Le ministre de l’Éducation ne discréditerait-il pas l’Université du Québec à Montréal ?


Devoir 14-04-15 reputation de UQAM_Blais_1

La  réputation de l’UQÀM mise à mal, Le Devoir, 14 avril 2015

Par ses déclarations jugées « indignes d’un ancien professeur, d’un ancien administrateur ayant occupé des postes de responsabilité universitaires, d’un ministre responsable de l’Éducation supérieure et de la recherche », le ministre François Blais ne discréditerait-il pas l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). Pourquoi ? Parce qu’il en est un diplômé. Vous comprenez ?

Le Passeur de la Côte

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Monsieur le ministre,

vous n’êtes pas le Père des étudiants-es : lettre ouverte à François Blais

Par Pascal Scallon-Chouinard

source : Histoire engagée,  http://histoireengagee.ca/monsieur-le-ministre-vous-netes-pas-le-pere-des-etudiants-es-lettre-ouverte-a-francois-blais/ vu le 6 avril 2015

Publié le 4 avril 2015

(Extrait)

Mardi 31 mars 2015, vous affirmiez que « expulser deux ou trois personnes par jour » des universités « refroidirait les ardeurs de certains » et « ferait réfléchir les autres ».  Vous avez ajouté : « on fait ça avec les enfants ».

Monsieur Blais, les étudiants-es ne sont pas vos enfants. Vous n’êtes pas leur « père ». Vous êtes un ministre élu et une contestation sociale ne se gère pas à coup de « punitions » soi-disant pédagogiques. De quelle pédagogie ou de quelle paternité parlez-vous ici, d’ailleurs ?

Ces propos sont indignes d’un ancien professeur, d’un ancien administrateur ayant occupé des postes de responsabilité universitaires, d’un ministre responsable de l’Éducation supérieure et de la recherche. La contestation étudiante actuelle n’est pas le caprice d’une génération trop gâtée qu’il faut punir. Elle est l’expression d’une jeunesse animée par un désir de changement, qui revendique le droit à l’éducation pour le plus grand nombre. Ce droit à l’éducation que vous défendez maintenant pour quelques-uns, avez-vous seulement compris que les étudiants-es et bien des citoyens-nes derrière eux le revendiquent pour toute la société, celle d’aujourd’hui comme celle de demain ?

Ministre élu, vous rappelez régulièrement votre passé de professeur pour justifier vos positions en matière d’éducation. Nous, professeurs-es, ne pouvons admettre qu’à ce titre, vous justifiiez la sanction, la répression comme des remèdes contre l’engagement social et politique d’étudiants-es au profit d’autres étudiants-es. Maurice Duplessis disait gérer la province comme un père de famille; n’en étions-nous pas revenus ? L’éducation n’est pas une famille. Elle contribue au bien commun, elle est l’affaire de tous et toutes. Une attitude paternaliste nie la mission de l’éducation. C’est ne pas assumer ses responsabilités.