Un trou dans le bas de laine au Québec

UN TROU DANS LE BAS DE LAINE | Louis O’Neill.

Par Louis O’Neil (professeur à la Faculté de théologie de l’Université Laval. Ministre des affaires culturelles du Gouvernement du Québec de 1976 à 1978 et des communications de 1976 à 1979)

5 septembre 2014 Blocs-notes http://www.louis-oneill.com/

Le président du Conseil du Trésor aimerait qu’on lui fasse savoir quels services il devrait supprimer afin d’atteindre le déficit zéro. Son invitation surprend un peu, puisque le gouvernement dont il fait partie se vante d’être fort compétent dans la gestion du trésor public et donc en mesure de repérer et de boucher lui-même les trous qui pourraient détricoter notre bas de laine collectif. Quoi qu’il en soit , je suis plutôt enclin à suggérer que son gouvernement se préoccupe en premier lieu de rapatrier des ressources fiscales dont il se prive, directement ou indirectement, et dont l’ampleur permettrait non seulement de maintenir les services actuels mais même de les accroître. On sait par exemple , grâce à un rapport publié par des experts en mai 2014, que pour la seule année 2013 le Gouvernement canadien a laissé filer dans des paradis fiscaux plus de 170 milliards$, et ce au profit de grandes entreprises et de grandes fortunes privées, dont plusieurs ont pignon sur rue au Québec.

Dans un contexte de fédéralisme coopératif comme celui que préconise le gouvernement québécois actuel, il serait logique que celui-ci fasse cause commune avec le pouvoir fédéral afin de mettre fin à ce détournement de fonds pour ensuite exiger qu’on lui retourne la juste part de l’argent rapatrié. Une juste part qui pourrait sans doute atteindre plusieurs milliards$. De quoi réjouir le ministre québécois des Finances et rendre superflue la cure d’amaigrissement à laquelle nous convie le président du Conseil du Trésor.