Demande d’enquête sur des fautes des Musées de la civilisation de Québec.

Lévis, le 22 juin 2015

Madame Hélène David, ministre

Cabinet de la ministre

Ministère de la Culture et des Communications

225, Grande Allée Est, 1er étage, bloc A

Québec, G1R 5G5

Madame,

J’impute des fautes très graves aux Musées de la civilisation de Québec. Je demande à votre ministère, duquel relève les Musées de la civilisation, d’enquêter sur ces fautes.

Le directeur des Musées de la civilisation de Québec, M. Michel Côté, à qui j’avais écrit le 28 mai 2015, m’a envoyé sa réponse le 29 mai 2015. Cette réponse est totalement insatisfaisante; la voici :

Monsieur Martel,

Je vous remercie de l’intérêt que vous portez au dossier de la cage de la Corriveau. Le Musée de la civilisation gère avec rigueur ce dossier en effectuant les analyses d’expertises nécessaires et ce, toujours en lien avec l’institution muséale qui a la responsabilité de cet objet. Il est évident que lorsque le tout sera complété, nous ferons connaître les résultats.

Par ailleurs, nous avons expliqué notre démarche de façon transparente et il s’agit-là, d’un processus normal basé sur le travail de recherche et de conservation lié aux collections muséales.

Comme vous l’affirmez, la rigueur intellectuelle s’impose et il faut éviter les accusations globales.

Recevez, Monsieur Martel, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Le 28 mai 2015, j’avais écrit ceci à M. Côté (entre parenthèses, mes observations écrites en majuscules) :

Monsieur le directeur,

Vous allez bientôt quitter votre poste de directeur des Musées de la civilisation de Québec. Avant votre départ, il serait nécessaire que vous tentiez de faire comprendre aux citoyens du Québec certaines choses qui se sont produites sous votre direction.

Les Musées de la civilisation de Québec (MCQ) ont accepté d’être les partenaires de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pour la présentation de deux expositions consacrées à un objet qu’un membre du conseil d’administration de la SHRL avait dit avoir découvert par hasard sur la Toile (il s’agit d’une structure métallique qui serait semblable à celle dans laquelle la criminelle Marie-Josephte Corriveau a été montrée en public en 1763) (CETTE AFFIRMATION N’EST PAS CONTREDITE PAR M. CÔTÉ). Pendant ces expositions, la SHRL a véhiculé une information infondée qui a trompé les Lévisiens et qui a été répandue au Québec et ailleurs au Canada (CETTE AFFIRMATION N’EST PAS CONTREDITE PAR M. CÔTÉ). L’affirmation trompeuse (que diffuse toujours la SHRL) est la suivante : l’objet trouvé sur la Toile par la SHRL est la « cage » ayant servi à montrer Marie-Josephte Corriveau en public. Après les expositions, les MCQ se sont trouvés à contredire la SHRL en chargeant un comité scientifique d’établir si l’objet trouvé par la SHRL a bel et bien servi à montrer M.-J. Corriveau en public (CETTE AFFIRMATION N’EST PAS CONTREDITE PAR M. CÔTÉ) (les conclusions du comité ne sont pas encore connues). Si les MCQ ont accepté d’aider la SHRL sans d’abord s’être enquis des messages et des informations qu’elle allait véhiculer, ils ont commis une faute grave; s’ils ont accepté d’aider la SHRL tout en sachant quels messages et informations elle allait véhiculer, ils ont commis une faute grave. Quelle est votre explication, Monsieur Côté (AUCUNE EXPLICATION N’EST DONNÉE PAR M. CÔTÉ) ?

Le 27 novembre 2014, M. Claude Genest, ancien président et membre honoraire de la SHRL, écrivait ceci dans un journal : « La redécouverte de la cage mythique aux États-Unis, son retour sur notre territoire et son exposition est un accomplissement unique. Ce qui s’est passé à l’occasion de la première semaine d’octobre représente une nouvelle page fascinante de l’histoire de Lévis. J’ai apprécié chaque moment de mon expérience. Du dévoilement de l’objet au Musée de la civilisation de Québec, le 1er octobre [2013], jusqu’à la fermeture des portes de l’exposition au Centre de congrès et d’expositions de Lévis, le dimanche 6 octobre à 22 h, je dois avouer que j’ai savouré chacune des secondes. » (Claude Genest, La fin de la légende, Le Journal de Lévis, 27 novembre 2013, p. 24) Les MCQ ont été informés de la publication du texte de M. Genest, qui associe clairement les MCQ à la « cage » qu’il présente comme un artefact dont la nature et l’origine sont connues et incontestables. Comment expliquez-vous, Monsieur Côté, que les MCQ ne se soient jamais objectés publiquement à être associés à l’affirmation infondée de M. Genest et de la SHRL, et aient ainsi risqué d’entacher gravement leur crédibilité (AUCUNE EXPLICATION N’EST DONNÉE PAR M. CÔTÉ) ?

S’il est exact que la « cage » a été dévoilée aux MCQ comme l’affirme M. Genest, pourriez-vous dire, Monsieur Côté, s’il est courant que les musées organisent une activité publique pour dévoiler un objet dont ils ne connaissent pas avec certitude la nature et l’origine (AUCUNE RÉPONSE N’EST DONNÉE PAR M. CÔTÉ) ? Et les citoyens du Québec n’ont-ils pas raison de craindre qu’il soit exact que l’affirmation infondée de la SHRL ait été véhiculée lors du dévoilement de la « cage », dans l’enceinte des MCQ, censés être un haut lieu de la rigueur intellectuelle ? Que répondez-vous aux citoyens du Québec, Monsieur Côté (AUCUNE RÉPONSE N’EST DONNÉE PAR M. CÔTÉ) ?

Il faut aussi parler du comité scientifique formé par les MCQ (comité scientifique est le terme employé par le service des relations de presse des MCQ).

Comme moi, Monsieur le directeur, vous devez penser que science et rigueur intellectuelle vont de pair et que la définition suivante du mot scientifique est correcte : « Qui, dans le domaine de la connaissance, présente les caractères de rigueur, d’exigence, d’objectivité caractéristiques de la science ou des sciences : Une enquête vraiment scientifique » (dictionnaire Larousse en ligne). Sachant cela, n’est-on pas en droit de se demander comment il se fait que les MCQ aient choisi comme membres du comité scientifique Mme Claudia Mendez Ishii, M. Claude Genest et M. Clément Samson (ces deux derniers sont membres du conseil d’administration actuel de la SHRL). La raison de ma demande ? Mme Mendez Ishii, ancienne vice-présidente de la SHRL, et M. Genest, membre honoraire de la SHRL, se sont dérobés aux exigences de rigueur intellectuelle en faisant leur affirmation infondée et l’impartialité de M. Clément Samson peut être mise en doute pour les raisons suivantes : M. Samson est un dirigeant de la SHRL, une organisation qui refuse de se rétracter même s’il lui a été démontré qu’elle a répandu une affirmation infondée, M. Samson n’a jamais contredit publiquement, à ma connaissance, les membres de la SHRL qui soutiennent que l’objet trouvé par la SHRL sur la Toile a bel et bien servi à montrer Marie-Josephte Corriveau en public, enfin, M. Clément Samson a déjà présidé le conseil d’administration de la Caisse Desjardins de Lévis, principal partenaire de la SHRL pour la présentation des deux expositions de cette dernière consacrées à la « cage de la Corriveau ». Selon vous, Monsieur Côté, les MCQ ont-ils eu raison de nommer Mme Mendez Ishii, M. Claude Genest et M. Clément Samson membres de leur comité scientifique (AUCUNE RÉPONSE N’EST DONNÉE PAR M. CÔTÉ, M. CÔTÉ NE SE PORTE PAS À LA DÉFENSE DU COMITÉ SCIENTIFIQUE DES MUSÉES DE LA CIVILISATION DE QUÉBEC) ?

Une autre question importante est soulevée par la nomination de Mme Mendez Ishii et de M. Claude Genest au comité scientifique, et les MCQ auraient pu s’en rendre compte : Mme Mendez Ishii et M. Claude Genest ne sont-ils pas en confit l’intérêts [l’avocat québécois Martin Hovington définit ainsi le conflit d’intérêts : « Situation dans laquelle des personnes en position d’autorité ont un intérêt réel ou potentiel qui pourrait influer ou sembler influer sur l’exécution de leurs tâches ou responsabilités » (https://www.oiq.qc.ca/Documents/DCAP/chroniques_PLAN/ethique_deontologie/Reconnaître%20conflit%20intérêts.pdf)%5D ? Mme Mendez Ishii exerçait à Lévis le métier de guide touristique et était copropriétaire à Lévis d’une entreprise de visites touristiques quand elle a découvert par hasard sur la Toile, a-t-elle dit, l’objet qu’elle a affirmé être la « cage de la Corriveau »; quant à M. Genest, il était, à la même époque, le conjoint de Mme Mendez Ishii. Nul ne niera qu’il serait avantageux pour les guides touristiques que la « cage » américaine soit présentée comme un artefact authentique étant donné qu’elle attirerait des visiteurs à Lévis. (À noter que le conseil d’administration actuel de la SHRL comprend un deuxième guide touristique et que le membre de la SHRL qui s’est rendu aux États-Unis avec Mme Mendez Ishii pour voir l’objet trouvé sur la Toile par cette dernière était la copropriétaire de l’entreprise de visites touristiques susmentionnée, Mme Manon Pelletier). Ne pensez-vous pas, Monsieur Côté, que les MCQ auraient pu éviter d’adjoindre au comité scientifique des personnes en conflit d’intérêts (LA RÉPONSE ÉCRITE DE M. CÔTÉ EST MUETTE AU SUJET DE LA QUESTION DES CONFLITS D’INTÉRÊTS) ?

Je vous ai écrit à quelques reprises jusqu’ici, Monsieur Côté; vous, vous ne m’avez jamais écrit (les MCQ ne m’ont envoyé que de brefs courriels de leur service des relations avec la presse). Il m’apparaît essentiel que vous tentiez personnellement de faire comprendre aux citoyens du Québec certaines choses qui se sont produites sous votre direction, les choses dont je viens de vous parler (ÉVIDEMMENT, LES SILENCES DE M. CÔTÉ NE SAURAIENT CONVAINCRE LES QUÉBÉCOIS QU’AUCUNE FAUTE GRAVE N’A ÉTÉ COMMISE PAR LES MUSÉES DE LA CIVILISATION DE QUÉBEC).

Je vous prie, Monsieur le directeur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Dans son courriel daté du 29 mai 2015, le directeur des Musées de la civilisation de Québec écrit: « Le Musée de la civilisation gère avec rigueur ce dossier [celui de la « cage de la Corriveau »] en effectuant les analyses d’expertises nécessaires ». M. Côté n’explique pas pourquoi les Musées de la civilisation de Québec ont invité à participer aux travaux du comité scientifique qu’ils ont créé deux personnes, au moins deux, qui ont fait preuve d’un grave manque de rigueur intellectuelle ces dernières années (et qui, en plus, sont en situation de conflit d’intérêts), et une autre personne dont on ne peut pas être certain de l’impartialité. Les Musées de la civilisation de Québec ont manifestement manqué de rigueur en nommant ces personnes. Le manque de rigueur des Musées de la civilisation de Québec transparaît aussi nettement dans leur décision d’accepter d’être les partenaires officiels d’une organisation qui a répandu et qui continue de répandre une affirmation infondée, et qui refuse, ce qui échappe à l’entendement, de reconnaître être l’auteure d’une affirmation infondée (cette affirmation infondée a fort probablement été entendue à l’intérieur même des Musées de la civilisation de Québec le jour du dévoilement de la « cage de la Corriveau » en présence, peut-on supposer, du directeur des Musées).

Dans son courriel daté du 29 mai 2015, M. Côté dit aussi : « nous avons expliqué notre démarche de façon transparente et il s’agit-là, d’un processus normal basé sur le travail de recherche et de conservation lié aux collections muséales ». La phrase de M. Côté n’est pas claire. Primo : l’explication de la démarche dont parle M. Côté, quelle est-elle, quand et où aurait-elle été donnée, pourquoi ne me l’a-t-il pas fait connaître ? Secundo : de quel « processus normal » parle M. Côté ? La création d’un comité scientifique, l’examen de la cage par des experts, puis la publication des résultats de l’examen ? Pour qu’il soit « ‘normal », le processus, fallait-il que le comité scientifique créé par les Musées de la civilisation de Québec compte parmi ses membres des personnes qui manquent de rigueur intellectuelle et qui sont en conflit d’intérêts ?

Dans son courriel daté du 29 mai 2015, M. Côté ajoute : « Comme vous l’affirmez, la rigueur intellectuelle s’impose et il faut éviter les accusations globales ». Accusations globales ? De quoi parle M. Côté ? Écrire ceci comme je l’ai fait (c’est un exemple, un seul) : « Si les MCQ [Musées de la civilisation de Québec] ont accepté d’aider la SHRL [Société d’histoire régionale de Lévis] sans savoir quels messages et informations elle allait véhiculer, ils ont commis une faute grave; s’ils ont accepté d’aider la SHRL tout en sachant quels messages et informations elle allait véhiculer, ils ont commis une faute grave », ce n’est pas une « accusation globale », mes paroles portent sur un point très précis : les Musées de la civilisation de Québec ont accepté d’être les partenaires d’une organisation qui a diffusé une affirmation infondée qui a trompé les citoyens !

Considérant l’incapacité flagrante de M. Michel Côté d’expliquer et de justifier le rôle joué par les Musées de la civilisation de Québec, rôle qui fait l’objet du courriel que je lui ai envoyé le 28 mai 2015,

je vous demanderais, Madame la ministre, d’enquêter sur la décision des Musées de la civilisation de Québec d’accepter d’être les partenaires de la Société d’histoire régionale de Lévis dans la présentation à Lévis de deux expositions consacrées à un objet (la « cage de la Corriveau ») que la Société d’histoire régionale de Lévis certifiait (et certifie encore, à ma connaissance) être un artefact authentique, c’est-à-dire la structure ayant servi à montrer Marie-Josephte Corriveau en public;

je vous demanderais, Madame la ministre, d’enquêter sur la décision des Musées de la civilisation de Québec d’accepter d’être le lieu du dévoilement de la « cage de la Corriveau » et de : a) rendre ainsi l’affirmation (clairement infondée) de la Société d’histoire régionale de Lévis susceptible d’être crue et la Société d’histoire régionale de Lévis susceptible d’être digne de confiance; b) risquer ainsi d’entacher gravement leur crédibilité (et celle du ministère dont ils relèvent);

je vous demanderais, Madame la ministre, d’enquêter sur la décision des Musées de la civilisation de Québec de nommer membres du comité scientifique mentionné ci-dessus : a) Madame Claudia Mendez Ishii et M. Claude Genest qui ont montré manquer de rigueur intellectuelle et qui sont en situation de conflit d’intérêts, b) M. Clément Samson, membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis (comme l’a été Mme Mendez Ishii et comme l’est M. Genest) dont on ne peut être assuré de l’impartialité (une autre raison peut faire douter de l’impartialité de M. Samson : M. Samson a déjà présidé le conseil d’administration du principal partenaire de la Société d’histoire régionale de Lévis pour la présentation des deux expositions consacrées à la « cage de la Corriveau », la Caisse Desjardins de Lévis);

je vous demanderais, Madame la ministre, d’enquêter sur le choix des autres membres du comité scientifique susmentionné (la nomination de trois dirigeants ou anciens dirigeants de la Société d’histoire régionale de Lévis est assez étrange pour que cette enquête ait lieu);

je vous demanderais, Madame la ministre, d’enquêter sur la décision des Musées de la civilisation de Québec de laisser la Société d’histoire régionale de Lévis faire croire (elle continue de faire croire) à ses membres et à la population que les Musées de la civilisation de Québec considèrent eux aussi que la « cage » américaine est la « cage » dans laquelle M.-J. Corriveau a été montrée en public;

je vous demanderais, Madame la ministre, d’enquêter sur tous les autres aspect de la conduite des Musées de la civilisation de Québec comme partenaire de la Société d’histoire régionale de Lévis.

Je pense qu’il faudrait, Madame la ministre, que vous vous assuriez que les employés des Musées de la civilisation de Québec qui méritent le blâme reçoivent des reproches proportionnels à la gravité de leur manquement.

J’allais oublier, Madame,la ministre, de vous demander de chercher à découvrir pourquoi les Musées de la civilisation de Québec ont pu croire être autorisés et ont cru correct de dépenser l’argent des citoyens du Québec pour aider la Société d’histoire régionale de Lévis à exercer des activités au cours desquelles les citoyens du Québec allaient être trompés et ont été trompés.

Je vous prie, Madame, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Je devrai vous écrire de nouveau, Madame David, puisque l’on compte, parmi les nombreux partenaires de la Société d’histoire régionale de Lévis pour la présentation de ses deux expositions sur la « cage de la Corriveau », une autre organisation qui relève de votre ministère : le Musée national des beaux-arts du Québec.

 

Corriveau_cage_Expo Gare _2013-07 _affiche_partenaires_2

De gros partenaires (et des fonds publics) pour l’étonnamment puissante Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) : Les Musées de la civilisation – Québec (dont le Musée de la civilisation est un élément), le Musée national des beaux-arts du Québec, la Commission de la Capitale nationale du Québec, Tourisme Lévis, la Ville de Lévis, le Musée canadien de l’histoire (autrefois appelé Musée canadien des civilisations), la Caisse Desjardins de Lévis (le principal partenaire, dit la SHRL).