Une affirmation non fondée concernant la « cage de la Corriveau »

 

Lévis, le 20 mai 2014

 

 

Rien ne prouve que la « cage » trouvée à Salem par la Société d’histoire régionale de Lévis est bien le gibet qui a servi à exhiber Madame Marie-Josephte Corriveau à Lévis en 1763.

Dire le contraire, c’est induire en erreur.

Des membres de la Société d’histoire régionale de Lévis et d’autres citoyens ont été induits en erreur.

 

 

Monsieur Vincent Couture

Président de la Société d’histoire régionale de Lévis

9, rue Monseigneur Gosselin

Lévis

 

 

Monsieur,

Il faut que je vous parle d’une affirmation qui a été véhiculée par la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) et certains de ses membres, dont l’exactitude n’a pas été démontrée et qui tarde à être corrigée selon les règles par la SHRL; cette affirmation a pris naissance à l’époque où vous présidiez, comme aujourd’hui, le conseil d’administration de la SHRL. On la trouve dans le passage suivant d’un article écrit par Mme Evelyne Fortier, alors membre du conseil d’administration de la SHRL, et publié dans la revue de la SHRL au début de 2013 :

 

« La légende de La Corriveau est une histoire qui a fait couler bien de l’encre. L’histoire d’une femme considérée comme une sorcière qui a été pendue et exposée aux quatre chemins de Lévis d’avril à mai 1763. Durant 40 jours, elle était dans ce qu’on appelle un exosquelette, épousant les formes du corps humain. On pensait cette cage perdue dans un incendie il y a plusieurs années. C’est alors que, en décembre 2011, Claudia Mendez, vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL), avec l’aide des administrateurs, a retrouvé sa traceau Peabody Essex Museum, à Salem au Massachusetts. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 128, Printemps 2013)

 

Mme Claudia Mendez Ishii a diffusé la même affirmation infondée dans le quotidien Le Soleil le 31 juillet 2013 (elle était alors la vice-présidente de la SHRL) :

 

« C’est elle (Claudia Mendez Ishii) […] qui a retracé la cage de La Corriveau au Peabody Essex Museum à Salem, qui a offert de la redonner à Lévis. Elle l’a trouvée sur Internet, par hasard. « Quand j’ai compris qu’elle était là, je suis partie avec mon associée, Manon [pelletier, ancien membre du conseil d’administration de la SHRL], en auto. Ils nous ont emmenées dans les voûtes, dans une salle. La cage était sur une table, toute petite, faite sur mesure. C’est comme un exosquelette. J’ai eu de la peine quand j’ai vu l’objet. » (Mylène Moisan, chroniqueuse, « En face, c’est Lévis, il n’y a rien… », Le Soleil, 31 juillet 2013, http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201307/30/01-4675548-en-face-cest-levis-il-ny-a-rien.php)

 

Un membre honoraire de la SHRL, M. Claude Genest (redevenu membre depuis peu du conseil d’administration de la SHRL), a diffusé la même affirmation, que l’on trouve dans le texte suivant qu’il a écrit et fait paraître dans l’hebdomadaire Le Journal de Lévis le 27 novembre 2013 :

« La redécouverte de la cage mythique aux États-Unis, son retour sur notre territoire et son exposition est un accomplissement unique. Ce qui s’est passé à l’occasion de la première semaine d’octobre représente une nouvelle page fascinante de l’histoire de Lévis.

« J’ai apprécié chaque moment de mon expérience. Du dévoilement de l’objet au Musée de la civilisation de Québec, le 1er octobre, jusqu’à la fermeture des portes de l’exposition au Centre de congrès et d’expositions de Lévis, le dimanche 6 octobre à 22 h, je dois avouer que j’ai savouré chacune des secondes. » (Claude Genest, La fin de la légende, Le Journal de Lévis, 27 novembre 2013, p. 24)

 

 

Parmi ceux qui contredisent Mme Fortier, Mme Mendez Ishii et M. Genest, il y a les Musées de la civilisation.  Le 14 février 2014, on trouve le texte suivant dans leur site web :

 

Au cours des prochains mois, les Musées de la civilisation à Québec, par le biais de son Centre national de conservation et d’étude des collections, se pencheront sur une pièce qui pourrait se révéler être la cage dans laquelle le corps de Marie-Josephte Corriveau fût exhibé, à Lévis en 1763, après sa pendaison.

(http://www.mcq.org/fr/presse/presse.php?idEx=w3899 consulté le 14-02-2014)

 

Les auteurs d’un livre sur Marie-Josephte Corriveau publié il y a quelques semaines contredisent les trois personnes nommées ci-dessus. Ces auteurs, Dave Corriveau et Catherine Ferland, écrivent ceci :

« Des analyses [de la « cage »] seront effectuées dans les prochains mois » et, naturellement, on ignore encore « Si les expertises [parviendront] à démontrer qu’il s’agit bien du gibet de la Corriveau »

(http://mariejosephtecorriveau.com/videos/devoilement-de-la-cage/).

 

 

Ne serait-il pas normal, Monsieur Couture, que la SHRL s’explique, notamment dans le web et dans sa revue, ainsi que dans les hebdomadaires et quotidiens qui ont repris l’affirmation non fondée, au sujet de la diffusion de ladite affirmation? À ma connaissance, Monsieur Couture, vous n’êtes jamais intervenu publiquement pour dire sans détour, sans ambiguité, qu’il n’existe pas de preuves permettant d’affirmer que la « cage » trouvée à Salem est celle qui a servi à exhiber Madame Marie-Josephte Corriveau. Je m’attends, comme d’autres citoyens, à ce que vous le fassiez rapidement. Parce que les historiens professionnels et les amateurs d’histoire sérieux n’ont qu’un seul maître : la vérité.

 

Veuillez, Monsieur le président, agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

 Roger Martel

Citoyen de Lévis, membre depuis des années de la Société d’histoire de Saint-Romuald, de la Société historique de Québec, de la Société historique de Bellechasse, de la Société d’histoire de Montmagny, de la Société historique de la Côte-du-Sud, membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007. – Site web : lepasseurdelacote.com

 

 

P.-S. Cette lettre sera publiée au lepasseurdelacote.com, comme la réponse que son destinataire voudra bien lui donner.

 

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