Le maire de Lévis est muet comme un poisson dans une tombe.

Lévis (Québec)

Les bonnes relations entre le maire de Lévis et un petit organisme privé local

On dirait qu’il a perdu l’usage de la parole, le maire de Lévis; on lui écrit, il ne répond pas, sa langue est passée de vie à trépas, on dirait. Répondrait-il si pour lui, pour lui faciliter la tâche on attachait les monèmes avec des tirets ? Parlerait-il si nous allions dialoguer dans une mosquée, lui et nous vulnérables comme les plantes chatouilleuses de nos pieds nues, peut-être qu’il parlerait, vulnérable; parlerait-il si nous allions dans une église réfléchir les yeux tournés vers le confessionnal, peut-être qu’il parlerait, craintif de Dieu. Si on allait lui causer dans un camp de nudiste, peut-être qu’on verrait se relever le voile qui cache la vérité. Mais… Inutile tout ça : tout a été essayé déjà, rien n’y fait : contrairement à la mer Morte, la langue du maire de Lévis n’est habitée par aucun organisme microscopique vivant, selon toute apparence.

Il n’y a pas longtemps, j’ai dit clairement à M. le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, que je ne trouvais pas acceptable la manière dont des subventions de la Ville de Lévis avaient été utilisées par un organisme privé local, la Société d’histoire régionale de Lévis; j’ai même ajouté clairement qu’il devait protester. Le maire Lehouillier n’a pas répondu. (On peut lire ma lettre au https://lepasseurdelacote.com/2014/12/.)

Il n’y a pas longtemps, j’ai posé les questions suivantes à M. Gilles Lehouillier, maire de Lévis :

Combien a coûté à la Ville de Lévis sa contribution à la préparation de l’exposition La Corriveau Au-delà de la légende et à sa présentation à la Gare intermodale de Lévis par la Société d’histoire régionale de Lévis, en 2013? Combien a coûté à la Ville de Lévis sa contribution à la préparation de l’exposition La Corriveau Au-delà de la légende et à sa présentation au Centre de congrès et d’expositions de Lévis par la Société d’histoire régionale de Lévis, en 2013. Le maire Lehouillier n’a pas répondu. (On peut lire ma lettre au https://lepasseurdelacote.com/2014/12/.) (L’amour que le maire de Lévis porte à la transparence va me donner l’occasion d’apprendre à utiliser la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. J’en remercie le maire devant tout le monde, je ne ne le fais pas en cachette.)

Aujourd’hui, j’écris de nouveau au maire muet comme un poisson dans une tombe. (Vous ne trouvez pas que le silence du maire est éloquent?)

Lévis, le 17 décembre 2014

Monsieur le maire,

La Ville de Lévis et ses citoyens subissent un certain laxisme financier. En 2013, Monsieur Lehouillier, vous avez utilisé de l’argent des Lévisiens pour aider un organisme privé local, la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL), à présenter deux expositions au cours desquelles elle a induit en erreur presque tout le monde en affirmant, sans pouvoir le prouver, qu’elle avait découvert la « cage de la Corriveau » ou, si vous préférez, la structure dans laquelle la célèbre criminelle a été montrée en public en 1763. Vous ne protestez pas, Monsieur Lehouillier; vous acceptez l’inacceptable, l’utilisation inappropriée de fonds publics. Vous venez d’en rajouter, Monsieur Lehouillier : le 8 décembre dernier, le conseil de Ville siège en séance extraordinaire et accorde à la SHRL, sans dire pourquoi, une subvention de 2 325 $ qui s’ajoute aux dizaines de milliers de dollars que la Ville lui a donnés ces dernières années et qui ont augmenté son compte bancaire. Bien sûr, la Ville doit vérifier la situation financière d’un organisme avant de le subventionner, vous le savez, Monsieur Lehouillier ; pour la SHRL, la Ville n’a manifestement pas fait cette vérification – ou a choisi de fermer les yeux sur la richesse de la SHRL, ce drôle d’organisme sans but lucratif. Richesse ? À la fin d’avril 2012, l’actif total de la SHRL, s’élevait à 48 574 $, vous avez bien lu, Monsieur Lehouillier : 48 574 $; depuis, l’actif total n’a pas dû diminuer beaucoup, s’il a diminué, il a peut-être même augmenté (au cours de l’exercice financier 2011-2012, l’actif total de la SHRL s’est accru de 8 282 $, de l’argent provenant entre autres, principalement ? de subventions municipales inutilisées, selon toute vraisemblance, et que la Ville n’aurait pas dû donner, par conséquent.) Jusqu’où va le laxisme financier de la Ville de Lévis, Monsieur Lehouillier ? Le laxisme financier va toujours trop loin et coûte toujours trop cher, vous devriez le savoir, Monsieur Lehouillier.

Je vous prie, Monsieur le maire, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, Lévisien

Cette lettre sera publiée au lepasseurdelacote.com; la réponse du destinataire aussi.