Philippe Couillard, premier ministre (berger?) du Québec – La faute aux bergers, pas aux loups!

Par Philippe Desjardins

Opinion d’un lecteur publiée le mercredi 15 octobre 2014, Mise à jour: mercredi 15 octobre 2014, Journal de Montréal, http://www.journaldemontreal.com/2014/10/15/la-faute-aux-bergers-pas-aux-loups

Dans son premier discours comme premier ministre à l’Assemblée nationale, Philippe Couillard affirmait que «Le Québec a tous les atouts pour être de ces grands mouvements qui marquent l’histoire. Notre travail, c’est d’en libérer tout le potentiel et de combiner ces avantages dans un véritable élan vers la prospérité.»

Dans un contexte où la valeur des contrats de service en sous-traitance en informatique des ministères et organismes de la fonction publique québécoise explose littéralement, le premier ministre aurait été avisé de préciser sa pensée. L’élan de prospérité dont il parle profite surtout aux grandes firmes informatiques du Québec, mais pas aux finances publiques du Québec.

La donne ne risque pas de s’améliorer, car le nouveau grand patron du Centre de services partagés du Québec (CSPQ), le plus grand donneur de contrats informatiques du gouvernement, est nul autre que le frère du vice-président de la multinationale québécoise d’informatique CGI. Rien de moins!

M. Couillard, dans son premier discours, ajoutait que «Diriger un gouvernement, c’est un peu comme bâtir un édifice. Il faut des fondations solides, des colonnes robustes et un toit qui protège des intempéries.»

L’édifice dont parle M. Couillard semble fait de verre, car ses hauts fonctionnaires, lors d’une commission parlementaire sur l’informatique tenue fin juin 2014, étaient incapables de répondre aux questions des élus qui voulaient savoir combien avait coûté l’informatique durant la dernière année!

Toutefois, nous pouvons dormir tranquilles: le grand patron du CSPQ ne sera pas associé de près ou de loin aux appels d’offres ou à l’octroi de contrats reliés à la firme CGI et, en outre, son frère a signé le code d’éthique de CGI. Tout va bien!

Le Québec est un véritable bar ouvert pour les grandes firmes informatiques. Toutefois, il est inutile de leur en tenir rigueur. Lorsqu’un troupeau de brebis est dévoré par les loups, ce n’est pas la faute des loups, dont c’est la nature de manger les brebis. Les loups ne deviendront pas végétariens pour permettre aux bergers de se détendre. Le véritable fautif, c’est le berger qui a la garde du troupeau de brebis, c’est lui qui a failli à son devoir de surveillance.