JEAN-BAPTISTE MARTEL (1836-1915) : UN PHARMACIEN DU QUÉBEC ET SON TEMPS.

JEAN-BAPTISTE MARTEL (1836-1915) :

UN PHARMACIEN DU QUÉBEC ET SON TEMPS

Par Roger Martel, citoyen de Lévis,

membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie

Dans les années 1660, les 2 500 habitants français de la Nouvelle-France souffrent d’insécurité militaire et économique en raison notamment de l’hostilité des Iroquois. En 1665, pour mettre fin aux attaques des Amérindiens et, éventuellement, peupler la colonie, le roi de France expédie le régiment de Carignan dans la colonie. En 1668, le régiment est licencié; 325 de ses quelque 1 000 soldats et officiers feront souche au Canada, dont Honoré Martel dit Lamontagne, de la paroisse Saint-Eustache de Paris, né en 1632. En 1668, à Québec, Honoré épouse Marguerite Lamirault, de la paroisse Saint-Germain l’Auxerrois de Paris, une Fille du Roy née en 1645 et arrivée en Nouvelle-France en 1668.1 Honoré Martel est l’ancêtre principal des Martel d’Amérique.

Jean-Baptiste Martel appartient à la lignée d’Honoré Martel. Il naît le 30 avril 1836 à Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette (village qui deviendra la municipalité de Loretteville, puis, en 2002, un quartier de Québec). Son père, Jean Martel (cultivateur, 1808-1880) et sa mère, Marie L’Hérault (1810-1888), s’étaient mariés à Saint-Ambroise-de-la-Jeune Lorette le 2 juin 1835.

Le 14 février 1865, à Saint-Ambroise-de-la-Jeune Lorette, Jean-Baptiste épouse Mathilde Chartré, enfant d’une famille agricole nombreuse de La Misère, appellation pittoresque du rang Saint-Jacques de La-Jeune-Lorette. Le couple aura treize enfants : quatre sont morts en bas âge : Marie-Eugénie, Eugénie, Jean-Baptiste et Marie-Alice, les autres enfant vivants sont présentés dans la photo ci-dessous :

Martel Jean-Baptiste phcien Sa famille

Mathilde Chartré et Jean-Baptiste Martel avec leurs enfants

Rangée arrière : Jean-Baptiste (1851-1951), Ludger-Edgard (1876-1949), Mathilde (1866-1954), Joseph (1874-1946), Georgiana (1873-1958) et Lucien (1886-1918). Première rangée : Alphonse (1884-1959), Mathilde Chartré (décédée en 1927), Jean-Baptiste Martel, Marie-Louise Emma (Soeur Sainte-Mathilde, 1871-1956) et Ulric (1879-1926).

Il faut souligner que Ludger-Edgar deviendra pharmacien, qu’Alphonse sera chimiste et pharmacien aux États-Unis (il exercera brièvement son métier de pharmacien avant d’opter pour la prêtrise). Marie-Louise Emma entrera en religion sous le nom de Sainte-Mathilde et deviendra la provinciale de la Congrégation Notre-Dame de Montréal. Enfin, Ulric sera prêtre. Jean-Baptiste Martel décède à Saint-Romuald-d’Etchemin le 21 décembre 1915.

LA VIE SCIENTIFIQUE AU QUÉBEC

« La médecine scientifique que j’avais pour mission de vous enseigner n’existe pas. »

Claude Bernard, promoteur de la méthode expérimentale, vers 18502

« Le nombre de médicaments efficaces était faible tout au long du XIXe siècle. »

Professeur Patrice Trouiller3

La « découverte des colonies fut dès le début étroitement liée avec les expérimentations scientifiques »4. À l’instar d’autres colonies, la Nouvelle-France connut la science coloniale qui l’aida à recueillir des informations sur son territoire et sur les ressources naturelles de ce dernier, ainsi qu’à découvrir les connaissances médicinales des Amérindiens, grâce auxquelles bien des vies françaises furent sauvées. Par exemple, le Père Charlevoix publie sa Description des plantes principales de l’Amérique du Nord en 1744. Vers 1900, la seconde période de l’histoire des sciences au Québec commença avec, entre autres, la création de plusieurs sociétés savantes. La période actuelle s’ébranla vers 1870 pour le Québec anglophone et à peu près vers 1920 pour le Québec francophone.

À la fin du XIXe siècle, le Canada français vit apparaître ses premiers savants, « dans une large mesure, autodidactes », écrit Cyrias Ouellet, ancien doyen de la Faculté des sciences de l’Université Laval.5 Ouellet nomme :

  • Léon Provancher (1820-1892), qui a publié une Flore canadienne en 1862, fondé la revue Le Naturaliste canadien en 1869 et commencé à publier sa Petite faune entomologique du Canada en 1874;

  • Louis-Ovide Brunet (1826-1876), auteur du manuel Éléments de botanique et de physiologie végétale (1872);

  • Eugène Archambeault (1834-1904), cofondateur en 1873 et principal de l’École polytechnique de Montréal;

  • Joseph-Clovis-Kemner Laflamme (1849-1910), auteur de l’ouvrage Éléments de minéralogie et de géologie, publié en 1881.

Ouellet compare les efforts des pionniers de la vie scientifique au Canada français à une croisade. Dans les années 1920 :

  • L’École supérieure de chimie, future faculté des sciences, à l’Université Laval, est créée;

  • l’Université de Montréal voit le jour, bientôt elle aura sa faculté des sciences; l’Association canadienne-française pour l’Avancement des sciences est fondée, elle jouera un rôle très important dans la formation d’une communauté scientifique francophone au Québec.

Cependant, ni l’amélioration de la formation des médecins et des pharmaciens, ni la création des ancêtres du Collège des médecins et de l’Ordre des pharmaciens, ni les progrès de la science « médicale » et de la science « pharmaceutique », à compter des années 1880, n’éloigneront beaucoup de Québécois des guérisseurs et des remèdes de « bonne femme », et ce, jusqu’assez tard au XXe siècle.6

LA FORMATION PROFESSIONNELLE DE JEAN-BAPTISTE MARTEL

« Dans un lointain passé, vers le XIIIe siècle, la pharmacie se détacha peu à peu de l’épicerie et de la droguerie. Au départ, ce n’était pas une science. C’était un art, l’art de reconnaître, de recueillir, de conserver les drogues simples, de préparer des médicaments. C’était l’art de faire des produits issus de préparations souvent complexes, afin d’obtenir, non une vérité scientifique, mais un résultat pratique dans la défense de la santé. Et cet art reposait sur les connaissances, accumulées au cours d’un long apprentissage, appliquées avec compétence et aussi bien que possible. »

Jean Flahaut7

« Au XIXe siècle, les développements dans le domaine chimique rendent possible des avancées importantes dans la thérapeutique. Pierre Joseph Pelletier et Joseph Caventou, deux pharmaciens, isolent une série d’alcoloïdes. Leurs travaux permettent l’extraction de la strychnine et de la brucine à partir de la noix vomique, de la vératrine à partir de l’ellébore et de la quinine à partir de l’écorce de quinquina. […] Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, on arrive à isoler la cocaïne, la tubocuranine, l’ergotamine, la digitaline, etc. »

Professeur Patrice Trouiller8

Pelletier et Caventou phciens_quinine Frace 2006

Les pharmaciens Pierre Joseph Pelletier et Joseph Caventou, à Paris. (Photo de Roger Martel, 2006)

Quelle formation professionnelle Jean-Baptiste Martel, né en 1836, reçut-il pour qu’on l’autorise à porter le titre de pharmacien ?

Dans les années 1850, nous apprend le professeur Gilles Barbeau, ancien doyen de la Faculté de pharmacie de l’Université Laval, « l’exercice de la pharmacie n’était pas réglementé et l’enseignement de la pharmacie n’était pas organisé au Québec »9. La profession de pharmacien « assurait sa continuité par un système d’apprentissage interne »10 avant que la Loi de pharmacie, adoptée en 1875, ne détermine les études à faire pour obtenir le droit de préparer et de vendre des médicaments et « accorde [au pharmacien] le contrôle […] de l’accès à la pratique »11. Il suffisait en effet de faire un stage de trois ans auprès d’un pharmacien pour devenir pharmacien. M. Barbeau ajoute que « ceux qui le désiraient allaient suivre des cours de matière médicale et de chimie avec les étudiants en médecine. Leur permis de pratique leur était octroyé par le Collège des médecins ». Entre 1850 et 1870, 51 personnes seront autorisées à pratiquer la pharmacie au Québec; Jean-Baptiste sera du nombre.12

Peut-être soucieux de se perfectionner, Jean-Baptiste, à qui on donne le titre de pharmacien-chimiste dans plusieurs documents non officiels, a étudié à l’Université Laval, selon toute vraisemblance. Dans les annuaires de 1862-1863 et de 1863-1864 de l’Université, il est fait mention d’un dénommé Jean Martel, « étudiant en pharmacie ». Rappelons que « C’est à partir du 10 avril 1860 que des apprentis pharmaciens de Québec pouvaient suivre des cours offerts par la Faculté de médecine de l’Université Laval ».13

JEAN-BAPTISTE MARTEL OUVRE SA PREMIÈRE PHARMACIE, À QUÉBEC

« À Québec, les pharmaciens les plus en vue s’établissent

dans la vieille partie de la ville. »

Johanne Collin14

Jean-Baptiste Martel fonde sa première pharmacie à Québec, rue Saint-Jean, à l’extérieur des fortifications, au cours de la première moitié de la décennie 1860-1869; il la tiendra pendant plusieurs années15. Le premier annuaire de Québec qui indique son existence est L’Almanach des adresses de Québec pour 1863-64 (Cherrier)16 : « Martel, J.-Bte., & Co., 41/2 St. John st. Without ». La famille de Jean-Baptiste habitait au-dessus de l’entreprise.

La pharmacie de Jean-Baptiste se trouvait dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, qui avait commencé à se développer au XVIIIe siècle; en 1860, il comptait environ 7 500 habitants; en 1870, il sera un quartier à part entière17. La population de la ville était de 60 000 personnes en 1861 (elle n’aura augmentée que de 8 800 habitants en 1901). Le commerce du bois, la construction navale et l’activité portuaire déclinaient depuis plusieurs années; le capitalisme industriel s’installait (fabrication de chaussures, tannerie de cuir). Le taux de mortalité était à la baisse et le taux de fécondité demeurait très inférieur à celui des campagnes. La ville devenait de plus en plus multiculturelle. Un nombre important d’enfants travaillaient. Environ quatre ménages sur dix n’étaient pas branchés au réseau d’aqueduc. Les services d’hygiène et de santé étaient insuffisants.

À la fin des années 1860, le Québec comptait 131 pharmaciens en exercice, selon le recensement de 1870-1871. Les tableaux ci-dessous présentent les « chemists and druggists » (ancêtres des pharmaciens) qui étaient établis à Québec en 1863-1864 (Tableau 1) et en 1877-1878 (Tableau 2).

Tableau 1 : « Chemists and druggists » de Québec en 1863-186418

Noms

Adresses

John S. Bowen

15, Buade St., U.T.

J.E. Burke

cor. St. Famille and Fabrique Sts, U.T.

Roch Dugal

25, Crown St, St. Roch

Edmond Giroux

47, St Peter St., L.T.

Olivier Giroux, M.D.

57, St Peter St., L.T., and 192 St. Vallier St., St. Roch

James Marsh

Cor. St. John and Palace Sts. U.T.

John W. McLeod,

57, St John st. U.T.;

Ainsworth Sturton

30, St John st. U.T

Signification française des abréviations anglaises : Cor. : Corner/coin ; LT : Lower Town ou Basse-ville ; ST ou Sts : Street/Streets ; Sub : Suburn/faubourg ou quartier ; UT : Upper Town .

Dans sa pharmacie Jean-Baptiste accueillit son frère Joseph (1854-1938) qui y effectua un stage en vue de l’exercice de la profession de pharmacien. En 1874, Joseph ouvrit une pharmacie à Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette. Le Cherrier’s Directory of Quebec and Levis for the year ending May 1, 1878 est le dernier annuaire de Québec dans lequel figure le nom de la pharmacie Martel de la rue Saint-Jean : « Martel, Jean-Bte, chemist and druggist, St. John 164, h d’Youville 19 ».19

D’autres annuaires donnent des informations concernant les activités professionnelles de Jean-Baptiste Martel dans les années 1860. The Quebec Directory for 1866-1867 écrit que le « chemist and druggist » Jean-Bte Martel occupait un local au « Corner St. Nicholas and St. Paul sts. L.T. », en plus de celui de la rue Saint-Jean20. Le Mitchell and Co.’s Canada Classified Directory for 1865-1866 contient une liste de « Chemists and Druggists » dans laquelle figure le nom de « Martel, J. Bte », ainsi qu’une publicité selon laquelle le pharmacien Jean-Baptiste Martel était aussi un commerçant en gros.21 Enfin, le Mitchell and Co.’s Canada Classified Directory for 1865-1866 présente « Martel, J. Bte » comme un pharmacien qui exerçait son métier à « St. Croix, Lotbiniere », et qui avait un concurrent : « Laliberte, L. »22. À la connaissance des Martel, Jean-Baptiste n’a jamais travaillé à Sainte-Croix. Avait-il à cet endroit un intermédiaire qui prenait les commandes ?

Tableau 2 :

Noms

Adresses

Wilfrid E. Brunet

139, St Joseph St;

John Burke

2, St Famille cor Fabrique

Charles G. DeLagrave

33, St John St

Felix E. Gauvreau

312, St John St

Edmond Giroux & Frère

37-39, St. Peter St.

Miss Henriette Giroux

394, St. Vallier St

Louis J. Huot Jouis

233, St. Joseph St

William H. LaRoche

25, Buade St

Alfred Leclerc

22, St. John St

Roderick McLeod

16, Fabrique St

J. Musson & Co.

14, Buade St

Potvin & Carrier

30, St-Peter St

P. François Rinfret

156, St John St

John J. Veldon

120, St Joseph St

Jacques Vernier

119, St John St

JEAN-BAPTISTE TRANSPLANTE SA PHARMACIE ET SA FAMILLE À SAINT-ROMUALD-D’ETCHEMIN

Le village de Saint-Romuald-d’Etchemin, érigé civilement en 1854 et baptisé Saint-Romuald en 1963, est située sur la rive droite du fleuve Saint-Laurent, en face de Québec, à une dizaine de kilomètres en amont de Lévis. À partir du début du XIXsiècle, la vallée du Saint-Laurent connut une longue poussée industrielle et une « révolution  » des transports, les chantiers de bois et de construction navale commencèrent à se multiplier dans la région : l’Angleterre, frappée par le Blocus continental, avait sérieusement besoin de bois et de navires. « Le bois est exploité sous toutes ses formes […]. La construction navale devient le principal facteur d’emploi de Saint-Romuald d’Etchemin pendant tout le XIXe siècle, voire même jusqu’aux années 1930. […] En 1856, on dénombre 1 650 habitants; en 1871, ce chiffre a presque doublé avec 3 000 âmes [notons qu’en 1871, 44 538 personnes vivaient à Québec, 247 176 dans la région de Québec sans la ville, 166 565 sur la « rive-sud de Québec »]23 et en 1911 il atteint 3 993 habitants »24. Puis, entre 1854 et 1879, trois entreprises ferroviaires s’installèrent à Lévis. L’historien pourra dire un jour que l’arrivée du chemin de fer « donne naissance à la première ville de la région, Lévis »25. L’économie était si florissante dans la région, que Québec en pâlissait, écrivit le poète Louis Fréchette26.

Martel J.-B. phcien _Pour le web 2013 - 03

M. Jean-Baptiste Martel et sa pharmacie de Saint-Romuald d’Etchemin

La vigueur de l’économie et les promesses que portait la croissance démographique de la région de Saint-Romuald-d’Etchemin, où l’industrie et le commerce étaient plus importants que l’agriculture, ont peut-être influé sur la décision de Jean-Baptiste d’y transplanter sa pharmacie et sa famille. Une autre raison l’aurait-elle poussé à déménager ? La réponse se trouve peut-être dans un document écrit à partir de notes biographiques rédigées par l’une des filles de Jean-Baptiste : Marie-Louise Emma (Sœur Sainte-Mathilde) : « D’année en année, le foyer des Martel s’enrichissait d’enfants, mais par contre leur résidence devenait exiguë. C’est alors que l’on chercha un endroit où la demeure serait spacieuse et la pharmacie prospère. À Saint-Romuald, non loin du grand fleuve, l’on trouva l’espace et le toit rêvés. En 1878, monsieur Martel y transporta sa petite famille. »27

Dans la région de Saint-Romuald-d’Etchemin, dans la seconde moitié du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe, l’état de l’hygiène collective et de la santé publique ne diffère pas de celui du reste du Québec. Les épidémies, le typhus, la grippe espagnole n’épargnent pas les habitants. « Des maladies comme la scarlatine, la coqueluche, la variole et la rougeole sont souvent hors de contrôle […]. Les mauvaises conditions d’hygiène, particulièrement dans les milieux plus urbanisés, la méconnaissance des règles d’hygiène de base et la méfiance de la population et même des conseils municipaux, face aux mesures prises par les gouvernements favorisent une plus grande propagation de maladies endémiques, comme la typhoïde et la variole ».28

C’est le 25 janvier 1881 que Jean-Baptiste Martel devient le propriétaire d’un « lot ou emplacement situé au premier rang de la dite paroisse de St-Romuald d’Etchemin, Comté de Lévis […] borné au nord ouest à Henry Atkinson au sud est au chemin public nord est, par le dit Henry Atkinson au sud ouest, à Andrew Ritchie ou ses représentants, avec les maisons et hangars et les autres bâtisses dessus construites […] le dit emplacement étant maintenant connu sous le numéro cent quatre vingt douze (192) sur le plan du cadastre et livre de renvoi officiel pour la dite paroisse de St-Romuald d’Etchemin ».29

Le lot 192 est celui sur lequel se trouve encore aujourd’hui la seule construction qui, à notre connaissance, a abrité la pharmacie de Jean-Baptiste Martel à Saint-Romuald-d’Etchemin. La pharmacie et la famille étaient-elles installées ailleurs, à Saint-Romuald-d’Etchemin ou dans les environs, avant l’achat du lot 192 et de ses bâtisses en 1881 ?

 Martel Jean-Baptiste Phcien_Pour le web 2013 - 02

Jean-Baptiste Martel, Joseph Martel, Jeanne Martel

Aujourd’hui, l’ancienne propriété de Jean-Baptiste Martel porte l’adresse 2233-2235, chemin du Fleuve. En 1998, la maison cessa d’appartenir à la famille.

JEAN-BAPTISTE MARTEL, MEMBRE DE L’ASSOCIATION PHARMACEUTIQUE DU QUÉBEC, ANCÊTRE DE L’ORDRE DES PHARMACIENS DU QUÉBEC

Jean-Baptiste Martel a été admis au sein de l’Association pharmaceutique de la Province de Québec le 13 octobre 1863, selon la liste Chemists and Druggists licensed by the College of Physicians and Surgeons, practising at Quebec publiée dans le Cherrier’s Directory of Quebec and Levis for the year ending May 1, 1878 […] corrected to June 1877, page 107. Une vingtaine d’années plus tard, le Grand annuaire de Québec pour 1881 par Ovide Fréchette30 énumère les dirigeants et les examinateurs de l’Association pharmaceutique de la Province de Québec; « Jean-Baptiste Martel (St Romuald or New Liverpool) »31 figure parmi les examinateurs. L’historienne Johanne Collin confirme que Jean-Baptiste a été membre de l’Association pharmaceutique : « Ces nouveaux praticiens [membres de l’Association pharmaceutique] sont majoritairement anglo-saxons, écrit-elle. De fait, aux noms à consonance anglophone comme les Bowles, Bowman, Davidson, Kneeshaw, Glass et Gows, ne répondent, en définitive, que bien peu de praticiens aux patronymes francophones, tels les Brunet, Giroux, Martel ou Picault ».32 En 1881, l’Association pharmaceutique comptait dans ses rangs plusieurs membres qui joueront un rôle important dans l’histoire de la pharmacie au Québec, dont John Kerry (1825-1896), grossiste et fabriquant de produits pharmaceutiques. Combien de membres pouvait compter l’Association pharmaceutique à cette époque ? En 1870, il y avait 51 membres qui exerçaient leur métier à Montréal, 22 à Québec et 31 en province. Jean-Baptiste remplira la fonction d’examinateur pendant plusieurs années, nous permet de conclure la consultation de The Canadian Medical Record (volume 7, 1878) et de Canadian Pharmaceutical Journal (volume 17, 1884).

Jean-Baptiste Martel - membre Association pharmaceutique  Canadian Pharmaceutical Jounal Vol 17 187 - Version 2

Jean-Baptiste Martel, membre de la Pharmaceutical Association.

L’Association pharmaceutique de la province de Québec est issue de la Montreal Chemists Association (fondée en 1867) et ancêtre de l’Ordre des pharmaciens du Québec. Elle avait vu le jour en 1870, à l’époque où le Collège des médecins et chirurgiens était l’organisme chargé de faire passer les examens d’admission à l’étude de la pharmacie et de décerner le titre d’apprenti-pharmacien aux candidats qui réussissaient (la séparation de la médecine et de la pharmacie sera réalisée au XXe siècle). L’acte d’incorporation de l’Association pharmaceutique transforma la pharmacie en une profession reconnue, reconnue, oui, mais pas encore autonome ; à preuve, le Collège des médecins et chirurgiens demeurait seul habilité à décerner la licence de pharmacie. La lutte n’était donc pas terminée pour les pharmaciens. L’adoption de la Loi sur la pharmacie en 1875 leur permit de contrôler davantage leur profession, mais elle ne leur accorda pas la possession exclusive de leur champ d’activité. Les pharmaciens continuèrent donc de livrer bataille.

L’Association pharmaceutique de la province de Québec a été rebaptisée Collège des pharmaciens de la province de Québec en 1944; le Collège deviendra l’Ordre des pharmaciens du Québec en 1974. Mentionnons qu’un parent de Jean-Baptiste, Maurice Martel (né à Québec en 1936), exerça la charge d’administrateur de l’Ordre des pharmaciens de 1974 à 1978.

MALADIES ET MÉDICAMENTS AU TEMPS DE JEAN-BAPTISTE MARTEL

À Québec, au XIXe siècle, en particulier avant 1860 (avant que la science ne comprenne les effets favorables de la propreté), la médiocrité de l’hygiène publique et le manque d’hygiène personnel ont été des facteurs de risque importants, les infrastructures sanitaires étaient pratiquement inexistantes, la densité de population favorisait la transmission des maladies. Les maladies mortelles étaient nombreuses : choléra, diphtérie, dysenterie, fièvre typhoïde, tuberculose, typhus, variole… Au nombre des autres maladies figurent les troubles respiratoires, les troubles rénaux, les parasitoses, les avitaminoses, celles qui sont liées au travail : hernies, dislocations, fractures, engelures… Pendant la période 1864-1873, l’Hôtel-Dieu de Québec a admis 7 473 malades et enregistré un taux de mortalité de 75,6 %; entre 1874 et 1883, le nombre de malades admis s’est élevé à 6 137, le taux de mortalité a atteint 77,2 %.

Quels produits pharmaceutiques trouvait-on au Bas-Canada au temps de Jean-Baptiste Martel ?

On allait à la pharmacie de Jean-Baptiste Martel quand on avait besoin d’une préparation pharmaceutique. On peut imaginer qu’on trouvait sur ses tablettes les produits suivants : baume du Canada, huile d’épinette, racines de salsepareille, de sang-dragon et de savoyane, extraits de ciguë, de jusquiame et d’aconit, tous des remèdes que le Canada avait présentés à l’exposition universelle « des produits agricoles et industriels, ouverte aux productions de toutes les nations » en 1855, à Paris. Le pharmacien pouvait certainement fournir les médicaments que l’autorisait à tenir l’Acte pour amender l’acte d’incorporation de l’Association Pharmaceutique de la Province de Québec, et pour régler la vente des poisons sanctionné le 23 février 1875, c’est-à-dire : l’arsenic et ses préparations; l’acide prussique; le tartre émétique; le cyanure de potassium et tous les cyanures métalliques; l’aconite et ses préparations; l’opium et ses préparations, excepté le parégoric et le sirop de pavot; l’huile essentielle d’amande, à moins qu’elle ne contienne pas d’acide prussique; le sublimé corrosif; les cantharides; la sabine et l’huile qui en provient; l’ergot de seigle et ses préparations; la strychnine et tous les poisons alcaloïdes végétaux et leurs sels. Jean-Baptiste vendait peut-être aussi du sirop de goudron concentré, de l’huile de vaseline, des pommades contre les douleurs rhumatismales, le Remède du Père Bruno, le liniment Minard, le sirop Lambert… Edmond Giroux (1837-1905), pharmacien à Québec, en vendait, Jean-Baptiste, contemporain de Giroux, devait vendre lui aussi de la noix vomique (sans pitié pour le manque d’appétit), le Salol (défavorable à la fièvre) et les pilules de Blaud, censées terrasser l’anémie. Ah oui ! Dans la vitrine de la pharmacie de Jean-Baptiste Martel, on pouvait voir (une photo le prouve) un petit cheval blanc sculpté, qui servait à indiquer que le commerce vendait des remèdes pour les animaux, ainsi qu’une cruche de vin, qui était destinée à faire savoir que le commerce vendait du vin « ferré ».

LE DÉCÈS DE JEAN-BAPTISTE MARTEL ET TRANSFORMATION DE L’ENTREPRISE

Jean-Baptiste décède à Saint-Romuald-d’Etchemin, le 21 décembre 1915. Son entreprise lui survécut, mais elle a été transformée étant donné que l’absence d’un pharmacien l’empêchait, par exemple, de composer des préparations prescrites par les médecins (sirops, toniques, purgatifs, etc.). Mais le nouveau commerce, J.B. Martel Enrg, continuera de vendre des médicaments secrets33, en plus d’attirer des clients avec le fameux chocolat des « Trappistines de Saint-Romuald », des cosmétiques, des livres, des fournitures d’école.

Jean-Baptiste Martel phcien Funerailles - Version 2

Funérailles de Jean-Baptiste Martel

Mathilde Chartré, la veuve de Jean-Baptiste, tint le commerce de 1915 à 1927, année de sa mort. Sa fille Georgiana (1873-1958) la remplaça jusqu’à 1937. Joseph Martel père (1874-1946), enfant lui aussi du pharmacien Jean-Baptiste, acquit le commerce et s’en occupa jusqu’à son décès. À compter de 1946, c’est sa fille Jeanne (1909-1997) qui mena la barque, épaulée par sa sœur Alice (1912-1998). L’entreprise ferma ses portes vers 1975; l’espace qu’elle occupait dans la maison fut transformé en salle de séjour, dont purent jouir Jeanne et ses soeurs Germaine (1904-2000) et Alice jusqu’en 1988, année où les trois célibataires vendirent leur habitation et emménagèrent dans une résidence pour personnes âgées, à Québec.

Après la disparition de Jean-Baptiste, « entre 1930 et 1950 […] s’efface irrémédiablement le rôle des pharmaciens dans la fabrication des médicaments » 34.

SA VIE DURANT, JEAN-BAPTISTE MARTEL SEMBLE S’ÊTRE DISTINGUÉ EN BIEN

Jean-Baptiste Martel s’est signalé auprès de ses concitoyens de différentes façons.

Il a vraisemblablement étudié à l’Université Laval, même si ce n’était pas obligatoire pour devenir pharmacien (il l’était peut-être déjà, d’ailleurs); c’est à son honneur s’il l’a fait principalement parce qu’il « savait combien de connaissances demande la pharmacie embrassée dans toute son étendue ».35

Son appartenance au Conseil des examinateurs de l’Association pharmaceutique de la province de Québec témoigne de l’intérêt qu’il portait au présent et à l’avenir de sa profession, notamment à la formation des pharmaciens. Elle est aussi le signe que ses pairs le respectaient.

Les cérémonies qui entourèrent l’inhumation de Jean-Baptiste Martel convainquent que le pharmacien romualdien jouissait d’une importance sociale certaine. Le compte rendu d’un journal est éloquent à ce sujet. Jean-Baptiste Martel, peut-on lire, « qui jouissait de l’estime et de la confiance d’un public nombreux aussi des paroisses des alentours que de la paroisse même, a vu un nombreux et distingué cortège le reconduire à sa dernière demeure. L’église avait revêtu à cette occasion ses plus beaux ornements de deuil »36. Parmi les personnes venues l’honorer, il y avait  des prêtres catholiques, des professeurs du Collège de Lévis, le supérieur de la communauté des PP. de Ste-Croix, les supérieures de trois couvents, des élèves du Couvent de Saint-Romuald-d’Etchemin et du Collège de Lévis, etc.

Lignées récentes des pharmaciens Martel

Les frères Jean-Baptiste Martel (1836-1915) et Joseph Martel (1854-1938) furent les premiers Martel à embrasser la carrière de pharmacien. Plusieurs de leurs descendants sont aussi devenus pharmaciens.

De Jean-Baptiste Martel sont issus ses fils Ludger-Edgar (1876-1949) et Alphonse (1884-1959); Edgar Martel (1910-1998), fils de Ludger-Edgar.

De Joseph Martel sont issues deux « lignées » de pharmaciens. L’une d’elles comprend Raymond Martel (né en 1927), petit-fils de Joseph; Claude Martel (né en 1953), fils de Raymond. L’autre lignée se compose de : Georges Martel (1911-1987), petit-fils de Joseph; Maurice Martel (né en 1936), fils de Georges; Alexandre Martel (né en 1973), fils de Maurice; Marie-Claude Martel (née en 1969), petite-fille de Georges.

Tous les pharmaciens Martel, sauf Alphonse, ont été ou sont propriétaires ou copropriétaires d’au moins une pharmacie.

Jean-Baptiste Martel est l’ancêtre de plusieurs pharmaciens portant fièrement le nom de Martel. Lors du lancement officiel des Fêtes du 75e anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université Laval un hommage particulier a été rendu à quatre familles de pharmaciens du Québec : les familles Boissinot, Demers, Marquis et Martel.

CONCLUSION

Si Jean-Baptiste Martel revenait sur terre, il s’intéresserait certainement à la biologie moléculaire et à la révolution génétique en cours. Il tendrait avidement les deux oreilles quand on l’instruirait sur l’existence aujourd’hui de centaines de molécules chimiques (il se souviendrait qu’il n’y en avait qu’une douzaine vers 1900). Il serait curieux de découvrir les réformes que sa profession a connues, notamment la refonte de la Loi sur la pharmacie du Québec adoptée en 1973. L’industrialisation et la commercialisation du médicament le surprendraient peut-être, mais la consommation médicamenteuse massive ne l’étonnerait peut-être pas. Que penserait-il de la création au Québec d’un régime d’assurance-maladie universel en 1970, de la mise en oeuvre en 1972, au Québec, d’un programme d’assistance-médicament, du développement de la pharmacie clinique, de la formation des pharmaciens au XXIe siècle, des politiques de santé élaborées par les gouvernements au cours des cent dernières années ? On peut penser qu’il se réjouirait de constater que le pharmacien, toujours le spécialiste du médicament, semble appeler à jouer de plus en plus le rôle d’un soignant (mais l’apothicaire n’arrachait-il pas les dents, ne faisait-il pas des saignées, au XIXe siècle ?)39. Que dirait Jean-Baptiste Martel de l’affaiblissement de l’intervention de l’État dans le domaine social ? Nous citerait-il un poète de son époque, Leconte de Lisle :

Bienheureux qui se lève, et, luttant, irrité,

Pour la justice en peine et pour la charité,

Applique sur le mal l’efficace remède !40

Notes

1. La Société des Filles du roi et soldats du Carignan, Inc. http://www.fillesduroi.org/src/marriages.htm.

2. Cité par Jean-Claude Dousset, Histoire des médicaments des origines à nos jours, Paris, Payot, 1985, p. 214.

3. Patrice Trouiller, Histoire de la Pharmacie, Chap. 2 : La pharmacie à l’âge moderne, Année universitaire 2011/2012, Université Joseph Fourier de Grenoble, http://unf3s.cerimes.fr/media/paces/Grenoble_1112/trouiller_patrice/trouiller_patrice_p02/trouiller_patrice_p02.pdf).

4. Michel Bourdeau, François Chazel, Auguste Comte et l’idée de science de l’homme, L’Harmattan, 2002, p. 243.

5. Cyrias Ouellet, La Vie des sciences au Canada français, Ministère des Affaires culturelles, Québec, 1964, p. 15.

6. Pour s’instruire sur l’histoire des sciences au Québec, on peut lire Luc Chartrand, Raymond Duchesne et Yves Gingras, Histoire des sciences au Québec. De la Nouvelle-France à nos jours, Boréal, 2008, 536 pages.

7. Jean Flahaut, La pharmacie est-elle une science, http://www.academiedentaire.fr/attachments/0000/0019/45_3_Flahaut.pdf.

8. Patrice Trouiller, Histoire de la Pharmacie, Chap. 2 : La pharmacie à l’âge moderne.

9. Communication avec l’auteur.

10. Johanne Collin et Denis Béliveau, Histoire de la pharmacie au Québec, Musée de la pharmacie, Montréal, 1994, p. 157.

11. Id., p. XV.

12. Johanne Collin, Genèse d’une profession : les pharmaciens au Québec au XIXe siècle, Bulletin canadien d’histoire de la médecine / Canadian Bulletin of Medical History, 1997; 14 (2), p. 253.

13 .Université Laval, Faculté de pharmacie, Historique de la Faculté de pharmacie, https://www.pha.ulaval.ca/cms/site/pha/pharmacie/faculte-pharmacie/en-bref/historique.

14. J. Collin, Genèse d’une profession : les pharmaciens au Québec au XIXe siècle, p. 256.

15 . Mgr [Alphonse] Martel revient des États-Unis après des années de réalisation. Article publié dans un quotidien de Québec dans les années 1950 (la coupure gardée par la famille n’est pas datée, le nom du journal n’y apparaît pas).

16. Almanach des adresses de Québec pour 1863-64 […] Rédigé par G. H. Cherrier, Quebec : imprimé pour le propriétaire par John Lovell.

17. Serge Courville et Robert Garon (directeurs de publication), Atlas historique du Québec, Québec ville et capitale, Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 2001, p. 230.

18. The Quebec Directory for 1863-64 Quebec, A.B. Cherrier, Editor, Publisher and Compiler. Printed for the Proprietor by Augustin Côté & Co.

19. Cherrier’s Directory of Quebec and Levis for the year ending May 1, 1878.

20. The Quebec Directory for 1866-67 […] Edited by H.H. Cherrier, Agent for the proprietor. Quebec : printed for the proprietor by John Lovell.

21. Mitchell and Co.’s Canada Classified Directory for 1865-1866.

22. Mitchell and Co.’s Canada Classified Directory for 1865-1866.

23. Serge Courville, Jean-Claude Robert et Normand Séguin, Atlas historique du Québec, Le pays laurentien au XIXe siècle, Les morphologies de base, Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 1995, p. 79.

24. Guide toponymique et odonymique de Saint-Romuald présenté par La Société historique de Saint-Romuald, p. 59-60.

25. Roch Samson (directeur de publication), Histoire de Lévis-Lotbinière, Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval et Institut québécois de recherche sur la culture, 1996, p. 271.

26. « Hier, ce fut en vain que l’on t’aurait cherchée… / Hier tu sommeillais, immobile et penchée / Sur les abîmes de l’oubli. / Puis, l’oeil triomphateur, la tête couronnée, / Tu surgis… et, sondant ta haute destinée, / Québec ta rivale a pâli. (Louis Fréchette, Pêle-mêle: fantaisies et souvenirs poétiques, 1877)

27. Imprimé de la Congrégation Notre-Dame de Montréal, écrit « À la mémoire de notre chère Soeur Sainte-Mathilde (ex-assistante générale), Marie-Louise Martel [fille de Jean-Baptiste Martel], décédée le 25 avril 1956 ».

28. Roch Samson (directeur de publication), Histoire de Lévis-Lotbinière, p. 472.

29. Acte notarié : « 25 janvier 1881 : VENTE Ignace Fontaine à J. Bte Martel ».

30. Grand annuaire de Québec pour 1881 par Ovide Fréchette (imprimé reproduit par la Société historique de Québec en 1980).

31. Aujourd’hui, New Liverpool est un secteur résidentiel de l’ancienne ville de Saint-Romuald.

32. J. Collin, Genèse d’une profession : les pharmaciens au Québec au XIXe siècle.

33. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, une nouvelle industrie vit le jour, celle des médicaments secrets, qui concurrençaient les préparations des pharmaciens. On pouvait les acheter sans ordonnance dans les pharmacies, mais aussi chez les marchands généraux et dans les épiceries (même s’ils n’étaient pas inoffensifs). Ils étaient « omniprésents à travers la publicité dans les journaux à partir des années 1870. En 1899, certains experts avanceront d’ailleurs que leur nombre s’élève à plusieurs milliers sur le marché québécois. » (Johanne Collin, « Entre discours et pratiques, les médecins montréalais face à la thérapeutique, 1869-1890 », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 53, n° 1, été 1999)

34. J. Collin citée par Nancy Marando et Jean-François Bussières, De l’apothicaire au spécialiste, Histoire de la pharmacie hospitalière au Québec, Montréal, l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES), 2011.

35. Bernard de Fontenelle, Geoffroy, in Oeuvres de Fontenelle, tome premier, première partie, Paris, Chez A. Belin, Imprimeur-libraire, 1818, ouvrage offert au http://books.google.ca/books

36. Coupure sans date et sans indication du nom de la publication.

37. J. Collin et D. Béliveau parlent de l’initiative prise en 1916 par Ludger-Edgar Martel, qu’appuiera le Conseil de l’Association pharmaceutique, pour obtenir que le cours de pharmacie pratique imposé aux étudiants en pharmacie par un amendement à la Loi de pharmacie en 1916 soit donné à Québec en plus de l’être à Montréal. Voir J. Collin et D. Béliveau Histoire de la pharmacie au Québec, p. 186-189. – Au sujet d’Alphonse Martel, chimiste, trois extraits du livre History of St. Anthony Parish, Eunice, Louisiana, 1902-1983, écrit par Donald J. Hebert : « He [Alphonse Martel] left a lucrative position with a Philadelphia drugstore when he went to do his priestly habilients or dress. » (p. 210); « He [Alphonse Martel] assumed a position with the U.S. Government at Muscle Shoals [Alabama], working as a chemist [from 1918 until 1920]. » p. 205 et 207); « During the World War I, chemical facilities were built at Muscle Shoals, Alabama. […] The nation feared that if our shipments of natural nitrates from Chile were ever shut off, the U. S. would have no others source for use in the manufacture of munitions in case of war. In 1916, President Woodrow Wilson selected a site for nitrate production at Sheffield, near Muscle Shoals, Alabama. A work force that averaged 12,000 workers was assembled. The construction consisted of 1,700 temporary buildings, 236 permanent buildings » (p. 206).

38. Mgr Martel revient des États-Unis après des années de réalisation (article paru dans un quotidien de Québec dans les années 1950).

39. Voir Jacques Bernier, La médecine au Québec, naissance et évolution d’une profession, Sainte-Foy, Presses de l’Université Laval, 1989.

40. Charles Marie René Leconte de Lisle, Les Paraboles de dom Guy, Poèmes barbares, 1862, offert au http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Paraboles_de_dom_Guy

JEAN-BAPTISTE MARTEL (1836-1915)  : UN PHARMACIEN DU QUÉBEC ET SON TEMPS a été publié dans Pharmacopolis, revue de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie, 2015/2, pages 22-33.

Martel phciens_En bref fevr 1999 vol 4 no 1

En bref (publication de l’Université Laval), février 1999, volume 4 numéro 1.

Le 21 janvier 1999, la faculté de pharmacie de l’Université Laval a rendu hommage à quatre familles québécoises de pharmaciens, dont les Martel, qui comptent des pharmaciens dans leurs rangs depuis les années 1860.

01 Pharmaciens Martel Hommage 1999 U Laval - Version 2

Photo prise le 21 janvier 1999, au domaine Cataraqui (à Québec), lors du lancement des fêtes du 75e anniversaire de la faculté de pharmacie de l’Université Laval. 

De gauche à droite : Raymond Martel (né en 1927), pharmacien, petit-fils du pharmacien Joseph Martel et père du pharmacien Claude Martel; Claude Martel (né en 1953), pharmacien, fils du pharmacien Raymond Martel; Maurice Martel (né en 1936), pharmacien, fils du pharmacien Georges Martel (1911-1983) et père du pharmacien Alexandre Martel; Alexandre Martel (né en 1973), pharmacien, fils du pharmacien Maurice Martel. Raymond, Claude et Maurice onr pris leur retraite. Deux Martel pharmaciens exercent leur métier en 2015 : Marie-Claude (née en 1969) et Alexandre (né en 1973), tous deux petits-enfants de Georges.

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