Où il est demandé à la présidente du Mouvement Desjardins de fermer ses caisses scolaires.

Lévis, le 15 juillet 2015

Madame Monique F. Leroux, présidente du conseil d’administration et chef de la direction de la Caisse centrale Desjardins

Siège social, 2, complexe Desjardins, bureau 1717

Case postale 790, succursale Desjardins

Montréal, H5B 1B9

Madame,

Vous allez bientôt quitter le Mouvement Desjardins. Puis-je vous suggérer de faire, avant votre départ, une action qui, à mon avis, s’impose ?

En 2013, j’ai écrit à la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec pour lui demander de bien vouloir me dire ce que font le Mouvement Desjardins et ses caisses scolaires dans les écoles fréquentées par des enfants de 4 à 12 ans. Voici l’intégralité de mon courriel :

Madame la ministre,

Que font le Mouvement Desjardins et ses caisses scolaires dans les écoles fréquentées par des enfants de 4 à 12 ans ? Apprendre aux enfants à épargner ? Dans un document distribué à des écoliers en 2012, Desjardins dit : « Grâce à ce mode d’épargne [la caisse scolaire], les jeunes de niveau primaire s’habituent à épargner et apprennent des notions d’économie et de coopération »; dans le web, Desjardins admet que l’un des objectifs pédagogiques de ses caisses scolaires est de faire « connaître et comprendre » la « notion de coopération ». Le Mouvement Desjardins est fidèle à son fondateur : en 2013, il lorgne « la relève des futurs épargnants que préparera la caisse scolaire », comme le faisait consciemment Alphonse Desjardins il y a un siècle : « À partir du constat que la caisse scolaire peut s’avérer une œuvre auxiliaire des plus utiles pour la caisse populaire, écrit en 2012 un historien à l’emploi de Desjardins, [Alphonse] Desjardins fait sien cet écrit de l’économiste français Léon Say : « La caisse agit sur les adultes, mais son action devra être lente à raison même de la force de résistance des habitudes prises; tandis que de son côté l’épargne scolaire, elle, s’empare de l’enfance et la façonne dès le berceau à cette vertu sociale de l’économie. […] Par cette nouvelle activité, on préparera de nombreuses recrues qui viendront grossir plus tard les rangs des sociétaires des Caisses populaires » (Guy Bélanger, Alphonse Desjardins 1854-1920, Septentrion, p. 380). Il est intolérable que l’État du Québec et les commissions scolaires laissent entrer le Mouvement Desjardins dans les écoles pour « grossir plus tard les rangs des sociétaires des Caisses populaires ». Pourriez-vous me dire, Madame la ministre, pourquoi le ministère de l’Éducation accepte la présence indue du Mouvement Desjardins dans les écoles?

Je vous prie, Madame la ministre, d’agréer l’assurance de ma considération distinguée.

(La ministre était Madame Marie Malavoy, députée du Parti québécois. Madame Malavoy, chose digne de remarque, ne m’a jamais répondu.)

Vous avez compris, Madame Leroux, que je vous demande par la présente de retirer votre entreprise des écoles du Québec, et ce, avant la prochaine rentrée. Si vous avez des enfants, vous n’auriez certainement pas voulu qu’ils subissent l’influence de l’épargne scolaire qui « s’empare de l’enfance et la façonne dès le berceau à cette vertu sociale de l’économie [la coopération] », ou qu’on lui expose les vertus du capitalisme ou du socialisme dès la maternelle.

Je vous prie, Madame, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Desjardins, caisse scolaire et cooperateurs Journal de Levis 2013-11-20

Journal de Lévis, 20 novembre 2013

Desjardins-La caisse et les petits enfants - 2