Joseph Stiglitz appelle à la fin de l’austérité.

Le Devoir, 11 octobre 2014 | Marie Charrel – Le Monde | Actualités économiques

EXTRAITS

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/420880/zone-euro-le-risque-d-une-decennie-perdue vu le 13-10-2014

Le Prix Nobel d’économie préconise une évolution institutionnelle de l’union monétaire et recommande un arrêt des politiques d’austérité. Pour Joseph Stiglitz, les politiques choisies par la zone euro conduisent celle-ci vers une décennie perdue. []

Alors que la croissance repart aux États-Unis, la zone euro s’enfonce dans la stagnation. Comment l’expliquer ?

Principalement à cause des politiques économiques choisies. Alors que les États-Unis ont laissé leur déficit se creuser pendant la crise, la zone euro a opté pour des mesures d’austérité qui, loin d’avoir permis de réduire les dettes publiques, ont contribué à les creuser. Pire, les règles institutionnelles de l’union monétaire, comme la limitation du déficit public à 3 % du PIB, sont contre-productives. Elles ne laissent aucune marge de manoeuvre aux États et accentuent les cycles récessifs.

Que peuvent faire les pays membres pour relancer la croissance ?

Il faudrait qu’ils renoncent à l’austérité. Puis que les pays proches de l’équilibre, comme l’Allemagne, mènent des politiques plus expansionnistes, avec une hausse des salaires. Il conviendrait surtout de revoir le fonctionnement même de la zone euro. En l’état, elle n’est pas viable.

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C’est le manque de croissance qui crée des déficits, et non l’inverse. Sans croissance, les rentrées fiscales baissent et un cercle vicieux se met en place.

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Campagne électorale à Lévis (élection le lundi 20 octobre 2014)

Québec solidaire et son candidat dans la circonscription électorale de Lévis, Yv Bonnier Viger, proposent aux citoyens de :

Québec solidaire Levis oct 2014 - Version 2

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POLITIQUE D’AUSTÉRITÉ

Politique économique restrictive, dont le but est soit de casser l’inflation (par exemple en Italie dans les années1990), soit de réduire les déficits sociaux et/ou les déficits publics. Commentaire:
Parfois appelée politique de rigueur, ce type de politique économique s’efforce d’agir sur la dépense publique, en la comprimant, et sur la dépense sociale, en augmentant les cotisations et en limitant les prestations. Comme son nom l’indique, ce type de politique économique a pour effet de freiner l’activité économique, mais aussi –et surtout– de réduire la progression du pouvoir d’achat (et parfois de réduire le pouvoir d’achat tout court) notamment des bénéficiaires de prestations sociales, qui ne sont généralement pas les plus riches. La politique d’austérité a donc généralement pour conséquence d’accentuer les inégalités sociales. Date de mise à jour : 22/01/2010 (Texte tiré de L’Économie de A à Z, dict. en ligne d’Alternatives économiques, http://www.alternatives-economiques.fr/Dictionnaire_fr_52.html)

Adam Smith était bien plus conscient des limites du marché – notamment des menaces de la concurrence imparfaite – que ceux qui se prétendent aujourd’hui ses disciples. Il était aussi plus conscient du contexte social et politique dans lequel toute économie doit opérer. Pour qu’une économie fonctionne, la cohésion sociale compte. La violence urbaine en Amérique latine et la guerre civile en Afrique créent des environnements hostiles à l’investissement et à la croissance. Mais si la cohésion sociale peut avoir un impact sur l’économie, l’inverse est vrai aussi. Un recours excessif à l’austérité – qu’il s’agisse des politique budgétaires et monétaires restrictives en Argentine ou, aggravées par la réduction du soutien aux prix des produits alimentaires en Indonésie – va bien évidemment provoquer des troubles. Tout particulièrement quand on pense que l’injustice est massive, comme en Indonésie : des milliards pour les opérations de sauvetage des entreprises et des intérêts financiers, rien pour les citoyens réduits au chômage. (Joseph E. Stiglitz, La Grande Désillusion, p. 348)