Le gouvernement fédéral exige que les éditeurs du Québec utilisent le bilinguisme afin d’obtenir son aide financière.

Lettre ouverte de l’écrivain et éditeur Victor-Lévy Beaulieu
à la ministre du Patrimoine canadien et des langues officielles
Trois-Pistoles, le 16 juin 2015.
Madame la ministre,
Il y a quelques semaines, nous recevions de l’une des fonctionnaires de votre ministère une lettre nous faisant part que le fond d’aide à l’édition du gouvernement fédéral modifiait l’un de ses règlements quant à l’obtention de toute subvention par Patrimoine canadien.
Cette nouvelle règle entend obliger les éditeurs québécois à inscrire sur leurs sites, sur tous leurs documents officiels, notamment ceux de la promotion de leurs ouvrages, la mention « Financé par le gouvernement du Canada », suivi par le logo du drapeau du Canada, et cela en français et… en anglais. Faute de répondre à cette exigence ministérielle, l’éditeur québécois, est-il dit dans cette nouvelle règle, ne recevra plus de subventions du Patrimoine canadien.
J’ai fait parvenir à vos fonctionnaires une lettre afin de dénoncer cette nouvelle règle et le chantage dont votre ministère, plutôt odieusement, fait peser sur les maisons d’édition québécoise. Je vous écrivais en substance :
« Nous nous objectons catégoriquement au fait que le gouvernement exige de nous que nous utilisions le bilinguisme afin d’obtenir l’aide financière de votre ministère. La Loi 101 a établi que le français est la langue officielle du Québec, donc sa langue d’usage. Comme Québécois, nous tenons à respecter ce qui constitue le fondement même de la Loi 101. Le Québec est menacé de toutes parts, y compris par le gouvernement fédéral, par l’envahissement de l’anglais et il est impératif pour nous qu’il puisse conserver ce qui le démarque comme nation (nation d’ailleurs reconnue par une loi de votre gouvernement). »
Nous n’avons pas reçu de réponse à notre lettre. Et les fonctionnaires de votre gouvernement continuent comme si rien n’était de nous menacer « de bloquer l’aide à l’édition à laquelle nous avons droit » si nous ne nous conformons pas à votre nouvelle politique.
Voilà pourquoi nous rendons publique ce que nous considérons comme une injure faite à notre nation : qu’un gouvernement se livre au chantage afin de parvenir à ses fins, soit le bilinguisme à tout prix, est parfaitement odieux.
Nous demandons donc à tous nos camarades éditeurs, à l’Union des écrivains et des écrivaines québécois, à l’Association des éditeurs, à la ministre de la Culture du Québec et à toutes celles et tous ceux qui ont à cœur la défense de la langue française au Québec, de protester auprès de vous par-devers ce nouveau règlement et le chantage éhonté qui l’accompagne.
Pour celles et ceux qui ont à cœur le respect de notre langue, et qui voudraient le faire savoir à la ministre du Patrimoine canadien et des langues officielles, voici ses coordonnées:
min.glover@pch.qc.ca (mailto::min.glover@pch.gc.ca)
Chambre des communes
Ottawa, Ontario, K1A OA6
Téléphone: 819-997-7788
Télécopieur: 819-994-1267
Victor-Lévy Beaulieu
Éditeur

Quand le quotidien Le Soleil innove… Une photo vaut mille mots et une augmentation des ventes.

Le Soleil_un accident en Ont 1er article le 17-06-15

Le 17 juin 2015, Le Soleil de Québec publie un article sur un accident de la route : « Deux jeunes du Québec meurent en Ontario », nous apprend-il en grosses lettres. (Je signale que l’article a été mis à la treizième page du journal.) Le lendemain, Le Soleil consacre une bonne partie de sa une au même fait divers. Pourquoi revient-il sur ce sujet ? Surtout, pourquoi le présente-t-il en première page cette fois ? Parce qu’il a obtenu des photos de l’accident ! Un accident, deux québécois meurent, deux jeunes meurent, une photo de la tragédie : « Vite, ça va nous faire vendre plus d’exemplaires, vite à la une, et tant pis si on a parlé de l’accident hier ! »

 

Un accident 2 articles Le Soleil 17 et 18 juin 2015Le Soleil

 

 

Le 17 juin 2015, Le Soleil donnait la parole au président-directeur du Groupe Capitale Médias, qui est son propriétaire. « Les journaux régionaux sont au coeur d’une révolution sans précédent, a dit M. Martin Cauchon, et ils doivent innover pour demeurer pertinents… » M. Cauchon est content : sa feuille n’a pas peur d’innover…

 

Un médicament vendu dans un boîte en forme de cercueil.

Guipsine Leprince_boite en forme de cercueil

« La guipsine Leprince était une préparation à base de gui, présente fous forme pilulaire et en solution injectable. Elle était proposée pour l’hypertension. La date de mise en marché de cette spécialité peut être située entre la publication de l’étude de Maurice Leprince en 1907 et sa parution au Formulaire des spécialités pharmaceutiques en 1908. » (Laetitia Métreau, Leprince, le gui : la pharmacie et l’industrie, in Pharmacopolis (revue de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie, 2015/2, p. 41)

 Société québécoise d’histoire de la pharmacie

http://www.sqhp.pha.ulaval.ca

 

La photo du « cercueil » provient de :
http://medicapyxiphiliste.over-blog.com/article-ces-boites-qui-nous-font-dire-qu-on-nous-cache-quelque-chose-71595035.html

L’austérité, oeuvre des « juntes civiles ».

L’austérité, oeuvre des « juntes civiles »

Par André Jacob

EXTRAIT

Dans le numéro du Monde diplomatique de décembre 2011, Serge Halimi intitulait son éditorial tout simplement ‘ »Juntes civiles » pour qualifier les gouvernements de la droite politique et économique qui ont dominé la scène européenne de la dernière décade avec leur stratégie politique appelée « lutte au déficit et austérité » notamment en Grèce, en Italie et en Espagne. Dans un article récent paru dans le Huffington Post Québec, le professeur Bernard Vachon qualifie le gouvernement Couillard de « dictature démocratique ».

Les mots ne sont p;as anodins. Une junte, au sens moderne du terme, réfère à un groupe de militaires ardents défenseurs du libéralisme économique qui prennent le pouvoir par un coup d’État. Par analogie, le gouvernement de Philippe Couillard a pris le pouvoir en ne présentant pas son vrai programme de restructuration (voire de destruction) de l’État, ce que Francine Pelletier du Devoir a qualifié de coup d’État. Pour arriver à ses fins, un « noyau dur » composé de banquiers, fidèles croyant aux dogmes du libéralisme économique (Leitão, Coiteux, D’Aoust), impose un nouveau modèle de société générateur d’inégalités sociales et économiques. Ces représentants d’une minorité de la classe dominante au plan économique mettent leur idéologie en pratique avec le soutien des « orienteurs professionnels de la droite » qui se drapent de l’orthodoxie néolibérale réunis sous diverses bannières comme l’Institut économique de Montréal, la Fédération des Chambres de commerce, le Conseil du patronat, quelques experts du monde économique (universitaires, pensons notamment aux individus derrière le rapport Godbout) et des amuseurs publics des stations de radio démagogiques et populistes.

L’austérité, oeuvre des « juntes civiles », revue À Bâbord, numéro 60 (été 2015), p. 36

NOTES du Passeur de la Côte
Serge Halimi « Membre de l’équipe de rédaction du Monde diplomatique depuis 1992, il occupe depuis mars 2008 le poste de directeur de ce mensuel. Fils de l’avocate Gisèle Halimi, Serge Halimi, docteur en sciences politiques de Berkeley, a été professeur associé à l’université Paris VIII de 1994 à 2000. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Halimi)
« Bernard Vachon a fait carrière comme professeur-chercheur au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal (1969-2000). Il est […] détenteur d’un doctorat de la London School of Economics and Political Science en Angleterre ainsi que de l’Université de Liège en Belgique dans les domaines de l’aménagement et du développement territorial. » (http://quebec.huffingtonpost.ca/bernard-vachon/)
Francine Pelletier « Journaliste depuis plus de 30 ans, Francine Pelletier a travaillé tant en français qu’en anglais, à la presse électronique qu’à la presse écrite. Sa carrière l’a menée de la co-fondation et direction éditoriale d’un magazine féministe (La Vie en rose) à l’écriture d’une chronique hebdomadaire au quotidien La Presse. Elle a également collaboré au journal Le Devoir et The Gazette, aux magazines L’Actualité, Macleans et Châtelaine, ainsi qu’aux émissions Sunday Edition au réseau CTV, The Editors à PBS et Morningside à la radio de CBC. » (http://www.francinepelletierleblog.com)
Leitão, Carlos J., ministre des Finances, gouvernement du Québec
Coiteux, Martin, ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes
Président du Conseil du trésor, gouvernement du Québec
Daoust, Jacques, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, gouvernement du Québec
L’article de Serge Halimi dont parle André Jacob commence ainsi :
« Maniant le chantage à la faillite et la peur du chaos, deux anciens banquiers, MM. Lucas Papadémos [économiste, premier ministre de la Grèce en 2011 et 2012] et Mario Monti [Italien, économiste, président du Conseil des ministres de 2011 à 2013] viennent de prendre le pouvoir à Athènes et à Rome. Ce ne sont pas des techniciens apolitiques, mais des hommes de droite, membres de la Commission trilatérale, connue pour avoir dénoncé l’excès de démocratie des sociétés occidentales. »
On peut lire la suite au http://www.monde-diplomatique.fr/2011/12/HALIMI/47028.

Parution du numéro de l’été 2015 de la revue À Bâbord !

Sommaire du no 60 – Revue À bâbord !

À BÂBORD ! SOMMAIRE DU NO 60 – EN KIOSQUE LE 12 JUIN 2015

Actualité

L’exception UQAM / Des grévistes uqamien·ne·s Les profs à l’école de la grève / Philippe de Grosbois Sortie de crise. Quel rôle pour le mouvement syndical ? / Philippe Crevier, Hubert Forcier et Samuel Trépanier Coule pas chez nous / Entretien avec Anne Céline Guyon par Rémi Leroux Colloque du Front commun 2015 / Léa Fontaine Sur l’enseignement explicite / Normand Baillargeon Les femmes, au présent / Martine Delvaux Marche mondiale des femmes 2015 / Caroline Moreau L’alcool, la concurrence et la SAQ / Philippe Hurteau

Dossier : Sexe

Introduction / Pinote La sexualité : un champ de recherche universitaire / Sara Mathieu-C., Martin Blais, Joanne Otis Biologie, sexe et compétitions sportives / Pinote Clitoris, vagin, plaisir… Une éducation sexuelle pour les jeunes, par les jeunes / Entretien avec Gabrielle Sexe et liberté / Entretien avec Anne Archet Une boutique érotique, vue de l’intérieur… / Mélanie Dion Pourquoi je suis devenue une pornstar / Loree Erickson L’asexualité. Redéfinir l’amour et le sexe / Charlotte Poitras

International

Esquisse du Forum social mondial de Tunis / Amélie Nguyen Quand la Chine d’en bas s’éveille / Pierre Beaudet

Analyse du discours

L’austérité, œuvre des « juntes civiles » / André Jacob Suite Ayotzinapa Mexique / Diane Lamoureux

Culture

La disparition de l’intellectuel : nouvel épisode / Claude Vaillancourt Gurov et Anna. La déception de la chair / Paul Beaucage

Livres pour l’été

BD • CD / Ramon Vitesse

L’austérité « pure et dure », à la baïonnette, est mortifère et contre-productive. »

 

L’austérité « pure et dure », à la baïonnette, est mortifère et contre-productive. »

 

« En proposant d’intégrer aux accords européens une dimension « relance pour la croissance », par la dépense publique à l’échelle continentale, François Hollande exprime une critique justifiée du dogmatisme ambiant chez les gouvernements d’Europe. Une critique que d’éminents économistes – comme l’Américain Paul Krugman – développent avec constance depuis des années : l’austérité « pure et dure », à la baïonnette, est mortifère et contre-productive. »

 

Source : François Brousseau, Entre utopie et réalité, Le Devoir, 23 avril 2012, p. B1