Lettre à la Fédération des sociétés d’histoire du Québec concernant la « cage de la Corriveau » _ Une affirmation infondée!

 

Lévis, le 27 mai 2014

Richard M. Bégin, président

Fédération des sociétés d’histoire du Québec (Fédération Histoire Québec)

4545, av. Pierre-De Coubertin
Montréal (Québec) H1V 0B2

courriel : fshq@histoirequebec.qc.ca

Monsieur,

Le numéro 2 du volume 19 de la revue de la Fédération des sociétés d’histoire du Québec, Histoire Québec, contient un article intitulé La cage de la Corriveau, signé par Claudia Mendez (à l’époque, cette dernière était la vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis ou SHRL). Dans cet article, Madame Mendez véhicule une information non fondée importante, elle affirme :

«  C’est au mois d’octobre 2011, dans le cadre de mon travail de rédactrice de La Seigneurie de Lauzon [revue de la SHRL], que j’ai fait une recherche d’images afin d’illustrer un texte poétique qui portait sur La Corriveau. Je faisais une recherche d’images approfondie sur internet lorsque j’ai vu une photo très intrigante. […] En quelques jours seulement, avec l’aide de deux autres administrateurs, nous avons retrouvé la cage de La Corriveau au Peabody Essex Museum aux États-Unis. Nous étions très émus par cette découverte et animés par le désir d’approfondir le sujet. Donc, en décembre, deux membres du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL), Manon Pelletier et moi-même sommes allées rendre visite à la cage de La Corriveau. […] On a mis à notre disposition toute l’information détenue par le musée […] Ils ne savaient pas ce qu’ils avaient entre les mains, ni l’importance sur l’imaginaire québécois de cette terrible histoire. Toutefois, ils connaissent bien la valeur historique d’un tel objet. Il est unique, selon le conservateur d’une des plus anciennes collections… »

Le texte que vous venez de lire est un extrait du résumé de l’article de Madame Mendez, résumé rédigé par Madame Mendez elle-même et publié dans le site web d’Érudit à cette adresse : http://www.erudit.org/culture/hq1056841/hq01043/70711ac.html?vue=resume&mode=restriction (site consulté le 26 mai 2014).

(L’affirmation infondée de Madame Mendez et de la Société d’histoire régionale de Lévis a été diffusée dans plusieurs contextes, notamment lors d’une exposition à la Gare intermodale de Lévis, dont les visiteurs pouvaient lire ce texte : « à l’automne 2011, Claudia Mendez, vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis, avec l’aide des administrateurs, a retrouvé la trace de la cage en fer (exosquelette) ayant servi à exhiber le corps de Marie-Josephte Corriveau en effectuant une recherche sur Internet. »)

Dire que la Société d’histoire régionale de Lévis a trouvé la cage « ayant servi à exhiber le corps de Marie-Josephte Corriveau », c’est induire tout le monde en erreur. Je vous le démontre :

I

Les Musées de la civilisation ont contredit Claudia Mendez. Le 14 février 2014, on trouve en effet le texte suivant dans le site web du Musée de la civilisation de Québec :

« Une cage pouvant être celle de la Corriveau expertisée par les Musées de la civilisation. Au cours des prochains mois, les Musées de la civilisation à Québec, par le biais de son Centre national de conservation et d’étude des collections, se pencheront sur une pièce qui pourrait se révéler être la cage dans laquelle le corps de Marie-Josephte Corriveau fût exhibé, à Lévis en 1763, après sa pendaison. »

(Musée de la civilisation, http://www.mcq.org/fr/presse/presse.php?idEx=w3899 consulté le 14-02-2014)

II

Les auteurs d’un livre sur Marie-Josephte Corriveau contredisent Claudia Mendez. Ces auteurs, Dave Corriveau et Catherine Ferland, écrivent ceci :

« Des analyses [de la « cage »] seront effectuées dans les prochains mois » et, naturellement, on ignore encore « Si les expertises [parviendront] à démontrer qu’il s’agit bien du gibet de la Corriveau ».

(http://mariejosephtecorriveau.com/videos/devoilement-de-la-cage/)

III

La conservatrice Sylvie Toupin contredit Claudia Mendez : le 2 octobre 2013, le quotidien Le Devoir, qui a interrogé Madame Toupin, parle de « la présumée cage » de Madame M.-J. Corriveau. Voici un extrait de l’article :

« le gibet (cage) a été prêté pour deux ans aux Musées de la civilisation afin qu’il en confirme l’authenticité.

« C’est un travail à la Sherlock Holmes qui nous attend, avec des preuves à amasser, des liens à faire, c’est vraiment un beau défi de conservateur », raconte la conservatrice Sylvie Toupin. »

(Louise-Maude Rioux Soucy, L’esprit de la Corriveau refait surface, Le Devoir, 2 octobre 2013, http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/388942/l-esprit-de-la-corriveau-refait-surface) IV

IV

Un hebdomadaire de Lévis, Le Peuple Lévis, contredit très clairement tous ceux qui affirment que la « cage » trouvée à Salem est bien celle dans laquelle le cadavre de Madame Corriveau a été exposé. Le Peuple Lévis écrit en effet ceci le 4 octobre 2013 :

« Il n’est pas encore démontré hors de tout doute que cette cage de métal soit celle dans laquelle Marie-Josephte Corriveau a été exhibée pendant 40 jours ».

(Le Peuple Lévis, 4 octobre 2013; cet article a été repris au http://www.lepeuplelevis.ca/2013/10/04/la-cage-de-la-corriveau-de-retour-a-levis)

V

Un article du quotidien Le Devoir contredit Claudia Mendez; il dit : « nul ne sait avec certitude si le gibet a vraiment accueilli le corps refroidi de la Corriveau ». On ne peut pas être plus clair!

(Le Devoir, 1er août 2012, http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/355784/la-cage-de-la-corriveau-retrouvee)

Je suis sûr que vous conviendrez avec moi qu’il est nécessaire que la Fédération des sociétés d’histoire du Québec informe ses membres, les lecteurs de sa revue ainsi que les utilisateurs de son site web et de ses autres médias, qu’une information inexacte importante leur a été transmise. Rien ne vous empêche sans doute de publier le rectificatif dans vos médias électroniques dès cette semaine; dans la revue Histoire Québec, le rectificatif paraîtrait dans le prochain numéro.

Veuillez, Monsieur, agréer l’expression de mes salutations les meilleures.

Roger Martel, Lévisien

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007.

P.-S. Cette lettre et la réponse que vous voudrez bien lui donner seront publiées au lepasseurdelacote.com.

 

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