Charte des valeurs québécoises, crucifix, fleur de lys et iris versicolore

Opinion du citoyen Antoine Baby de Saint-Antoine-de-Tilly

Lettre – La fleur de lys? Quatre trente sous pour une piastre!

Le Devoir, 15 octobre 2013 | Antoine Baby – Saint-Antoine-de-Tilly, le 10 octobre 2013 | Québec

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/389934/la-fleur-de-lys-quatre-trente-sous-pour-une-piastre

Madame Françoise David,

Les journaux du 10 octobre 2013 nous apprennent que vous avez suggéré de remplacer le fameux crucifix de l’Assemblée nationale par la fleur de lys. « Plus rassembleuse », auriez-vous ajouté.

Tout à fait d’accord pour remiser le crucifix, mais de là à le remplacer par une fleur de lys, autant dire que nous allons changer « quatre trente sous pour une piastre ». Dois-je vous rappeler, à vous qui êtes « de souche », que la fleur de lys comme composante du drapeau fleurdelisé est une survivance ringarde du temps où le Québec était la colonie d’une France monarchique et catholique qui n’existe plus ?

S’il faut absolument remplacer le crucifix par un emblème rassembleur, c’est à l’iris versicolore qu’il faut s’adresser. Il est d’ici, il est du Québec d’aujourd’hui. Dois-je vous rappeler, à vous qui êtes de l’Assemblée nationale, qu’en l’adoptant comme emblème officiel, l’assemblée précisait qu’il remplace le lis blanc qui avait été adopté en 1963 ?

Et pendant qu’on en est aux substitutions rassembleuses, on pourrait demander au fleurdelisé d’accompagner le crucifix au Musée de la civilisation. Nous leur ferions de belles funérailles en brandissant bien haut le drapeau des Patriotes orné de l’iris du Québec. En 1838, à l’époque où ce drapeau tentait de faire surgir du Bas-Canada une république souveraine, Robert Nelson bien que n’étant pas de souche comme plusieurs autres patriotes, mettait en avant un projet de société d’une étonnante actualité. Se réclamant stratégiquement des « décrets de la Divine providence qui nous permet de renverser un Gouvernement », cette déclaration consacrait la séparation de l’Église et de l’État, assurait l’égalité de tous devant la loi et le droit de tous à l’éducation, assurait l’émancipation des autochtones et quoi encore.

Au regard du Québec d’aujourd’hui, il n’y manquait somme toute que la reconnaissance du droit de vote aux femmes. Mon propos n’est pas d’essayer de gommer le passé ; il est plutôt de savoir ce que nous en ferons. L’histoire n’est pas là pour qu’on y accroche nostalgiquement le présent. Elle nous dit plutôt ce que nous pouvons faire demain en nous rappelant ce que nous avons fait hier.

Antoine Baby – Saint-Antoine-de-Tilly, le 10 octobre 2013

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