Les banques responsables de la crise financière : le temps de payer sa dette à la société.

Le temps de payer sa dette à la société | Le Devoir.

EXTRAIT :

Le temps de payer sa dette à la société

Après des années d’attente, le bras vengeur de la justice américaine plonge finalement la main dans les poches des banques responsables de la crise financière. [] Osera-t-il aussi mettre la main au collet de ceux qui dirigeaient ces banques ?

L’effondrement des marchés financiers, il y a six ans, et le bal des plans d’aide des gouvernements pour sauver l’économie mondiale du naufrage complet nous ont accoutumés aux chiffres astronomiques. La valse des milliards a repris, depuis quelque temps, mais cette fois sous forme d’amendes imposées aux banques qui ont été mêlées au fiasco financier.

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Il n’a pas échappé aux observateurs qu’au moins une partie de cette amende sera déductible d’impôt ou avait déjà été passée aux pertes de l’entreprise. On a aussi remarqué que les autorités américaines ont attendu que la santé des banques se soit rétablie et que l’opinion publique exprime sa frustration devant le peu de mordant des premières amendes pour en relever considérablement le niveau. []

D’aucuns ont regretté que ces affaires fassent l’objet d’ententes négociées et que ces délinquants de la finance n’aient pas été soumis à des procès en bonne et due forme afin que toute la lumière soit faite sur leurs agissements. []

On a remarqué, entre autres, qu’aucune institution financière américaine n’a été forcée de reconnaître explicitement avoir violé la loi. Les deux seules banques qui se sont vu infliger cette humiliation publique aux États-Unis ces derniers mois ont été deux banques étrangères [].

 À quand un banquier menotté?

On attend encore de voir un banquier devoir répondre de ses actes devant un tribunal. []

Là encore, la pression populaire fera peut-être la différence. Les Américains ont, par exemple, très mal pris de voir le conseil d’administration de JPMorgan Chase gratifier son p.-d.g., Jamie Dimon, d’une augmentation de sa rémunération de 74 % pour avoir habilement négocié les sanctions qu’encourait la banque dans diverses affaires, dont celle des subprimes.

 

 Source : Le Devoir, 23 août 2014 |Éric Desrosiers |

 

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/416654/perspectives-le-temps-de-payer-sa-dette-a-la-societe vu le 28-08-14