses trois Protocoles facultatifs de le faire dans les plus brefs délais, soulignant que la ratification de ces instruments est d’une importance capitale pour la protection des enfants contre les abus et mauvais traitements à l’échelle mondiale.

« Des millions d’enfants à travers le monde souffrent quotidiennement de violence, d’exploitation et de mauvais traitements. Ignorés par les statistiques et négligés par l’action politique, ce sont des victimes silencieuses, exclues du débat public », a déclaré Marta Santos Pais lors d’une conférence de presse à New York, ajoutant que les pays concernés auront l’occasion de ratifier la CIDE et ses Protocoles facultatifs lors de la Cérémonie des traités de 2013, les 24, 26 et 30 septembre et le 1er octobre prochains, au Siège de l’ONU.

Adoptée en 1998, la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE) a établi un ensemble de normes et d’obligations universellement acceptées, offrant une protection et un soutien pour les droits de l’enfant. Ses trois Protocoles facultatifs portent, respectivement, sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants ; l’interdiction d’impliquer des enfants dans les conflits armés ; et la mise en oeuvre de procédés permettant aux enfants de porter plainte auprès de l’ONU lorsque leurs droits sont bafoués.

« La Cérémonie des traités est l’occasion pour les États membres de réaffirmer ou d’exprimer leur engagement en faveur des droits de l’enfant partout dans le monde, y compris les enfants sous leur juridiction », a ajouté Ms. Santos Pais. « C’est aussi l’opportunité de rappeler aux États que la ratification, quoique déterminante, n’est que le point de départ d’un processus long et continu de mise en oeuvre nationale ».

Bien que la CIDE soit le traité international le plus largement et rapidement ratifié de l’histoire, il n’est pas encore parvenu à une ratification universelle. À l’heure actuelle, parmi les 193 États à avoir signé la Convention, seuls la Somalie, le Soudan du Sud et les États ne l’ont toujours pas ratifiée.

Le premier Protocole facultatif relatif à l’implication d’enfants dans les conflits armés, entré en vigueur en 2002, a quant à lui été ratifié par 152 États. Sur les États signataires de la CIDE restant, 20 l’ont signé, mais pas ratifié et 22 ne l’ont ni signé, ni ratifié.

« Chaque nouvel engagement nous rapproche d’un monde où tous les États s’accorderaient à dire que les enfants n’ont pas leur place sur les champs de bataille », a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants sur les conflits armés, Leila Zerrougui, également présente lors de la conférence de presse, tout en se félicitant du fait que de nombreux pays soient passés à l’étape suivante en pénalisant l’utilisation d’enfants de moins de 18 ans dans les conflit armés au de sein leur législations nationales ».

Le deuxième Protocole facultatif relatif à la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants est quant à lui plus proche de la ratification universelle, dans la mesure où 164 États l’ont déjà ratifié. Le troisième Protocole facultatif autorisant les enfants à porter plainte auprès de l’ONU, adopté en décembre 2011, n’a quant à lui été ratifié que par six États et signé que par 37 d’entre eux.

« La ratification et la mise en oeuvre des protocoles est indispensable pour jeter les bases d’une protection efficace des enfants contre la violence, les mauvais traitements et l’exploitation », a déclaré la Représentante spéciale, ajoutant que « les enfants sont des acteurs clés dans ce processus ».

Lors de la conférence, Mme Santos Pais a dévoilé une version destinée aux enfants du troisième Protocole facultatif, visant à les informer de leurs droits et prévenir ainsi leur victimisation. Cette version a été élaborée en consultation avec les enfants issus de différentes régions du monde et conçue comme un outil pour aider les jeunes à sensibiliser et à promouvoir la sauvegarde des droits de l’enfant.

Précisant qu’elle avait été témoin des effets dévastateurs des conflits sur les enfants recrutés par des groupes armés dans des pays comme la République démocratique du Congo (RDC) et l’Irak, Mme Zerrougui a exhorté en conclusion les États à prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher et pénaliser l’implication d’enfants de moins de 18 dans des conflits armés, ainsi qu’à apporter leur soutien pour aider les enfants victimes de mauvais traitements.

NOTE

Au http://www.crin.org/docs/FileManager/OP3_Fr_Annexe1.pdf, on trouve une « version du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant établissant une procédure de présentation de communications propose des explications simples du texteen français. Elle présente dans l’ordre toutes les sections du Protocole facultatif, et offre une description détaillée étape par étape de la signification du langage officiel. Afin de l’illustrer en pratique, des exemples issus d’autres procédures de communications similaires mises en œuvre aux Nations Unies sont également proposés lorsque cela est possible. Nous espérons que ces explications et ces exemples permettront une compréhension plus complète du mécanisme d’examen de plaintes de la Convention relative aux droits de l’enfant. »

Voir aussi le site du CRIN (Child Rights International Network) : http://www.crin.org/francais/index.asp.

L’accès aux médicaments abordables est d’importance vitale

Les médicaments ne devraient pas être un luxe

Texte tiré du site web de Médecins sans frontières (http://www.msf.ca/ptp/#bg).

Carmen Jose-Panti vit au Mozambique et fait partie des 10 millions de personnes séropositives dans le monde qui ont reçu un traitement abordable qui a transformé leur vie. « Auparavant, lorsque mon mari rentrait du travail, il me trouvait allongée dans mon lit. Maintenant que je prends ces médicaments, je peux faire la cuisine, faire le ménage et tenir un petit commerce par moi-même. »

La concurrence créée par les fabricants de médicaments génériques a contribué à diminuer le prix des médicaments antirétroviraux de 99 pour cent, une réduction considérable qui a fait baisser le prix à moins de 140 $ par patient et par an. Dans les pays en développement, ceci a donné la chance à davantage de patients atteints du VIH, comme Carmen, de survivre mais aussi de mener une vie plus enrichissante.

Cependant, le Canada participe à l’heure actuelle à des négociations sur un accord commercial qui pourrait mettre en péril les progrès accomplis et menacer la vie de millions de patients.

Les règles de propriété intellectuelle néfastes contenues dans l’Accord de Partenariat transpacifique (PTP) élaboré par les États-Unis pourraient étendre les monopoles des compagnies pharmaceutiques sur les médicaments d’origine. Elles leur permettraient de pratiquer des prix plus élevés pendant plus longtemps. Elles compliqueraient aussi beaucoup la production de médicaments génériques, moins chers et d’importance vitale pour les populations qui en ont besoin.

De nombreux pays et fournisseurs de traitements, comme Médecins Sans Frontières (MSF), dépendent des médicaments génériques de qualité, à un prix abordable, pour soigner des maladies mortelles comme le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose. Il est indispensable de garder des prix bas afin que nos patients, et des millions d’autres qui attendent encore un traitement dans le monde en développement, puissent obtenir les médicaments qu’ils requièrent.

Allez au http://www.msf.ca/ptp/#bg

pour signer la pétition suivante :

Le très hon. Stephen Harper, CP, député

Premier ministre du Canada

Monsieur le Premier ministre,

Je vous écris pour exprimer mes plus vives préoccupations en regard des dispositions proposées dans le cadre de l’Accord de Partenariat transpacifique (PTP) actuellement en cours de négociation entre le gouvernement canadien, les États-Unis et 10 autres pays côtiers du Pacifique.

Des dispositions incluses dans le PTP menacent de restreindre l’accès de millions de personnes à des médicaments abordables. Je m’inquiète sur le fait que les conditions préjudiciables contenues dans les chapitres sur la propriété intellectuelle, les investissements et la tarification des médicaments compliqueront l’acquisition de médicaments génériques bon marché pour les patients, les gouvernements et les fournisseurs de traitements dans les pays en développement.

Trop de personnes souffrent et meurent déjà en raison du prix trop élevé ou de l’absence des médicaments dont elles ont besoin. Je ne peux pas me résigner à voir cet accord restreindre encore plus cet accès.

J’appelle vivement le gouvernement canadien à rejeter ces dispositions néfastes à l’accès aux médicaments et à faire en sorte que le texte final du PTP soit conforme aux engagements du Canada en matière de santé publique à l’échelle mondiale. Les médicaments ne devraient pas être un luxe.

Je vous prie, Monsieur le Premier ministre, de recevoir mes plus sincères salutations.

Des progrès futurs de l’esprit humain (texte de la fin du siècle des Lumières)

Le texte reproduit ci-dessous a été écrit par Nicolas de Condorcet (1743-1794), mathématicien, philosophe et homme politique français. Je l’ai découvert dans le livre L’Histoire de Jean Ehrard et Guy Palmade (McGraw-Hill et Armand Colin, 1964). Sa lecture est très intéressante pour les citoyens des années 2000. Ehrard et Palmade le présentent ainsi :

« Lorsqu’ils scrutent le passé, les « philosophes » n’oublient jamais le présent. Il leur arrive même de rêver l’histoire de l’avenir. »

Roger Martel

Texte de Condorcet :

Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain

Dixième époque. Des progrès futurs de l’esprit humain.

Si l’homme peut prédire, avec une assurance presque entière les phénomènes dont il connaît les lois ; si, lors même qu’elles lui sont inconnues, il peut, d’après l’expérience du passé, prévoir, avec une grande probabilité, les événements de l’avenir ; pourquoi regarderait-on comme une entreprise chimérique, celle de tracer, avec quelque vraisemblance, le tableau des destinées futures de l’espèce humaine, d’après les résultats de son histoire ? Le seul fondement de croyance dans les sciences naturelles, est cette idée, que les lois générales, connues ou ignorées, qui règlent les phénomènes de l’univers, sont nécessaires et constantes ; et par quelle raison ce principe serait-il moins vrai pour le développement des facultés intellectuelles et morales de l’homme, que pour les autres opérations de la nature ? Enfin, puisque des opinions formées d’après l’expérience du passé, sur des objets du même ordre, sont la seule règle de la conduite des hommes les plus sages, pourquoi interdirait-on au philosophe d’appuyer ses conjectures sur cette même base, pourvu qu’il ne leur attribue pas une certitude supérieure à celle qui peut naître du nombre, de la constance, de l’exactitude des observations ?

Nos espérances sur l’état à venir de l’espèce humaine peuvent se réduire à ces trois points importants : la destruction de l’inégalité entre les nations ; les progrès de l’égalité dans un même peuple ; enfin, le perfectionnement réel de l’homme. Toutes les nations doivent-elles se rapprocher un jour de l’état de civilisation où sont parvenus les peuples les plus éclairés, les plus libres, les plus affranchis de préjugés, tels que les français et les anglo-américains ? Cette distance immense qui sépare ces peuples de la servitude des nations soumises à des rois, de la barbarie des peuplades africaines, de l’ignorance des sauvages, doit-elle peu à peu s’évanouir ?

Y a-t-il sur le globe des contrées dont la nature ait condamné les habitants à ne jamais jouir de la liberté, à ne jamais exercer leur raison ?

Cette différence de lumières, de moyens ou de richesses, observée jusqu’à présent chez tous les peuples civilisés entre les différentes classes qui composent chacun d’eux ; cette inégalité, que les premiers progrès de la société ont augmentée, et pour ainsi dire produite, tient-elle à la civilisation même, ou aux imperfections actuelles de l’art social ? Doit-elle continuellement s’affaiblir pour faire place à cette égalité de fait, dernier but de l’art social, qui, diminuant même les effets de la différence naturelle des facultés, ne laisse plus subsister qu’une inégalité utile à l’intérêt de tous, parce qu’elle favorisera les progrès de la civilisation, de l’instruction et de l’industrie, sans entraîner, ni dépendance, ni humiliation, ni appauvrissement ; en un mot, les hommes approcheront-ils de cet état où tous auront les lumières nécessaires pour se conduire d’après leur propre raison dans les affaires communes de la vie, et la maintenir exempte de préjugés, pour bien connaître leurs droits et les exercer d’après leur opinion et leur conscience ; où tous pourront, par le développement de leurs facultés, obtenir des moyens sûrs de pourvoir à leurs besoins ; où enfin, la stupidité et la misère ne seront plus que des accidents, et non l’état habituel d’une portion de la société ?

Enfin, l’espèce humaine doit-elle s’améliorer, soit par de nouvelles découvertes dans les sciences et dans les arts, et, par une conséquence nécessaire, dans les moyens de bien-être particulier et de prospérité commune ; soit par des progrès dans les principes de conduite et dans la morale pratique ; soit enfin par le perfectionnement réel des facultés intellectuelles, morales et physiques, qui peut être également la suite, ou de celui des instruments qui augmentent l’intensité et dirigent l’emploi de ces facultés, ou même de celui de l’organisation naturelle de l’homme ?

En répondant à ces trois questions, nous trouverons, dans l’expérience du passé, dans l’observation des progrès que les sciences, que la civilisation ont faits jusqu’ici, dans l’analyse de la marche de l’esprit humain et du développement de ses facultés, les motifs les plus forts de croire que la nature n’a mis aucun terme à nos espérances.

Si nous jetons un coup d’œil sur l’état actuel du globe, nous verrons d’abord que, dans l’Europe, les principes de la constitution française sont déjà ceux de tous les hommes éclairés. Nous les y verrons trop répandus, et trop hautement professés, pour que les efforts des tyrans et des prêtres puissent les empêcher de pénétrer peu à peu jusqu’aux cabanes de leurs esclaves ; et ces principes y réveilleront bientôt un reste de bon sens, et cette sourde indignation que l’habitude de l’humiliation et de la terreur ne peut étouffer dans l’âme des opprimés.

[…]

Telles sont les questions dont l’examen doit terminer cette dernière époque. Et combien ce tableau de l’espèce humaine, affranchie de toutes ces chaînes, soustraite à l’empire du hasard, comme à celui des ennemis de ses progrès, et marchant d’un pas ferme et sûr dans la route de la vérité, de la vertu et du bonheur, présente au philosophe un spectacle qui le console des erreurs, des crimes, des injustices dont la terre est encore souillée, et dont il est souvent la victime ! C’est dans la contemplation de ce tableau qu’il reçoit le prix de ses efforts pour les progrès de la raison, pour la défense de la liberté. Il ose alors les lier à la chaîne éternelle des destinées humaines : c’est là qu’il trouve la vraie récompense de la vertu, le plaisir d’avoir fait un bien durable, que la fatalité ne détruira plus par une compensation funeste, en ramenant les préjugés et l’esclavage. Cette contemplation est pour lui un asile, où le souvenir de ses persécuteurs ne peut le poursuivre ; où, vivant par la pensée avec l’homme rétabli dans les droits comme dans la dignité de sa nature, il oublie celui que l’avidité, la crainte ou l’envie tourmentent et corrompent ; c’est là qu’il existe véritablement avec ses semblables, dans un élysée que sa raison a su se créer, et que son amour pour l’humanité embellit des plus pures jouissances.

(Le texte de Condorcet présenté ci-dessus est tiré dehttp://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Esquisse_d%E2%80%99un_tableau_historique_des_progr%C3%A8s_de_l%E2%80%99esprit_humain/Texte_entier&printable=yes)

……

Le 20 septembre 2013, Lise Payette, Québécoise, indépendantiste, ministre au gouvernement du Québec entre 1976 et 1981, femme de combat, animatrice à la radio et à la télévision, auteure de téléromans, Lise Payette répondrait-elle à Condorcet ? Lisez-la.

Lise Payette, À tous les dieux qui règnent dans les cieux

Chronique parue dans Le Devoir le 20 septembre 2013

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/387926/a-tous-les-dieux-qui-regnent-dans-les-cieux

Vous avez beau faire la sourde oreille, vous ne pourrez pas continuer à faire semblant de ne pas entendre les Terriens qui vous crient après pour que vous daigniez les aider à sortir du bourbier dans lequel vous les avez laissés. Je comprends que ça doit être pas mal plus drôle au paradis, car personne n’est jamais revenu nous dire que la vie éternelle, quand les conditions sont réunies, c’est un gros plus.

Sur terre, c’est l’enfer. Les efforts qui ont été dépensés depuis des siècles et des siècles pour faire marcher la petite planète, notre gros lot à nous, n’ont jamais rien donné. On continue de s’entre-tuer un peu partout dans le monde. Chaque jour fournit son lot de bombes et de produits chimiques pour permettre à un Tout-Puissant (il y en a même plusieurs qui ne se privent pas) de s’en donner à coeur joie. Les humains, souvent, crèvent de faim. Ils sont frappés et méprisés. Certains fous qui les dirigent vont même jusqu’à les torturer, les brûler ou les exécuter sur la place publique. Ne perdez pas votre temps, vous, les dieux, à lever votre verre à la santé de ces pauvres gens, ça ne servirait à rien.

La planète elle-même s’épuise. Nous finirons par manquer de tout (…).

 

FIN

 

Madame Payette continue le combat.