Les Méganticois reçoivent un cadeau du Chairman of the Board, The Montreal, Maine & Atlantic.

En guise de cadeau du Jour de l’An, Monsieur Edward A. Burkhardt, Chairman of the Board, The Montreal, Maine & Atlantic, a annoncé aux citoyens de Lac-Mégantic que sa compagnie utiliserait désormais des locomotives pouvant se transformer instantanément en pompe à incendie, si jamais c’est nécessaire (naturellement, M. Burkhardt a pris soin d’assurer à son auditoire qu’une catastrophe comme celle du 2013 ne se reproduira pas, propos salués par maints applaudissements des membres de nombreuses Chambres de commerce présentes).

locomotive servant de pompe a incendie_accident ferroviaire

Savez-vous que le Chairman of the Board, The Montreal, Maine & Atlantic, pratique l’art vocal et qu’il adare les chansons de gore. M. Burkhardt enseigne même le chant, c’est un spécialiste de la musique qui dévale rapidement ainsi que des signes qui indiquent une élévation ou un abaissement de tons dans le courant d’un morceau, signes mieux connus sous le nom d’accident. Parolier à ses heures, le Chairman of the Board, The Montreal, Maine & Atlantic, a écrit Dans l’train pour Mégantic, une idée que lui a apportée le souffle de l’explosion de son train dans le cœur de Lac-Mégantic; en exclusivité, je vous en présente les premiers vers :

Tchou, tchou

Dans l’train pour Mégantic

Le conducteur avait débarqué

Hélas y avait des explosifs

Et l’train filait cent mille à l’heure

Pauvres gens de Mégantic

Boum, boum

Pauvres gens de Mégantic

Rappel 

« Le 6 juillet 2013, vers 1 h 14, un train de 72 wagons-citernes transportant du pétrole brut et de 5 locomotives de la compagnie Montreal, Maine & Atlantic déraille dans le centre-ville de Lac-Mégantic. Cinq wagons-citernes explosent et un incendie ravage la ville, forçant l’évacuation d’environ 2 000 personnes. Le 19 juillet 2013 , La Sûreté du Québec confirme son bilan de 47 morts notant que cinq corps n’avaient pas été retrouvés. » (Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Lac-M%C3%A9gantic)

« Lac-Mégantic – La course folle d’un train en flammes aura fait de Lac-Mégantic une ville en deuil, qui se retrouve à souffrir en même temps toutes sortes de morts: disparition de dizaines de victimes []; dévastation totale d’un centre-ville historique; économie touristique grevée et des gens sans emploi, sans maison; jusqu’à une grande fragilité environnementale, les déversements de pétrole ayant porté atteinte à la majesté du lac et la rivière qui se trouve à son embouchure.

« Désolation. C’est devenu le maître mot utilisé à la ronde par plusieurs depuis qu’un train de la Montreal, Maine and Atlantic Railway Inc. a littéralement enflammé le cœur de la ville vers 1 h samedi, dans une série d’explosions à la force destructrice. Il exprime tant la détresse des proches des disparus, évalués par les autorités à environ quarante, que l’ampleur du sinistre urbain, municipal, environnemental et historique. » (Marie-Andrée Chouinard , Lac-Mégantic, ville dévastée, le Devoir, 8 juillet 2013, http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/382465/lac-megantic-ville-devastee)

Note 1 : La French Language Version du site web de l’entreprise The Montreal, Maine & Atlantic ne compte qu’une dizaine de lignes en français. D’où l’utilisation dans ce texte de Chairman of the Board, The Montreal, Maine & Atlantic.
Note 2 : L’illustration es tirée de la revue La Science et la Vie, tome 1, numéro 1, avril 2013, p. 83.

Roger Martel (le Passeur de la Côte)

Promenade à Québec, sur les Plaines d’Abraham, le 28 décembre 2013

Le samedi 28 décembre 2013, la Ville de Québec inaugure un anneau de glace dans le Parc des champs de bataille (Plaines d’Abraham). Allons-y !

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Ailleurs sur les Plaines :

 

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Ils ont patiné ensemble; ils en sont très heureux, c’est évident ! Derrière eux, le fleuve Saint-Laurent.

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FIN

 

Pas de justice pour les personnes lésées par les entreprises extractives canadiennes oeuvrant hors du Canada

Source : http://amnistie.ca/simpliquer/actions/vos-plumes/pas-justice-pour-personnes-lesees-par-entreprises-extractives-oeuvrant

A vos plumes! Québécois, Canadiens, écrivez à votre député fédéral. – Agissez avant le 31 mai 2014

 Trouvez le nom et l’adresse de votre député(e) fédéral(e) sur le site du Parlement du Canada

 

Utile à savoir : Aucun timbre n’est nécessaire si vous envoyez la lettre à l’adresse parlementaire de votre député(e) à la Chambre des communes à Ottawa.

 

CONTEXTE

 

Un grand nombre d’entreprises extractives (minières, pétrolières et gazières) à travers la planète sont liées d’une manière ou d’une autre au Canada.

 

Malheureusement, lorsqu’une entreprise extractive canadienne exerce des activités à l’étranger et que ces activités provoquent des dommages, les personnes lésées n’ont souvent nulle part où réclamer justice. En effet, à l’intérieur du pays hôte, la loi est la plupart du temps peu exigeante vis-à-vis des entreprises extractives, ou bien son application comporte des lacunes. Les personnes lésées ne peuvent pas non plus accéder à la justice au niveau international, car il n’existe pas de règles obligatoires pour les entreprises à ce niveau. Finalement, au Canada, les mécanismes en place sont peu utiles pour les victimes étrangères, car ils sont soit difficiles d’accès soit peu efficaces.

 

Écrivez à votre député(e) fédéral(e) pour lui demander de garantir l’accès à la justice au Canada pour les personnes lésées par les activités à l’étranger des entreprises extractives canadiennes. Demandez-lui d’agir pour soutenir : (1) la création d’un Ombudsman de l’industrie extractive ; (2) l’adoption d’une loi garantissant l’accès aux tribunaux canadiens aux personnes ayant subi un grave préjudice en raison des activités menées à l’étranger par une entreprise canadienne.

 

 

Lettre modèle

 

Monsieur ou Madame (nom de famille),

 

Je vous écris pour vous demander de garantir que les personnes ayant subi un préjudice attribuable aux activités à l’étranger des compagnies minières, pétrolières et gazières canadiennes puissent avoir accès à la justice au Canada. À cet effet, le Canada doit se doter d’un Ombudsman de l’industrie extractive et d’une loi garantissant l’accès aux cours de justice canadiennes.

 

Le Canada héberge plus de la moitié des compagnies minières du monde, qui ont des projets actifs dans plus de 100 pays. Les compagnies minières, pétrolières et gazières canadiennes sont souvent perçues comme représentant le Canada à l’étranger, mais des violations des droits humains, des dommages à l’environnement, des déplacements forcés et des violations des droits fondamentaux du travail sont de plus en plus associés à ces projets.

 

Il n’existe pas actuellement de système international réglementant l’extraction des ressources pour protéger les droits humains ou l’environnement. Dans de nombreux pays où les compagnies extractives sont activement présentes, il n’existe pas de mécanismes de protection, ou bien ils ne sont pas appliqués. Les institutions multilatérales sont quant à elles souvent faibles ou inaccessibles. Il y a aussi des obstacles à obtenir justice au Canada.

 

Le gouvernement du Canada se doit d’agir maintenant pour garantir que les compagnies minières, pétrolières et gazières canadiennes appliquent les normes internationales en matière de droits humains, de travail et d’environnement. Vous êtes mon député/ma députée. À ce titre, je vous demande d’œuvrer au Parlement pour obtenir :

 

La création d’un poste indépendant d’Ombudsman de l’industrie extractive ayant le pouvoir d’enquêter sur les plaintes et de faire des recommandations, y compris la suspension ou la cessation de l’appui du gouvernement canadien aux compagnies ne respectant pas les normes internationales. À la différence du Bureau du conseiller en RSE, l’ombudsman doit avoir le mandat de rendre ses conclusions publiques et d’accomplir ses fonctions sans égard à la volonté de participation ou non d’une compagnie; et

 

L’adoption d’une loi garantissant l’accès aux tribunaux canadiens aux personnes ayant subi de graves préjudices causés par les activités à l’étranger des compagnies canadiennes. Une telle loi doit affirmer clairement que les cours de justice canadiennes constituent un lieu qualifié pour entendre les réclamations contre les compagnies enregistrées au Canada. Jusqu’à ce jour, les cours canadiennes se sont montrées réticentes à entendre les causes présentées par des plaignants étrangers, les privant dans les faits de l’accès à la justice au Canada.

 

J’en appelle à vous pour que vous appuyiez ces mesures et pour que vous appeliez tous les parlementaires à les soutenir aussi.

 

Je vous prie de m’informer, dès que cela vous sera possible, de votre position à ce sujet et des actions que vous comptez entreprendre.

 

Veuillez recevoir, Monsieur/Madame, mes plus sincères salutations.

Ce qu’il faut savoir sur Jésus, personnage historique

NOЁL

JÉSUS

IL FAUT SAVOIR AU MOINS ÇA :

JÉSUS N’A RIEN ÉCRIT. EST-CE ÉTONNANT?

« Les conditions d’écriture dans l’Antiquité ne permettaient pas de prendre des notes comme on le fait aujourd’hui. […] On n’écrivait alors que très lentement et le support (papyrus ou parchemin) était cher. Il est anachronique d’imaginer les disciples mettant par écrit leurs souvenirs, le soir à l’étape, après une journée bien remplie.

« Par ailleurs, l’Orient antique accorde une toute autre valeur que le monde occidental actuel aux traditions orales. À l ‘époque du Christ les traductions araméennes de la Bible hébraïque qu’on utilisait dans la liturgie étaient bien fixées tout en restant orales; elles ne seront mises par écrit que plus tard. Il en est de même des propos des célèbres rabbins du 1er siècle, tels Hillel ou Shammaï, dont l’enseignement se transmettra oralement jusqu’à sa consignation écrite dans le Mishna, deux siècles plus tard.

« Dans le monde juif des débuts de l’ère chrétienne, tout comme dans les civilisations orales d’aujourd’hui où la parole donnée a plus de force qu’un bout de papier, fidélité à la transmission n’implique pas écriture. »

(M. Quesnel, L’Histoire des Évangiles, cerf, p. 32; cité dans la revue Notre Histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 6)

LES ÉVANGILES : MYTHE, LÉGENDE, RÉALITÉ HISTORIQUE

« Un grave malentendu est à la base de beaucoup de difficultés concernant l’historicité des évangiles. La réflexion occidentale reste très marquée, depuis un siècle, par une notion d’histoire héritée du positivisme : pour ce courant de pensée, ne mérite le label d’historique que ce qui est d’ordre factuel. Dans ces conditions, l’histoire serait seulement la somme de ce qui s’est effectivement produit dans le passé et l’idéal de l’historien serait de parvenir à retrouver immédiatement la « réalité historique », comme s’ en avait été le témoin direct et neutre. Ceci ne peut être qu’une illusion, car l’historien est toujours impliqué dans la compréhension et l’explication des événements passés. Un événement passé ne prend son statut historique qu’à partir du moment où il est interprété. Par exemple, un témoin idéal ne peut pas dire, le 14 juillet 1789, que la Révolution française commence : cela suppose du recul et l’achèvement de cette Révolution. Le passé qui serait conçu comme l’addition de tout ce qui s’est effectivement passé est hors de portée de l’historien.

« Si nous acceptons de renoncer à l’objectivité chimérique prônée par le positivisme, nous comprendrons que les récits évangéliques ont bien le statut d’histoire : leurs narrateurs ne sont pas des témoins neutres, mais des hommes impliqués dans la compréhension de la personne de Jésus. Les récits évangéliques n’ont donc pas le statut de constat d’huissier, mais celui de la narration : ils sont écrits après coup, ils sont compréhension du passé et non vision immédiate du présent de l’événement.

« Il n’est pas question pour autant de se réfugier dans le seul domaine de la compréhension. La croix n’a de sens que si Jésus est bien mort sur la croix. Ses paroles sont inséparables de ses actes. Sans historicité, la foi chrétienne, dont témoignent les évangiles, se réduirait à un mythe ou à une philosophie. C’est dire que la question de l’historicité (dégagée de la vision positiviste) reste essentielle pour la lecture des évangiles. »

(François Brossier, Les évangiles ont-ils valeur historique, Notre Histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 47-48)

CHACUN DES ÉVANGILES EST BIEN « L’ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST »

« Au-delà de l’enseignement des Apôtres, il faut cependant, explique en 1957 l’exégète suédois Harald Riesenfeld, voir la tradition évangélique trouver son origine directe dans l’enseignement et dans les gestes de Jésus. À l’égard de ses disciples, Jésus employa certainement, mutatis mutandis, les méthodes des Rabbins. Il leur apprit proprement, souvent par cœur, ce qu’il voulait les voir retenir.

[…]

« La conclusion à laquelle Riesenfeld aboutit est que chacun de nos évangiles est bien, selon la formule de Marc (1, 1), l’ »évangile du Christ (…) ».

(R. Marlé, dans Bilan de la théologie, tome II, p. 64-65, Casterman, 1970; cité dans la revue Notre Histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 7)

POINTS DE VUE SUR L’ENFANCE DE JÉSUS

« Les récits concernant l’enfance de Jésus ne sont rapportés que par deux évangélistes : Mathieu (chapitres 1 et 2) et Luc (chapitres 1 et 2). Dans chacun de ces évangiles, ces deux chapitres sont une sorte de prologue montrant comment la mission de Jésus est anticipée de façon prophétique par les événements qui se sont produits autour de sa naissance.

« Mathieu raconte les choses du point de vue de Joseph. Dès ses premiers mois, Jésus est rejeté par les chefs juifs (Hérode) et vénéré par les païens (les mages).

« Chez Luc au contraire, Marie est au premier plan. Un parallèle est établi entre Jean-Baptiste, symbole de l’Ancien Testament, et Jésus : Jésus est présenté comme le Prophète avec un grand P qui ferme l’Ancien Testament pour ouvrir le Nouveau, accueilli avec joie par les pauvres.

« Mathieu de Luc ont chacun leur point de vue théologique, discernable dans la présentation qu’ils font des événements. Leurs différences n’empêchent pourtant pas leurs points communs, qui proviennent de traditions anciennes : Jésus de Nazareth est né Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode; Joseph est appelé son père, mais il fut conçu du Saint Esprit, et Marie, sa mère, état vierge. »

(M. Quesnel, L’Histoire des Évangiles, cerf, p. 32; cité dans Notre Histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 34)

LES TEXTES APOCRYPHES ET L’ENFANT-JÉSUS

« La naissance de Jésus, avec l’étable, l’âne, le bœuf et tant d’autres détails qui viennent à l’esprit : les évangiles ne sont guère bavards… Il faut se tourner vers d’autres textes, qu’on dit « apocryphes » [« ouvrages non reconnu comme inspirés et normatifs »] Dans ces récits, il y a vraiment de tout : des éléments respectables, mais aussi des détails de fort mauvais goût. » (Légende accompagnant une illustration du texte de François Brossier, Les évangiles ont-ils valeur historique, Notre Histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 52) (Note : Dans une autre légende, il est dit que ce sont des évangiles apocryphes qui affirment que le nombre des mages qui allèrent adorer l’Enfant-Jésus étaient au nombre de trois et qui donnent des détails concernant l’enfance de Jésus.)

ENTRE SON BAPTÊME ET SA MORT, JÉSUS…

« Entre son baptême par Jean [l’année qui suit le 1er octobre 27 (ou 19 août 28)] et sa mort violente, Jésus parcourt la Galilée et la Judée, invitant ses contemporains à se préparer à la venue imminente du règne de Dieu. Par ses miracles et par sa parole, il soulève un enthousiasme messianique qui menace de dégénérer en soulèvement politique. Mais Jésus veut seulement jeter dans les cœurs de quelques disciples une semence qui, en germant, fera sauter les barrières dans lesquelles s’enfermaient les dirigeants religieux de l’époque. Son massage est la Bonne Nouvelle de l’amour qui doit régner sur terre comme au ciel. » (Xavier Léon-Dufour, Dictionnaire du Nouveau Testament, deuxième édition revue, Éditions du Seuil, © 1975, collection Livre de vie, 1978, p. 25)

JÉSUS A PARLÉ

Jésus a dit qui il est.

« Le Père et moi, nous sommes un. » (Jean, 10,30)

« La parole que vous entendez n’est pas de moi, c’est la parole de celui qui m’a envoyé. » (Jean, 14, 31)

Jésus a livré un message.

« Celui qui m’a envoyé est véridique et ce que j’ai appris de lui je le dis au monde, ce que le Père m’a enseigné je le dis. » (Jean, 8, 26-28)

« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour. Je vous ai dit ces choses pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; je vous appelle amis parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et que vous portiez du fruit et un fruit qui dure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom il vous l’accordera. Ce que je vous commande c’est de vous aimer les uns les autres. » (Jean, 15, ???-17)

Jésus a demandé d’agir conformément à son message.

Un légiste demanda à Jésus qui était son prochain. Jésus lui répondit ceci :

« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba aux mains des brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et l’abandonnèrent à demi-mort. Or, fortuitement, un prêtre descendait par ce chemin-là et, le voyant, passa de l’autre côté. Un prêtre, par hasard, descendait par le même chemin. I vit l’homme, prit l’aitre côté de la route et passa. Puis un lévite survint. Il vit l’homme, prit l’autre côté de la toute et passa, lui aussi. Mais un Samaritain qui était en voyage, arrivé là vit l’homme, en fut tout ému. Il s’approcha, banda les plaies en y versant de l’huile et du vin puis il le chargea sur sa propre monture, e conduisit à une hôtellerie et veilla sur lui. Le lendemain il prit deux deniers et les donna au patron de l’hôtel en disant : « veillez sur lui et si vous dépensez plus que ceci je le paierai à mon retour. » Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands? – Va et toi aussi fais comme lui.

(Évangile selon saint Luc, 10, 30-37)

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Source : Notre histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 56

Cette page a été conçue par le Passeur de la Côte.

Pétition contre la francophobie au Canada

http://francophobie.org/formulaire.php

Cliquez sur le lien ci-dessus pour signer la pétition contre la francophobie.

 

UNI-E-S CONTRE LA FRANCOPHOBIE

Au Québec, dans tous les milieux, on condamne de plus en plus haut et fort la misogynie, l’homophobie, l’intimidation, l’islamophobie et les préjugés contre les Autochtones. Une autre forme de discrimination, la francophobie, tend à réapparaître. Aujourd’hui, nous unissons nos voix pour la dénoncer!

La période post-référendaire sur la question linguistique a été qualifiée par certains de « paix linguistique ». Ce fut aussi l’époque du mouvement « partitionniste » et du « Québec bashing » que des sociologues ont reconnu comme des dérapages racistes à l’égard du Québec. On a tenté de réprimer toute réaction aux affaiblissements de la Charte de la langue française et au déclin du français au Québec et au Canada en les qualifiant pour les minimiser de « vieilles chicanes stériles ».

Le fait de défendre la langue et la culture françaises a été taxé de fermeture d’esprit, de repli culturel et de passéisme. Pourtant, avoir une langue et une culture commune est un facteur d’inclusion de tous les citoyens à une société d’accueil. Il existe des lois linguistiques partout dans le monde, soit dans quelque 190 États et 110 pays, dont le Canada et les États-Unis. Pourquoi le Québec ferait-il exception à la règle?

En somme, les indépendantistes, les francophones, les francophiles, le Québec français au grand complet sont qualifiés d’intolérants, sinon de racistes, dans plusieurs médias anglophones au Québec et au Canada, y compris dans certains médias francophones.

Plusieurs de ces médias auraient peut-être un certain examen de conscience à faire. Nous ne saurons probablement jamais s’il y a eu un lien de causalité entre l’attentat et le meurtre perpétré le soir de l’élection du Parti québécois le 4 septembre 2012 et la campagne francophobe véhiculée dans certains médias, mais, chose certaine, nous pouvons affirmer qu’elle n’a pas contribué et ne contribue toujours pas à faire baisser la tension. Aujourd’hui, nous condamnons l’agression du 4 septembre et les propos qui auraient pu encourager le présumé auteur à agir!

Ce n’est pas d’hier qu’au Canada anglais on tente d’intimider et de culpabiliser les promoteurs et les défenseurs de la langue française. L’opposition à des services en français pour les communautés francophones et acadiennes y est souvent exprimée avec acrimonie.

Ces allégations contre l’aménagement linguistique québécois sont éminemment discriminatoires, car une même politique est jugée différemment selon qu’elle s’applique au Québec ou au Canada anglais. L’accès à tous les services en anglais pour toute la population en tout temps et partout au Québec serait un droit fondamental, alors que dans le reste du Canada, on passe sous silence l’absence généralisée des services en français aux francophones. Voilà un bel exemple des deux poids, deux mesures. Et on omet de rappeler qu’à partir des débuts du régime britannique jusqu’aux années 1960, des provinces canadiennes sont devenues majoritairement anglophones en ayant recours à des lois prohibant l’usage du français aux francophones dans les écoles et dans les institutions publiques. Plus de 75% des francophones hors Québec ont été anglicisés par ces mesures assimilationnistes.

Depuis quelques années, malgré ce discours dénigrant, plusieurs personnalités sont sorties publiquement pour s’opposer aux reculs du français et de l’aménagement linguistique. Voyant les défenseurs de la langue française se mobiliser, le vrai visage de la francophobie se dévoile peu à peu. Depuis que le Parti québécois parle de bonifier la Charte de la langue française, la diabolisation des francophones va jusqu’à associer au nazisme les groupes pacifiques de défense et de promotion du français. Les injures ont atteint une rare et inquiétante intensité dans le cadre du débat sur la laïcité au Québec.

Ces étiquettes accolées aux francophones entretiennent des préjugés de façon durable. Ces accusations abusives créent la division en suscitant la peur et la méfiance chez les nouveaux arrivants et les anglophones, les aliénant de la société québécoise ou canadienne-française. Elles tendent à délégitimer le français comme langue commune et d’intégration, et le droit du peuple québécois à l’autodétermination.

Nous n’affirmons pas qu’il y ait plus ou moins de racisme ou d’intolérance au Québec qu’ailleurs. Aujourd’hui, nous unissons nos voix pour dire que nous n’accepterons plus de nous faire intimider en nous laissant qualifier collectivement de racistes! Nous considérons que le dénigrement généralisé n’est acceptable envers aucun groupe d’appartenance ou de communauté culturelle.

Aujourd’hui, nous invitons les citoyennes et les citoyens du Québec, du Canada et de partout à se lever pour rejeter le discours d’intimidation et de mépris et clamer bien haut qu’un débat démocratique doit se fonder sur le respect et la dignité.

SOURCE : http://francophobie.org/declaration.php

Le surdiagnostique est le principal problème confrontant les systèmes de santé des pays avantagés en ressources.

Fernand Turcotte, professeur émérite émérite de médecine préventive et santé publique au département de médecine sociale et préventive de l’Université Laval, a prononcé en 2013 une conférence que l’on pourrait intituler « Le surdiagnostique, Rendre les gens malades par la poursuite de la santé ». Au sujet du surdiagnostique, les Sceptiques du Québec ont écrit ceci :

Le surdiagnostique est le principal problème confrontant les systèmes de santé des pays avantagés en ressources. Le surdiagnostique est le diagnostique donné à une personne qui n’en a pas besoin. En plus d’être inutile, ce diagnostique n’est pas inoffensif puisqu’il appelle le surtraitement.

 

Les facteurs socioculturels ainsi que les principes fondant la prestation des services de santé qui tiennent un rôle dans le surdiagnostique seront révisés et discutés pendant la conférence. En plus d’aggraver la tendance lourde à la surmédicalisation, le surdiagnostique et le surtraitement ruinent la qualité de vie de bien des gens, ce qui constitue une contradiction flagrante de la mission principale de l’institution médico-hospitalière qui est le soulagement de la souffrance.

(Source : Les Sceptiques du Québec, http://www.sceptiques.qc.ca/activites/conferences)

( Fernand Turcotte est professeur émérite de médecine préventive et santé publique au département de médecine sociale et préventive de l’Université Laval, dont il est un des fondateurs. Il est diplômé en médecine de l’Université de Montréal et en santé publique d’Harvard University. Il a réalisé plusieurs travaux de recherche en évaluation de certaines méthodes de prévention, dont le dépistage et la surveillance médicale en milieu de travail. Il a traduit plusieurs oeuvres de Nortin Hadler en santé publique, notamment Malades d’inquiétude ? – Source : Les Sceptiques du Québec, http://www.sceptiques.qc.ca/activites/conferences )

…………

« Les Sceptiques du Québec inc. est une association à but non lucratif fondée en 1987. Son principal objectif est de promouvoir la pensée critique et la rigueur scientifique dans le cadre de l’étude d’allégations de nature pseudoscientifique, religieuse, ésotérique ou paranormale. La corporation compte près de 400 membres et abonnés à travers le Québec, dont une quarantaine de membres actifs qui sont tous des bénévoles. » ( http://www.sceptiques.qc.ca/association/mission)

Nombre sans précédent de personnes déracinées en 2013

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) annonce un nombre sans précédent de personnes déracinées en 2013

Source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

20 décembre 2013 –

Dans un rapport publié vendredi, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) prévient qu’en 2013 un nouveau record pourrait être atteint avec le plus haut niveau de déplacements forcés de population jamais observé, à cause du nombre exceptionnellement important de nouveaux réfugiés et de personnes nouvellement déplacées.

Selon le rapport, près de 5,9 millions de personnes ont été forcées de fuir leurs maisons durant le premier semestre 2013, en comparaison de 7,6 millions pour toute l’année 2012. Le pays ayant généré le plus grand nombre de personnes déracinées est la Syrie.

Le rapport statistique du HCR sur les tendances mondiales pour le premier semestre 2013 couvre les déplacements forcés de population qui se sont produits à cette période, selon les données collectées par les représentations du HCR dans plus de 120 pays. Il montre une forte hausse de plusieurs indicateurs importants, et notamment du nombre de nouveaux réfugiés qui atteint 1,5 million pour le premier semestre 2013 en comparaison de 1,1 million pour l’ensemble de l’année 2012.

Un autre indicateur concerne les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, avec quatre millions de déplacés internes enregistrés au premier semestre 2013, en comparaison de 6,5 millions pour toute l’année 2012. Par ailleurs, plus de 450.000 demandes d’asile ont été déposées, ce chiffre étant toutefois similaire à celui observé durant le premier semestre 2012. Le rapport décrit le premier semestre 2013 comme « l’une des pires périodes depuis des décennies pour le déplacement forcé. »

« Il est difficile de voir des chiffres si élevés sans demander pourquoi tant de personnes deviennent aujourd’hui des réfugiés ou des personnes déplacées internes », a indiqué le chef du HCR, António Guterres, dans un communiqué de presse.

« Les organisations humanitaires fournissent une assistance vitale, mais nous ne pouvons ni empêcher ni faire cesser les guerres. Ceci nécessite beaucoup d’efforts et de volonté politique, ce sur quoi doit se concentrer l’attention de la communauté internationale de façon bien plus concertée », a-t-il ajouté.

Le déplacement forcé – qui concernait 45,2 millions de personnes dans le monde à la fin 2012 – est déjà à son plus haut niveau depuis le début des années 1990, essentiellement du fait de l’escalade des nouveaux conflits. Ce chiffre n’est pas mis à jour dans ce tout dernier rapport statistique du HCR sur les Tendances mondiales pour le premier semestre 2013.

Toutefois, il le sera dans le rapport sur les Tendances mondiales pour 2013 qui sera publié à la mi-2014. Le rapport lance néanmoins une alerte sur le niveau du déplacement forcé global pour l’année 2013 qui pourrait être encore plus élevé qu’en 2012, principalement à cause de la poursuite d’afflux massifs depuis la Syrie et de nombreux déplacements de population à l’intérieur même de ce pays.

Le HCR travaille à aider les réfugiés dans les crises majeures à travers le monde, à l’exception des réfugiés palestiniens placés sous la responsabilité de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) ainsi que des situations de déplacement interne où les déplacés bénéficient d’une aide directe assurée par les autorités de leur propre pays.

Le rapport met en lumière, dans plusieurs régions, des hausses de populations « relevant de la compétence » du HCR. Il s’agit, par rapport au nombre de réfugiés à la fin 2012, d’une hausse de 600.000 personnes pour atteindre le nombre de 11,1 millions à la mi-2013 ainsi que d’une forte augmentation du nombre de déplacés internes relevant de la compétence du HCR depuis 17,7 millions à la fin 2012 à 20,8 millions à la mi-2013.

Par ailleurs, 189.300 réfugiés sont rentrés dans leurs pays d’origine durant les six premiers mois de 2013, alors que 33.700 autres ont bénéficié d’une réinstallation dans des pays tiers. Environ 688.000 personnes déplacées internes sont rentrées chez elles dans les pays où le HCR vient en aide à des déplacés internes. L’Afghanistan demeure le principal pays générant des réfugiés, soit 2,6 millions, et le Pakistan, le principal pays d’accueil, avec 1,6 million de réfugiés sur son sol.

Solidarité : nous connaissons le mot; pratiquons la chose qu’il désigne.

Journée internationale de la solidarité humaine

BAN KI-MOON SOULIGNE LE BESOIN DE DAVANTAGE DE SOLIDARITÉ POUR MIEUX LUTTER CONTRE LA PAUVRETÉ ET LES INÉGALITÉS

source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 20 décembre 2013

À l’occasion de la , le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a souligné vendredi l’importance d’un effort commun de la communauté internationale pour lutter contre la pauvreté, la faim et les inégalités.

       « À l’aube de ce siècle, les dirigeants mondiaux réunis au Sommet du Millénaire ont réaffirmé leur attachement à la paix et à la sécurité, aux droits de l’homme et à la bonne gouvernance », a rappelé M. Ban dans son message pour la journée.

Les dirigeants mondiaux sont convenus d’un ensemble d’objectifs assortis d’échéances, récapitulés dans les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), en vue d’éliminer d’ici à 2015 l’extrême pauvreté et la faim, ainsi que de lutter contre les maladies évitables et d’autres maux sociaux et économiques mondiaux.

Le Secrétaire général a rappelé que ces objectifs exigeaient de chacun d’entre nous le respect mutuel et le partage des responsabilités.

« Nous marquons cette année la Journée internationale de la solidarité humaine en affirmant notre détermination à travailler ensemble à combler les lacunes qui subsistent pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et définir la voie à suivre après 2015 afin d’instaurer un avenir plus viable pour tous », a déclaré M. Ban.

 

Le chef de l’ONU a indiqué que chacun a un rôle à jouer pour relever les défis économiques, politiques, environnementaux et sociaux actuels et chacun doit contribuer selon ses moyens aux efforts à déployer afin d’assurer le développement durable, pour profiter selon les besoins de les avantages. C’est là le principe même de la justice et de l’équité et c’est le sens de la solidarité.

« En cette Journée internationale de la solidarité humaine, je demande à chacun, quel que soit son pays, sa confession, sa culture ou sa tradition, de faire cause commune pour que soit tenue la promesse faite au tournant du Millénaire et pour que les générations futures reçoivent la paix, la prospérité et le progrès durable en héritage », a déclaré M. Ban.

L’ONU DÉFEND LA MIGRATION COMME FACTEUR DE DÉVELOPPEMENT «ÉQUITABLE, INCLUSIF ET DURABLE»

source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 18 décembre 2013

Pour marquer la Journée internationale des migrants, les Nations Unies ont appelé mercredi peuples et gouvernements du monde entier à rejeter la xénophobie et à accepter la migration comme facteur de développement économique et social équitable, inclusif et durable.

« Laissons la migration oeuvrer au bénéfice des migrants et des pays d’accueil. Nous le devons aux millions de ceux qui, par leur courage, leur vitalité et leurs rêves, contribuent à rendre nos sociétés plus prospères, fiables et diversifiés », déclare le Secrétaire général Ban Ki-moon dans son message pour la Journée, célébrée chaque année le 18 décembre.

Soulignant que la migration « est une réalité » au 21ème siècle, M. Ban a rappelé qu’environ 232 millions de migrants internationaux font des contributions positives à leurs pays de destination et d’origine grâce au travail qu’ils fournissent et à leurs envois de fonds.

« Pourtant, ce segment important de la population demeure largement invisible et inconnu au sein de la société », poursuit-il. Notant que près de la moitié des migrants sont des femmes, le Secrétaire général a rappelé qu’un sur dix est âgé de moins de 15 ans et que 40% sont basés dans les pays en développement. « Ils sont trop nombreux à vivre et travailler dans les pires conditions imaginables, avec un accès limité aux services de base et aux droits fondamentaux, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux actes d’extorsion et de violence, à la discrimination et à la marginalisation. »

L’ONU s’efforce de protéger les droits des migrants, de réduire les coûts sociaux et économiques de la migration et de promouvoir des politiques qui maximisent les avantages de la mobilité. « Les migrants ne devraient pas être contraints de risquer leur vie et leur dignité », a déclaré le Secrétaire général, qui s’est félicité de l’entrée en vigueur, plus tôt cette année, de la Convention sur les travailleuses et travailleurs domestiques, dont beaucoup sont des migrants.

En outre, en octobre, un dialogue de haut niveau de l’Assemblée générale avait demandé que le programme de développement post-2015 tienne pleinement compte des retombées positives de la migration internationale. « Il est essentiel d’avoir un débat ouvert sur ce sujet important. Laissons la migration oeuvrer au bénéfice des migrants et des pays d’accueil », a déclaré M. Ban, exhortant la communauté internationale à faire de la migration un facteur de développement plus large.

Saluant également les mesures prises lors de cette réunion, le Président de l’Assemblée générale, John Ashe, a noté de son côté que les États membres s’étaient engagés à mieux protéger les droits juridiques et humains des migrants du monde entier. L’Assemblée a également réaffirmé que « la migration ne peut ni ne doit être arrêtée, mais qu’elle exige une meilleure gouvernance. »

Il a cependant reconnu les défis qu’elle pose, dénonçant le fait que, chaque année, des milliards de dollars qui pourraient être mis à profit par les familles migrantes finissent dans la poche de passeurs et d’intermédiaires financiers.

Par ailleurs, les coûts humains de la migration sont « intolérables », comme en témoignent les dernières tragédies en date en Méditerranée, qui ont mis en lumière l’extrême vulnérabilité des migrants fuyant la pauvreté, les persécutions et les conflits.

Aussi le dialogue de haut niveau a-t-il montré selon John Ashe que la communauté internationale peut se retrouver autour de cette question. « Il est maintenant temps de traduire notre vision commune en action. Il est temps de tenir notre promesse et de faire une différence dans la vie de millions de migrants à travers la planète. »

Le Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des migrants, François Crépeau, le Président du Comité des Nations Unies sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, Abdelhamid Jamri, et le Rapporteur sur les droits des migrants de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, Felipe González, ont joint leurs voix à ces appels à l’action.

« Nous devons garder à l’esprit que les migrants sont avant tout des êtres humains avec des droits et qu’ils ne peuvent être perçus ou représentés uniquement comme agents de développement économique », affirment-ils dans une déclaration commune, rappelant aux Etats leur responsabilité de lutter contre le racisme et la xénophobie, en faisant traduire en justice les auteurs de violence ou de discrimination contre les migrants et en favorisant un débat public pour sensibiliser à la tolérance, au changement social et à la célébration de la diversité.

« À l’occasion de cette Journée internationale, nous tenons à rappeler à tous que les droits humains doivent être au coeur de toutes les discussions concernant les migrants et les politiques migratoires », selon les experts, qui exhortent les États à ratifier tous les traités internationaux et régionaux pertinents, notamment le traité sur la protection des droits des travailleurs migrants et de leurs familles, et à les mettre pleinement en oeuvre.

« En fin de compte, comme cela a été le cas avec d’autres catégories d’êtres humains marginalisés, l’objectif devrait être d’habiliter les migrants à se battre pour leurs droits », ont souligné les experts, ajoutant qu’ils devraient se voir offrir les outils normatifs, institutionnels et procéduraux nécessaires pour les aider à se prémunir de la précarité, ainsi qu’un accès à la justice et aux recours appropriés.

AJOUTÉ le 16 décembre 2013 – Textes courts pour alimenter la réflexion des québécois sur le projet de charte de la laïcité de leur gouvernement

 Textes courts pour alimenter la réflexion des québécois sur le projet de charte de la laïcité de leur gouvernement (charte des valeurs québécoises),

ajoutés le 16 décembre 2013

 

( Les Québécois parlent beaucoup des signes religieux ostentatoires et de l’islam depuis que leur gouvernement leur a présenté un projet de charte de la laïcité. )

LES CHRÉTIENS, LES MUSULMANS ET LA VIOLENCE

« Les chrétiens ont mis 1000 ans pour créer la guerre sainte, confiait-il. Ce n’est qu’au XIe siècle qu’apparaissent les croisades et la notion de guerre sainte, qui trahit la lettre évangélique et s’inspire probablement de l’idée de djihad. Les intégristes musulmans, eux, peuvent trouver la légitimation de leur action dans la lettre du Coran. Mohammed n’a pourtant rien inventé à ce propos. Il est dans la continuité directe du Deutéronome [de l’Ancien Testament] où la guerre de l’Éternel annonce mot pour mot la charte du djihad. Quand un chrétien veut épurer le contentieux des croisades et de l’Inquisition, il doit revenir à la lettre du Nouveau Testament. Il faut espérer que les musulmans, eux, trahissent justement la lettre du Coran. »

Nier ce rapport ambigu entre la violence, l’islam et son texte fondateur, c’est se fermer les yeux sur les défis auxquels cette religion est aujourd’hui confrontée. Et cela alors même que la modernité pousse des millions de nouveaux fidèles à accéder pour la première fois directement au texte, par le livre ou sur Internet. Nier ce problème, c’est laisser libre cours aux intégristes qui font du Coran un texte intouchable « dicté » par Dieu et auquel l’homme n’aurait plus qu’à obéir. Ce que ne furent jamais les Évangiles, écrits par des hommes sujets à l’erreur et capables d’interprétation. (Christian Rioux, L’islam, pas touche! article publié dans le quotidien montréalais Le Devoir, 15 novembre 2013, http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/392819/l-islam-pas-touche)

L’ISLAM ET LE STATUT DE LA FEMME

1

« De manière générale, la naissance de l’Islam a conduit à une énorme amélioration du statut des femmes dans l’Arabie ancienne, en les dotant du droit de propriété ainsi que d’autres droits, et en leur procurant une certaine protection à l’encontre des mauvais traitements par leurs époux ou leurs propriétaires ». [… ] « la position des femmes est demeurée faible, et a empiré lorsque… le message originel de l’Islam a perdu son élan et a subi des modifications sous l’influence d’attitudes et de coutumes préexistantes ». (Bernard Lewis, historien, Le Moyen-Orient; cité par Mustafa Akyol, L’Islam, les femmes et le sexe : Au-delà du mythe, http://fr.institut-kheireddine.org/2013/04/lislam-les-femmes-et-le-sexe-au-dela-du-mythe/)

2

« [… ] grâce à l’Islam, la civilisation islamique était à l’avant-garde de l’Occident en matière de droits de la femme jusqu’à l’époque moderne. C’est la raison pour laquelle certaines femmes non-musulmanes dans l’Empire Ottoman préféraient être jugées par les tribunaux islamiques plutôt que par leurs propres juridictions. Et lorsque les Britanniques ont appliqué leur loi dans certaines colonies musulmanes, les droits de propriété des femmes, toujours respectés par la loi islamique, se sont évaporés.

« Evidemment, la nostalgie pour ce passé rayonnant ne devrait pas aveugler les Musulmans face au grand bond en avant que l’Occident moderne a accompli en matière de droits de la femme, et à la manière dont les sociétés musulmanes traînent loin derrière. Mais eux, ainsi que d’autres, ne devraient pas commettre l’erreur d’une mauvaise lecture de ces problèmes. » (Mustafa Akyol, L’Islam, les femmes et le sexe : Au-delà du mythe, publié dans: Islam et Liberté le 11 avril 2013, http://fr.institut-kheireddine.org/2013/04/lislam-les-femmes-et-le-sexe-au-dela-du-mythe/)

LE TCHADOR ET LE PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC

1 Paroles de Marc Tanguay, porte-parole du Parti libéral du Québec en matière de laïcité

« Aussi, des candidates libérales [du Parti libéral du Québec] portant le tchador seraient les bienvenues dans l’équipe lors des prochaines élections générales, a dit l’ancien président du parti, en entrevue téléphonique à La Presse Canadienne, mardi [cette personne est Marc Tanguay, membre de l’Assemblée nationale du Québec et du Parti libéral du Québec, porte-parole libéral en matière de laïcité]. Le respect des libertés religieuses doit être exemplaire, selon le député. «On ne peut pas jouer dans les limitations des libertés, et cette personne qui se ferait élire aurait tout à fait le droit et la légitimité démocratique d’être assise à l’Assemblée nationale», selon lui. » (Jocelyne Richer, journaliste, PLQ: les candidates portant le tchador seront bienvenues, La Presse, 12 novembre 2013, http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201311/12/01-4709965-plq-les-candidates-portant-le-tchador-seront-bienvenues.php)

2 Paroles de Fatima Houda-Pepin, membre de l’Assemblée nationale du Québec et du Parti libéral du Québec, musulmane d’origine marocaine]

Mais avant qu’une « libérale » portant un tchador puisse siéger à l’Assemblée nationale, il faut qu’elle soit candidate, et pour être candidate, il faut qu’elle y soit autorisée, par écrit, par le chef du parti libéral du Québec. Est-ce que c’est ça le modèle de l’égalité hommes-femmes que le parti libéral du Québec veut maintenant présenter à la face du Québec ? Est-ce que les Québécoises ont fait tout ce chemin pour en arriver à prendre comme modèle de l’égalité hommes-femmes celui de l’Arabie Saoudite ou de l’Iran des Ayatollahs ? Je me questionne. (Fatima Houda-Pepin, membre de l’Assemblée nationale du Québec et du Parti libéral du Québec]« Je suis libérale et fédéraliste et je suis contre le tchador à l’Assemblée nationale »,lettre reproduite par Radio-Canada le 12 novembre 2013 au

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2013/11/14/008-lettre-integrale-fatima-houda-pepin.shtml)

3 Quand on connaît la signification du tchador et de sa variante afghane, le tchadri, comment peut-on justifier l’acceptation d’un tel symbole dans ce haut lieu de notre démocratie qu’est l’Assemblée nationale ? Fatima Houda-Pepin, membre de l’Assemblée nationale du Québec et du Parti libéral du Québec]« Je suis libérale et fédéraliste et je suis contre le tchador à l’Assemblée nationale »,lettre reproduite par Radio-Canada le 12 novembre 2013 au

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2013/11/14/008-lettre-integrale-fatima-houda-pepin.shtml)

4 Paroles de Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec

C’est un vêtement [le tchador] qui s’accompagne d’un retrait social considérable qui est totalement incompatible avec la politique. (Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec, le 15 novembre 2013, cité dans Le Soleil, 16 novembre 2013, p. 2)

ISLAMISME

«Il n’y a pas les musulmans, et les autres; il y a parmi les musulmans, ceux qui sont fidèles à un islam pacifique, et ceux qui prétendent imposer aux autres leur fanatisme, leur désir de pouvoir masqué en commandement de Dieu. » (B. Guetta, éditorial, France-Inter, 28-09-1994)

INTERDICTION DU PORT DE SIGNES RELIGIEUX

Tout en reconnaissant la menace pour les droits des femmes que constitue la montée de la droite et des intégrismes religieux, il faut prendre en compte les problèmes que vivent les femmes « racisées » et agir pour faire avancer des principes de droit à la liberté de conscience et de religion, à l’égalité et à la non discrimination, le droit au travail et un réel accès à une pleine citoyenneté. Des femmes de communautés culturelles nous disent : « Nous ne sommes pas intéressées à parler voile ou accommodements, nous voulons faire partie de la société, un point c’est tout». (Le Féminisme en Bref 2007, p. 14). Il apparaît assez clairement qu’interdire le port de signes religieux dans les institutions publiques mettrait en situation d’exclusion économique, sociale, culturelle et politique les femmes qui le portent. Finalement, l’affirmation du droit à l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre toutes les formes d’intégrisme religieux ne sont-elles pas des balises qui peuvent accompagner notre questionnement et nous relier à une cause commune :libérer les femmes d’un patriarcat sacralisé par la religion ? (Marie-Paule Lebel, SA, Derrière notre propre voile, Reli-femmes, numéro 67, novembre 2009, p. 3)

LES FEMMES ET LA LAÏCITÉ , SELON UNE THÉOLOGIENNE

Dans une société laïque, on a le droit d’être incroyant ou croyant. La tolérance est essentielle pour le vivre-ensemble, spécialement dans un contexte de rencontre de cultures différentes: le défi de l’interculturel est majeur pour nos sociétés dans ce nouveau siècle ou millénaire. Les identités nationales sont convoquées à s’élargir. Nos identités humaines, psychologiques, doivent s’ouvrir aux autres, au monde, pour arriver à la maturité; il en est de même sur les plans social et culturel dans un monde « mondialisé ». N’est-ce pas ce qu’on doit comprendre comme « laïcité ouverte » ? Du point de vue des femmes féministes, pour assurer la liberté de conscience et de religion aux femmes, il est de première importance de prôner et soutenir la neutralité religieuse des fonctions de l’État, en même temps que l’égalité des femmes. Pour la question du vêtement, par exemple, il est nécessaire d’avoir le visage découvert: sinon, comment avoir une identité sociale et pouvoir communiquer ? Concernant les signes religieux, comme fonctionnaire de l’État, une personne ne doit pas se manifester dans sa position religieuse. Les fonctions de l’État peuvent être exercées par une femme aussi bien que par un homme: il ne devrait pas y avoir d’«accommodements raisonnables » à ce niveau. Par contre, n’y a-t-il pas une distinction à faire entre les fonctions d’État, l’administration publique, les services publics et l’ensemble de l’espace public ? Est-il raisonnable de renvoyer les expressions religieuses au domaine du privé seule- ment? Les membres des Églises ou religions expriment leurs croyances dans des lieux de culte, d’une part, et peu- vent, doivent même participer aussi à la société, exprimer leurs opinions et leurs valeurs, comme tout citoyen, citoyenne. La citoyenneté existe sur une base fondamentalement laïque, dans le sens où l’État ne prend parti pour aucune religion. Mais elle n’exclut pas la diversité dans l’espace public. Sinon, comment se dire une société démocratique ? De même, les féministes peuvent se faire solidaires de femmes croyantes pour les appuyer dans leur démarche de libération d’oppressions de toutes sortes, y compris religieuses.

[…]

Encore aujourd’hui, la question des « femmes voilées » en est une de culture avant même de relever de la religion. Plus une communauté s’éloignera de ses racines patriarcales, plus elle se modernisera. C’est un processus qui fait partie de l’intégration à une société. Je suis en faveur de la solidarité avec les femmes immigrantes pour qu’elles puissent s’épanouir en suivant leur propre chemin. Il est, par ailleurs, regrettable que des considérations théopolitiques, venant du monde intégriste, interfèrent dans ce processus. Pour cette raison, la société québécoise doit être avisée et déterminée dans l’affirmation de son caractère laïque et sans concession pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

(Louise Melançon, Les femmes et la laïcité, Une lecture théologique féministe, Reli-femmes, numéro 72, mai 2011, p. 5)

SOIT DIT EN PASSANT

La religion catholique détruira la religion protestante, et ensuite les catholiques deviendront protestants. (Montesquieu, cité par Pierre-Georges Castex et Paul Surer, Manuel des études littéraires, Classiques Hachette, XVIIIe siècle, p. 47)

Le fanatique aveugle, et le chrétien sincère

Ont porté trop souvent le même caractère ;

Ils ont même courage, ils ont mêmes désirs.

Le crime a ses héros ; l’erreur a ses martyrs.

Du vrai zèle et du faux vains juges que nous sommes !

Souvent les scélérats ressemblent aux grands hommes.

(Voltaire, La Henriade (1723), Voltaire, éd. Lecointe, coll. Nouvelle bibliothèque des classiques français, 1835, chant 5, p. 96, vers 169-202, cité au http://fr.wikiquote.org/wiki/Voltaire)

Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? (Voltaire,Dictionnaire philosophique, Voltaire, éd. Imprimerie nationale, coll. La Salamandre, 1994, article « Fanatisme », p. 256, cité au http://fr.wikiquote.org/wiki/Voltaire)

CONFORMISME OU CONSERVATISME DU MONDE MUSULMAN ?

« Encore aujourd’hui, la diversité des situations dans une société d’un milliard de musulmans est le signe que l’islam a engendré des évolutions diverses mais qu’il ne contient en aucun cas en soi les fondements d’un conformisme ou d’un conservatisme qui seraient plus marqués que dans nos bases judéo-chrétiennes. » (Christophe Picard, professeur à l’Université de Toulous-Le Mirail, L’âge d’or de l’islam, L’Histoire, , numéro 260, décembre 2001, p.47)

LES TEXTES SUIVANTS ONT ÉTÉ PUBLIÉS ANTÉRIEUREMENT

DANS LE PRÉSENT SITE WEB.

Le 7 novembre 2013, à la télévision de Radio-Canada :

Une Québécoise de 25 ans, dont les parents sont d’origine égyptienne et qui porte le foulard islamique depuis l’âge de 15 ans, a déclaré : « Ottawa, Ontario, « ça leur[sic] dérange pas c’qu’on porte sur la tête. L’important, c’est pas c’que j’ai sur la tête ».

Une enseignante québécoise d’origine algérienne a déclaré : « Le voile, c’est le porte-étendard de l’islam politique. »

(Source : http://www.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/6879288)

L’ISLAM, LE POLITIQUE ET LE RELIGIEUX

[…] le choc culturel provoqué par une nouvelle immigration. Car, c’est bien la première fois que, dans ce vieux pays d’immigration qu’est la France, certains groupes revendiquent ouvertement le droit de ne pas s’intégrer et contestent une laïcité fruit de plusieurs siècles de combats souvent sanglants. L’historien Pierre Nora (Recherches de la France, Gallimard) le disait récemment en d’autres mots : « L’islam dans son principe, ne faisant guère de différence entre le politique et le religieux, repose le problème que l’on avait cru résolu pour le christianisme. » Il y a de cela plus d’un siècle !

Comment dès lors reprocher aux Français de ne plus se sentir chez eux, sous les pressions conjuguées de la mondialisation et d’une immigration mal contrôlée ? À moins de croire que l’ouverture à l’Autre (avec la majuscule !) consisterait à piétiner sa propre appartenance pour mieux se dissoudre dans le magma multiculturel européen ou nord-américain. Un pas que certains ont allègrement franchi, en France comme au Québec. (Christian Rioux, Par Toutatis! Le Devoir, 1 novembre 2013 – http://www.ledevoir.com/international/europe/391535/par-toutatis)

REGAIN DE RELIGIOSITÉ CHEZ LES JEUNES MUSULMANS D’EUROPE

CRITIQUE DE L’ISLAM

Littéralement, islamophobie ne désigne pourtant rien d’autre que la « peur de l’islam ». […] comment ne pas ressentir de crainte à l’égard d’une religion où l’intégrisme le plus virulent a été en progression constante depuis un demi-siècle ?

[…] Critiquer la religion de quelqu’un, ce n’est pas critiquer sa race, mais ses choix spirituels et idéologiques. […]

L’intolérance religieuse demeure évidemment exécrable et aucune société démocratique ne saurait souffrir d’atteinte à la liberté de conscience. […]

Mais, pour le reste, l’islam fait partie du monde des idées et demeure à ce titre sujet à toutes les critiques. […]

En d’autres mots, si la ségrégation fondée sur la race ou la religion est exécrable, il est encore permis d’avoir peur d’une religion, de la critiquer, d’en rire ou de la détester. […] Si l’islam doit devenir une religion européenne et nord-américaine, il devra s’y faire et cesser de crier au racisme chaque fois qu’on le met en cause.

[…] Récemment, plusieurs études, dont celles du politologue Gilles Kepel et du sociologue Hugues Lagrange, ont montré que les jeunes musulmans de France (et d’Europe) vivaient un véritable « revival » religieux alors même que leurs parents s’accommodaient d’une foi aussi discrète que celle des catholiques et des protestants.

À la lumière de ces données nouvelles, il apparaît aujourd’hui évident que ce regain de religiosité ne pouvait manquer de provoquer un choc sur un continent aussi sécularisé que l’Europe. D’autant plus que ces mêmes enquêtes démontrent, chiffres à l’appui, l’existence d’un fort bloc de musulmans intégristes qui représenteraient entre le tiers et le quart des musulmans français. Même s’ils sont la plupart du temps nés en France, ceux-ci se considèrent d’abord comme musulmans. Dans toutes les enquêtes d’opinion, ils revendiquent l’application de la charia, refusent la séparation de la religion et de l’État, condamnent le mariage exogame, l’homosexualité et réclament même l’autorisation de la polygamie.

L’intégration de l’islam dans nos sociétés reste un défi et il ne sert à rien de se le cacher en qualifiant tout et n’importe quoi d’islamophobe. Les premiers à payer le prix de cet égarement seraient justement ces musulmans modérés et discrets qui, eux, font l’effort de s’intégrer. (Christian Rioux, Islamoquoi?, Le Devoir, 8 novembre 2013, http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/392160/islamoquoi

RESPECT DE L’AUTRE

J’ai souhaité que chrétiens et musulmans s’engagent pour promouvoir le respect réciproque, en particulier à travers l’éducation des nouvelles générations.

(Jean Paul II, Dépêche de l’Agence France-Presse reprise dans le quotidien québécois Le Devoir, 12 août 2013, p. B 6)

LA LAÏCITÉ DE L’ÉTAT

Mais ceux qui veulent que la laïcité de l’État soit inscrite noir sur blanc dans une déclaration d’ordre politique – rendant ainsi explicite ce qui n’est actuellement qu’implicite – indiquent cependant une voie à prendre qui permettrait, en grande partie, d’apaiser un débat qui se déroule bien souvent sur fond d’insécurité. Le politique ne doit pas se défiler pour ne laisser place qu’à des considérations juridiques. Reste à savoir quel serait le meilleur médium pour le faire : le préambule de la Charte des droits et libertés du Québec, une charte de la laïcité, ou même une Constitution du Québec, ou encore une déclaration gouvernementale? Cette question est à suivre. La laïcité devrait être une valeur cardinale de notre société. Elle est au cœur du projet démocratique. Nous sommes en démocratie dans la contingence des affaires humaines et dans l’espace symbolique d’hommes et de femmes tous égaux du simple fait d’être des êtres humains qui sont aussi des êtres de parole. Aucun absolu, aucune vérité éternelle n’y a sa place à demeure. Là se jouent la liberté, l’égalité et la responsabilité qui nous incombent en tant qu’habitants de la parcelle du monde qui nous est impartie. Et c’est dans cette parole partagée que se construit la Cité où nous sommes tous conviés à devenir ce que nous voulons être ensemble. Cet espace politique laïc est fondamental, et doit être défendu et renforcé, particulièrement en ces temps où il est assailli de toutes parts par les forces du marché et ses diktats qui font figure de dogmes. Comme il est un sacrilège, en d’autres lieux, pour les intégristes et leurs pouvoirs pastoraux aspirant plutôt à des pâturages pour troupeaux broutant religieusement la vérité édictée – à moins de vouloir goûter à la houlette pesante du bon pasteur! Mais que l’État et l’espace politique soient laïcs, cela ne signifie en rien qu’il faille que ceux qui s’y meuvent en citoyens se dépouillent de leur croyance ni des signes qui pourraient en témoigner – sauf pour les fonctionnaires de l’État ayant pour fonction de gérer les conflits et ce, pour des raisons évidentes. Le contraire relève à la fois d’une méprise et d’un mépris. La méprise vient de la confusion entre ces lieux à forte symbolique laïque et ceux qui les occupent. Ceux-ci n’ont pas à étouffer leurs convictions, leurs valeurs, leurs croyances, religieuses ou pas. Le simple fait d’être dans ces lieux invalide toute prétention à la Vérité. C’est aussi vrai pour les fonctionnaires de l’État, sauf à considérer qu’une conviction est incapable d’être au service d’une compétence. Ni l’espace public, ni l’espace politique et étatique ne sont composés de citoyens désincarnés, sans attaches, dépouillés de toute histoire et d’identité, dépourvus d’une vision du monde, d’une conception de la vie et de l’humanité – au contraire, ils sont enracinés dans la diversité des appartenances à travers lesquelles se conjugue le bien commun. (Jean-Claude Ravet, Vous avez dit État laïc?Revue Relations numéro 745, 2010

http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=96)

SITUATION DE L’ISLAM MODERNE

Autour des pays à société musulmane existe ainsi une large frange de minorités islamisées. Tantôt elles restent stationnaires (Chine, Indonésie), tantôt au contraire elles progressent grâce à la simplicité de leur monothéisme et aux effets d’une propagande religieuse que soutiennent les riches pays arabes producteurs de pétrole. De Pékin à Dakar l’islam revêt d’ailleurs des aspects divers : plus on s’éloigne du centre syro-égyptien, moins, en général, il est pur; moins l’observance est stricte (Pèlerinage, sauf en Indonésie); plus il tolère d’usages locaux, souvent magiques, dans la vie religieuse ou sociale (Chine, Indonésie, Berbérie, Afrique noire), tandis qu’au contact de l’hindouisme, il s’imprègne de mystique, voire de syncrétisme. Mais partout une tendance rigoriste vient combattre ces amalgames et se réclamer d’un « islamisme » propre à armer des groupes rebelles.

Le Proche-Orient lui-même ne laisse pas d’être partagé entre des mouvements divers.

(Dominique Sourdel, professeur honoraire à l’Université de Paris-Sorbonne, L’Islam, Paris, Presses Universitaires de France, 22e édition, août 2009, collection Que sais-je?, p. 118)

Malgré le morcellement du monde musulman actuel et la diversité des solutions pratiques adoptées par chaque pays, l’islam continue à s’affirmer, sinon comme une communauté, du oins comme un ensemble de nations ayant à faire face au même problème : adaptation aux conditions de vie nouvelle d’une société ne distinguant pas en principe entre temporel et spirituel. L’édifice religieux tout entier s’en trouvant ébranlé, c’est vers le Coran qu’aussitôt les musulmans se retournèrent comme à la source première de toute vérité, pour y trouver – non parfois sans quelque innocence – justification des usages et des théories modernes. D’où un essai de renouvellement de l’apologétique islamique, réalisé le plus souvent aux moyen de l’exégèse rationaliste lorsque la tendance moʽtazilite tendit à prévaloir (Égypte, Indes). Mais la libre critique historique en matière religieuse fut loin d’être admise (incidents en Égypte) et les quelques efforts personnels de réinterprétation du Coran n’ont encore abouti à aucun résultat positif : le modernisme continue à s’inscrire seulement dans les faits, en provoquant périodiquement de vives réactions de l’opinion musulmane, tandis qu’un retour au fondamentalisme s’affirme d’autre part dans les milieux musulmans les plus divers et le plus souvent sans modération.

(Dominique Sourdel, professeur honoraire à l’Université de Paris-Sorbonne, L’Islam, Paris, Presses Universitaires de France, 22e édition, août 2009, collection Que sais-je?, p. 123-124)

LE SEXISME DES RELIGIONS

On a récemment beaucoup fait valoir que c’est librement que des femmes portent le voile et il n’y a, bien entendu, aucune raison de remettre cela en question. Il ne s’ensuit toutefois pas qu’on devrait en autoriser le port pour les fonctionnaires. Ici, il y a un vrai débat. À l’heure actuelle, il ne semble plus concerner que l’extension de cet interdit, la plupart des gens convenant qu’il doit s’appliquer aux fonctionnaires qui incarnent l’autorité régalienne de l’État (juges ou policiers, par exemple).

Pour les autres (enseignantes et éducatrices, notamment), de bons arguments sont avancés de part et d’autre. Je penche vers l’interdiction, comme je l’ai déjà dit, en particulier parce qu’enseignantes et éducatrices sont en situation d’autorité, cette autorité étant celle de la formation des citoyennes et des citoyens. Mais on peut en discuter.

Je trouve cependant qu’on s’interdit beaucoup, dans ce débat, de rappeler que toutes les religions sont d’un sexisme si affolant qu’il invite à penser que Dieu, s’il existe (ou du moins un de ces innombrables dieux au nom desquels l’humanité n’a cessé de se déchirer), est un sacré misogyne. Et je soupçonne que les crétins susnommés sont pour quelque chose dans cet interdit, qui fait craindre d’être assimilé à eux.

(Normand Baillargeon, On peut se le dire? Dieu, s’il existe, hait les femmes, hebdomadaire québécois Voir, 16 octobre 2013, http://voir.ca/chroniques/prise-de-tete/2013/10/16/on-peut-se-le-dire-dieu-sil-existe-hait-les-femmes/)

LES MUSULMANS ÉTABLIS EN OCCIDENT

« Cela nous amène au problème des musulmans qui ont émigré en Occident, en quête d’une vie convenable et d’un avenir meilleur. La plupart les ont effectivement trouvés, mais certaines communautés musulmanes ont transformé leur religion en une identité importée et se sont isolées de leur environnement social. Je dis « identité importée » car il ne s’agit pas de la religion telle qu’elle est vécue dans la société d’origine, mais de celle qui emprunte des modes de pensée venant des pays du Golfe. Le plus grave, c’est que la pensée islamiste, dans toutes ses composantes – Frères musulmans, salafistes, djihadistes -, s’est développée parmi les diasporas musulmanes. Elle est enseignée aux enfants dans les mosquées, diffusée au sein des cercles religieux, par les livres distribués et les prêches de la prière du vendredi. Le résultat est que les jeunes musulmans se comportent avec agressivité et haine envers les pays occidentaux où ils résident -comme s’il s’agissait de vaches à lait dont on profite avant de les égorger. Le problème est que la tendance, répandue dans les pays musulmans, à accuser l’extérieur de tous nos malheurs s’étend parmi ces communautés. On trouve toujours ce sentiment que les musulmans sont victimes de l’ »islamophobie » – le mot est de plus en plus courant. Je connais les dangers des mouvements d’extrême droite présents dans nombre de pays européens, mais il faut reconnaître que la plupart des communautés musulmanes ont affaire à des gouvernements qui s’emploient à respecter les droits des minorités. Dire que les musulmans sont des victimes revient à ignorer les très graves problèmes sociaux dont souffrent les fils et filles des diasporas musulmanes, tels le mariage forcé des mineures, les crimes d’honneur, l’excision, etc. En outre, le développement de l’islam politique parmi ces communautés influe sur leur attitude à l’égard de leurs nouvelles patries, puisque leur allégeance va plutôt à l’oumma (nation musulmane) et qu’elles vivent dans des ghettos. Cette situation donne des arguments aux mouvements d’extrême droite occidentaux, qui soutiennent que ces gens-là demeurent des étrangers. » (Elham Maneh, propos recueillis par Hamid Zinaz, et reproduit dans l’article Questionner le Corandaté du 7 avril 2013 et reproduit dans le Courier international, numéro 1199 du 24 au 30 octobre 2013, p. 45, http://www.actualite24h.com/actualites/islamisme-questionner-le-coran)

LES ISLAMOPHOBES

« Malgré tout le mal incontestablement causé par les tenants du discours islamophobe usuel, les pires islamophobes – et, en fait, à bien des égards, les vrais islamophobes – sont les extrémistes musulmans violents qui semblent déterminés à fournir au discours islamophobe des faits sur lesquels s’appuyer. Il est ridicule d’assimiler l’islam au terrorisme, comme si les deux étaient synonymes. Il existe une infinie variété de terroristes et de pratiquants de l’assassinat politique. Et, cela va sans dire, les musulmans extrémistes violents ne sont pas seulement une minorité dans le monde islamique, mais une minorité dans une minorité. Pourtant, leurs actes sont extrêmement néfastes, faisant planer la menace et parfois même réussissant à exacerber la peur et la haine des musulmans en Occident et partout dans le monde. » (Hussein Ibish,L’islamisme fait le lit de l’islamophobie, article daté du 4 juin 2013 reproduit dans le Courrier international, numéro 1199 du 24 au 30 octobre 2013, p. 41, http://www.courrierinternational.com/article/2013/10/23/l-islamisme-fait-le-lit-de-l-islamophobie?page=all)

DJIHAD

« Le cœur du problème est le djihad, l’idée islamique de la guerre sainte. Même les visions les plus moyenâgeuses du djihad ne peuvent justifier le terrorisme d’aujourd’hui. Car les juristes ont toujours fait une distinction entre combattants et non-combattants, et ont respecté la vie de ces derniers.

« Mais, au cours des deux dernières ­décennies, Al-Qaida et consorts ont rejeté cette distinction et justifié la violence gratuite contre quiconque se met en travers de leur route. Le fanatisme virulent auquel nous sommes confrontés est le produit d’un mélange toxique de fondamentalisme religieux, d’indigence culturelle et de mécontentement politique. » (Mustafa Akyol, Le silence nous tue, article daté du 26 septembre 2013 reproduit dans le Courrier international, numéro 1199 du 24 au 30 octobre 2013, p. 41, http://www.actualite24h.com/actualites/islamisme-kenya-le-silence-nous-tue)

POUR UN ISLAM TOLÉRANT, ÉCLAIRÉ, LIBRE ET OUVERT (Tunisie)

« Notre pays [la Tunisie] a besoin d’un islam véritable – tolérant, éclairé, libre et ouvert -, qui, lui, est porteur des solutions de la modernité. Tout le reste n’est que populisme, mensonge et démagogie. » (Hatrem Bourial, Moins d’islam, plus de solutions, article daté du 5 juillet 2013 reproduit dans le Courrier international, numéro 1199 du 24 au 30 octobre 2013, p. 42)

LES MUSULMANS MODÉRÉS

« Où en sont les musulmans modérés par rapport à la minorité criminelle qui se revendique de leur religion pour justifier un terrorisme inqualifiable ?

Car à cause d’eux nous sommes collectivement associés au terrorisme. Certes, c’est une minorité qui commet ces crimes, mais la majorité se contente de dire : « On n’a rien à voir avec ceux-là » ou on dénonce « les médias occidentaux », qui « créent l’amalgame entre islam et terrorisme ».

En réalité, « les médias occidentaux » n’ont pas besoin de chercher très loin. Il leur suffit de montrer sans commentaire ce que font ces groupes qui se réclament de nous. Nos beaux discours sur la tolérance de l’islam et sur la cohabitation pacifique [entre communautés] dans un lointain et glorieux passé ne convainquent personne. Cela ne fait pas le poids face à la mère qui voit ses enfants tués par balle, face à des enfants orphelins, face à des dizaines de personnes exécutées ici ou là, ou à des hommes et à des femmes violés ailleurs.

Il ne suffit pas de tenir de beaux discours pour annuler des actes. Il faut que la majorité des musulmans -et en premier lieu les Arabes, qui ont fondé et dirigent le terrorisme islamique -réagissent par des actes. Les intellectuels doivent se préoccuper de la façon d’arrêter la propagation de la culture du sang, de la mort et de la violence gratuite. Ils doivent se demander comment redonner ses titres de gloire à un islam différent, un islam des gens normaux, en paix avec lui-même et avec les autres. Il s’agit de questions pressantes face à un problème que nous laissons s’aggraver en raison de notre paresse intellectuelle et de notre incapacité à innover sur le plan des idées. » (Khaled Al-Hroub,Dédommager nos victimes, article daté du 30 septembre 2013 reproduit dans le Courrier international, numéro 1199 du 24 au 30 octobre 2013, p. 42, http://www.actualite24h.com/actualites/islamisme-dedommager-

victimes)

LA CULTURE LA PLUS RÉPANDUE CHEZ LA PLUPART DES MUSULMANS

« […] la culture la plus répandue chez la plupart des musulmans est celle de la « primauté du droit de la majorité », de la « défense de la religion », de la « mécréance » des non-musulmans, l’identité religieuse primant sur l’identité nationale. Ainsi l’application de la charia [dans ses interprétations anciennes ou modernes] est-elle considérée comme préférable au droit civil. On peut le constater à travers les débats sur les Constitutions qui ont cours actuellement en Tunisie, en Egypte et au Pakistan.

« L’islam « modéré », qui condamne les attaques contre les chrétiens, se limite à un rejet de la violence sans en combattre les causes ou les sources. Il hésite même à exclure de l’islam les auteurs des actes terroristes qui tuent des innocents (souvent en majorité des musulmans) en se référant à des textes anciens, non remis en cause jusque-là, pour justifier leurs actions. Car ils s’appuient sur une tradition qui n’a pas été réformée ni réinterprétée. » (Youssef Bazzi, L’hostilité antichrétienne jusqu’à la haine,article daté du 29 septembre 2013 reproduit dans le Courrier international, numéro 1199 du 24 au 30 octobre 2013, p. 43, http://www.actualite24h.com/actualites/islamisme-l-hostilite-antichretienne-jusqu-la-haine)

LE NIQAB : SOUMISSION ET PROVOCATION

« La robe qui couvre tout le corps, le foulard, le masque : tous ces éléments vestimentaires confortent la croyance que les femmes sont dangereuses pour l’homme et pour la société. Leur port repose sur des valeurs iniques et inacceptables, imposées par les oppresseurs talibans, saoudiens et iraniens, et qui n’ont pas leur place dans notre société. Alors, pourquoi autant de femmes britanniques envoient-elles ce message sur elles-mêmes ? […]

Responsabilités. La tolérance est une bonne chose, mais elle empêche de se poser les questions pertinentes et de formuler des arguments solides. […]

Aucun de nos textes sacrés ne nous enjoint de nous voiler le visage. Certaines branches de l’islam n’exigent même pas le port du foulard. Ce sont des ordres donnés par des hommes et suivis par des femmes soumises. On nous ordonne toujours d’accepter les règles des pays dans lesquels nous vivons et celles de leurs institutions, à condition qu’elles soient raisonnables. Pour la sécurité, la justice, les voyages, l’éducation et la santé, l’identification est vitale. Pourquoi ces femmes devraient-elles en être exemptées ? Les musulmans sont déjà injustement perçus comme l’ennemi de l’intérieur. Le niqab nous fait paraître encore plus ­étrangers, dangereux et suspects. Si c’est par provocation que les membres du Ku Klux Klan se couvrent de manière à ne pas être reconnus, il en va de même pour les musulmanes.

En Grande-Bretagne comme dans les pays islamiques, une bataille oppose la lumière de la foi à des forces obscures. Les vêtements incarnent une tentative de prise de contrôle de la religion au moment même où les fidèles sont en quête de liberté, d’autonomie, de démocratie et d’égalité des sexes. [La jeune Pakistanaise devenue le symbole de la lutte contre l’obscurantisme taliban] Malala Yousafzai ne cache pas son visage. » (Yasmin Alibhai Brown, journaliste britannique d’origine pakistanaise, Le niqab : soumission et provocation,article daté du 15 septembre 2013publi dans The Independent (Londres) et reproduit reproduit dans le Courrier international, numéro 1199 du 24 au 30 octobre 2013, p. 44, http://www.actualite24h.com/actualites/islamisme-le-niqab-soumission-et-provocation)

HIJAB

« Le hidjab reflète une transformation sociale insinuée dans les esprits par une idéologie politico-religieuse désignant la femme comme source de vice dont il faut protéger l’homme et la rendant responsable de la séduction qu’elle exerce sur ce pauvre être faible. C’est pourquoi elle doit se couvrir les cheveux et le corps, voire, dans l’idéal, porter un niqab avec une seule ouverture pour l’œil gauche afin qu’elle n’attire pas par son regard ! C’est une idéologie qui considère l’homme comme un animal enragé, avide de chair féminine et incapable de maîtriser ses pulsions. Je n’ai jamais compris en quoi la femme était libre de son choix quand le discours qu’on lui tient dit en substance : « Si tu ne portes pas le voile, tu iras en enfer. A toi de choisir ! » (Elham Maneh, propos recueillis par Hamid Zinaz, et reproduit dans l’article Questionner le Coran daté du 7 avril 2013 et reproduit dans le Courier international, numéro 1199 du 24 au 30 octobre 2013, p. 45, http://www.actualite24h.com/actualites/islamisme-questionner-le-coran)

IMMOBILE, L’ISLAM?

Dernier reproche enfin, et qui n’est pas le moindre : l’immobilisme de l’islam. – Ici s’exerce à plein le contresens qui veut définir l’islam par les scléroses subies durant les derniers siècles. Et l’islam d’apparaître alors comme une religion figée qui maintient ses fidèles dans un moyen âge révolu, les rendant inaptes à s’adapter aux conquêtes techniques et aux conditions nouvelles d’existence.

L’histoire de l’âge classique d’une part, l’esprit même de l’actuel renouveau de l’autre, s’inscrivent contre ce soi-disant « immobilisme ». Il fut peut-être bien l’une des notes des sociétés traditionnelles que le monde musulman affaibli secréta comme une mise en garde contre l’envahissement occidental. […] rien, dans une mentalité musulmane comme elle, ne porte à un durcissement figé de normes sociales établies une fois pour toutes. Ce n’est point l’acquisition des techniques qui conduirait à une désislamisation; nais l’engouement non contrôlé pour des idéologies occidentales. (Louis Gardet, Les Hommes de l’islam. Approche des mentalités, © Librairie Hachette 1977, Bruxelles, Éditions Complexe, collection Historiques, 1984, p. 323-324)

CHARIA

9. Aujourd’hui, la charia est souvent devenue un slogan politique. Il ne s’agit pas tant de la voir convertie en droit musulman que de s’en revendiquer contre des régimes dont la légitimité, entre autre religieuse, est contestée. Le plus souvent, les formations politiques qui demandent l’application de la charia n’ont pas de programme détaillant le contenu de celle-ci et, partant, ce qu’il y aurait lieu d’abroger et de remplacer dans les systèmes juridiques en place. Appliquer la charia, c’est une revendication d’éthique politique, avant tout, la mise en avant d’un référentiel plutôt que l’exécution d’un programme précis.

10. La présence musulmane dans des pays qui ne le sont pas majoritairement a fait émerger de nombreuses questions. Certaines sont d’ordre juridique et portent sur la reconnaissance de droits inspirés par la Loi islamique dans des États largement séculiers. D’autres touchent à l’exercice de la religion et à la possibilité de vivre sa foi dans des sociétés où prédomine la référence aux droits humains et le principe de neutralité religieuse de l’État. Pour l’essentiel, la question de la normativité islamique n’est pas d’ordre juridique, mais de nature éthique et déontologique, c’est-à-dire morale. Il s’agit de savoir comment vivre en conformité avec ses convictions dans des situations où l’on ne partage pas nécessairement ces dernières avec la majorité de la population.

S’il y a une idée que je voudrais laisser en conclusion de mon intervention, c’est que l’erreur principale est de penser la charia et le fiqh comme un droit, au sens où nous entendons le mot « droit » aujourd’hui dans une assemblée comme la nôtre, et non pas comme une normativité, pouvant avoir, bien sûr, une dimension juridique mais ayant surtout une dimension déontologique, éthique, morale, et celle-là est fondamentalement plus importante.

(Baudouin Dupret, directeur du centre Jacques Berque (Rabat), directeur de recherche au CNRS, au séminaire « La Charia : qu’est-ce à dire ? » du 15 avril 2013, Fondation Res Publica, http://www.fondation-res-publica.org/La-Charia-en-dix-points-et-quelques-raccourcis_a724.html)

LES MUSULMANS ET LE QUÉBEC

L’IMMIGRATION MUSULMANE AU QUÉBEC

L’immigration musulmane au Québec s’est accélérée ces dernières années. Elle crée une situation totalement inédite. Les questions nouvelles qui surgissent ne trouveront de réponses que dans une recherche commune, menée au Québec et non à l’extérieur du pays.

La première mention de l’existence de musulmans au Canada remonte aux années 1870. […] Quand le Canada a aboli les lois qui sélectionnaient les immigrants selon la religion et l’ethnie, le nombre des musulmans a commencé à augmenter. Ils sont passés de 40 000 au début des années 1970 à 100 000 en 1981 et à un peu plus de 250 000 en 1991. Actuellement leur nombre dépasse les 600 000 dans l’ensemble du Canada.

Cette arrivée s’est faite par vagues, en lien direct avec des points chauds du monde : la vague européenne de l’Est, l’indo-pakistanaise, l’égyptienne et la libanaise. Nous en sommes actuellement à la vague algérienne. […]

Au Québec, ce n’est que dans les années 1960 que leur nombre va croissant et qu’ils commencent à s’organiser. […]

À partir des années 1970, l’immigration musulmane est montée en flèche : 45 000 en 1991 selon Statistique Canada, dont 41 000 à Montréal; 100 000 en 1995 selon certaines sources non officielles; plus de 200 000 actuellement selon leurs leaders. La présence des musulmans n’est donc plus marginale.

(Ali Daher, Les musulmans du Québec, texte publié dans la revue québécoise Relations, numéro 685, juin 2903, p. 29-32. On trouve le texte au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=2449.)

LA SPÉCIFICITÉ DE L’ISLAMITÉ QUÉBÉCOISE

Ces changements en nombre nous permettent d’affirmer qu’une islamité québécoise est en train de se construire. L’immigration musulmane représente une part non négligeable des arrivants de la  » Belle Province  » qui vise une immigration francophone pour combler ses besoins démographiques et consolider ses assises au sein de la Confédération. […]

Sous certains aspects, l’islamité québécoise ne diffère pas beaucoup de celle qui se construit en Europe. Ici aussi, les musulmans actualisent les références islamiques dans leur vie quotidienne, travaillent à mettre sur pied des organismes et régulent l’image de l’islam qu’ils rendent visible sur la scène publique québécoise.

Mais l’islamité québécoise diffère aussi, par certains aspects, de celle qui se construit dans les autres pays occidentaux, à cause de l’implantation récente de la communauté musulmane au Québec, l’absence de domination d’un groupe ethnique sur les autres groupes (comme c’est le cas des Maghrébins en France, des Turcs en Allemagne et des Indo-Pakistanais en Grande-Bretagne), la faiblesse et la dépendance du leadership. Le fait que les politiciens soient très sensibles au pouls électoral des minorités donne à ces dernières une bonne marge de négociation en matière de droits collectifs et de revendications. Elles ont plus de latitude pour défendre leurs particularités et se cantonnent donc davantage dans leur identité collective. Ces éléments spécifiques engendrent un rapport particulier à l’intégration. Il s’agit d’une intégration communautaire plutôt que d’une intégration individuelle.

La grande majorité de ces immigrants musulmans s’est installée dans le Grand Montréal.

(Ali Daher, Les musulmans du Québec, texte publié dans la revue québécoise Relations, numéro 685, juin 2903, p. 29-32. On trouve le texte au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=2449.)

LES MUSULMANS AU QUÉBEC : UNE GRANDE DIVERSITÉ

Les musulmans, au Québec, sont loin de constituer une communauté homogène. Outre leur appartenance sunnite ou chiite, ils se différencient par leurs nationalités, leurs pays d’origine, leurs ethnies. Leur communauté est multiethnique et multilingue. Ils se différencient aussi par les classes d’âge, les statuts socioprofessionnels, leurs orientations politiques, etc. On distingue, entre autres, les musulmans pratiquants, sociologiques et politisés. Les musulmans croyants et pratiquants peuvent ne pas être politiques. Les musulmans sociologiques sont désignés ainsi parce qu’ils appartiennent à l’islam par leur naissance et leur origine, sans pour autant être pratiquants. Enfin, les musulmans politiques peuvent ne pas être pratiquants, mais sont engagés politiquement pour défendre l’Islam.

Une grande majorité des musulmans qui ont immigré au Québec adhère aux principes de tolérance, de vie en harmonie avec les autres, de respect de la loi. Quelques éléments bruyants et intolérants, de type intégriste, attirent l’attention et occupent la une de certains médias. Mais cette couverture médiatique voile l’islam de la majorité paisible et accorde à l’islam des intégristes une visibilité démesurée.

Depuis le 11 septembre 2001, se manifeste un bouillonnement dans la communauté arabo-musulmane. Une nouvelle lecture de l’islam commence à émerger, même parmi les intellectuels ou les leaders de la communauté. Cette nouvelle lecture concerne la participation citoyenne dans la société. Après le 11 septembre, les musulmans se sont trouvés acculés au pied du mur. Cet événement les a forcés à réfléchir à leur situation. Certains concepts comme la oumma (la communauté), le Jihad et l’utilisation de la force, ont été mis en relation avec ceux de citoyenneté, de recherche de paix et de justice, de promotion du bien et d’interdiction du mal. Les musulmans qui vivent ici essaient de concilier l’islam avec cette ouverture dans la lecture du Coran. Certains responsables s’engagent dans la défense des droits de la personne.

(Ali Daher, Les musulmans du Québec, texte publié dans la revue québécoise Relations, numéro 685, juin 2903, p. 29-32. On trouve le texte au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=2449.)

MÉCONNAISSANCE DE L’ISLAM AU QUÉBEC

Un des grands problèmes qui entravent les liens entre les Québécois non musulmans et les Québécois de religion musulmane est l’image de ces derniers qui est véhiculée dans la société. Trop d’amalgames, de préjugés et de raccourcis circulent à leur propos et provoquent chez ces derniers une réaction de repli. Le pire obstacle à l’ouverture de l’autre est le stéréotype que la société d’accueil lui associe. Un discours simplificateur affirme que les musulmans du Québec ne s’intègrent pas à la société québécoise et rejettent les valeurs occidentales. Il faudrait donc soit les rejeter soit les assimiler. Et ces propos leur font peur, les poussent à s’éloigner ou à se replier.

[…]

La majorité québécoise se réfère à une morale, à une culture et à une mentalité judéochrétiennes. Cela est particulièrement sensible lorsqu’on étudie l’histoire de la science et de la culture : on passe de la Grèce à la Renaissance sans évoquer l’époque arabo-islamique. Les musulmans ne supportent pas d’entendre dire que l’Occident se résume  » à la Bible et aux Grecs « . Cette omission de l’apport de la civilisation islamique à la Renaissance et à la civilisation mondiale les met sur la touche.

(Ali Daher, Les musulmans du Québec, texte publié dans la revue québécoise Relations, numéro 685, juin 2903, p. 29-32. On trouve le texte au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=2449.)

LES MUSULMANS AU QUÉBEC : QUEL PACTE AVEC LEUR NOUVEAU PAYS ?

Mais les difficultés viennent aussi des musulmans eux-mêmes. Leur implantation est récente au Québec. Leurs responsables, qui dans leur grande majorité sont nés à l’extérieur du Québec, s’intéressent davantage à ce qui passe dans leurs pays d’origine qu’au Québec et laissent de côté la question identitaire. Ils n’ont pas encore réussi, sauf pour une petite minorité d’entre eux, à trouver un équilibre entre leur appartenance au peuple québécois et leur appartenance à l’islam. Pour beaucoup de musulmans, ces deux appartenances sont antinomiques et non complémentaires. Selon eux, être Québécois signifie s’éloigner de l’islam. Et la formule :  » Nous sommes des Québécois de confession islamique  » n’est pas très répandue. […]

Les questions de citoyenneté québécoise et de participation citoyenne ne sont pas encore claires, non plus, pour les Québécois de foi musulmane. Plusieurs musulmans optent pour la promotion de la communauté spirituelle musulmane. La communauté géographique les intéresse moins. Ils sont éloignés mentalement du cadre local. Ils ne vivent pas le Québec, ils vivent au Québec. Ils s’intéressent peu aux événements sociaux, culturels et politiques de la société québécoise. Ils apprécient ce que la société québécoise offre à ses citoyens en termes de droit à la liberté, à l’égalité et de pluralisme, mais ils restent critiques par rapport à cette société. Peut-être parce qu’elle est laïque et que la laïcité est pour eux synonyme d’athéisme? Athée est pour eux synonyme d’infidèle, d’impie, de païen ou simplement d’opposé à l’islam. Une vraie et juste compréhension de la conception de la laïcité leur manque. N’importe quel incident montre rapidement la fragilité des musulmans par rapport la société québécoise.

[…]

Comment les Québécois de foi islamique doivent-ils se comporter dans la nouvelle société à majorité non islamique dans laquelle ils ont immigré? Doivent-ils revoir leurs comportements, laisser tomber certaines coutumes héritées qui ne sont pas liées aux dogmes et aux éléments de la foi pour faciliter l’intégration et non l’assimilation?

À de telles questions, l’islam est capable de donner des réponses qui découlent de la notion d’alliance ou de pacte. Dans ce domaine, l’islam va très loin. Le pacte est sacré et a la priorité sur les autres liens. Un visa, la permission de s’établir dans un pays, un passeport sont des pactes qui imposent des engagements et demandent le respect des lois et des éléments essentiels sur lesquels la société d’accueil est établie. Une fois que le musulman a accepté le visa et la citoyenneté, il conclut un pacte avec le nouveau pays. Il devient donc de son devoir religieux de respecter son engagement envers les lois de son nouveau pays.

(Ali Daher, Les musulmans du Québec, texte publié dans la revue québécoise Relations, numéro 685, juin 2903, p. 29-32. On trouve le texte au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=2449.)