L’austérité, oeuvre des « juntes civiles ».

L’austérité, oeuvre des « juntes civiles »

Par André Jacob

EXTRAIT

Dans le numéro du Monde diplomatique de décembre 2011, Serge Halimi intitulait son éditorial tout simplement ‘ »Juntes civiles » pour qualifier les gouvernements de la droite politique et économique qui ont dominé la scène européenne de la dernière décade avec leur stratégie politique appelée « lutte au déficit et austérité » notamment en Grèce, en Italie et en Espagne. Dans un article récent paru dans le Huffington Post Québec, le professeur Bernard Vachon qualifie le gouvernement Couillard de « dictature démocratique ».

Les mots ne sont p;as anodins. Une junte, au sens moderne du terme, réfère à un groupe de militaires ardents défenseurs du libéralisme économique qui prennent le pouvoir par un coup d’État. Par analogie, le gouvernement de Philippe Couillard a pris le pouvoir en ne présentant pas son vrai programme de restructuration (voire de destruction) de l’État, ce que Francine Pelletier du Devoir a qualifié de coup d’État. Pour arriver à ses fins, un « noyau dur » composé de banquiers, fidèles croyant aux dogmes du libéralisme économique (Leitão, Coiteux, D’Aoust), impose un nouveau modèle de société générateur d’inégalités sociales et économiques. Ces représentants d’une minorité de la classe dominante au plan économique mettent leur idéologie en pratique avec le soutien des « orienteurs professionnels de la droite » qui se drapent de l’orthodoxie néolibérale réunis sous diverses bannières comme l’Institut économique de Montréal, la Fédération des Chambres de commerce, le Conseil du patronat, quelques experts du monde économique (universitaires, pensons notamment aux individus derrière le rapport Godbout) et des amuseurs publics des stations de radio démagogiques et populistes.

L’austérité, oeuvre des « juntes civiles », revue À Bâbord, numéro 60 (été 2015), p. 36

NOTES du Passeur de la Côte
Serge Halimi « Membre de l’équipe de rédaction du Monde diplomatique depuis 1992, il occupe depuis mars 2008 le poste de directeur de ce mensuel. Fils de l’avocate Gisèle Halimi, Serge Halimi, docteur en sciences politiques de Berkeley, a été professeur associé à l’université Paris VIII de 1994 à 2000. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Halimi)
« Bernard Vachon a fait carrière comme professeur-chercheur au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal (1969-2000). Il est […] détenteur d’un doctorat de la London School of Economics and Political Science en Angleterre ainsi que de l’Université de Liège en Belgique dans les domaines de l’aménagement et du développement territorial. » (http://quebec.huffingtonpost.ca/bernard-vachon/)
Francine Pelletier « Journaliste depuis plus de 30 ans, Francine Pelletier a travaillé tant en français qu’en anglais, à la presse électronique qu’à la presse écrite. Sa carrière l’a menée de la co-fondation et direction éditoriale d’un magazine féministe (La Vie en rose) à l’écriture d’une chronique hebdomadaire au quotidien La Presse. Elle a également collaboré au journal Le Devoir et The Gazette, aux magazines L’Actualité, Macleans et Châtelaine, ainsi qu’aux émissions Sunday Edition au réseau CTV, The Editors à PBS et Morningside à la radio de CBC. » (http://www.francinepelletierleblog.com)
Leitão, Carlos J., ministre des Finances, gouvernement du Québec
Coiteux, Martin, ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes
Président du Conseil du trésor, gouvernement du Québec
Daoust, Jacques, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, gouvernement du Québec
L’article de Serge Halimi dont parle André Jacob commence ainsi :
« Maniant le chantage à la faillite et la peur du chaos, deux anciens banquiers, MM. Lucas Papadémos [économiste, premier ministre de la Grèce en 2011 et 2012] et Mario Monti [Italien, économiste, président du Conseil des ministres de 2011 à 2013] viennent de prendre le pouvoir à Athènes et à Rome. Ce ne sont pas des techniciens apolitiques, mais des hommes de droite, membres de la Commission trilatérale, connue pour avoir dénoncé l’excès de démocratie des sociétés occidentales. »
On peut lire la suite au http://www.monde-diplomatique.fr/2011/12/HALIMI/47028.

Parution du numéro de l’été 2015 de la revue À Bâbord !

Sommaire du no 60 – Revue À bâbord !

À BÂBORD ! SOMMAIRE DU NO 60 – EN KIOSQUE LE 12 JUIN 2015

Actualité

L’exception UQAM / Des grévistes uqamien·ne·s Les profs à l’école de la grève / Philippe de Grosbois Sortie de crise. Quel rôle pour le mouvement syndical ? / Philippe Crevier, Hubert Forcier et Samuel Trépanier Coule pas chez nous / Entretien avec Anne Céline Guyon par Rémi Leroux Colloque du Front commun 2015 / Léa Fontaine Sur l’enseignement explicite / Normand Baillargeon Les femmes, au présent / Martine Delvaux Marche mondiale des femmes 2015 / Caroline Moreau L’alcool, la concurrence et la SAQ / Philippe Hurteau

Dossier : Sexe

Introduction / Pinote La sexualité : un champ de recherche universitaire / Sara Mathieu-C., Martin Blais, Joanne Otis Biologie, sexe et compétitions sportives / Pinote Clitoris, vagin, plaisir… Une éducation sexuelle pour les jeunes, par les jeunes / Entretien avec Gabrielle Sexe et liberté / Entretien avec Anne Archet Une boutique érotique, vue de l’intérieur… / Mélanie Dion Pourquoi je suis devenue une pornstar / Loree Erickson L’asexualité. Redéfinir l’amour et le sexe / Charlotte Poitras

International

Esquisse du Forum social mondial de Tunis / Amélie Nguyen Quand la Chine d’en bas s’éveille / Pierre Beaudet

Analyse du discours

L’austérité, œuvre des « juntes civiles » / André Jacob Suite Ayotzinapa Mexique / Diane Lamoureux

Culture

La disparition de l’intellectuel : nouvel épisode / Claude Vaillancourt Gurov et Anna. La déception de la chair / Paul Beaucage

Livres pour l’été

BD • CD / Ramon Vitesse

L’austérité « pure et dure », à la baïonnette, est mortifère et contre-productive. »

 

L’austérité « pure et dure », à la baïonnette, est mortifère et contre-productive. »

 

« En proposant d’intégrer aux accords européens une dimension « relance pour la croissance », par la dépense publique à l’échelle continentale, François Hollande exprime une critique justifiée du dogmatisme ambiant chez les gouvernements d’Europe. Une critique que d’éminents économistes – comme l’Américain Paul Krugman – développent avec constance depuis des années : l’austérité « pure et dure », à la baïonnette, est mortifère et contre-productive. »

 

Source : François Brousseau, Entre utopie et réalité, Le Devoir, 23 avril 2012, p. B1

Je suis Raif Badawi| Pétition Harper – Par Amnistie internationale Canada

Je suis Raif | Pétition Harper.

 

EXTRAIT :

 

L’heure est grave. La Cour suprême de l’Arabie saoudite ayant confirmé la sentence de Raif Badawi dans une décision finale et sans appel, il est temps que notre premier ministre intervienne personnellement, et ce, de toute urgence. Nous sommes toutes et tous Raif. Nous l’avons dit haut et fort à l’ambassadeur de l’Arabie saoudite au Canada, au nom de la liberté d’expression et de la dignité humaine, et par solidarité avec sa famille. Maintenant, c’est à vous d’agir, Monsieur Harper!

La description de travail du poste de secrétaire général du Conseil de presse du Québec.

Lévis, le 11 juin 2015

Monsieur Guy Amyot, secrétaire général, Conseil de presse du Québec

1000, rue Fullum, Bureau A.208, Montréal, H2K 3L7

Objet : Description de travail du poste de secrétaire général – Dossier 2014-01-083 – Roger Martel c. Mylène Moisan, journaliste, et Le Soleil (Pierre-Paul Noreau, éditeur adjoint)

Monsieur,

Il y a plusieurs semaines, j’ai demandé au Conseil de presse du Québec (CPQ) de bien vouloir m’envoyer la description de travail de votre poste. Le CPQ m’a expédié deux règlements dans lesquels il est question ici et là de tâches que vous accomplissez. C’est la description de travail de votre poste que j’avais demandée.

J’ai fait une nouvelle démarche auprès du CPQ. Le CPQ m’a écrit que vous me répondriez, vous, M. Amyot. J’attends votre réponse. J’attends la description de travail de votre poste.

Aujourd’hui, je me demande s’il existe une telle chose que la description de travail du poste de secrétaire général du CPQ. Je me le demande très sérieusement depuis que j’ai pris connaissance d’un article du journal Le Devoir relatif à une « décision controversée du Conseil de presse du Québec (CPQ) mettant en cause un reportage d’Alain Gravel de Radio-Canada » *.

L’article donne la parole au journaliste Daniel Renaud, qui était « membre du comité d’appel qui [devait] rejuger la décision de première instance « (il s’agit de la décision mentionnée ci-dessus), et qui a démissionné. (M. Renaud représentait la Fédération des journalistes professionnels du Québec.)

Le 30 mars 2015, M. Renaud écrit « que l’on cherche parfois à prendre les journalistes et les médias en défaut, à laver plus blanc que blanc, sans s’arrêter uniquement aux faits, et que le processus de traitement d’une plainte en appel peut être biaisé et partial, le rendant ainsi futile […] ». Quant à la Société Radio-Canada, blâmée par le CPQ, elle reproche au CPQ de « méconnaître les règles journalistiques et de ne pas avoir suffisamment documenté le cas jugé. Les procureurs de RC évoquaient aussi un possible conflit d’intérêts de la part de Guy Amyot, dont la soeur est directrice de cabinet de Stéphane Bédard, chef par intérim du PQ ».

M. Renaud n’y va pas avec le dos de la cuiller : il écrit : « Alors que le terme conflit de loyauté est à la mode dans les médias, cette situation est particulière lorsque l’on réalise que M. Amyot reçoit la plainte initiale, correspond avec les plaignants et les défendeurs, mène l’enquête sur la plainte, recueille les versions, rédige et oriente, avec son équipe, le premier projet de décision pour le comité de plainte, participe activement à la discussion du comité de première instance, prend part à la rédaction finale de la décision, accueille de nouveau la plainte en appel, prépare de nouveau le dossier, rédige de nouveau le projet de décision, participe de nouveau activement aux discussions du comité d’appel et prend part de nouveau à l’élaboration finale du jugement cette fois-ci sans appel » (dans ce texte, M. Renaud ne fait pas référence à l’affaire du reportage d’Alain Gravel).

La liste des tâches que M. Daniel Renaud vous a vu accomplir m’éclaire sur votre travail, Monsieur Amyot. J’apprécierais quand même de recevoir la description de travail de votre poste de secrétaire général.

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

* Dans la présente, les textes mis entre guillemets sont tirés de cet article de M. Stéphane Baillargeon : Nouvelle charge contre le directeur général (il est question de vous, ici, M. Amyot, qui êtes secrétaire général et non pas directeur général du CPQ, je ne vous apprends rien), Le Devoir, 1 avril 2015, http://www.ledevoir.com/societe/medias/436053/conseil-de-presse-nouvelle-charge-contre-le-directeur-general.

P.-S. Je publierai ce message au lepasseurdelacote.com. Je compte publier la réponse du destinataire au même endroit.

Lettre ouverte aux indépendantistes du Québec.

24 mai 2013 — Billet

Lettre ouverte aux indépendantistes

Par Amir Khadir, député de Mercier à l’Assemblée nationale du Québec

Le patronat québécois a été historiquement l’adversaire le plus farouche et le plus efficace de la souveraineté économique et politique du Québec. Nombre d’indépendantistes persistent cependant à entretenir l’espoir qu’une partie de l’élite économique donnera à nouveau un jour, comme en 1995, son feu vert à ceux qui comme la direction du PQ attendent son autorisation avant de solliciter le peuple au rendez-vous avec son avenir.

Force est de constater que les choses ont bien changé. Le segment nationaliste formé par certains barons du Québec Inc. tend à être de plus en plus ténu et isolé. Au cours des 15 dernières années, l’élite économique dominante du Québec a été si bien intégrée à celles de Bay Street et de Wall Street, qu’elle en épouse tous les grands desseins politiques. Il n’y a à mon avis aucune convergence possible entre cette élite et le projet indépendantiste.

Les incroyables compromis et acrobaties politiques effectuées par le Parti Québécois pour rendre service à l’empire médiatique Québecor (Amphithéâtre, Hydro-Québec) auront sans doute été accomplis dans l’espoir d’en faire un allié stratégique dans une éventuelle initiative indépendantiste à venir. Mais aussi exceptionnel et désintéressé que puisse être cet appui (ce qui reste bien entendu à prouver et éprouver), il représente une fraction très minoritaire du milieu patronal Québécois. L’essentiel des forces organisées du secteur privé agit de manière cohérente et constante pour maintenir le Québec dans le statu quo actuel qui lui convient parfaitement.

Pourtant, au cours de ses 8 mois de pouvoir, le PQ a soumis ses décisions, parfois de façon caricaturale, aux désidératas de l’élite d’affaires. Les indépendantistes progressistes qui ont donné leur appui au PQ depuis de très nombreuses années assistent avec découragement à l’incapacité de ce parti à décider de ses orientations en toute indépendance du secteur des affaires. Ceci a entrainé de nombreux revirements pénibles et controversés, qui coutent cher en appui populaire au PQ. Beaucoup se demandent alors comment le parti Québécois compte-t-il susciter l’enthousiasme de la population et obtenir l’appui nécessaire à une majorité, condition nécessaire pour agir de manière décidée et déclencher le processus devant mener à l’indépendance du Québec.

En effet, comment le Parti Québécois compte-t-il inspirer, mobiliser, convaincre la population de faire preuve du courage collectif nécessaire à la réalisation de la souveraineté après avoir renié une fois au pouvoir toutes ses promesses les plus essentielles sur la taxe santé, sur les droits miniers et l’impôt des riches de peur d’effaroucher le milieu des affaires?

Comment veut-il compter sur les couches populaires, après avoir coupé dans les maigres revenus des assistés sociaux sans tenir compte de l’avis contraire de tout le monde à l’exception de quelques animateurs de Radio-X? Comment veut-il attirer les classes moyennes après avoir coupé des centaines de millions en santé et continué à peu près en tout point les projets sournois de privatisation des services et les PPP lancés par les libéraux? Comment le Parti Québécois veut-il mobiliser les secteurs les plus actifs et les plus progressistes, après avoir nommé Pierre Karl Péladeau, adversaire primaire des droits sociaux et de la social-démocratie, si ce n’est de l’État lui-même, à la tête de la plus grande entreprise publique- de quoi faire rager de honte René Levesque dans sa tombe?

Comment veut-il rallier les écologistes, avec le clientélisme désolant qui consiste à troquer un des joyaux du patrimoine naturel du Québec à Val Jalbert pour garder l’appui de quelques caciques locaux et barons du génie-conseil et ce à grands frais pour les contribuables? Quel signal envoie le PQ aux vautours qui rodent alentour de nos ressources naturelles et au reste du monde? Que le PQ est aussi «disposé» que le PLQ de Jean Charest à solder nos ressources à vil prix. Qu’il n’est même pas capable de résister au lobby minier pour respecter un engagement aussi simple et facile que la date butoir de 2035 pour le 50 % de protection du territoire et 20 % du territoire nordique d’ici 2020, reniant du coup nos engagements internationaux.

Est-ce là l’inspiration pour le peuple à qui nous voulons donner le goût de la liberté et de l’indépendance?

Comment le PQ peut-il espérer convaincre notre peuple que la souveraineté est pour son bien, après avoir bafoué ses principes au point de s’en prendre aux plus damnés des mal pris en introduisant l’alcool dans les aires de jeu -connaissant pourtant le grand risque de jeu pathologique qui l’accompagne – ce que même les libéraux n’avaient pas osé faire?

Alors que sur des milliards de bénéfices déclarées les grandes entreprises ne paient que 2% d’impôt effectif au Québec; alors que 90 milliards de l’argent de québécois très nanties et de leurs entreprises se trouvent dans les paradis fiscaux, faute de courage politique et avec une myopie digne de Lucien Bouchard, le PQ a fait son déficit zéro en coupant dans les services et en alourdissant le fardeau des citoyens ordinaires. Pourquoi alors les gens devraient-ils prendre le risque de suivre un parti aussi insensible et timoré dans une aventure aussi engageante et «tumultueuse» que la marche vers l’indépendance?

Des leçons à tirer d’ailleurs

Dans un texte éclairant sur les résultats des élections récentes en Équateur, Atilio Boron, politicologue et sociologue argentin, tente de tirer quelques leçons de la victoire convaincante du président socialiste Rafael Correa qui pourraient bien nous servir. Après 6 années au pouvoir, et en dépit de la farouche opposition des élites d’affaires, des grands groupes médiatiques et même de l’Assemblée nationale, le président sortant Rafael Correa a réussi le tour de force d’accroitre son appui électoral en remportant 58% des voix au premier tour! Ceci est d’autant plus étonnant en apparence que Correa n’avait obtenu que 51% en 2009 et encore moins au premier tour des élections qui ont couronné la «Révolution Citoyenne» de 2006.

Selon Boron, le succès convaincant de Correa prouve « que si un gouvernement obéit au mandat populaire et met en place des politiques publiques dont bénéficient les majorités nationales – ce qui finalement est le sens de la démocratie – la loyauté de l’électorat peut être considérée comme sûre. La manipulation des oligarchies médiatiques, la conspiration des classes dominantes et les stratagèmes de l’impérialisme s’écrasent contre le mur de la fidélité populaire.» Le triomphe de Correa démontre aussi que «la thèse conformiste si répandue dans la pensée politique conventionnelle à savoir : que« le pouvoir use », est seulement valable en démocratie quand le pouvoir est exercé au bénéfice des minorités riches ou quand les processus de transformation sociale perdent leur consistance, hésitent et finissent par se diluer.»

Pour commenter sa victoire, le président équatorien a pris la peine lui-même d’insister sur l’importance d’agir avec détermination:«Ou nous changeons le pays maintenant ou nous ne le changeons plus…Le projet de créer un ordre social basé sur le « bon vivre » de nos peuples originaires, exige d’agir avec rapidité et détermination.» À l’opposé de Correa, malgré des milliers de sympathisants prêt à agir, enthousiastes de commencer à se mobiliser pour l’indépendance, le PQ s’emploie à gérer timidement une province, souvent dans les traces des libéraux.

Une grande majorité des députés du PQ vivent un profond malaise et doivent penser comme moi que nous méritons mieux comme horizon politique. La province, c’est pour les vaincus (pro vincia). Alors que pour l’indépendance, il nous faut vaincre les obstacles érigés par les adversaires de la souveraineté. Une question s’impose donc à celles et ceux qui avec sincérité et bonne foi continuent à attendre du PQ de faire l’indépendance : dans les conditions actuelles de la soumission de la direction du PQ au milieu des affaires, comment ce parti pourra-t-il poser les gestes audacieux qui devront accompagner la marche du peuple québécois vers son indépendance nationale?

Le PQ attend de toute évidence une permission du milieu patronal qui ne viendra pas. Pour ceux d’entre nous qui voulons l’indépendance sans attendre cette permission, je signale en toute modestie mêlée d’enthousiasme qu’il y a d’autres choix politiques. Un choix qui s’impose naturellement quand on fait le bilan lucide du passé et du présent du PQ. Ce bilan a été effectué de manière répétée depuis 1997 et a donné naissance au RAP, puis à l’UFP et enfin à Québec solidaire. Il en a émergé ainsi un projet de société et une stratégie pour faire du Québec un pays.

Une stratégie pour l’indépendance

L’extraordinaire effervescence du « printemps québécois »en 2012 tout comme le soulèvement citoyen dans la vallée du St-Laurent contre l’exploitation des gaz de schiste en 2010 nous ont montré que les pratiques démocratiques de mobilisation populaire fondée sur des assemblées, discussions de cuisine, manifestations et débats publics suscitent une adhésion croissante de la population à une idée phare qui semblait peu répandue au départ. La lutte pour l’indépendance nationale, qui a été trop souvent réduite à la crainte de menacer la stabilité économique, ne pourra retrouver la pleine force de son potentiel social mobilisateur qu’en se liant à un large processus démocratique, sollicitant une large participation de la base. La stratégie et les objectifs d’accession à l’indépendance doivent être définis et reposer sur cette participation, ce qui constitue un exercice de la souveraineté populaire.

L’Assemblée constituante que propose Québec solidaire comme stratégie d’accès à l’indépendance, est le moyen par lequel le peuple québécois pourra librement reprendre en main son destin, en toute autonomie des pressions de l’Assemblée nationale, des oligarchies médiatiques et des milieux d’affaires qui défendent le statu quo. L’indépendance ne découlera pas du jeu de la classe politique, même si celle-ci est appuyée par une campagne de marketing ou un Sommet de deux jours – comme celui de l’Éducation – représentant des intérêts limités.

C’est du pouvoir citoyen, élu au suffrage universel pour représenter la pluralité de la société québécoise (équilibre hommes/femmes, communautés historiques, diversité des milieux socioéconomiques et culturels), que devra émerger un projet de pays rassembleur, capable de donner l’impulsion du changement et le goût de la liberté. Ce pouvoir citoyen, investi des moyens et des pouvoirs conférés par l’institution de l’Assemblée constituante, représente en plus un rapport de force insoupçonné, d’une ampleur qui a échappé au mouvement souverainiste depuis les 15 dernières années – depuis la Commission itinérante de 1995 et de ses partenaires de la souveraineté.

En effet, depuis 15 ans les forces fédéralistes se sont employées à «neutraliser» les principaux leviers du processus d’accession à l’indépendance (Caisse de dépôt, quelques têtes d’affiche du milieu des affaires, appui tacite de la France) et d’encombrer notre chemin de plusieurs autres obstacles dont la loi sur «la clarté» référendaire.

Ces manœuvres au sommet, au bénéfice des fédéralistes, expliquent en grande partie les atermoiements malheureux de ceux qui ont attendu d’illusoires «conditions gagnantes», habituellement comprises comme l’approbation des milieux économiques. Le succès de ces manœuvres au sommet indique également que la réponse doit se trouver à la base et que toute nouvelle stratégie d’accession à l’indépendance ne peut désormais reposer que sur un rapport de force populaire. La question cruciale à laquelle il faut donc répondre, c’est de savoir quelles conditions faut-il réunir pour recueillir le plus large appui possible des couches populaires ?

La réponse offerte à cette question par l’exemple de Correa en Équateur est que «si un gouvernement obéit au mandat populaire et met en place des politiques publiques dont bénéficient les majorités … la loyauté de l’électorat peut être considérée comme sûre». La preuve à contrario de cette affirmation se trouve dans le destin qu’a connu le PQ depuis son virage néolibéral des 15 dernières années. Un destin dont une illustration éloquente est donnée par la dégringolade du PQ dans l’appui populaire en raison de ses importants reculs en matière sociale depuis qu’il est au gouvernement.

Les classes moyennes et populaires, constituent après tout, l’ultime allié qui compte. Le grand nombre – la majorité – est l’allié dont le x sur le bulletin sera le plus déterminant le jour qui compte réellement: le jour où nous déciderons de notre indépendance.

L’idée d’indépendance ne se limite pas à la défense nos intérêts économiques (qui sont souvent ceux d’une minorité possédante), ou à l’exaltation de notre fierté identitaire (dont la manière laisse parfois les nouveaux arrivants et les minorités visibles à l’écart…). L’indépendance repose sur la volonté collective de bâtir un monde commun dans lequel notre société pourra définir librement ses institutions, ses valeurs et son avenir politique. Tel est exactement le sens du principe d’autodétermination du peuple québécois, qui est au fondement de l’Assemblée constituante.

L’évolution politique en Équateur est un bel exemple de cette dynamique prometteuse. Le succès de Correa repose sur les espaces de liberté politique conquises par le peuple équatorien tout particulièrement grâce au processus de la constituante de 2008. Il constitue donc une preuve positive de l’efficacité stratégique que représente l’assemblée constituante pour donner un rapport de force aux mouvements sociaux et populaires pour affronter la puissance des défenseurs du statu quo.

Il s’agit là, de la stratégie la plus démocratique, inclusive, efficace et légitime qui permettra de rallier l’ensemble des forces agissantes et combatives de notre société. Ces forces sont le plus souvent issues du rang des artistes et des mouvements syndical, populaire, féministe, étudiant, écologiste et indépendantiste. Leur convergence est la seule vraiment nécessaire à l’élaboration collective d’une nouvelle dynamique politique, à l’avantage de la majorité de la population. À l’avantage du plus grand nombre, seul garant ultime de notre indépendance nationale.

Amir Khadir, député solidaire de Mercier

Source : http://www.quebecsolidaire.net/amir-khadir/articles/lettre-ouverte-aux-independantistes/

Un rapport de l’Organisation internationale du travail souligne le lien entre travail des enfants et chômage des jeunes.

Centre dactualités de lONU – Un rapport de lOIT souligne le lien entre travail des enfants et chômage des jeunes.

Extrait :

Le rapport, intitulé « Rapport mondial de l’OIT sur le travail des enfants », présente des données empiriques sur la façon dont le travail des enfants, quand il est combiné à une éducation limitée, conduit à une vulnérabilité accrue des jeunes et à de plus grandes difficultés à trouver un bon emploi, a déclaré l’agence de l’ONU dans un communiqué de presse.

Les conclusions du rapport se basent sur une collecte de données permettant l’analyse des trajectoires suivies par les jeunes pour entrer dans le monde du travail dans 28 pays à revenus faibles et moyens à travers le monde.

(…)

L’ensemble des données présentées dans le rapport attestent du fait que les défis auxquels sont confrontés les jeunes dans la recherche d’un travail décent ne sauraient être dissociés des défis posés par l’élimination du travail des enfants plus tôt dans le cycle de vie.

Le rapport conclut ainsi que l’élimination du travail des enfants doit être un objectif politique fondamental et un point de départ nécessaire pour la réalisation du travail décent pour tous.

Le silence bavard des partis politiques municipaux de Lévis (Québec).

Lévis, le 10 juin 2015

Le 20 avril 2015, j’ai envoyé un courriel à M. Nicolas Geraghty, chef de Renouveau Lévis (parti municipal de Lévis, adversaire de Lévis Force 10, parti du maire actuel, Gilles Lehouillier). Ce courriel portait sur la diffusion par la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) d’une affirmation non fondée concernant une structure métallique trouvée par hasard aux États-Unis par une guide touristique de Lévis, Madame Claudia Mendez Ishii, une structure que la SHRL affirme catégoriquement être la « cage de la Corriveau » même si elle ne peut absolument pas prouver que son affirmation est exacte. Malheureusement et curieusement, Renouveau Lévis et son chef ne réagissent pas, ils sont entrés dans la nombreuse bande des silencieux de Lévis. Devant quoi tremblent-ils, les gens de Renouveau Lévis et les autres ? Ces gens ont-ils des intérêts qui seraient menacés s’ils ouvraient la bouche pour critiquer la SHRL ou l’administration de Gilles Lehouillier qui a fourni à la SHRL des moyens qui ont contribué à rendre possible la diffusion de l’affirmation infondée partout au Canada, d’induire presque tout le monde en erreur ?

Non, mais ! pour qui les Lévisiens vont-ils voter lors de la prochaine élection municipale ? Lévis Force 10 et Gilles Lehouillier trompent les Lévisiens; et Renouveau Lévis et Nicolas Geraghty ne protestent pas contre la conduite de Gilles Lehouillier et des conseillers municipaux membres de son parti, et ils montrent ainsi qu’ils trouvent sans importance que des élus trompent la population. Vite, que l’on mette au monde des robots à qui on n’aura pas mis dans la tête qu’il est acceptable de tromper les citoyens !

Roger Martel (le Passeur de la Côte)

P.-S. Pensez-vous, lecteur, que Renouveau Lévis et Nicolas Geraghty vont s’élever contre mes propos ? Ne pariez pas là-dessus : vous perdriez ! Pensez-vous que Gilles Lehouillier va me répondre un jour ? Ne pariez-pas là-dessus ! Le silence est souvent un aveu de faiblesse, d’impuissance.

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Extrait du courriel que j’ai envoyé à M. Nicolas Geraghty, chef de Renouveau Lévis, le 2 avril 2015 :

Les faits accablent des élus municipaux de Lévis, notamment le maire, M. Gilles Lehouillier.

Fait 1 : en 2013, la ville de Lévis aide financièrement la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) à tenir à Lévis deux expositions accessibles à l’ensemble de la population.

Fait 2 : la raison d’être de ces expositions est la présentation au public et aux médias d’un objet que la SHRL affirme être la structure métallique dans laquelle la criminelle Marie-Josephte Corriveau a été montrée en public en 1763.

Fait 3 : l’affirmation de la SHRL est tout à était infondée, les Musées de la civilisation de Québec le montrent en confiant à un « comité scientifique » la tâche de déterminer l’authenticité de l’objet.

Fait 4 : j’informe la ville de Lévis, principalement par des courriels envoyés au maire que j’ai rendus publics, que les expositions avaient induit en erreur la population et les médias.

Fait 5 : le maire Gilles Lehouillier ne répond à aucun de mes messages, le conseiller Robert Maranda ne répond pas au courriel que je lui ai expédié, aucun élu ou travailleur de la ville ne répond à mes communications.

Les faits sont indéniables (une recherche dans le web avec les mots Lehouillier, Corriveau et exposition permet d’en savoir plus sur ces faits). Le maire Gilles Lehouillier et les élus municipaux qui l’appuient se sont faits les complices et se font toujours les complices de la SHRL et de la diffusion de son affirmation infondée à Lévis, au Québec et au Canada anglais, ils ont aidé et aident encore la SHRL à propager une affirmation qui est contraire à la vérité et qui induit en erreur presque tous ceux qu’elle atteint, y compris les Lévisiens. Le maire Gilles Lehouillier et les élus municipaux qui l’appuient ont trompé les Lévisiens et, comme ils refusent toujours de condamner la diffusion de l’information trompeuse et de demander des comptes à la SHRL, ils dupent toujours les Lévisiens. Autre faute sérieuse, le maire Gilles Lehouillier et les élus municipaux qui l’appuient sont coupables d’accepter l’utilisation inappropriée de fonds publics, c’est-à-dire d’argent appartenant aux seuls Lévisiens.

La Caisse Desjardins de Lévis et l’affirmation infondée de la Société d’histoire régionale de Lévis. Qu’a à dire la Caisse à ce sujet ?

Lévis, le 10 juin 2015

Monsieur René Bégin, comptable agréé

Président du conseil d’administration de la Caisse Desjardins de Lévis

995, boulevard Alphonse-Desjardins

Lévis (Québec), G6V 0M5

Monsieur,

Je suis heureux de m’adresser à vous, qui exercez le métier de comptable. Pourquoi, vous demandez-vous probablement ? Parce que votre travail exige constamment de la rigueur, parce que je crois que votre appartenance à l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec peut m’assurer que vous saurez mesurer de manière précise la place qu’a occupé la rigueur dans le déroulement de l’affaire de la cage de la Corriveau, qui m’amène à vous écrire.

Permettez-moi de vous présenter des faits que vous trouverez certainement utile de connaître et que vous pourrez vérifier facilement et rapidement.

I

À compter de 2012 (peut-être même avant), la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a commencé à répandre une affirmation infondée concernant une structure métallique qui aurait été découverte par hasard, sur la Toile, par la personne qui était, à l’époque, la vice-présidente de la SHRL (il s’agit de Mme Claudia Mendez Ishii). La SHRL a affirmé catégoriquement que cette structure était la ‘ »cage » dans laquelle la criminelle Marie-Josephte Corriveau (le personnage de la très célèbre légende québécoise) a été montrée en public après sa pendaison en 1763.

Dans le numéro 124 (hiver 2012) de La Seigneurie de Lauzon (revue de la SHRL), Mme Mendez Ishii a écrit ceci :

« … avec l’aide de Vincent Couture [membre du conseil d’administration de la SHRL] et de Manon Pelletier [membre du conseil d’administration de la SHRL et organisatrice de visites touristiques avec Mme Mendez Ishii, du moins à l’époque], nous avons retrouvé la cage de la Corriveau au Peabody Essex Museum aux États-Unis. […] en décembre, deux membres du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis, Manon Pelletier et moi-même, sommes allées rendre visite à la cage de la Corriveau. […] Ce n’est pas une cage à proprement parler, mais plutôt un exosquelette en fer noir, ajusté au corps par des bandes trouées comme des lanières en fer forgé et qui épousent parfaitement les formes du corps d’une très petite femme. […] On doit admettre le talent et le savoir-faire du forgeron Richard Dee, le concepteur, qui a réussi ce moule avec une grande finesse. On reconnaît sans l’ombre d’un doute la silhouette et même le profil de Marie-Josephte Corriveau… »

Le 31 juillet 2013, le quotidien Le Soleil a publié un article consacré à Mme Mendez Ishii; en voici un extrait :

« C’est elle [C. Mendez Ishii] aussi qui a retracé la cage de La Corriveau au Peabody Essex Museum à Salem, qui a offert de la redonner à Lévis. Elle l’a trouvée sur Internet, par hasard. « Quand j’ai compris qu’elle était là, je suis partie avec mon associée, Manon, en auto. Ils nous ont emmenées dans les voûtes, dans une salle. La cage était sur une table, toute petite, faite sur mesure. C’est comme un exosquelette. J’ai eu de la peine quand j’ai vu l’objet. » (Mylène Moisan, chroniqueuse, « En face, c’est Lévis, il n’y a rien…», Le Soleil, 31 juillet 2013, http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201307/30/01-4675548-en-face-cest-levis-il-ny-a-rien.php).

M. Claude Genest, ancien président et membre honoraire de la SHRL, a écrit ceci dans un article publié dans un hebdomadaire de Lévis en novembre 2013 :

« La redécouverte de la cage mythique aux États-Unis, son retour sur notre territoire et son exposition est un accomplissement unique. Ce qui s’est passé à l’occasion de la première semaine d’octobre représente une nouvelle page fascinante de l’histoire de Lévis.

« J’ai apprécié chaque moment de mon expérience. Du dévoilement de l’objet au Musée de la civilisation de Québec, le 1er octobre, jusqu’à la fermeture des portes de l’exposition au Centre de congrès et d’expositions de Lévis, le dimanche 6 octobre à 22 h, je dois avouer que j’ai savouré chacune des secondes. » (Claude Genest, La fin de la légende, Le Journal de Lévis, 27 novembre 2013, p. 24)

II

L’affirmation de la SHRL, de Mme Mendez Ishii, de M. Genest, est contredite :

Les Musées de la civilisation de Québec montrent que l’affirmation de la SHRL est infondée :

a) ils confient à un « comité scientifique » la tâche de déterminer l’authenticité de l’objet (une journaliste du quotidien Le Devoir écrit :  » le gibet (cage) a été prêté pour deux ans aux Musées de la civilisation afin qu’il en confirme l’authenticité  » (http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/388942/l-esprit-de-la-corriveau-refait-surface);

b) l’une de leurs conservatrices, Madame Sylvie Toupin, précise, à propos de ladite tâche : « C’est un travail à la Sherlock Holmes qui nous attend, avec des preuves à amasser, des liens à faire, c’est vraiment un beau défi de conservateur ». (Nous sommes en juin 2015, le « comité scientifique » des Musées de la civilisation de Québec n’a pas encore remis son rapport.)

Les auteurs d’un livre sur Marie-Josephte Corriveau, publié en 2014, contredisent Claudia Mendez Ishii et Claude Genest. Ces auteurs, l’historienne Catherine Ferland et Dave Corriveau, écrivent ceci : « Des analyses [de la « cage »] seront effectuées dans les prochains mois » et, naturellement, on ignore encore « Si les expertises [parviendront] à démontrer qu’il s’agit bien du gibet de la Corriveau » (Source : http://mariejosephtecorriveau.com/videos/devoilement-de-la-cage/).

Un hebdomadaire de Lévis, Le Peuple Lévis, a écrit ceci le 4 octobre 2013 : « Il n’est pas encore démontré hors de tout doute que cette cage de métal soit celle dans laquelle Marie-Josephte Corriveau a été exhibée pendant 40 jours ». (Le Peuple Lévis, 4 octobre 2013; cet article a été repris au http://www.lepeuplelevis.ca/2013/10/04/la-cage-de-la-corriveau-de-retour-a-levis.)

Le 1er août 2013 on a pu lire dans le Devoir : « nul ne sait avec certitude si le gibet a vraiment accueilli le corps refroidi de la Corriveau » (Le Devoir, 1er août 2013, http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/355784/la-cage-de-la-corriveau-retrouvee).

III

La Caisse Desjardins de Lévis a été le principal partenaire de la SHRL pour la « commémoration du 250e anniversaire de la pendaison de Marie-Josephte Corriveau » et, par conséquent, pour les activités principales de cette commémoration, c’est-à-dire la présentation à Lévis, en 2013, de deux expositions grandement publicisées de la SHRL au cours desquelles la « cage » américaine a été exposée, deux expositions au cours desquelles l’affirmation infondée de la SHRL a été diffusée et a induit en erreur la population et les médias.

Le président du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis,

a écrit ceci dans la revue de la SHRL :

Nous remercions notre partenaire principal la Caisse Desjardins de Lévis…

(Source : site de la SHRL sur la Toile, une page que l’on trouvait encore le 22 mai 2015 : http://www.shrl.qc.ca/2013/09/commemoration-a-levis/)

IV

Les membres du conseil d’administration de la SHRL aujourd’hui et hier

Au moins trois des membres du conseil d’administration actuel de la SHRL ont ou ont eu des liens directs avec le Mouvement Desjardins; il s’agit de :

1 – Claude Genest, historien à l’emploi du Mouvement Desjardins (Société historique Alphonse Desjardins) depuis les années 1990 ou 1980.

2 – Clément Samson, ancien président du conseil d’administration de la Caisse Desjardins de Lévis et aspirant malheureux à la présidence du Mouvement Desjardins en 2008. (M. Samson est devenu membre du conseil d’administration de la SHRL en 2014.)

3 – Pierre-Olivier Maheux, historien, qui est à l’emploi du Mouvement Desjardins (Société historique Alphonse Desjardins) ou, s’il ne l’est pas aujourd’hui, l’a été dans un passé récent.

Au moins deux membres des conseils d’administration de la SHRL antérieurs au conseil actuel remplissaient leur fonction d’administrateur à l’époque où la SHRL diffusait déjà son affirmation infondée concernant la « cage » de la Corriveau et avaient des liens directs ou indirects avec le Mouvement Desjardins; il s’agit de :

1 – Claudia Mendez Ishii, ancienne vice-présidente de la SHRL et ancienne rédactrice en chef de la revue de la SHRL, qui est la compagne de vie d’un historien à l’emploi de la Société historique Alphonse Desjardins.

2 – Évelyne Fortier, qui était à l’emploi de la Maison historique Alphonse Desjardins et membre du conseil d’administration de la SHRL quand elle a écrit ceci dans la revue de la SHRL :

« La légende de La Corriveau est une histoire qui a fait couler bien de l’encre. L’histoire d’une femme considérée comme une sorcière qui a été pendue et exposée aux quatre chemins de Lévis d’avril à mai 1763. Durant 40 jours, elle était dans ce qu’on appelle un exosquelette, épousant les formes du corps humain. On pensait cette cage perdue dans un incendie il y a plusieurs années. C’est alors que, en décembre 2011, Claudia Mendez, vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL), avec l’aide des administrateurs, a retrouvé sa trace au Peabody Essex Museum, à Salem au Massachusetts. Depuis, la SHRL a pris certaines mesures pour enclencher le processus de rapatriement de cet artefact. » (Article paru dans La Seigneurie de Lauzon, numéro 128, Printemps 2013)

V

Le dossier de la « cage » de la Corriveau aurait dû être mené avec sérieux, avec rigueur, étant donné que, le président de la SHRL l’a dit lui-même,  » c’est l’année [2012-2013] la plus importante dans toute l’histoire de la SHRL. En effet, la commémoration du 250e anniversaire de la pendaison de Marie-Josephte Corriveau (1733-1763) est […] le dossier le plus important de l’histoire de la SHRL » [Vincent Couture, in La Seigneurie de Lauzon (revue de la Société d’histoire régionale de Lévis), numéro 129, été 2013].

J’apprécierais de connaître votre réaction au présent exposé de faits, Monsieur Bégin. Pour ma part, je n’hésite pas à affirmer que la Caisse Desjardins de Lévis a commis une faute très grave en fournissant à la Société d’histoire régionale de Lévis des moyens qui, ajoutés à ceux d’autres organisations, ont rendu possible deux expositions pendant lesquelles une affirmation infondée a été répandue. Avant d’accepter d’accorder son aide à la petite société d’histoire, la Caisse aurait dû mesurer le sérieux de son travail et s’enquérir des messages qu’elle allait véhiculer. Il est évident que la Caisse a été négligente et que sa négligence a eu une conséquence très fâcheuse : la diffusion d’une affirmation qui ne repose sur aucune preuve et qui, transmise partout au Canada par les médias, a trompé non seulement les Lévisiens mais aussi les autres citoyens du Québec et ceux des autres parties du Canada. À mon avis, 1) la Caisse Desjardins de Lévis doit s’assurer, par une déclaration publique, que la population cesse de l’associer à la déclaration infondée de la Société d’histoire régionale de Lévis; 2) la diffusion d’une affirmation infondée par la Société d’histoire régionale de Lévis doit amener la Caisse Desjardins de Lévis à cesser de jouer le rôle de partenaire auprès de la Société d’histoire régionale de Lévis.

Je vous prierais de bien vouloir transmettre ce courriel à Madame Monique F. Leroux, présidente du conseil et chef de la direction du Mouvement Desjardins (malheureusement, je ne trouve pas l’adresse courriel de son bureau).

Je compte beaucoup sur votre rigueur, Monsieur Bégin.

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Je publierai la présente dans le blogue lepasseurdelacote.com. Je compte publier votre réponse au même endroit, Monsieur Bégin. Vous comprenez, j’en suis sûr, qu’il faut que la réaction de la Caisse Desjardins de Lévis soit rendue publique : l’affaire de la cage de la Corriveau est publique, elle ne peut pas être privée parce que la Ville de Lévis et le gouvernement du Québec y jouent un rôle; l’affaire de la cage de la Corriveau concerne toute la population de Lévis, son dénouement doit être public.