Électrices, électeurs, les députés ou aspirants députés en faveur des baisses d’impôts ne vous disent pas que « leurs » baisses vous forceront à sortir plus d’argent de vos poches (vous en reste-t-il ? en aurez-vous assez ?). Ne croyez pas les Steven Blaney (ancien député de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis).

Extraits d’un éditorial de Brigitte Breton du quotidien Le Soleil de Québec *

Des baisses d’impôt, mais à quel prix et pour qui? Plusieurs parents d’enfants d’âge scolaire ont dû se poser la question cette semaine en apprenant que les frais de garde lors des journées pédagogiques pourraient doubler en raison des restrictions budgétaires. []

Plusieurs ont compris que ce qu’ils sauveront peut-être en impôts servira à défrayer de nouvelles ou des factures plus élevées. Qui plus est, que l’école publique ou les services publics de santé ne seront pas épargnés. Pour 500 000 employés de l’État, baisse d’impôt rime également avec gel de salaire et régime de retraite modifié. []

Il est important de ne pas perdre de vue ce souci d’équité. «Assurer la redistribution équitable de la richesse collective et un soutien adéquat aux plus démunis» est un des huit objectifs de la commission [présidée par Luc Godbout] []

L’exercice de rééquilibre des finances publiques mené par Québec fait craindre qu’il y aura des perdants et que ceux-ci ne seront pas les mieux nantis. [] Notons aussi que la commission Godbout souhaitait un élagage dans les crédits d’impôt et non un ajout.

Hausse des tarifs des services de garde, d’électricité, de la taxe sur l’essence, des taxes scolaires et des primes d’assurances. [] Une réduction du nombre de professionnels dans les écoles risque de forcer des parents à se tourner vers le privé pour obtenir des services pour leurs enfants en difficulté. Les écoliers dont les parents n’ont pas les moyens financiers écoperont.

Des craintes s’expriment aussi en santé. [] Il [le ministre Gaétan Barrette] compte donc sur les malades pour assumer des dépenses de plus de 50 millions $. []

Des baisses d’impôt, à quel prix et pour qui? Une révision de la fiscalité et une baisse des impôts ne doivent pas signifier un désengagement de l’État au profit des mieux nantis.

* Éditorial publié le 15 août 2015. Source : http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/editoriaux/brigitte-breton/201508/14/01-4892806-le-prix-des-baisses-dimpot.php