Les vieux couples d’amoureux ou Le papillon et les tourterelles

Le papillon et les tourterelles

Poème de Jean-Baptiste-Joseph Willart de Grécourt (né à Tours, 1683-1743)

 

Un papillon, sur son retour,

Racontait à deux tourterelles,

Combien dès l’âge de l’amour

Il avait caressé de belles :

« Aussitôt aimé qu’amoureux,

Disait-il, ô l’aimable chose,

Lorsque, brûlant de nouveaux feux,

Je voltigeais de rose en rose !

Maintenant on me suit partout,

Et partout aussi je m’ennuie ;

Ne verrai-je jamais le bout

D’une si languissante vie ?

Les tourterelles sans regret

Répondirent : « Dans la vieillesse

Nous avons trouvé le secret

De conserver notre tendresse ;

À vivre ensemble nuit et jour

Nous goûtons un plaisir extrême;

L’amitié qui vient de l’amour

Vaut encor mieux que l’amour même. »

«Friends of science», ennemis de l’intelligence – Les climato-sceptiques

«Friends of science», ennemis de l’intelligence | Matthieu Dugal | Flâneur du web.

Extraits de l’article :

«Friends of science», ennemis de l’intelligence

Matthieu Dugal – Collaboration spéciale, Le Soleil

(Québec) «Il n’y a aucune honte à ne pas savoir. Les problèmes surviennent lorsque la pensée irrationnelle comble le vide laissé par l’ignorance.» – Neil deGrasse Tyson.

(…)

Ah oui, et Neil deGrasse Tyson y fustige aussi les climato-sceptiques, beaucoup moins drôles que leur équivalent dans le domaine de l’apéro : les Clamato-sceptiques (au Flâneur, nous trouvons que cette blague est vouée à un brillant avenir). Comme 99,9 % de la communauté scientifique donc (c’est une image), Neil deGrasse Tyson énonce dans sa série ce que les faits nous enseignent (notez qu’il ne s’agit pas ici d’opinion, nous ne sommes pas dans ce domaine tant prisé des réseaux sociaux du «moi j’pense que») : l’activité de l’homme est à l’origine d’un réchauffement climatique jamais vu. Un réchauffement si important que le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen a proposé il y a 12 ans que l’on nomme une nouvelle ère géologique pour décrire ce phénomène inédit : l’anthropocène. Cette dénomination fait encore cependant l’objet de débats. Mais pas le climat.

…………..

Il est bon de fréquenter le site des Sceptiques du Québec : http://www.sceptiques.qc.ca/

Les Sceptiques du Québec inc. est un organisme sans but lucratif fondé en 1987. Son principal objectif est de promouvoir la pensée critique et la rigueur scientifique dans le cadre de l’étude d’allégations de nature pseudoscientifique, religieuse, ésotérique ou paranormale. La corporation compte près de 400 membres et abonnés à travers le Québec, dont une quarantaine de membres actifs qui sont tous des bénévoles.

 

Voir aussi : http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/ ( http://skepdic.com/)

 

 

POUR LA PROSPÉRITÉ CONTRE L’AUSTÉRITÉ : manif le 29 novembre 2014 à Québec

QUÉBEC SOLIDAIRE LÉVIS PRÉSENT

POUR LA PROSPÉRITÉ

CONTRE L’AUSTÉRITÉ

Grande manifestation contre l’austérité du gouvernement Libéral, à Québec –

Rendez-vous à Lévis le samedi 29 novembre 2014 au traversier de 11h45 –

Rassemblement des membres de QS Lévis à 12h45 coin Grande Allée et Georges V Est –

http://www.quebecsolidaire.net/levis/

Mourir riches… ou «caves» / Claude Béland et le mal vivre ensemble aujourd’hui

Réussir sa vie fut jadis faire une vie utile non seulement à soi-même, mais une vie utile à une collectivité heureuse. (Claude Béland)
 
 

Mourir riches… ou «caves» | Le Devoir.

Par Claude Béland – Ancien président du Mouvement Desjardins
Le Devoir, 21 novembre 2014
 

Liberté, égalité, fraternité. Vous riez ? Oui, je comprends, il faut rire tant c’est gênant. Puisque ces nobles engagements inscrits dans les grandes chartes des droits des êtres humains sont ostensiblement bafoués. Au contraire sont glorifiées les libertés, même celles qui nuisent aux autres, les inégalités tant des droits que dans le partage de la richesse, l’exploitation maximale des ressources planétaires, le productivisme illimité, la concurrence, l’exploitation des uns par les autres, l’individualisme et une continuelle lutte des classes. Il en résulte un monde déréglé, violent, injuste.

L’excellent texte de Francine Pelletier paru dans Le Devoir du 19 novembre relance le cri de désespoir du poète Claude Péloquin, cet appel sculpté dans le grand mur du Grand Théâtre à Québec : «Vous n’êtes pas tannés de mourir, bande de caves ? » Le même jour, quelques pages plus loin, des exemples d’un monde stupide sur ce plan nous étaient communiqués au sujet de la fiscalité américaine : la rémunération de sept des trente plus grands patrons américains a dépassé en 2013 le montant payé par leurs entreprises en impôt fédéral sur les bénéfices. Par exemple, le patron de Boeing a reçu une rétribution de 23,3 millions en 2013, pendant que l’entreprise qui l’emploie et qui accumulait de grands profits ne versait aucun impôt au Trésor fédéral. Pis encore, le fisc a retourné 82 millions à Boeing !

Joseph Stiglitz, vice-président et chef économique démissionnaire de la Banque mondiale, ne cesse de dénoncer dans une série de livres sur l’échec de l’ultralibéralisme cet état des lieux contemporains. Il écrit, dans son livre sur les inégalités (éditions LLL) : « Dans le monde entier, les États ne s’attaquent pas aux problèmes économiques cruciaux, à commencer par le chômage chronique ; et quand les valeurs universelles d’équité sont sacrifiées de quelques-uns malgré les assertions rhétoriques clamant le contraire, le sentiment d’injustice se mue en sentiment de trahison. » La « bande de caves » que nous ne sommes pas n’est pas que trahie, mais impuissante. Comment, en effet, changer ces puissantes nouvelles valeurs universelles alors que les experts en communication (ou en relations publiques) sont plus entendus que les experts en informations. Informer, c’est renseigner, dire ce qui se passe, mettre au courant de quelque chose. Les communicateurs d’influence visent à promouvoir ou à défendre des intérêts, plus souvent économiques ou politiques, en utilisant comme levier l’opinion publique.

De l’utilité

Ceux-ci ont fort bien réussi à changer la définition du progrès, du succès, de la réussite. Réussir sa vie fut jadis faire une vie utile non seulement à soi-même, mais une vie utile à une collectivité heureuse. Désormais, le progrès, c’est la création de richesse — même si on ne parvient pas à la partager. Créer de la richesse, comme le dit Francine Pelletier, pour faire en sorte que les riches soient toujours plus riches tandis que les « autres » se raccrochent à un emploi fragile.

Comment comprendre qu’une grande banque canadienne puisse annoncer qu’après avoir accumulé 17 milliards de profits depuis quelques années, libérera 5000 employés au cours des prochains mois !

Les nouvelles valeurs universelles bien vendues par les communicateurs d’influence ont redéfini la réussite et le progrès. Ce n’est plus la création de l’emploi (pourtant le meilleur moyen de partager la richesse), c’est l’enrichissement illimité des actionnaires… et des salaires injustifiés et toujours plus élevés pour les hauts dirigeants. Réussir sa vie, c’est désormais mourir riche ! Ce sont les « caves » qui meurent pauvres… et plus jeunes.

Alors que les firmes d’information racontent ce qui se passe. Les firmes de communication d’influence nous communiquent leurs convictions d’un monde meilleur. Les « caves » que nous sommes, pourrions-nous trouver le financement nécessaire pour faire la promotion d’un monde libre, égalitaire et fraternel ? Un monde en cohérence avec ses engagements constitutionnels inscrits dans les grandes chartes. Ainsi, nous ne serons plus tannés de mourir. Nous serons satisfaits. Nous aurons réussi nos vies !

Claude Beland 28-10-2010 Montmartre canadien

Claude Béland le 28 octobre 2010 au Montmartre canadien, à Québec (photo de Roger Martel)

Pas tannés de mourir?

Pas tannés de mourir? | Le Devoir.

Pas tannés de mourir? Par Francine Pelletier

Le Devoir, 19 novembre 2014 |

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/424215/pas-tannes-de-mourir

EXTRAITS

[] Radio-Canada, la société d’État qui a jadis révolutionné nos vies, nous a fait chanter, danser, atterrir sur la Lune, pleurer le bébé dans les bras, nous a éduqués et titillés comme nulle autre. Un trésor national qui nous coûte moins que rien — deux bouteilles de vin cheap ou encore cinq cafés Starbucks et demi par année par tête de pipe, disaient les pancartes qui déambulaient boulevard René-Lévesque, dimanche dernier —, mais qui ratatine aujourd’hui à vue d’oeil [].

[]

À l’arrière-scène, le gouvernement. Celui d’Ottawa, d’abord, qui, depuis l’élection des conservateurs en 2006, a serré la vis, non seulement à Radio-Canada, mais à l’accès à l’information, aux données scientifiques, aux tournées culturelles, aux réfugiées, aux chômeurs, aux centres de femmes et aux bélugas du Saint-Laurent. Celui de Québec également qui, depuis avril 2014, ne vit qu’à une enseigne, l’austérité, et procède impassiblement à des coupes sans précédent. [] 

[]

Et nous voilà arrivés à la toile de fond : le monde ordinaire. « Malgré la percée technologique, malgré une croissance de la productivité de la main-d’oeuvre de 50 %, malgré l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail, malgré tout ça, le revenu de la famille moyenne n’a pas bougé depuis 30 ans », dit l’économiste canadien Jim Stanford. De plus, selon l’Institut de recherche et d’information socio-économiques, l’endettement des ménages québécois a plus que triplé entre 1976 et 2012, passant de 40 % à presque 140 % du revenu annuel. Au Québec comme ailleurs en Amérique, « le phénomène majeur des 30 dernières années est l’augmentation toujours plus grande des inégalités ».

[] les riches s’enrichissent et, tout le contraire de nous, travaillent aujourd’hui moins fort pour leur argent, les pauvres augmentent et la classe moyenne est saignée à blanc. Derrière cette pyramide immonde, des paradis fiscaux mis en place depuis les années 50 mettent aujourd’hui « plus de la moitié du stock mondial d’argent hors de portée des finances publiques », comme l’explique le documentaire Le prix à payer de Harold Crooks.

On se demande, en fait, comment on peut assister aussi docilement à notre propre appauvrissement, pas seulement économique mais aussi politique, social et culturel. À tous les niveaux, on se fait manger la laine sur le dos. Vous n’êtes pas tannés de mourir, bande de caves ? demandait le poète Claude Péloquin. Quarante ans plus tard, la phrase paraît plus prophétique que jamais.

bande de caves c'est assez