Une interprète très exceptionnelle, un duo inoubliable, à voir au Carrefour mondial de l’accordéon de Montmagny (3 – 7 sept. 2015)

Carrefour mondial de l’accordéon de Montmagny, au Québec

(3 – 7 sept. 2015), http://www.accordeonmontmagny.com

David Venitucci, accordéoniste (son site web : http://www.davidvenitucci.fr)

Annick Cisaruk, comédienne et chanteuse (son site web : http://annickcisaruk.wix.com/annick-cisaruk)

Montmagny Carrefour accordeon Venitucci et Cisaruk

David Venitucci et Annick Cisaruk sur scène au Carrefour mondial de l’accordéon,

le 3 septembre 2015. (Photo de Roger Martel)

Annick Cisaruk, la plus-value de Ferré

Ajouté par Michel Kemper le 25 février 2015. – Sauvé dans En scène

Source : Source : http://www.nosenchanteurs.eu/wp-content/uploads/2015/02/annick-c.jpg

Reprises toujours… Mais pas d’effet de mode en ce cas : Annick Cisaruk est interprète. Elle le fut de Barbara, elle l’est de Ferré. La voix Ferré la mène parfois loin, elle et son accordéoniste et complice David Venitucci : dans l’espace francophone, mais aussi sur les routes du Nicaragua et du Costa-Rica, au Guatemala comme au Salvador.

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Ce soir, elle est presque au Bataclan, à deux pas : en sous-sol du bar d’à côté, Le Mélange des genres. C’est pas grand, mais y’a d’la place, bien soixante spectateurs. Des parisiens comme des gens de province, de belles personnes de la chanson aussi.

Rudimentaire, pas de savants éclairages, de noirs, de rond de lumière ni de rideau qui s’ouvre et se ferme sur l’artiste. Rien que David et son soufflet à touches, juché sur un haut tabouret, et elle, micro en main, à quelques centimètres de vous, à mêler son regard au vôtre, à chanter tant avec ses yeux qu’avec sa voix, à croire qu’elle ne chante que pour vous. Que pour moi.

Eux et un répertoire de premier choix, une sélection sur l’amour selon Ferré, celui qui vient, celui qui va, qui s’en va. Ça t’va ? Ça nous convient.

Bien sûr, la féminité de Cisaruk crève l’écran noir de nos nuits blanches, bien sûr. Mais ça va bien plus loin. Annick Cisaruk s’approprie les mots, pas la posture. Pas d’imposture donc : elle est elle, fait miel d’un matériau d’exception, qu’elle traduit, qu’elle travaille, qu’elle digère et régurgite. « Sur la scène y’a des mots qui ne demandent qu’à se placer / Sur la scène y’a des airs qu’ont l’air de n’en pas avoir… » Pas un seul moment Ferré ne s’impose à nous, si ce n’est, parfois, en lointaine filigrane. Tant qu’on pourrait croire que ces vers n’ont été écrits que pour elle, que par elle. Y’a pas grand’messe, pas pèlerinage : on ne s’en vient pas voir et entendre Ferré mais bien Cisaruk faire vivre le répertoire de Ferré et de quelques de ses poètes (Verlaine, Apollinaire…), lui faire prendre l’air. Oserais-je dire le dépoussiérer sans m’attirer les foudres des gardiens du temple, des autoproclamés es-Ferré ?

David Venitucci, accordéoniste

Extrait de Jazz notes (publié au http://www.davidvenitucci.fr) :

À propos de l’album Cascade, octobre 2003

«L’artiste est accordéoniste et compositeur, il s’engage dans un exercice de haut vol, seul avec son instrument, utilisant la technique des basses chromatiques (les deux claviers sont également libres sans accords pré-composés à la main gauche); à la recherche de nouvelles pistes musicales. On est saisi par son utilisation qui fait l’effet d’un orchestre. Jolies mélodies dans un registre à la fois musique actuelle, improvisations, chansons, valses, jazz et pour finir Avec le Temps de Ferré. Un certain tour de force que devraient apprécier les amateurs de musique, car nous avons à faire désormais à un garçon qui donne une fois de plus ses lettres de noblesse à l’instrument.»

Cisaruk et Venitucci photo de René Pichot

David Venitucci et Annick Cisaruk (Photo de René Pichot)