Le numéro de février 2014 de la revue québécoise RELATIONS est en kiosque.

DOSSIER : Un monde qui vacille

 

Dans le contexte de l’émergence de nouveaux pôles d’influence dans le monde, du côté de la Chine notamment, assiste-t-on au déclin de l’Occident et de l’hégémonie américaine? Comment lire la reconfiguration des forces qui s’opère actuellement, en particulier les grandes luttes pour le contrôle des ressources? Comment évolue le rôle des États-Unis, une puissance militaire inégalée, appuyée par une OTAN en expansion? Leur contrôle de la mondialisation capitaliste reste puissant, mais partout des résistances s’expriment. Regards croisés sur certaines des grandes transformations et lignes de tension qui font vaciller l’ordre géopolitique mondial actuel. > Lire l’article au http://cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=3310&title=un-monde-qui-vacille

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Autonomie du politique

Par Jean-Claude Ravet

Revue québécoise Relations, numéro 770, février 2014

http://cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=504

Le débat sur la place de la religion dans l’espace public, qui a cours dans un contexte de dépolitisation de la société, appelle à reposer la question de l’autonomie du politique par rapport aux religions. Cette autonomie ne signifie en rien incompatibilité avec celles-ci – même si cela n’écarte pas une « conversion » de leur part.

L’invention du politique a été de l’ordre d’un séisme historique. Sa magnitude a été telle qu’on en ressent toujours l’ébranlement. L’imaginaire qui l’a fait naître nous habite encore. Il est au fondement des luttes sociales d’émancipation et de la représentation humaniste d’un monde dans lequel les hommes et les femmes, en instituant des espaces d’épiphanie de la liberté, s’affranchissent du diktat du destin.

Le monde « naturel » s’ébrèche, ainsi que le sol jusque-là inébranlable d’un ordre indéfectible et harmonieux où chacun avait sa place et sa fonction prédéfinies. Le politique introduit dans le monde le germe d’une insubordination radicale dans l’ordre social. Il fait apparaître ceux qui en étaient exclus et, avec eux, les conflits sociaux sur lesquels l’ordre était fondé tout en les masquant. Le demos, le peuple, « la part des sans part » comme l’appelle Jacques Rancière, fait, en effet, son apparition publique. Le domaine des affaires humaines n’apparaît plus comme le lieu de l’acceptation d’une fatalité, mais plutôt comme celui du combat de la liberté contre l’injustice. Le sens n’est plus donné et reçu comme allant de soi, mais devient problématique. La parole humaine se libère du carcan du mythe qui légitime le statu quo et la fragilité de cette parole partagée, inquiète, se mue en pouvoir, fondatrice de monde, dans les espaces de délibération, délimités par les lois humaines et protégés ainsi du domaine des dieux. L’apparition du politique en Grèce est contemporaine, à cet égard, de la naissance de la philosophie.

La polis grecque – celle de citoyens libres et égaux – a ainsi surgi contre le pouvoir despotique de groupes aristocratiques (gênos et oikoi), fondés sur la lignée familiale et dirigés à la manière d’un chef de famille. Sans en faire un modèle – car elle excluait la participation des femmes –, elle instituait dans la cité un lieu préservé du diktat du passé et de la vérité divine immuable. Toute vérité contraignante, dans l’espace politique où les dieux n’ont pas accès, aurait sonné le glas de la liberté. Pour y pénétrer, elle doit devenir aussitôt point de vue sur le monde, et y être débattue et argumentée en tant que tel.

Une irruption dans l’histoire, telle est l’invention du politique. Elle est l’œuvre, et continue de l’être, d’une lutte pour la liberté – toujours à reprendre, car la liberté n’est pas le butin mais s’acquiert dans la lutte elle-même (Patocka) – contre des forces dominantes antipolitiques qui cherchent à mettre un terme à l’égalité politique et aux débats démocratiques, leur préférant le savoir expert d’une élite. Le politique n’est jamais acquis. La fragilité humaine qu’il met en scène, à travers la parole partagée et l’action collective et concertée, comme condition d’humanisation du monde, est toujours menacée d’être supplantée par une puissance tutélaire à qui reviendrait de droit l’administration d’un « ordre naturel d’hommes disposés en troupeaux », comme aimait à le concevoir Platon. Cette longue tradition des tyrans bienveillants, en effet, ne cesse de réapparaître pour « remédier » à la responsabilité citoyenne qui assume la contingence conflictuelle de la vie sociale. L’identification problématique – et étriquée – du politique avec l’État participe de la déresponsabilisation de masse au profit d’une élite technocratique au pouvoir.

C’est sous cet horizon où le ciel et la terre, et leurs rapports, sont ébranlés – ce qui ne veut dire niés – qu’il faut penser l’articulation du politique avec la religion qui n’en sort pas indemne.

Vers la transcendance de l’existence

Pour le philosophe tchèque Jan Patocka, le politique c’est l’existence dans la « problématicité » de la vie, indissociable de l’expérience de l’ébranlement du sens donné, crise de la certitude, libération à l’égard d’un rapport « naturel » au monde. Dans l’espace politique, la parole de Dieu est refluée à l’extérieur, n’y demeurent que les paroles humaines et celles qui se couvraient d’une aura divine se dépouillent de leur caractère contraignant, sacré, éternel, pour devenir, au même titre que les autres, opinions, visions partiales et rivales sur le monde, mises à contribution dans l’édification d’un monde commun. Des religions ne peuvent qu’en sortir ébranlées dans leur prétention à fonder l’existence collective sur des vérités éternelles.

D’autres, en revanche, peuvent participer de cet ébranlement. Dans le judaïsme, par exemple, est née l’idée de l’autolimitation de Dieu dans la création, au nom de son amour pour l’humanité, pour la liberté. L’autonomie humaine correspond en tout point au projet divin. La liberté humaine est possible au prix de l’impuissance de Dieu (voir Hans Jonas, Le concept de Dieu après Auschwitz). La théologie de la kénose, dans le christianisme, participe aussi de cette conception du monde et de Dieu. Dieu s’est dépouillé de sa condition divine, il a troqué l’éternité pour la contingence, la toute puissance comme créateur pour l’impuissance dans l’incarnation. Dieu s’est enfoui dans la fragilité de la condition humaine. La transcendance ne surplombe plus le monde, dans l’au-delà, mais se loge dans le tréfonds de l’existence. Dans ce type d’expérience religieuse, l’autonomie et la liberté, pleinement humaines, n’entrent pas en contradiction avec l’expérience de Dieu, parce que celle-ci y prend sa source.

Mais dans tous les cas, l’ébranlement politique du sens et du sol ferme et irrévocable du donné, loin de contester ou de nier la religion, est une chance, une « grâce » pour elle. Il en dévoile son opacité, son incertitude, son humanité, sous le couvert d’une transparence divine. Si elle peut être une fuite du monde, la religion peut être aussi partie prenante de l’aventure humaine qui défie l’évidence et témoigne d’une expérience sensible du monde. En elle, le monde est posé comme énigme qui engage aux questionnements, à la disponibilité inquiète et courageuse à l’égard du sens et de ses possibilités. Elle peut révéler, à sa manière – comme l’art, la philosophie, le politique –, la part symbolique fondamentale de l’existence que constitue la demeure du langage, et dont la mémoire et le récit sont des expressions essentielles.

Il est vrai que la mentalité technicienne dominante nous convainc du contraire, comme si la réalité allait de soi et ne nécessitait pas la médiation de la parole pour y avoir accès, pour la comprendre et y habiter. Prenant appui sur l’ébranlement du sens, elle a fini par évacuer le sens, elle a reconstitué une nouvelle certitude aveuglante, en dissociant radicalement la réalité du sensé, le réel du symbolique. Si cette rupture a permis des avancées techniques extraordinaires, nous assurant la possibilité de manipuler à notre guise le monde, comme s’il était une « chose », un matériau disponible, un entrepôt de forces et d’énergies, il n’est pas sûr qu’elle permette encore longtemps d’habiter ce monde humainement. Hannah Arendt s’est penchée sur la signification de cette aliénation du monde qui caractérise la condition humaine contemporaine. L’homme agit dans le monde en oubliant son appartenance irréductible à la Terre, comme s’il était un habitant d’une autre planète. Ce faisant, il en vient de plus en plus à menacer ses conditions d’existence. « Il a trouvé le point d’Archimède, mais l’a utilisé contre lui-même », disait Kafka. Cette aliénation du monde est telle que nous en venons à percevoir notre existence pleine de vie alors qu’elle se mutile.

La liberté humaine, à cette enseigne, se heurte aux limites humaines – « le monde qui vit en nous » –, comme à une infamie, alors qu’elles sont les conditions mêmes de son exercice, sans lesquelles la liberté devient une autre forme de nécessité, de destin : la « tyrannie des possibilités ». Les Grecs avaient déjà baptisé cette tentation du nom de hubris, démesure. Comme si la liberté nous exonérait de n’être les obligés de rien et de personne.

Pourtant, la vie pour et en vue de la liberté à laquelle convie le politique est, dans sa visée, indissociable d’une solidarité humaine, « solidarité des ébranlés », dira Patocka, dépassement d’une existence centrée sur soi, ouverture au souci de l’autre et du monde à qui notre existence est redevable et par l’entremise desquels nous devenons ce que nous sommes. La religion peut être une compagne précieuse, source d’inspiration, dans cette conscience et ce désir d’être solidaires, de rompre la chaîne des injustices et d’habiter humainement – poétiquement – le monde.

La dépolitisation de la société

Il faut le redire avec insistance, le politique n’a pas toujours été. Il a été un temps où il n’existait pas. Et il pourrait tout autant disparaître sous la vague antipolitique capitaliste déferlante sur le monde qui le vide progressivement de sa signification et le couvre de mépris.

L’invention du politique nous a fait entrer d’une manière inédite dans l’histoire. La dépolitisation radicale de la société risque de nous en faire sortir pareillement. Comme si nous entrions à reculons dans la préhistoire; comme si, de nouveau, l’existence humaine était prise dans les mailles de la fatalité et du destin. Non pas comme avant l’avènement du politique, sous le signe d’un passé indépassable, déterminant les comportements, contraignant à reproduire ce qui avait été une fois pour toute édicté pour la suite du monde, quand la contingence de l’histoire était exorcisée et ramenée à la sécurité du bercail des lois cosmiques ou divines.

Non, la « préhistoire » qui nous guette, au détour de la dépolitisation de la société, serait plutôt sous la férule d’un présent éternel – l’immédiateté du présent – de la production déchaînée, sans fin, des marchandises. Les sujets assujettis à sa logique autorégulatrice et à sa cadence effrénée, contraints de ne plus penser mais de calculer, se soumettraient, en fonctionnaires besogneux, à son injonction : « ce qui est possible doit être fait ».

La dépolitisation accélérée de l’économie est l’aspect le plus sensible de cette dépolitisation de la société, dans la mesure où les mécanismes de marché libérés des régulations politiques en viennent à saper les bases même de la société, sa reproduction matérielle : en enrichissant à outrance des actionnaires des entreprises, sans appartenance, toujours plus voraces au détriment de la population locale. Mais cette dépolitisation ne s’arrête pas là; elle s’attaque à l’espace politique lui-même, qui devient un vaste appareil d’experts gérant des demandes particulières et allouant à chacune sa place dans un ordre fonctionnel. Elle transforme, par là même, la lutte politique pour instituer un monde commun en combat pour la reconnaissance d’identités indifférentes l’une à l’autre, dans une société qui tend à se représenter comme la simple somme des individus ou des communautés qui la composent.

Que cette déferlante antipolitique s’accompagne d’un retour du fondamentalisme religieux, rien n’est moins étrange. Ce dernier a été qualifié de « revanche des dieux ». C’est l’autre face d’une même médaille. Avant d’être des rivaux, ils sont des alliés dans la sortie du politique. L’un et l’autre partagent le même mépris pour la liberté et l’espace public, conflictuel, inefficace, inutile : lieu de la contingence, de l’éphémère, de l’incertitude, expression de la précarité de la condition humaine à laquelle il faut, selon eux, trouver un remède.

Pour eux, ce projet historique et démocratique d’émancipation et d’autonomie politique n’est qu’un leurre. La vraie liberté résiderait dans la soumission volontaire à la nécessité – divine ou technocratique.

Dans ce contexte, poser l’autonomie et la liberté au sein de l’espace politique, comme fondements démocratiques, se présente comme un acte de résistance à ces assauts antipolitiques. Cela pose une limite aux vérités religieuses, les obligeant, si elles veulent se faire entendre dans l’espace politique, aux dépouillements de leur caractère contraignant et de leur « origine » divine. Cela n’exclut pas, cependant, la perméabilité des convictions et des expériences humaines et religieuses qui imprègnent les paroles partagées, soutiennent l’agir collectif et rassemblent des hommes et des femmes de tout horizon disposés à être solidaires dans la lutte contre le destin et la construction d’un monde commun.

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« [] depuis 2011, avec les soulèvements du « printemps arabe » en faveur d’avancées démocratiques et populaires, un nouvel horizon se donne à voir. C’est tout le champ du politique qui s’ouvre graduellement, se libère et s’autonomise dans des sociétés où l’on a tendance à penser que c’est de la seule domination religieuse dont l faut s’affranchir. S’il faut une autonomie du politique par rapport au religieux, il le faut aussi par rapport au militaire, au policier, à l’injuste de l’arbitraire. » (Mouloud Idir, politologue et responsable du secteur Vivre ensemble du Centre Justice et Foi, à Montréal, Le fondamentalisme au service de l’ordre néolibéral, dans Relations, numéro 770, février 2014, p. 20)

« Cage de La Corriveau » – Le journal Le Soleil prié de présenter un rectificatif

Lévis, le 31 janvier 2014

Quotidien Le Soleil

Québec

Madame ou Monsieur,

Le 12 janvier 2014, votre site web présentait à vos lecteurs un « point de vue » intitulé MARIE-JOSEPTHE [sic] CORRIVEAU (1733-1763) – LA FIN DE LA LÉGENDE, écrit par M. Claude Genest, qui se présente comme un membre honoraire de la Société d’histoire régionale de Lévis. Il faudrait que vous publiez un rectificatif pour démentir l’affirmation de M. Genest selon laquelle la « cage » trouvée dans Internet par Mme Claudia Mendez Ishii, vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis et guide touristique à Lévis, est la « cage » qui aurait servi à exposer le cadavre de Mme Marie-Josephte Corriveau, appelée communément « La Corriveau ». Si vous communiquez avec le Musée de la civilisation, qui a accepté d’examiner la « cage », vous apprendrez qu’on ne sait pas actuellement à quelle époque la « cage » a été fabriquée et qu’il est peu probable que l’examen donne la certitude que Mme Corriveau a été exposée dans cette « cage ».

Le texte de M. Claude Genest contient une autre imperfection importante, qu’il faudrait que vous effaciez par votre rectificatif : après avoir parlé de la « cage » trouvée dans Internet, M. Claude Genest laisse entendre que ladite cage a fait l’objet d’un « dévoilement [] au Musée de la civilisation ». M. Genest associe ainsi le Musée de la civilisation à la contrevérité qu’il répand. Le Musée de la civilisation appréciera sans doute votre rectificatif.

Il faudrait que le rectificatif soit mis en évidence rapidement dans votre site web, ainsi que dans l’édition papier de votre quotidien si le texte de M. Claude Genest y a paru. Il conviendrait que Le Soleil présente des excuses à ses lecteurs ainsi qu’au Musée de la civilisation, victime de la fausseté de M. Claude Genest.

Bien à vous,

Roger Martel, Lévis

Ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis et principal artisan de la réalisation de huit numéros de la revue de ladite société, membre de plusieurs sociétés d’histoire, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007

P.-S. Une copie de ce message sera transmise au Musée de la civilisation. – Ce message sera publié au lepasseurdelacote.com, de même que les communications que vous voudrez bien envoyer à son auteur.

Le monde regorge de beautés. Exemple : les Petits bonheurs du dimanche soir.

Les Petits bonheurs sont présentés à la télé suisse le dimanche soir, dans le cadre du téléjournal. En voici un :

Les petits bonheurs: l’aventure de la colocation.

Regardez-en d’autres de temps en temps. (Les reportages durent environ trois minutes.)

Roger Martel

La cage dite de La Corriveau : une fausseté que le Journal de Lévis devra effacer.

Lévis (Québec), le 30 janvier 2014

Le Journal de Lévis

Lévis (Québec)

Le 27 novembre 2013, l’hebdomadaire Le Journal de Lévis a présenté à ses lecteurs un texte intitulé LA FIN DE LA LÉGENDE, écrit par M. Claude Genest, qui se présente comme un historien. Je vous demande de publier un rectificatif pour démentir l’affirmation de M. Claude Genest selon laquelle la « cage » trouvée dans Internet par Mme Claudia Mendez, vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis et guide touristique à Lévis, est la « cage » qui aurait servi à exposer le cadavre de Mme Marie-Josephte Corriveau, appelée communément « La Corriveau ». Si vous communiquez avec le Musée de la civilisation, qui a accepté d’examiner la « cage », vous apprendrez qu’on ne sait pas actuellement à quelle époque la « cage » a été fabriquée et qu’il est peu probable, de toute façon, que l’examen donne la certitude que Mme Corriveau a été exposée dans cette « cage ».

Le texte de M. Claude Genest contient une deuxième imperfection importante, qu’il faudra que vous effaciez par votre rectificatif : après avoir parlé de la « cage » trouvée dans Internet (cage qui, selon lui et Mme Claudia Mendez, je le répète, a contenu le cadavre de Mme Corriveau), M. Genest laisse entendre que ladite cage a fait l’objet d’un « dévoilement [] au Musée de la civilisation ». M. Genest associe ainsi le Musée de la civilisation à la contrevérité qu’il répand. Le Musée de la civilisation appréciera votre rectificatif.

Votre rectificatif devra être mis en évidence dans la prochaine édition de votre journal; il devra aussi être mis en évidence le plus tôt possible dans le site web de votre journal. Il devra naturellement donner le titre de l’article, sa date de parution et le nom de son auteur. Naturellement, il conviendrait que Le Journal de Lévis présente des excuses à ses lecteurs ainsi qu’au Musée de la civilisation, victime de la fausseté de M. Claude Genest.

Roger Martel, Lévis

Ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis et principal artisan de la réalisation de huit numéros de la revue de ladite société, membre de plusieurs sociétés d’histoire, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007

lepasseurdelacote.com

P.-S. Une copie de ce message sera transmise au Musée de la civilisation. – Ce message sera publié au lepasseurdelacote.com, de même que les communications que vous voudrez bien envoyer à son auteur.

Quand la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) attribue un prix de journalisme à un journaliste, ça ne veut pas dire que ce journaliste est un trésor du journalisme, dit la FPJQ.

( Le Passeur de la Côte fera comprendre à ses lecteurs le titre de la présente page, un jour prochain. Mais M. Brian Myles, président en 2013 de la FPJQ, s’en chargera peut-être rapidement, ce qu’aimerait le Passeur. )

Lévis (Québec), le 30 janvier 2014

Monsieur Brian Myles, journaliste, ancien président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

Aux bons soins du journal Le Devoir, Montréal

Monsieur,

Le 27 janvier 2014 je vous ai envoyé un courriel concernant l’attribution d’un prix par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), à l’époque où vous la présidiez, à une journaliste qui a montré son manque de compétence. J’ai reçu une réponse qui n’a pas été écrite par vous, et dans laquelle votre nom ne figure pas. Je vous demanderais de me dire si vous êtes d’accord avec tout ce qui est dit dans la réponse, écrite par un employé de la FPJQ à votre demande (je présume que c’est à votre demande qu’il l’a écrite, et que cette réponse vous a été transmise).

Changement de propos. – Vous avez lu la déclaration du président de la FPJQ, M. Pierre Craig, dans laquelle il peste contre les maires qui nuiraient au travail des journalistes, et invite la première ministre du Québec, la porte-parole de Québec solidaire, etc., à prendre « tous les moyens, y compris législatifs, pour permettre aux journalistes du Québec de jouer leur rôle : celui de sentinelles de la démocratie ». Je lui répondrais ceci : «  Les lecteurs ne peuvent pas percevoir les journalistes comme des sentinelles de la démocratie quand ces derniers montrent qu’ils n’appliquent pas leur attention à ne rapporter que des faits exacts et qu’ils écrivent des faussetés qui, si elles ne sont pas toujours pyramidales, sont toujours importantes pour eux puisqu’elles les induisent en erreur. Or, en 2013, la FPJQ, à l’époque où M. Craig en était le vice-président (si ma mémoire est bonne), a remis un prix de journalisme à une chroniqueuse qui n’attache pas d’importance à l’article suivant du Guide de déontologie de la FPJQ, [VOTRE Fédération, Monsieur Myles] : « Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations ». Maintenant que vous présidez la FPJQ, M. Craig, prenez donc tous les moyens requis pour que vos membres respectent le Guide de déontologie de la FPJQ (VOTRE Fédération), et pour que la FPJQ tapent sur les doigts de ses membres qui écrivent des faussetés au lieu de les récompenser par un prix. » Et vous, Monsieur Myles, quel commentaire feriez-vous?

Veuillez, Monsieur, agréer mes salutations distinguées.

Roger Martel, membre de plusieurs sociétés d’histoire, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007, citoyen de Lévis depuis 1978

72, rue Fraser, Lévis, G6V 3S3 – Téléphone : 418-833-2587

lepasseurdelacote.com.

P.-S. Ce message et la réponse attendue seront publiés au lepasseurdelacote.com.

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REPRODUCTION DU COURRIEL ENVOYÉ À M. BRIAN MYLES LE 27 JANVIER 2014 :

Lévis (Québec), le 27 janvier 2014

Monsieur Brian Myles, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec en 2013

Aux bons soins du journal Le Devoir, Montréal

Monsieur,

En novembre 2013 j’ai envoyé un message à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) au sujet de l’attribution d’un important prix de journalisme à la chroniqueuse Mylène Moisan, employée du journal Le Soleil; la FPJQ ne m’a pas répondu. En décembre dernier, j’ai expédié un message semblable à M. Pierre Craig, président depuis peu de la FPJQ; M. Craig ne m’a pas répondu. Aujourd’hui, Monsieur Myles, je m’adresse à vous : vous étiez le président de la FPJQ quand cette dernière a remis un prix à Mme Mylène Moisan. (J’aimerais savoir pourquoi la FPJQ et M. Pierre Craig n’ont pas répondu à mes messages du mois dernier.)

Mme  Moisan a reçu le prix attribué dans la catégorie Opinion pour son article intitulé Treize minutes de trop. Je vous pose la question suivante : L’attribution du prix à Mme Moisan signifie-t-elle que la FPJQ n’a pas trouvé, dans les médias de 2012, de réalisation de plus grande valeur que la chronique Treize minutes de trop, pour la catégorie Opinion? Doit-on comprendre que la FPJQ juge qu’aucun éditorial publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Mme Moisan, qu’aucune analyse publiée au Québec en 2012 n’est supérieure à la chronique de Mme Moisan, qu’aucun commentaire publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Mme Moisan, qu’aucun billet publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Mme Moisan et qu’aucune caricature publiée au Québec en 2012 n’est supérieure à la chronique de Mme Moisan? (La catégorie Opinion, lit-on dans le site web de la FPJQ, couvre les éditoriaux, les chroniques, les billets, les commentaires, les analyses et les caricatures.)

L’attribution d’un prix de journalisme à Mme Mylène Moisan par une organisation que je croyais sérieuse et digne de confiance (la FPJQ) a fortement attiré mon attention parce que Mme Moisan a démontré aux lecteurs du journal Le Soleil, en 2013, qu’elle n’a pas appris ou n’a pas retenu que la « fonction première [des médias et des professionnels de l’information] est de livrer à la population une information exacte, rigoureuse, complète […] » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, Troisième édition, novembre 2003), que les journalistes « doivent […] prendre tous les moyens à leur disposition pour s’assurer de la fiabilité de leurs sources et pour vérifier, auprès d’autres sources indépendantes, l’authenticité des informations qu’ils en obtiennent » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, Troisième édition, novembre 2003) et que « Les auteurs de chroniques, de billets et de critiques ne sauraient se soustraire aux exigences de rigueur et d’exactitude » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse,Troisième édition, novembre 2003).

DÉMONSTRATION du manque de compétence de la chroniqueuse Mylène Moisan

L’été dernier, un texte de Mme Mylène Moisan dans Le Soleil m’a fait sursauter. J’ai réagi, j’ai envoyé la lettre suivante au journal :

Lévis n’a pas attendu Mme Mendez Ishii pour s’intéresser à l’histoire de sa Terrasse

Un historien, un vrai historien, n’écrit pas l’histoire d’une époque, d’un pays, d’une ville, en s’appuyant uniquement sur des textes de journalistes ou de propagandistes publiés dans des périodiques. Sans l’avoir voulu, la journaliste Mylène Moisan illustre pourquoi dans son article intitulé « En face, c’est Lévis, il n’y a rien… » (Le Soleil, 31 juillet 2013).

Mme Moisan fait cette affirmation catégorique : « La Terrasse [Chevalier de Lévis] n’avait pas d’histoire [avant l’arrivée à Lévis de Claudia Mendez Ishii qui est membre depuis quelques années du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis ou SHRL]. Personne ne s’était jamais demandé comment elle est arrivée là. Claudia est allée à la Société d’histoire régionale de Lévis, rien. »

Cette affirmation de la journaliste est erronée. Quelle est la source de Mme Moisan? On peut penser qu’il s’agit de Mme Mendez Ishii. [Disons en passant que Mme Mendez Ishii est copropriétaire d’un service de visite touristique avec un ancien membre du conseil d’administration de la SHRL, Mme Manon Pelletier.] Mais qu’importe quelle est la source : la vérité est que Mme Mendez Ishii aurait dû trouver à la SHRL un texte facilement trouvable puisqu’il a été publié dans la revue de la SHRL (son compagnon de vie, M. Claude Genest, historien et ancien président de la SHRL, ne l’a probablement pas guidé dans sa recherche, mais sait-on jamais). Le texte en question s’intitule « Du parc Shaw à la Terrasse Chevalier de Lévis »; il est signé Marcel Léveillé, à qui la Société d’histoire doit beaucoup; il a paru en 1987, dans le numéro 25 de la revue « La Seigneurie de Lauzon » produite par la SHRL, pages 19-23. Le texte de M. Léveillé est d’autant plus facile à trouver qu’il est l’article principal du numéro et que la page de titre de cette dernière affiche une grande photo faisant voir Lévis et sa terrasse. Naturellement, le texte de M. Léveillé ne figure pas dans les références qui accompagnent le texte que Mme Mendez Ishii a écrit avec l’appui de son compagnon.

Je pourrais dire trois ou quatre autres choses sur les affirmations de Mmes Mendez Ishii et Moisan. Je vais n’en ajouter qu’une. – La journaliste dit : « Quand elle [Mme Mendez Ishii, qui vit à Lévis depuis 2005, écrit Mme Moisan] a fini son cours en tourisme, il n’y avait personne qui faisait des visites touristiques de Lévis. Elle n’en revenait pas. Depuis 2006, elle en fait, toujours un peu plus chaque année ». Or, dans le numéro du 26 juillet 2006 (oui, 2006) du « Journal de Lévis », nous voyons que : « Tous les mercredis et vendredis soirs jusqu’au 1er septembre, la Ville de Lévis offre une visite guidée du Vieux-Lévis… une occasion pour les amateurs d’histoire et d’architecture de découvrir des aspects ignorés de ce quartier reconnu entre autres pour son église Notre-Dame » (http://www.journaldelevis.com/1068/787/Le_Vieux-Levis_a_la_chandelle_un_voyage_dans_le_temps_.journaldelevis). L’un des animateurs de ces visites appelées Le Vieux Lévis à la Chandelle, M. Étienne Vézina, allait bientôt devenir le président de la SHRL.

Renseignement complémentaire : dans « Le Centenaire de Lévis 1861-1961 » (1961), dans « Le Centenaire de Notre-Dame de Lévis, 25-30 juillet 1950 (1950), dans « IIIe Centenaire de la Rive Sud, région de Lévis, 21 au 26 juin 1947 (1947), la Terrasse n’est pas ignorée, preuve que les Lévisiens connaissent son importance depuis longtemps.

Les écrits restent; c’est merveilleux ! Sachons les utiliser !

Roger Martel, Lévisien, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis

(Note : Peu après avoir écrit la lettre ci-dessus, il m’a été confirmé que des visites guidées étaient offertes à Lévis avant que M. Étienne Vézina n’en organise.)

AUTRE DÉMONSTRATION du manque de compétence de la chroniqueuse Mylène Moisan

Le 10 janvier 2014 Mme Mylène Moisan signait la chronique Et puis, quoi de neuf ? dans Le Soleil (http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201401/09/01-4727209-et-puis-quoi-de-neuf.php). Je vous présente un extrait de cette chronique :

« Mes vieux lecteurs ont de la mémoire

J’ai écrit, en parlant de ces lecteurs qui m’écrivent sur du vrai papier, que le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920. J’ai pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire, j’y ai lu ça : « Le tarif de recommandation des lettres et autres pièces de courrier postées au Canada est fixé à 10 ¢ la lettre, en vigueur le 15 juillet. » Formulé comme ça, je n’ai pas pigé que c’était le prix pour le courrier recommandé.

Mes vieux lecteurs m’ont rappelé à l’ordre, gentiment. Comme cette femme. « Il y a 50 ans, les lettres de mes amoureux portaient un timbre de 0,04 $ et de 0,05 $. Dommage que je ne sache pas utiliser le fax, car je vous ferais parvenir l’enveloppe. » Une lectrice m’a envoyé l’image d’une carte postale envoyée le 16 septembre 1947 à sa mère, « alors collégienne à l’École Normale de L’Islet ». Vous voyez, madame, le prix du timbre? Quatre sous.

Je suis retournée sur le site de la Banque du Canada, où j’avais calculé le prix du timbre avec l’inflation. Je voulais savoir si Postes Canada, en l’augmentant à 1 $, était raisonnable. Si 10 ¢ en 1920 valent aujourd’hui 1,09 $, 4 ¢ en 1947 valent 45 ¢ maintenant.

Voilà qui change tout. »

Dans sa chronique Et puis, quoi de neuf ?, Mme Mylène Moisan confesse qu’elle s’est trompée dans une chronique précédente : ce n’est pas vrai que « le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920 », contrairement à ce qu’elle avait affirmé. La journaliste prétend qu’elle a « pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire ». C’est faux : cette affirmation ne se trouve pas dans le site du Musée. La vérité est que Mme Moisan n’a pas compris une phrase publiée dans le site du Musée. Cette phrase est pourtant très claire, le lecteur comprend dès le début qu’il y est question du courrier recommandé; lisons-la : « Le tarif de recommandation des lettres et autres pièces de courrier postées au Canada est fixé à 10 ¢ la lettre, en vigueur le 15 juillet. » Mme Moisan cherche à justifier son erreur; elle dit, parlant de la phrase qu’elle n’a pas su comprendre  : « Formulé comme ça, je n’ai pas pigé que c’était le prix pour le courrier recommandé ». La phrase est formulée correctement, la lectrice a été incapable de la comprendre (ce qui l’a conduit à communiquer une information inexacte à ses lecteurs); un point, c’est tout.

La journaliste Mylène Moisan, donc, n’a pas compris une phrase facile à comprendre. Malheureusement, on doit ajouter qu’elle exprime très mal sa pensée quand elle écrit : « J’ai pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire ». Le lecteur comprend que la journaliste ne veut pas dire que l’information erronée qu’elle a transmise dans une chronique se trouve dans le site du Musée (autrement, on pourrait dire qu’elle cherche à induire ses lecteurs en erreur); elle veut dire que la lecture d’un texte publié dans le site du Musée l’a amené à croire que « le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920 ». (Madame Moisan n’arrive pas à comprendre une phrase simple, on vient de le voir, et elle en écrit qui sont incompréhensibles, voyez : « C’est une ville militaire [il est question de Lévis] dont on ne parle à peu près pas. Il y a cinq forts ici, que les Anglais ont construits parce qu’ils avaient profité du fait que les Français l’avaient mal défendue. » (Je rappelle que trois des forts de Lévis ont été construits entre 1865 et 1872, plus de cent ans après le départ des Français, et que les forts Upper Martinière et Lower Martinière ont été érigés encore plus tard, le premier dans les années 1900, le second en 1910. Que viennent donc faire les Français dans le décor ? Soit que Mme Claudia Mendez Ishii connaisse mal l’histoire de sa ville, soit que la chroniqueuse l’ait mal citée. Je ne pense pas que Mme Moisan saisissait clairement ce qu’elle écrivait.)

Les chroniques du 10 janvier 2014 (Et puis, quoi de neuf ?) et du 31 juillet 2013 (En face de Lévis, il n’y a rien…) de Mme Moisan nous renseignent sur la qualité de son travail. La journaliste démontre qu’elle ne se soucie pas autant qu’elle le devrait, loin de là, de l’exactitude des informations qu’elle transmet et qu’elle manque de rigueur intellectuelle et professionnelle, « synonyme d’exactitude, de précision, d’intégrité, de respect des personnes et des groupes, des faits et des événements » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, Troisième édition, novembre 2003). Que l’on n’objecte pas que Mme Moisan n’écrit pas des éditoriaux ou des analyses, que ses textes sont seulement des chroniques : les journalistes vraiment dignes de porter ce titre, à l’instar du Conseil de presse, réfuteraient sans hésiter cette objection : « Les auteurs de chroniques, de billets et de critiques ne sauraient se soustraire aux exigences de rigueur et d’exactitude » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, novembre 2003).

« La rigueur intellectuelle et professionnelle

dont doivent faire preuve les médias et les journalistes

représente la garantie d’une information de qualité. »

(Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, novembre 2003).

J’attends de vous, Monsieur, que vous tentiez de démontrer que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec n’a pas été en-dessous de sa réputation d’organisation sérieuse et digne de confiance quand elle a décidé d’attribuer en 2013 un important prix de journalisme à Mme Mylène Moisan, employée du journal Le Soleil. Je vous demanderais aussi de bien vouloir expliquer comment la FPJQ en est arrivé à décider d’attribuer un important prix à Mme Mylène Moisan, de dire, par exemple, qui, le premier (membre ou non de la FPJQ), a mis le nom de Mme  Mylène Moisan sur la table.

Pour terminer, je vous rappelle deux passages du Guide de déontologie des journalistes du Québec établi par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, VOTRE Fédération :

« Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent

au terme d’un rigoureux travail de collecte

et de vérification des informations. »

« Dans les genres journalistiques comme les éditoriaux, les chroniques et les billets

ou dans le journalisme engagé,

où l’expression prend une large place,

les journalistes doivent tout autant respecter les faits. »

Je vous prie, Monsieur, d’agréer mes salutations distinguées.

Roger Martel, membre de plusieurs sociétés d’histoire, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007, citoyen de Lévis depuis 1978

72, rue Fraser, Lévis (Québec)

lepasseurdelacote.com

P.-S. Cette lettre et la réponse attendue seront publiées au lepasseurdelacote.com.

Magnifique 31 janvier 2014 à Lévis et à Québec

Québec et St-Laurent vus de Terrasse Lévis

Photo de Roger Martel

Le photographe se promenait sur la Terrasse du Chevalier de Lévis. C’est à cet endroit que se trouve un panneau d’interprétation sur lequel figurent le nom de la Société d’histoire régionale de Lévis et celui de sa vice-présidente, Madame Claudia Mendez Ishii (qui offre des visites touristiques guidées payantes à Lévis). La Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) semble incapable de justifier l’inscription de ces noms sur le panneau : depuis septembre dernier, le Passeur de le Côte a écrit trois fois à la présidente de la CCNQ, Madame Françoise Mercure, pour lui demander une explication; Madame Françoise Mercure ne répond pas.

Roger Martel

Au sujet d’un important prix de journalisme attribué par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec en 2013

Lévis (Québec), le 27 janvier 2014

Monsieur Brian Myles, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec en 2013

Aux bons soins du journal Le Devoir, Montréal

Monsieur,

En novembre 2013 j’ai envoyé un message à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) au sujet de l’attribution d’un important prix de journalisme à la chroniqueuse Mylène Moisan, employée du journal Le Soleil; la FPJQ ne m’a pas répondu. En décembre dernier, j’ai expédié un message semblable à M. Pierre Craig, président depuis peu de la FPJQ; M. Craig ne m’a pas répondu. Aujourd’hui, Monsieur Shields, je m’adresse à vous : vous étiez le président de la FPJQ quand cette dernière a remis un prix à Madame Mylène Moisan.

Madame Moisan a reçu le prix attribué dans la catégorie Opinion pour son article intitulé Treize minutes de trop. Je vous pose la question suivante : L’attribution du prix à Madame Moisan signifie-t-elle que la FPJQ n’a pas trouvé, dans les médias de 2012, de réalisation de plus grande valeur que la chronique Treize minutes de trop, pour la catégorie Opinion? Doit-on comprendre que la FPJQ juge qu’aucun éditorial publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Madame Moisan, qu’aucune analyse publiée au Québec en 2012 n’est supérieure à la chronique de Madame Moisan, qu’aucun commentaire publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Madame Moisan, qu’aucun billet publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Madame Moisan et qu’aucune caricature publiée au Québec en 2012 n’est supérieure à la chronique de Madame Moisan? (La catégorie Opinion, lit-on dans le site web de la FPJQ, couvre les éditoriaux, les chroniques, les billets, les commentaires, les analyses et les caricatures.)

L’attribution d’un prix de journalisme à Madame Mylène Moisan par une organisation que je croyais sérieuse et digne de confiance (la FPJQ) a fortement attiré mon attention parce que Madame Moisan a démontré aux lecteurs du journal Le Soleil, en 2013, qu’elle n’a pas appris ou n’a pas retenu que la « fonction première [des médias et des professionnels de l’information] est de livrer à la population une information exacte, rigoureuse, complète […] » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse,Troisième édition, novembre 2003), que les journalistes « doivent […] prendre tous les moyens à leur disposition pour s’assurer de la fiabilité de leurs sources et pour vérifier, auprès d’autres sources indépendantes, l’authenticité des informations qu’ils en obtiennent » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse,Troisième édition, novembre 2003) et que « Les auteurs de chroniques, de billets et de critiques ne sauraient se soustraire aux exigences de rigueur et d’exactitude » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse,Troisième édition, novembre 2003).

DÉMONSTRATION du manque de compétence de la chroniqueuse Mylène Moisan

L’été dernier, un texte de Madame Mylène Moisan dans Le Soleil m’a fait sursauter. J’ai réagi, j’ai envoyé la lettre suivante au journal :

Lévis n’a pas attendu Mme Mendez Ishii pour s’intéresser à l’histoire de sa Terrasse

Un historien, un vrai historien, n’écrit pas l’histoire d’une époque, d’un pays, d’une ville, en s’appuyant uniquement sur des textes de journalistes ou de propagandistes publiés dans des périodiques. Sans l’avoir voulu, la journaliste Mylène Moisan illustre pourquoi dans son article intitulé « En face, c’est Lévis, il n’y a rien… » (Le Soleil, 31 juillet 2013).

Mme Moisan fait cette affirmation catégorique : « La Terrasse [Chevalier de Lévis] n’avait pas d’histoire [avant l’arrivée à Lévis de Claudia Mendez Ishii qui est membre depuis quelques années du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis ou SHRL]. Personne ne s’était jamais demandé comment elle est arrivée là. Claudia est allée à la Société d’histoire régionale de Lévis, rien. »

Cette affirmation de la journaliste est erronée. Quelle est la source de Mme Moisan? On peut penser qu’il s’agit de Mme Mendez Ishii. [Disons en passant que Mme Mendez Ishii est copropriétaire d’un service de visite touristique avec un ancien membre du conseil d’administration de la SHRL, Mme Manon Pelletier.] Mais qu’importe quelle est la source : la vérité est que Mme Mendez Ishii aurait dû trouver à la SHRL un texte facilement trouvable puisqu’il a été publié dans la revue de la SHRL (son compagnon de vie, M. Claude Genest, historien et ancien président de la SHRL, ne l’a probablement pas guidé dans sa recherche, mais sait-on jamais). Le texte en question s’intitule « Du parc Shaw à la Terrasse Chevalier de Lévis »; il est signé Marcel Léveillé, à qui la Société d’histoire doit beaucoup; il a paru en 1987, dans le numéro 25 de la revue « La Seigneurie de Lauzon » produite par la SHRL, pages 19-23. Le texte de M. Léveillé est d’autant plus facile à trouver qu’il est l’article principal du numéro et que la page de titre de cette dernière affiche une grande photo faisant voir Lévis et sa terrasse. Naturellement, le texte de M. Léveillé ne figure pas dans les références qui accompagnent le texte que Mme Mendez Ishii a écrit avec l’appui de son compagnon.

Je pourrais dire trois ou quatre autres choses sur les affirmations de Mmes Mendez Ishii et Moisan. Je vais n’en ajouter qu’une. – La journaliste dit : « Quand elle [Mme Mendez Ishii, qui vit à Lévis depuis 2005, écrit Mme Moisan] a fini son cours en tourisme, il n’y avait personne qui faisait des visites touristiques de Lévis. Elle n’en revenait pas. Depuis 2006, elle en fait, toujours un peu plus chaque année ». Or, dans le numéro du 26 juillet 2006 (oui, 2006) du « Journal de Lévis », nous voyons que : « Tous les mercredis et vendredis soirs jusqu’au 1er septembre, la Ville de Lévis offre une visite guidée du Vieux-Lévis… une occasion pour les amateurs d’histoire et d’architecture de découvrir des aspects ignorés de ce quartier reconnu entre autres pour son église Notre-Dame » (http://www.journaldelevis.com/1068/787/Le_Vieux-Levis_a_la_chandelle_un_voyage_dans_le_temps_.journaldelevis). L’un des animateurs de ces visites appelées Le Vieux Lévis à la Chandelle, M. Étienne Vézina, allait bientôt devenir le président de la SHRL.

Renseignement complémentaire : dans « Le Centenaire de Lévis 1861-1961 » (1961), dans « Le Centenaire de Notre-Dame de Lévis, 25-30 juillet 1950 (1950), dans « IIIe Centenaire de la Rive Sud, région de Lévis, 21 au 26 juin 1947 (1947), la Terrasse n’est pas ignorée, preuve que les Lévisiens connaissent son importance depuis longtemps.

Les écrits restent; c’est merveilleux ! Sachons les utiliser !

Roger Martel, Lévisien, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis

(Note : Peu après avoir écrit la lettre ci-dessus, il m’a été confirmé que des visites guidées étaient offertes à Lévis avant que M. Étienne Vézina n’en organise.)

AUTRE DÉMONSTRATION du manque de compétence de la chroniqueuse Mylène Moisan

Le 10 janvier 2014 Madame Mylène Moisan signait la chronique Et puis, quoi de neuf ? dans Le Soleil (http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201401/09/01-4727209-et-puis-quoi-de-neuf.php). Je vous présente un extrait de cette chronique :

« Mes vieux lecteurs ont de la mémoire

J’ai écrit, en parlant de ces lecteurs qui m’écrivent sur du vrai papier, que le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920. J’ai pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire, j’y ai lu ça : «Le tarif de recommandation des lettres et autres pièces de courrier postées au Canada est fixé à 10 ¢ la lettre, en vigueur le 15 juillet.» Formulé comme ça, je n’ai pas pigé que c’était le prix pour le courrier recommandé.

Mes vieux lecteurs m’ont rappelé à l’ordre, gentiment. Comme cette femme. «Il y a 50 ans, les lettres de mes amoureux portaient un timbre de 0,04 $ et de 0,05 $. Dommage que je ne sache pas utiliser le fax, car je vous ferais parvenir l’enveloppe.» Une lectrice m’a envoyé l’image d’une carte postale envoyée le 16 septembre 1947 à sa mère, «alors collégienne à l’École Normale de L’Islet». Vous voyez, madame, le prix du timbre? Quatre sous.

Je suis retournée sur le site de la Banque du Canada, où j’avais calculé le prix du timbre avec l’inflation. Je voulais savoir si Postes Canada, en l’augmentant à 1 $, était raisonnable. Si 10 ¢ en 1920 valent aujourd’hui 1,09 $, 4 ¢ en 1947 valent 45 ¢ maintenant.

Voilà qui change tout. »

Dans sa chronique Et puis, quoi de neuf ?, Madame Mylène Moisan confesse qu’elle s’est trompée dans une chronique précédente : ce n’est pas vrai que « le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920 », contrairement à ce qu’elle avait affirmé. La journaliste prétend qu’elle a « pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire ». C’est faux : cette affirmation ne se trouve pas dans le site du Musée. La vérité est que Madame Moisan n’a pas compris une phrase publiée dans le site du Musée. Cette phrase est pourtant très claire, le lecteur comprend dès le début qu’il y est question du courrier recommandé; lisons-la : « Le tarif de recommandation des lettres et autres pièces de courrier postées au Canada est fixé à 10 ¢ la lettre, en vigueur le 15 juillet. » Madame Moisan cherche à justifier son erreur; elle dit, parlant de la phrase qu’elle n’a pas su comprendre  : « Formulé comme ça, je n’ai pas pigé que c’était le prix pour le courrier recommandé ». La phrase est formulée correctement, la lectrice a été incapable de la comprendre (ce qui l’a conduit à communiquer une information inexacte à ses lecteurs); un point, c’est tout.

La journaliste Mylène Moisan, donc, n’a pas compris une phrase facile à comprendre. Malheureusement, on doit ajouter qu’elle exprime très mal sa pensée quand elle écrit : « J’ai pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire ». Le lecteur comprend que la journaliste ne veut pas dire que l’information erronée qu’elle a transmise dans une chronique se trouve dans le site du Musée (autrement, on pourrait dire qu’elle cherche à induire ses lecteurs en erreur); elle veut dire que la lecture d’un texte publié dans le site du Musée l’a amené à croire que « le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920 ». (Madame Moisan n’arrive pas à comprendre une phrase simple, on vient de le voir, et elle en écrit qui sont incompréhensibles, voyez : « C’est une ville militaire [il est question de Lévis] dont on ne parle à peu près pas. Il y a cinq forts ici, que les Anglais ont construits parce qu’ils avaient profité du fait que les Français l’avaient mal défendue. » (Je rappelle que trois des forts de Lévis ont été construits entre 1865 et 1872, plus de cent ans après le départ des Français, et que les forts Upper Martinière et Lower Martinière ont été érigés encore plus tard, le premier dans les années 1900, le second en 1910. Que viennent donc faire les Français dans le décor ? Soit que Madame Claudia Mendez Ishii connaisse mal l’histoire de sa ville, soit que la chroniqueuse l’ait mal citée. Je ne pense pas que Madame Moisan saisissait clairement ce qu’elle écrivait. )

Les chroniques du 10 janvier 2014 (Et puis, quoi de neuf ?) et du 31 juillet 2013 (En face de Lévis, il n’y a rien…) de Madame Mylène Moisan nous renseignent sur la qualité de son travail. La journaliste démontre qu’elle ne se soucie pas autant qu’elle le devrait, loin de là, de l’exactitude des informations qu’elle transmet et qu’elle manque de rigueur intellectuelle et professionnelle, « synonyme d’exactitude, de précision, d’intégrité, de respect des personnes et des groupes, des faits et des événements » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse,Troisième édition, novembre 2003). Que l’on n’objecte pas que Madame Moisan n’écrit pas des éditoriaux ou des analyses, que ses textes sont seulement des chroniques : les journalistes vraiment dignes de porter ce titre, à l’instar du Conseil de presse, réfuteraient sans hésiter cette objection : « Les auteurs de chroniques, de billets et de critiques ne sauraient se soustraire aux exigences de rigueur et d’exactitude » (Droits et responsabilités de la presse, novembre 2003).

« La rigueur intellectuelle et professionnelle

dont doivent faire preuve les médias et les journalistes

représente la garantie d’une information de qualité. »

(Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, novembre 2003).

J’attends de vous, Monsieur, que vous tentiez de démontrer que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec n’a pas été en-dessous de sa réputation d’organisation sérieuse et digne de confiance quand elle a décidé d’attribuer en 2013 un important prix de journalisme à Madame Mylène Moisan, employée du journal Le Soleil. Je vous demanderais aussi de bien vouloir expliquer comment la FPJQ en est arrivé à décider d’attribuer un important prix à Madame Mylène Moisan, de dire, par exemple, qui, le premier (membre ou non de la FPJQ), a mis le nom de Madame Mylène Moisan sur la table.

Pour terminer, je vous rappelle deux passages du Guide de déontologie des journalistes du Québec établi par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, VOTRE Fédération :

« Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent

au terme d’un rigoureux travail de collecte

et de vérification des informations. »

« Dans les genres journalistiques comme les éditoriaux, les chroniques et les billets

ou dans le journalisme engagé,

où l’expression prend une large place,

les journalistes doivent tout autant respecter les faits. »

Je vous prie, Monsieur, d’agréer mes salutations distinguées.

Roger Martel, membre de plusieurs sociétés d’histoire, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007, citoyen de Lévis depuis 1978

lepasseurdelacote.com

P.-S. Cette lettre et la réponse attendue seront publiées au lepasseurdelacote.com.

La statue du chevalier de Lévis, à Lévis (Québec), et le mutisme de la Commission de la Capitale nationale du Québec

Une statue a été installée sur la Terrasse du Chevalier de Lévis au cours de l’été 2013. La Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) et sa présidente, Mme Françoise Mercure, refusent, depuis le début de septembre 2013, de répondre au citoyen de Lévis qui leur a demandé de donner des raisons valables à la mention sur un panneau d’interprétation de l’existence d’un texte de Mme Claudia Mendez Ishii et de la Société d’histoire régionale de Lévis. Aujourd’hui, 23 janvier 2014, le citoyen dont la demande a été ignorée par la CCNQ invite la Caisse populaire Desjardins de Lévis, partenaire de la CCNQ, et le président de son conseil d’administration, M. René Bégin, à lui répondre à la place de la CCNQ. Après tout, s’il n’y a rien de mal à s’assurer qu’une personne ou une organisation ne déforme pas l’histoire par ses réalisations, il est tout aussi légitime de veiller à ce qu’elle ne véhicule pas des inexactitudes concernant le présent.

 

Lévis (Québec), le 23 janvier 2014

 

Monsieur René Bégin, CPA, CA, président

Conseil d’administration de la Caisse populaire Desjardins de Lévis

995, boulevard Alphonse-Desjardins
Lévis (Québec) , G6V 0M5

Adresse courriel : https://services.desjardins.com/formulaires/formcaisses.nsf/all/610EEAAFC9B75C4685257C69000C0B05?EditDocument&al=8541

 

Monsieur le président,

 

Le six septembre deux mille treize, il y a donc environ cent trente-cinq jours, j’ai envoyé à la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) et à sa présidente et directrice générale, Madame Françoise Mercure, un courriel concernant la Terrasse du Chevalier de Lévis, dans lequel je demandais ceci : « Comment la CCNQ a-t-elle pu en arriver à transmettre une inexactitude au moyen de l’une de ses réalisations, et de qui émane l’idée de mentionner l’existence du texte de Mme Claudia Mendez et de la Société d’histoire régionale de Lévis sur le panneau d’interprétation [installé sur la Terrasse du Chevalier de Lévis] : provient-elle de votre Commission, de la Ville de Lévis ou de la Caisse Desjardins de Lévis ?  » (Je reproduis ce courriel ci-dessous, que vous lirez à votre convenance, bien sûr, mais sans trop tarder, j’espère : il y a déjà 135 jours que je me suis adressé à la CCNQ la première fois.) La CCNQ ne m’a pas répondu. (J’ai relancé la CCNQ à la mi-octobre, en vain.)

 

Le très long mutisme de la CCNQ s’explique peut-être par l’incapacité de cette dernière de trouver des raisons valables à la mention sur un panneau d’interprétation de l’existence du texte de Mme Claudia Mendez et de la Société d’histoire régionale de Lévis. Comme la Caisse populaire Desjardins de Lévis a contribué à la réalisation de la Terrasse du Chevalier de Lévis, elle pourra peut-être m’apporter les réponses et les éclaircissements que j’attendais de la CCNQ; voilà pourquoi je vous écris aujourd’hui.

 

Si la CCNQ doit s’interdire de déformer l’histoire par ses réalisations, elle doit aussi éviter de véhiculer des inexactitudes concernant le présent. Comme vous êtes certainement d’accord avec moi, Monsieur Bégin, je ne doute pas que vous tâcherez de me répondre aussi bien que vous le pourrez.

 

Je vous prie, Monsieur le président, d’agréer mes salutations distinguées.

 

 

 

 

 

Roger Martel

Membre de plusieurs sociétés d’histoire du Québec

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007

 

72, rue Fraser, Lévis, G6V 3S3

 

 

Le présent courriel et la réponse attendue seront publiés dans le site web lepasseurdelacote.com.

 


COURRIEL ENVOYÉ LE 6 SEPTEMBRE 2013 À LA COMMISSION DE LA CAPITALE NATIONALE DU QUÉBEC ET À SA PRÉSIDENTE ET DIRECTRICE GÉNÉRALE, MADAME FRANÇOISE MERCURE :

 

 

Lévis, le 6 septembre 2013

 

Madame Françoise Mercure, présidente et directrice générale

Commission de la Capitale nationale du Québec

Édifice Hector-Fabre, 525, boul. René-Lévesque Est

Québec, G1R 5S9

Courriel : commission@capitale.gouv.qc.ca

 

Madame la présidente et directrice générale,

 

Je connais un certain nombre de réalisations de la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) : la Fresque de la Bibliothèque Lauréat-Vallière, située à Lévis, et la Fresque Desjardins de Lévis, par exemple.

 

La Fresque de la Bibliothèque Lauréat-Vallière « illustre plusieurs faits marquants de l’histoire de la région », peut-on lire au http://www.ruesprincipalessaintromuald.com/pages/fresque.html; elle est le « fruit d’une étroite collaboration de la Commission de la Capitale nationale (CCNQ) et de la Ville de Lévis », nous apprend la même source. Là où se trouve la Fresque de la Bibliothèque Lauréat-Vallière, la CCNQ et la Ville de Lévis n’ont pas cru bon de rappeler l’apport grandiose de Joseph-Edmond Roy, auteur de L’Histoire de la seigneurie de Lauzon (5 volumes, 2 300 pages plus de nombreux appendices), ni la contribution exceptionnelle de Roch Samson et de son équipe (Andrée Héroux, Diane Saint-Pierre, Martine Côté, Gaston Cadrin), auteurs de l’Histoire de Lévis-Lotbinière (812 pages), à la connaissance du passé de Lévis.

 

La Fresque Desjardins de Lévis a été « réalisée à l’initiative de la Commission de la capitale nationale du Québec », nous dit elle-même la Commission au http://www.capitale.gouv.qc.ca/medias/pdf/realisations/fresque-desjardins-levis.pdf. Elle « raconte en images les principaux épisodes de la riche histoire de Lévis et de ses grands personnages », dit encore la CCNQ (http://www.capitale.gouv.qc.ca/realisations/les-fresques/fresque-desjardins-de-levis.html). Là où se trouve la Fresque Desjardins de Lévis, la CCNQ et la Ville de Lévis n’ont pas cru bon de rappeler l’apport grandiose de Joseph-Edmond Roy, auteur de L’Histoire de la seigneurie de Lauzon (5 volumes, 2 300 pages plus de nombreux appendices), ni la contribution exceptionnelle de Roch Samson et de son équipe (Andrée Héroux, Diane Saint-Pierre, Martine Côté, Gaston Cadrin), auteurs de l’Histoire de Lévis-Lotbinière (812 pages), à la connaissance du passé de Lévis.

 

Je connais très bien une autre réalisation de la CCNQ : le monument François-Gaston de Lévis, installé sur la Terrasse du Chevalier de Lévis. On doit cette oeuvre à trois partenaires financiers : la Caisse Desjardins de Lévis (100 000 $ pour la fabrication de la statue et 10 000 $ pour son installation et l’aménagement paysager), la CCNQ et la Ville de Lévis (ces renseignements se trouvent dans la fiche technique du monument établie par la CCNQ et consultable au http://www.capitale.gouv.qc.ca/medias/projet/190_1_FicheTechnique_monumentLevis.pdf). La réalisation de la Terrasse se distingue des deux autres réalisations mentionnées ci-dessus par un trait qui n’est pas anodin : tandis que la CCNQ et la Ville de Lévis n’ont pas cru bon de rappeler l’apport d’historiens (j’ai dit historiens) à la connaissance du passé de Lévis sur les lieux où se trouvent la Fresque de la Bibliothèque Lauréat-Vallière et la Fresque Desjardins de Lévis, elles mettent en évidence, là où s’élève la statue de François-Gaston de Lévis, une amateure d’histoire (j’ai dit amateure d’histoire), Mme Claudia Mendez, auteure d’un texte de quatre pages consacré à la Terrasse de Lévis et basé presque uniquement sur des documents imprimés depuis longtemps (ce que je vais démontrer dans la présente).

 

Qu’a fait Mme Mendez pour mériter cette reconnaissance et cet honneur ? La CCNQ, la Caisse Desjardins de Lévis et la Ville de Lévis répondent à cette question sur un panneau d’interprétation installé sur la Terrasse : « Une recherche effectuée par Claudia Mendez et publiée par la Société d’histoire régionale de Lévis a permis de mieux connaître l’histoire de la Terrasse du Chevalier-de-Lévis. » Parlons-en de cette recherche. Je commencerai par une une mise en contexte.

 

Le 31 juillet 2013, le journal Le Soleil a publié un article sur Mme Claudia Mendez. J’ai réagi, j’ai écrit au quotidien, lequel a publié une version modifiée de ma lettre le 4 août (le journal n’a pas informé les lecteurs de la modification de ma lettre). Le 8 août, Le Soleil présente une réplique à ma lettre signée Claude Genest (M. Genest est un historien à l’emploi du Mouvement Desjardins, il a déjà siégé avec Mme Mendez au conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis; M. Genest est aussi – Le Soleil ne l’a pas signalé aux lecteurs – le compagnon de vie de Mme Mendez). J’ai répliqué à M. Genest, mais Le Soleil a refusé de reproduire ma lettre.

 

Dans cette lettre non publiée par Le Soleil, je dis à M. Genest qu’il se trompe quand il affirme qu’un article de Mme Mendez portant sur la Terrasse de Lévis, publié en 2007 par la Société d’histoire régionale de Lévis dans le numéro 105 de sa revue (La Seigneurie de Lauzon), contient des « éléments inédits » sur la terrasse, et que ces éléments sont « substantiels ». Pour les lecteurs du Soleil, j’avais écrit ceci : « M. Claude Genest réplique à la lettre que j’ai écrite au sujet d’un texte de la chroniqueuse Mylène Moisan et que Le Soleil a publiée le 4 août 2013. Il fait une affirmation de première importance, que voici : l’article de Mme Claudia Mendez portant sur la Terrasse de Lévis, publié en 2007 par la Société d’histoire régionale de Lévis, contient des « éléments inédits » sur la terrasse, et ces éléments sont « substantiels ». Voyons voir. – Mme Mendez cite une vingtaine de sources de renseignements à la fin de son article. Les « Archives de la paroisse Saint-Joseph de Lévis, église Notre-Dame-de-la-Victoire (APSJNDV) » sont l’une de ces sources. Dans ces archives, Mme Mendez a trouvé un document concernant un concours paroissial dont parle M. Genest dans sa réplique; comme le résultat de ce concours « ne semble pas avoir eu de suite », écrit M. Genest, on peut soutenir que le document en question ne présente pas beaucoup d’intérêt. Mme Mendez cite un autre document des APSJNDV; il est signé Pierre-Georges Roy et s’intitule « La Terrasse de Lévis, Mémoire au curé Carrier ». Les passages de ce document que cite Mme Mendez se résument à ceci : la Terrasse de Lévis « est le plus bel ornement de notre ville », nombre de personnes « m’ont avoué qu’ils la trouvent très belle et même supérieure à la Terrasse Dufferin à plusieurs points de vue », le terrain sur lequel on l’a aménagée était « un ensemble de buttes, de trous et de rochers »; ces passages sont plutôt minces. Les autres sources de Mme Mendez, beaucoup plus nombreuses, sont des textes publiés dans des journaux ou périodiques (il y en a une quinzaine, auxquelles il faut ajouter un album souvenir publié à l’occasion du centenaire de Lévis). Comment M. Genest peut-il parler d’éléments inédits substantiels ? Je ne doute pas que M. Genest, formé en histoire, sache ce qu’est un élément ou un document inédit, mais il peut arriver qu’il l’oublie. Je rappelle que le mot « inédit » « s’emploie proprement pour désigner ce qui n’a point été imprimé, publié » (René Bailly, Dictionnaire des synonymes de la langue française, Larousse). »

 

Le 12 août 2013 j’ai inséré dans mon site web, lepasseurdelacote.com, un message que j’avais envoyé à Mme Mendez; voici ce message :

 

« Madame, Comme vous le savez, je conteste l’affirmation de certains selon laquelle vous auriez découvert des éléments d’information inédits sur la Terrasse Chevalier de Lévis. Un historien (M. Claude Genest, votre compagnon de vie, il n’est pas déplacé, ici, de le dire) est l’un de ceux qui diffusent cette affirmation. Malheureusement, M. Genest, comme l’autre source dont j’ai pris connaissance, ne donne aucun exemple d’élément d’information que l’on ne posséderait pas aujourd’hui sans votre travail. Comme vous aimeriez sans doute que l’on rende à César ce qui appartient à César, je vous demanderais de bien vouloir me dire quels sont les éléments d’information que vous avez été la première à découvrir, et que vous connaissez mieux que quiconque (si on ne vous en attribue pas la découverte faussement); je serais heureux de publier votre réponse dans mon site web (lepasseurdelacote.com). »

 

Le 12 août 2013, j’ai reçu la réponse de Mme Mendez; la voici intégralement :

 

J’ai bien reçu votre demande au sujet de mon article intitulé La terrasse de Lévis que vous avez publié (à titre de membre du comité du bulletin) dans le numéro 105 de La Seigneurie de Lauzon au printemps 2007.

 

Voici une liste brève des nouvelles informations que j’ai recueillies dans les archives de la paroisse Saint-Joseph de Lévis, église Notre-Dame-de-la-Victoire, ainsi que dans plusieurs journaux de la région publiés entre 1929 et 1963 :

 

– noms et rôles des personnes responsables de sa construction

– dates de construction

– main d’œuvre et organisation du travail

– budget, matériaux, délais et dimensions

– fonction de dépotoir municipal (1932-38)

– détails et circonstances du concours paroissial pour déterminer le nom de la terrasse en 1937

– photos inédites du chantier (Fonds Famille Joseph Lacombe).

 

Je vous conseille de relire l’article cela vous rafraîchira la mémoire et vous pourrez, par la même occasion, revoir vos magnifiques photos qui l’illustre si bien. En terminant, je vous remercie de l’intérêt soutenu que vous portez aux activités de la Société d’histoire régionale de Lévis et, à mon travail en particulier. C’est un plaisir de revoir mon article revenir dans l’actualité après six ans.

 

Voici ce que j’ai répondu à Mme Mendez :

 

« Dans mon message du 12 aout 2013 je vous ai dit ceci : « je conteste l’affirmation de certains selon laquelle vous auriez découvert des éléments d’information inédits sur la Terrasse Chevalier de Lévis ». Force m’est de constater que votre réponse confirme mon avancé. Vous écrivez en effet que vous avez recueilli des « informations nouvelles » dans « les archives de la paroisse Saint-Joseph de Lévis, église Notre-Dame-de-la-Victoire, ainsi que dans plusieurs journaux de la région publiés entre 1929 et 1963 ». Dans un texte que j’ai demandé au quotidien québécois Le Soleil de publier (ce qu’il a refusé de faire même si, à mon avis, il avait l’obligation morale d’acquiescer à ma demande), je démontre que les « informations nouvelles » dont vous parlez et que M. Claude Genest appelle « éléments inédits » ne sont pas des données inédites. Je reproduis ici une partie d’une lettre que j’ai transmise à M. Pierre-Paul Noreau, vice-président Information, journal Le Soleil, le 14 août 2013 » (cette lettre a été reproduite ci-dessus).

 

Le 29 août 2013, j’envoie ce message à M. Claude Genest :

 

« Je vous demanderais, Monsieur Genest, de bien vouloir dire aux Lévisiens quels sont les éléments d’information que Madame Claudia Mendez a été la première à découvrir et que vous appelez « éléments inédits substantiels »; je serais heureux de publier votre réponse dans mon site web (lepasseurdelacote.com). »

 

Le 2 septembre 2013, je reçois la réponse suivante de M. Genest :

 

J’ai bien reçu votre demande. Je suis heureux de constater que vous disposez de beaucoup de temps libre cet été. Nous n’avons pas tous ce privilège comme vous vous en doutez très certainement.

 

Pour ce qui est de l’objet de votre questionnement, je vous suggère de vous intéresser davantage à l’utilisation des sources historiques et au métier d’historien.

 

Pour moi, il ne fait aucun doute que le texte de Claudia Méndez que vous avez publié dans la Seigneurie de Lauzon en 2007, contient énormément d’informations nouvelles par rapport à l’historiographie antérieure. Ce débat est donc clos.

 

En terminant, je vous félicite pour votre site le passage de la côte. Je vous souhaite d’atteindre un lectorat éclairé.

 

 

Je dirai à M. Genest :

 

« Non, M. Genest, le texte de Madame Mendez ne contient pas d’éléments « inédits » « substantiels » concernant la Terrasse Chevalier de Lévis, contrairement à ce que vous écrivez. S’il en contenait, il est permis de supposer que vous vous seriez empressé de les énumérer dans votre réponse au lieu de battre en retraite en proclamant que « le débat est clos ». Comme la réponse de votre compagne datée du 12 août 2013, la vôtre confirme ce que j’avance : le texte de Madame Mendez ne contient pas d’ « éléments inédits » « substantiels ».

 

Considérant ce qui précède, Madame la présidente et directrice générale, je demanderais à la Commission de la capitale nationale du Québec de faire les actions requises pour que soit corrigé le panneau d’interprétation qu’elle a installé sur la Terrasse du Chevalier de Lévis en 2013 et qui contient la phrase suivante : « Une recherche effectuée par Claudia Mendez et publiée par la Société d’histoire régionale de Lévis a permis de mieux connaître l’histoire de la Terrasse-du-Chevalier-de-Lévis. » Vous conviendrez avec moi qu’il ne faut pas que la CCNQ manque à son devoir en véhiculant des exagérations, des inexactitudes, des mensonges. Il n’y a aucune raison pour que le nom de Mme Mendez et celui de la Société d’histoire régionale de Lévis figurent sur ce panneau, et qu’une recherche qui a abouti à un texte de quatre pages basé presque uniquement sur des documents imprimés depuis longtemps dans des journaux soit mise en évidence sur un panneau d’interprétation par la CCNQ, et la Ville de Lévis et la Caisse Desjardins de Lévis.

 

Il est évident que l’inexactitude dont il est question dans la présente est profitable à Mme Claudia Mendez, cofondatrice et copropriétaire d’une entreprise de visites touristiques oeuvrant à Lévis (son associée est Mme Manon Pelletier, qui a déjà siégé avec elle et avec M. Claude Genest au conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis). Comment la CCNQ a-t-elle pu en arriver à transmettre une inexactitude au moyen de l’une de ses réalisations, et de qui émane l’idée de mentionner l’existence du texte de Mme Claudia Mendez et de la Société d’histoire régionale de Lévis sur le panneau d’interprétation : provient-elle de votre Commission, de la Ville de Lévis ou de la Caisse Desjardins de Lévis ? Il serait utile et intéressant, Madame Mercure, que vous nous éclaireriez.

 

Je vous prie, Madame la présidente et directrice générale, d’agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

 

 

Roger Martel

 

 

Post-scriptum

 

Je crois que personne ne s’objecterait à ce que le travail de Joseph-Edmond Roy, Roch Samson, Andrée Héroux, Diane Saint-Pierre, Martine Côté et Gaston Cadrin soit rappelé aux endroits où se trouvent la Fresque de la Bibliothèque Lauréat-Vallière et la Fresque Desjardins de Lévis.

 

La présente lettre et la réponse attendue seront publiées dans le site web lepasseurdelacote.com.

 

statue chevalier de Levis Terrrasse

Terrasse du Chevalier de Lévis, Lévis (Québec (Photo de Roger Martel, 2o13)