La paysannerie canadienne-française est la plus civilisée qui soit au monde, a-t-on dit.

En 1934, le journaliste et auteur Jean-Charles Harvey a pu écrire dans ses Demi-civilisés que la paysannerie canadienne-française « est la plus civilisée qui soit au monde » et que « Ce n’est pas chez elle qu’on trouve la plaie des demi-civilisés : c’est dans notre élite même ».

L’image ci-dessous prouve hors de tout doute (vraiment!) que l’agriculteur canadien-français, élevé au-dessus de la condition animale (qui en doute?), se montre toujours, comme la nature, dans sa riche toilette.

 bêche rotative Ariens in Les Champs - Version 2

Il était heureux comme les racines d’un melon de Montréal dans la terre, l’agriculteur canadien-français : « Celui-là est heureux, en effet, qui n’a rien d’autre souci que de demander à la terre, les fruits qu’elle lui donne avec tant de prodigalité. Il est heureux au-delà de toute expression le cultivateur qui, le matin, à la première lueur du jour, quand le crépuscule s’est enfui, avec les vapeurs de la nuit, et que la nature, la grande et poétique nature champêtre, se montre dans sa riche toilette du matin, s’en va, droit devant lui, en foulant l’herbe fraîche des champs, vers le lieu du labeur. (Damase Potvin, 1908)

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L’image ci-dessus est une publicité de l’entreprise E. Forest et Cie (Montréal); elle montre une bêche rotative Ariens, et un « agriculteur » endimanché. On la trouve dans cet ouvrage : Manuel d’agriculture par les professeurs de l’École d’agriculture de Ste-Anne de la Pocatière, Tome 1, Les Champs, Deuxième édition revue et augmentée, Québec, Des Ateliers de l’Action Catholique, 3, Boulevard Charest, 1947, p. 592.

Aperçu de l’état de l’agriculture au Québec autrefois

[…] la culture d’ancien usage dans cette province est bien peu améliorée. La vieille routine, en trop de cas, est le seul que suivent nos cultivateurs dans leurs travaux. […] Le cultivateur canadien n’a pu avoir jusqu’à présent dans son art d’autres lumières que celles qu’ont eues ses ancêtres. Les moyens d’instruction qu’ont les gens des autres pays ne sont pas à sa portée. (Les Journaux de l’Assemblée législative du Bas-Canada, 1819)

[…] par suite de l’isolement qui avait résulté de la conquête, notre agriculture, il y a une cinquantaine d’années, en était rendue à se pratiquer plus empiriquement que celle des Romains, avec un appareil sensiblement le même. La colonisation, qui fut toujours active dans le Bas-Canada, ne suffira bientôt plus à compenser, par les abondantes récoltes qu’elle nous vaut, l’épuisement de la vallée laurentienne. De là l’effroyable hémorragie de l’émigration, qui durera cinquante ans, laissant la province de Québec exsangue et sans vie. (Olivar Asselin, Les Canadiens français et le développement économique du Canada, L’Action française, mai-juin 1927)

Les Canadiens des XVIIe et XVIIIe siècles, maîtres d’un riche empire commercial qu’ils exploitaient eux-mêmes, ne croyaient pas avoir une vocation agricole. Celle-ci se découvrira le jour où ils auront été éliminés de la vie économique de leur pays. (Michel Brunet, La Conquête anglaise et la déchéance de la bourgeoisie canadienne, Amérique française, juin 1955)

Le Passeur de la Côte

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