Lettre à M. Christian Dubé, ancien député de Lévis, au sujet d’une importante affirmation infondée de la Société d’histoire régionale de Lévis

Lévis, le 21 octobre 2014

Monsieur Christian Dubé, Premier vice-président, Québec

Caisse de dépôt et placement du Québec

Édifice Price, 65, rue Sainte-Anne, 14e étage

Québec, G1R 3X5

 

Monsieur,

 

En 2013, à titre de député de la circonscription de Lévis, vous avez donné de l’argent à la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pour l’aider à présenter une exposition sur un objet trouvé dans le web par une guide touristique, Mme Claudia Mendez Ishii, alors vice-présidente de la SHRL; Mme Mendez Ishii affirmait que l’objet en question était la « cage » dite de La Corriveau. Lors de l’exposition, cette affirmation infondée importante* a été diffusée par la SHRL, la « cage » a été présentée aux visiteurs comme un objet historique authentique. L’affirmation est infondée parce que rien ne prouve, aujourd’hui, que la cage trouvée est celle qui a servi à montrer en public la criminelle Marie-Josephte Corriveau. L’absence de preuve est corroborée par les Musées de la civilisation du Québec, qui ont formé un comité, à l’oeuvre depuis un certain temps, auquel ils ont donné ce nom : « comité scientifique […] chargé de faire les expertises autour de ce qui pourrait être la cage de la Corriveau ».

 

La direction de la SHRL (en particulier Mme Mendez Ishii et Mme Évelyne Fortier) a gravement manqué de rigueur intellectuelle** à compter du jour même de la découverte de la « cage » dans le web, se montrant convaincue que la « cage » était celle qui avait reçu l’exosquelette de Marie-Josephte Corriveau. Aujourd’hui, à ma connaissance, la direction de la SHRL n’a toujours pas admis publiquement avoir induit en erreur ses membres et la population, et aujourd’hui encore on peut lire l’affirmation infondée dans son site web***; trouvez-vous que c’est acceptable, Monsieur?

 

La Société d’histoire régionale de Lévis, par son action incorrecte, a porté atteinte à la dignité de son député et, par conséquent, à celle de l’Assemblée nationale; c’est grave. Vous devriez lui demander de reconnaître sa faute et tenter de l’amener à une rétractation. N’hésitez pas à la prier de remettre à l’État du Québec l’argent que vous lui avez donné à titre de député : la SHRL est probablement assez riche, grâce aux « subventions » élevées**** que lui accorde la ville de Lévis, pour rembourser.

 

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

*Il fallait que l’affirmation soit importante pour que de nombreux organismes publics ou paragouvernementaux, la ville de Lévis et une entreprise privée aident la SHRL à réaliser deux expositions sur la « cage » en 2013; la société d’histoire n’aurait pas reçu cette aide, j’ose croire, si elle avait voulu exposer un gibet qu’il lui était impossible de lier avec certitude au drame de Marie-Josephte Corriveau.
** Plus tard, M. Claude Genest, historien, ancien président et membre aujourd’hui du conseil d’administration de la SHRL, écrira dans un hebdomadaire de Lévis un article dans lequel il péchera à son tour par manque de rigueur intellectuelle.
*** « Dans un premier temps, en collaboration avec Les Musées de la civilisation de Québec nous présentons l’exposition « La Corriveau, au-delà de la légende », en présence de l’artéfact original. Cette exposition, une première canadienne, sera l’unique occasion de voir cet objet légendaire et de prendre la mesure des tragiques événements survenus en 1763. »
****La SHRL doit avoir environ 50 000 $ dans son bas de laine; c’est beau pour un petit organisme sans but lucratif…