Politique et société au Québec – La Commission Charbonneau doit interroger les chefs des partis politiques sans mettre de gants blancs.

 Dit en juin 2014

Source : Le Soleil, 17 juin 2014, http://www.lapresse.ca/le-droit/chroniqueurs/gilbert-lavoie/201406/17/01-4776448-au-tour-des-generaux.php vu le 22 juin 2014

Au tour des généraux!

Par Gilbert Lavoie

EXTRAITS

Les audiences publiques de la commission Charbonneau tirent à leur fin. […]

Mais la question qui se pose, à la veille de la clôture de ces audiences publiques, est la suivante: après avoir écorché des politiciens du passé ou de moindre importance, tels Guy Chevrette et Julie Boulet, les commissaires Charbonneau et Lachance profiteront-ils des derniers jours pour demander des comptes aux patrons. Après avoir «brûlé» les soldats, il serait gênant de ne pas faire venir les généraux…

Le financement des partis politiques par l’entremise de prête-noms, confirmé la semaine dernière par Marc-Yvan Côté, était connu depuis près de deux décennies. Il est impossible que les chefs des partis politiques aient été à ce point ignorants de la situation. […]

Ceux à qui la commission Charbonneau devrait maintenant demander des comptes, ce sont les chefs des partis politiques qui ont toléré ou fermé les yeux sur ces gestes illégaux, sous prétexte que tout le monde le faisait. Puisque le mandat de la Commission remonte jusqu’à 1996, on parle donc, dans l’ordre, de Lucien Bouchard, Bernard Landry, André Boisclair, Pauline Marois et Jean Charest. On parle aussi de Mario Dumont pour l’ADQ et de François Legault pour la CAQ. Il serait également utile d’entendre le directeur des élections de l’époque pour comprendre pourquoi il n’a pas brassé la cage pour ramener tout le monde à l’ordre. […]

On sait déjà que les enquêteurs de la commission Charbonneau ont rencontré les chefs des partis politiques en privé. On ignore ce qu’ils ont dit, mais on peut présumer que la plupart ont nié avoir été informés. Cette version des faits n’est pas crédible. Un souci de l’équité devrait amener la Commission, s’il n’est pas trop tard, à forcer tout ce beau monde à s’expliquer dans le cadre des audiences publiques.

À défaut de quoi, il me faudra citer un extrait bien connu des Animaux malades de la peste, de La Fontaine: «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir».

……………

 

Dit en septembre 2011

 

Éthique d’affaires – Les escrocs respectables

Source : Le Devoir, 17 septembre 2011, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/331624/ethique-d-affaires-les-escrocs-respectables vu le 22 juin 2014

EXTRAITS

Jean-Robert Sansfaçon

Malgré ce qu’en pense le premier ministre Charest, le rapport de l’Unité anticollusion confirme sans détour que la corruption, la fraude et le favoritisme sont érigés en système dans l’une des plus importantes industries du Québec. Les escrocs sont des ingénieurs, des entrepreneurs, des fonctionnaires et même des politiciens. Une élite qui refuse encore d’admettre qu’elle a dépassé les bornes en sacrifiant ses principes sur l’autel du pouvoir et de l’argent.

Impossible de croire que le premier ministre Jean Charest n’a pas lu le rapport de l’Unité anticollusion du ministère des Transports et qu’il s’est contenté des manchettes des journaux, comme il l’affirmait hier. […]

Le premier ministre persiste et signe: malgré les conclusions accablantes de ce rapport, il n’y aura pas d’enquête publique sur l’industrie de la construction. […]

Une crise des valeurs très profonde atteint aujourd’hui une partie du monde des affaires québécois, qui, de son côté, ne semble même pas avoir conscience qu’une faute a été commise. […]

Que s’est-il donc passé pour que ces élites du Québec moderne perdent à ce point le sens des valeurs morales dans la conduite de leurs affaires, et ce, sans que personne autour d’eux le leur reproche? […]

Cette crise morale qui traverse l’industrie de la construction et le monde politique est devenue l’affaire de tous, médias, directeur général des élections, vérificateur général, système judiciaire, policiers, politiciens… et milieu des affaires, qui doit prendre conscience à son tour des risques que fait peser l’effritement des principes moraux d’honnêteté et d’intégrité parmi les siens. Car, dans nos sociétés modernes, le progrès économique repose largement sur la paix sociale et la confiance du peuple envers ses élites.

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