Mon bon Charles, viens t’asseoir avec moi, j’ai apporté des papermanes à conversation.

En 1930, Alexandre Vachon, scientifique et prêtre du Québec, a écrit ceci :

« Les gas (jeunes gens) qui partaient de la Côte Joyeuse en buggy ou en sulky, pour aller veiller dans les concessions passaient généralement par le village et entraient chez l’apothicaire pour acheter un quateron de papermane à conversation. »

(Alexandre Vachon, ptre, Chez l’apothicaire, Travail lu à la Séance annuelle de la Société du Parler français, le 4 février 1930; publié dans Le Canada français, Publication de l’Université Laval, vol. XVII, No 6, Québec, mars 1930)

Le mot paparmane (on trouve aussi pappermane, poparmane, peppermint) est utilisé depuis longtemps au Québec.

Dans les années 1980, Gaston Dulong définit peppermint, paparmane : « Menthe à épis, menthe du Canada »1. En 1977, David Rogers donne sa définition : « paparmane (papparmane, peppermint) : pastille de menthe »2. Environ trente ans plus tôt, Louis-Alexandre Bélisle écrit que peppermint est le : « Nom que l’on donne à la liqueur de menthe, en Angleterre et aux États-Unis. Voy. Popormane »3; il ajoute : « Poparmane ou papormane (ang. peppermint) Bonbon à la menthe, pastille de menthe »4. À la fin du dix-neuvième siècle, Sylva Clapin présente son analyse sémantique de papermane : « Papermane, n. f. de l’anglais peppermint. Menthe en général, et, plus particulièrement, pastille de menthe, essence de menthe »5.

Mais papermanes à conversation ? Alexandre Vachon a eu la bonne idée de préciser ce qu’étaient les papermanes à conversation : « pastilles sur lesquelles étaient imprimées des mots ou sentences ».

Mon bon Charles, changeons de sujet de conversation. Hier, à l’école…

Roger Martel (le Passeur de la Côte)

1 Gaston Dulong, Dictionnaire des canadianismes, nouvelle édition revue et augmentée, Sillery, Les Éditions du Septentrion, première édition : 1989, Dépôt légal – 2e trimestre 1999, p. 380

2 David Rogers, Dictionnaire de la langue québécoise rurale, Montréal, VLB Éditeur Inc., © David Rogers, Dépôt légal – 1er trimestre 1977, p. 176

3 Louis-Alexandre Bélisle, Dictionnaire général de la langue française au Camada, Deuxième édition, Québec, Bélisle, Éditeur Inc., Tous droits réservés par Louis-Alexandre Bélisle 1944, 1954 et 1971, p. 918

4 Idem, p. 976

5 Sylva Clapin, Dictionnaire canadien-français, reproduction de l’édition originale de 1894, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1974, p. 236

Mgr Alexandre Vachon (1885-1953) Notice biographique

Né à Saint-Raymond de Portneuf en 1885, du mariage d’Alexandre Vachon et Mary Davidson, Mgr Alexandre Vachon fait ses études au séminaire de Québec, aux Universités Laval et Harvard et au Massachusett’s Institute of Technology. Ordonné prêtre en 1910, Mgr Vachon enseigne la chimie au Séminaire de Québec et à l’Université Laval. Il y occupe plusieurs postes importants, entre autres, ceux de premier directeur de l’école de chimie (1925), recteur de l’Université Laval (1939) et supérieur du Séminaire de Québec (1939). C’est en 1940 que Mgr Vachon est nommé archevêque d’Ottawa. Alexandre Vachon décède au Texas, en 1953 . (http://pistard.banq.qc.ca/unite_chercheurs/description_fonds?p_anqsid=20071002094702266&p_centre=03Q&p_classe=P&p_fonds=542&p_numunide=1563)

Mgr Alexandre Vachon (1885-1953)

Mgr Alexandre Vachon a étudié la chimie au Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Boston. En 1925, il devient le deuxième directeur de l’École de chimie. L’Université Laval le nomme tour à tour doyen de la Faculté des arts, doyen de la nouvelle Faculté des sciences en 1937 et enfin recteur en 1939 [jusqu’en 1940]. Il fut conservateur du musée de géologie de 1917 à 1936. » (http://www.musee-geologie.ulaval.ca/services/grand-public/musee-de-geologie-rene-bureau/historique/liste-des-anciens-responsables/)