Cage de La Corriveau : comportement inacceptable et manque de transparence des Musées de la civilisation (Québec)

MESSAGE EXPÉDIÉ À M. MICHEL CÔTÉ, directeur général des Musées de la civilisation, LE 9 OCTOBRE 2014

 

M. Michel Côté

Directeur général, Musées de la civilisation, Québec

Monsieur,

Vous trouverez ci-dessous le courriel que je viens d’envoyer à l’un des employés de votre Service des relations de presse. Je vous invite à le lire et à réagir (au fond, il s’adresse à vous, ce courriel).

Je vous signale que vous n’avez pas répondu à un message que je vous ai envoyé l’hiver dernier; dans ce document je vous invitais à corriger la Société d’histoire régionale de Lévis (je l’ai reproduit au https://lepasseurdelacote.com/?s=civilisation).

Bien à vous,

Roger Martel, Lévisien

 

Courriel envoyé au Service des relations de presse des Musées de la civilisation le 9 octobre 2014

 

Lévis, le 9 octobre 2014

Service des relations de presse,

Musées de la civilisation, rue Dalhousie, Québec

Le 6 octobre dernier, cher Service des relations de presse, vous m’avez écrit que les Musées de la civilisation ne veulent pas révéler à la population l’identité des membres du « comité scientifique […] chargé de faire les expertises autour de ce qui pourrait être la cage de la Corriveau », et ce, « pour des raisons de rigueur »* et pour « ne pas entraver leur travail »**.

Chat échaudé craint l’eau froide, c’est vrai, mais je vous adresse quand même une autre demande : voudriez-vous répondre aux trois questions suivantes :

Première question : Qui a choisi les membres du « comité scientifique »?

Deuxième question : Les membres du comité se sont-ils engagés, avant d’être choisis, à ne rien dire à la population, aux médias, au sujet du travail du comité et de leur participation aux travaux du comité?

Troisième question : Une rémunération sera-t-elle ou a-t-elle été versée aux membres du comité; des avantages leur ont-ils été accordés ou garantis?

Il serait incompréhensible et inacceptable que les Musées de la civilisation refusent de répondre à ces questions. Les citoyens s’attendent, c’est normal, à ce que les États, les administrations municipales, les politiciens et les organismes publics ou paragouvernementaux soient transparents, c’est-à-dire qu’ils les informent complètement de leurs actions, de leurs décisions, des raisons de leurs décisions. Par exemple, ils veulent être sûrs que le comité qui recommande la construction d’un pont n’est pas composé majoritairement d’ingénieurs ou d’ « amis » d’ingénieurs, d’entreprises de travaux publics, etc. Transparence, transparence, transparence est « le mot le plus important et le plus fréquemment utilisé dans les codes et les traités d’éthique contemporains »***, le directeur général des Musées de la civilisation, Michel Côté, devrait le savoir.

J’aimerais vous poser une autre question, cher Service des relations de presse.

Comme vous le savez, la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) est à l’origine du triste spectacle de la « cage » de La Corriveau à l’affiche depuis beaucoup trop longtemps; au moins trois de ses membres ont publié une affirmation infondée au sujet de cette « cage » (la SHRL a dit et redit, et ose prétendre encore en octobre 2014, que la cage trouvée par elle aux États-Unis est celle dans laquelle le cadavre de La Corriveau a été montré en public à Lévis, ce que rien ne prouve), et cette affirmation non fondée a été présentée lors de deux expositions pour lesquelles les Musées de la civilisation ont agi comme partenaires de la SHRL, et la diffusion de l’affirmation infondée n’a pas provoqué de réaction de la part des Musées, c’est curieux, les Musées s’exposant ainsi à voir leur réputation entachée. Ce que je voudrais savoir, cette fois, c’est ceci : les Musées de la civilisation ont-ils communiqué à la SHRL le nom des membres du « comité scientifique […] chargé de faire les expertises autour de ce qui pourrait être la cage de la Corriveau »? Tant qu’à y être, une autre question : les Musées vont-ils enfin demander des explications à la SHRL, dont l’un des membres honoraires, Claude Genest, l’a associée clairement à l’affirmation infondée concernant le gibet de Marie-Josephte Corriveau? Si le directeur général des Musées de la civilisation, Michel Côté, veut être digne de sa fonction, il le fera.

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

*Cela demande des explications, cher Service des relations de presse; voulez-vous dire que les membres du comité travailleraient avec moins de rigueur si leur identité était dévoilée? Ça devrait être le contraire!

**Cela aussi demande des explications, cher Service des relations de presse. Michel Côté, votre directeur général, ne travaille pas dans l’ombre, est bien connu; on ne l’entend jamais dire que cela le gêne.

***Encyclopédie de l’Agora, http://agora.qc.ca/dossiers/Transparence.

COURRIEL ENVOYÉ À M. MICHEL CÔTÉ EN FÉVRIER 2014

 

Lévis, le vendredi 7 février 2014

Monsieur Michel Côté, directeur général

Musée de la civilisation; 85, rue Dalhousie, C.P. 155, succ. B; Québec (Québec), G1K 8R2

Monsieur le directeur général,

Si vous découvriez aujourd’hui qu’un journal écrit par erreur que votre exposition (fictive) Je vote pour un Québec solidaire, qui prendra fin le jour où les électeurs du Québec voteront en 2014, a quitté l’affiche, vous vous empresseriez de lui faire part de son erreur et de l’inviter à la corriger. Il y a un rectificatif que vous devriez demander aux médias de publier rapidement, un démenti beaucoup plus important que celui de ma création imaginaire.

La Société d’histoire régionale de Lévis se plaît depuis des mois à prétendre qu’une « cage » que sa vice-présidente, Mme Claudia Mendez, a découverte dans Internet est la cage dans laquelle le cadavre de Mme Marie-Josephte Corriveau a été exposé en 1763. Et les médias, malheureusement, présentent souvent cette affirmation comme exacte. Voyez (la liste n’est pas exhaustive) :

Dans le quotidien Le Soleil, le 31 juillet 2013, la chroniqueuse Mylène Moisan affirme : « C’est elle [Claudia Mendez, vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis][…] qui a retracé la cage de La Corriveau au Peabody Essex Museum à Salem, qui a offert de la redonner à Lévis. Elle l’a trouvée sur Internet, par hasard. » (Source : http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201307/30/01-4675548-en-face-cest-levis-il-ny-a-rien.php)

Le 31 juillet 2013, Le Journal de Québec écrit que « La Société d’histoire régionale de Lévis a trouvé la cage de la Corriveau ». (Source : http://www.journaldequebec.com/videos/recherche/michel%20barrette/la-cage-de-la-corriveau-retrouvee/1762963623001)

L’hebdomadaire lévisien Le Peuple Lévis écrit le 4 octobre 2013 : « Les Lévisiens peuvent venir découvrir la cage dans laquelle Marie-Josephte Corriveau a été exposée dans le village de Pointe-Lévy, en 1763, après avoir été pendue. » (Source : http://www.journaldequebec.com/videos/recherche/la%20voix/la-cage-de-la-corriveau-de-retour-a-levis/2719809431001/page/6)

Le 5 octobre 2013, la CBC News entre dans la danse; elle écrit : « Some 250 years ago, Mary-Josephte Corriveau was hanged on the Plains of Abraham in Quebec City, her body left to rot in a cage in the public square of nearby Lévis. That cage, recently rediscovered, is on display at the Lévis convention centre this weekend. » (Source : Radio-Canada, CBCNews, Montréal, http://www.cbc.ca/news/canada/montreal/cage-of-la-corriveau-on-display-in-l%C3%A9vis-1.1913940)

Le bouquet, la cerise sur le gâteau est offerte par M. Claude Genest, qui déclare être historien et membre (honoraire, précise-t-il) de la Société d’histoire régionale de Lévis (cette cerise tombe dans l’assiette du Musée de la civilisation de Québec, mais je doute que le Musée ait envie de l’avaler). Dans un texte intitulé La fin de la légende et publié par Le Journal de Lévis le 27 novembre 2013 (page 24), M. Genest dit à son tour que la « cage » trouvée dans Internet par Mme Claudia Mendez, est la « cage » qui a servi à exposer le cadavre de Mme Marie-Josephte Corriveau. Mais ce n’est pas tout : après avoir parlé de la « cage » trouvée dans Internet, M. Genest dit que ladite cage a fait l’objet d’un « dévoilement […] au Musée de la civilisation ». De ce fait, M. Genest associe le Musée de la civilisation à la contrevérité qu’il publie, il risque ainsi de nuire à la réputation du Musée. La vérité, vous le savez, Monsieur le directeur général, est la suivante : le Musée de la Civilisation a accepté de former un comité d’experts qui examinera la « cage » et qui présentera un rapport dans de nombreux mois, le Musée de la civilisation n’a jamais affirmé que la « cage » de Salem trouvée dans Internet a servi à exposer le cadavre de Mme Marie-Josephte Corriveau. Le Musée devrait s’empresser de faire connaître LA vérité aux médias et de les prier de publier son démenti. Le Musée serait justifié de demander la correction d’une erreur concernant les dates de présentation d’une exposition; à plus forte raison devrait-il publier une mise au point quand quelqu’un prétend ou laisse supposer qu’il corrobore un fait ou une affirmation alors que ce n’est pas le cas.

Vous trouverez ci-joint la page du Journal de Lévis contenant le texte de M. Claude Genest (publié aussi par Le Soleil, hélas!).

Je vous prie, Monsieur le directeur général, d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Roger Martel

Ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis et principal artisan de la réalisation de huit numéros de la revue de ladite société, membre de plusieurs sociétés d’histoire depuis de nombreuses années, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007, Lévisien depuis 1978

P.-S. Cette lettre sera publiée au lepasseurdelacote.com; vous me permettrez probablement de lui adjoindre votre réponse.