LES QUÉBÉCOIS La plainte sans révolte

La plainte sans révolte | Le Devoir.

Texte de Paul Warren

EXTRAIT

Me passe souvent par la tête cette phrase du grand poète français Louis Hémon dans son Maria Chapdeleine, une phrase qui, à la réflexion, est la métaphore du colonisé : « La plainte sans révolte contre le fardeau écrasant du long hiver. »

Je me dis que, depuis trois cents ans, dans notre peuple catholique romain qui n’a jamais été capable de se libérer, on a dû drôlement se confesser de sa « plainte sans révolte ».

Et je relis Fernand Dumont qui écrivait : « Il est des peuples qui peuvent se reporter dans leur passé à quelque grande action fondatrice : une révolution, une déclaration d’indépendance, un virage éclatant qui entretient la certitude de leur grandeur. Dans la genèse de la société québécoise, rien de pareil. Seulement une longue résistance. Mais qui n’incite pas pour autant au dédain méprisant, encore moins au cynisme rétrospectif, devant ce qui fut à tout prendre une modeste mais troublante tragédie. »