Le Québec face à l’ordre pétrolier canadien

Le Québec face à l’ordre pétrolier canadien | Le Devoir.

EXTRAIT :

La menace qui, soudainement, s’abat sur le Québec, avec l’annonce de pipelines boulimiques, de terminaux d’exportation et la main basse qui est faite sur son réseau de lignes ferroviaires pour désenclaver les réserves de 173 milliards de barils pétrole des sables bitumineux de l’Alberta, est porteuse d’impacts potentiellement très importants sur son devenir.

Il n’y a pas si longtemps, rien n’indiquait que les rives du Saint-Laurent, significativement éloignées des «mégapoles de consommation», pourraient, dans un avenir aussi rapproché, être appelées à devenir un «hub» du pétrole des sables bitumineux. […]

[ * hub : carrefour, plaque tournante (dans le commerce nord-américain des hydrocarbures, par exemple), selon la banque de données terminologiques Termium ]

Cette grande corvée de désenclavement par voie de l’est se déploie entièrement par-dessus la tête du Québec qui, prétend-on, à Ottawa n’a absolument rien à dire en matière de transport interprovincial et international. Son territoire est tout simplement requis au nom de la « raison d’État », canadienne et transcanadienne. La « Province » doit donner même si à terme, elle n’aura rien à en retirer, mis à part le plat de lentilles qui lui est proposé et qui ne pourra jamais, absolument jamais, compenser les risques qui sont associés à l’opération.

[…]

C’est dans un tel contexte que le poids politique d’une non-acceptabilité sociale pourrait prendre tout son sens politique.

(Texte* de Pierre-Paul Sénéchal – Groupe GIRAM, ex-gestionnaire et conseiller socio-économique, gouvernement du Québec)

* Publié d’abord dans la revue L’Action nationale, numéro 2-3, 2015