Le maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, pris avec la cage de la Corriveau. Mal pris.

Extrait d’un courriel envoyé le 16 octobre 2015 au maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, par Roger Martel

 

Lévis, le 16 octobre 2015

Monsieur Gilles Lehouillier, maire

Ville de Lévis (Québec)

Monsieur,

[…]

Mes critiques et mes questions, j’ai commencé à vous les soumettre il y a une éternité (j’en ai présentées aussi aux autres élus, aussi bien à ceux qui sont membres de Lévis Force 10, le parti dont vous êtes le chef, Monsieur Lehouillier, qu’à l’unique élu indépendant, le seul autre élu).

[…]

Dans son courriel, votre directrice de cabinet écrit ceci :

« la présente est pour vous indiquer que le maire s’exprimera publiquement sur le dossier de la Cage de la Corriveau lorsque les expertises du Centre de conservation du Québec et du Musée de la civilisation seront complétées et rendues publiques, ce qui ne devrait pas tarder ».

Monsieur le maire, vous êtes, c’est malheureux, comme M. Vincent Couture, le président de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL), l’organisme sans but lucratif et sans crédibilité qui a induit la population et les médias en erreur en diffusant une grave affirmation infondée : la SHRL a déclaré plusieurs fois et déclarait encore il y a peu, dans son site web, et le prétend peut-être encore, que la structure métallique que l’un de ses membres, Madame Claudia Mendez Ishii, a dit avoir découverte par hasard dans Internet, est indubitablement la « cage » dans laquelle la criminelle Marie-Josephte Corriveau a été montrée en public il y a plus de 250 ans. Vous êtes comme M. Couture, M. Lehouillier, parce que, comme lui, vous vous accrochez au résultat du travail du comité que les Musées de la civilisation de Québec ont créé, disent-ils, pour essayer de déterminer si l’objet trouvé par Madame Mendez Ishii est indubitablement la « cage » de M.-J. Corriveau**. Comme si ce résultat était votre bouée de sauvetage, comme si ce résultat allait changer quelque chose aux reproches qui sont peut-être les plus graves que j’aie formulés :

1) Je reproche à la Société d’histoire régionale de Lévis, en particulier à trois de ses membres : Madame Claudia Mendez Ishii, M. Claude Genest et M. Vincent Couture, d’avoir répandu l’affirmation infondée mentionnée ci-dessus.

2) Je reproche aux membres du conseil municipal de Lévis, en particulier à vous, Monsieur le maire, d’avoir accepté que la ville de Lévis soit l’un des partenaires de la Société d’histoire régionale de Lévis pour la présentation à Lévis de deux expositions mettant en vedette la structure appelée « cage de la Corriveau », deux expositions pendant lesquelles a été diffusée abondamment l’affirmation infondée. Je reproche aux dirigeants municipaux d’avoir accepté que la ville de Lévis soit le partenaire de la SHRL sans avoir pris la précaution élémentaire, au préalable, de se renseigner suffisamment sur le contenu des expositions [s’ils avaient su qu’une affirmation infondée allait être diffusée pendant les expositions, ils n’auraient pas accepté le rôle de partenaire (on peut l’espérer)]. Une autre hypothèse peut être envisagée : la ville de Lévis avait compris que l’affirmation de la SHRL concernant la « cage » était infondée, et elle aurait accepté quand même d’être l’un des partenaires de la Société d’histoire régionale de Lévis pour la présentation à Lévis des deux expositions.

Qu’est-ce que le résultat du travail du Comité des Musées de la civilisation pourrait changer aux faits, à ce qui s’est passé en 2013, avant l’annonce du résultat du travail du Comité ? L’ANNONCE DU RÉSULTAT DU TRAVAIL DU COMITÉ NE CHANGERA RIEN AU FAIT QUE LA SOCIÉTÉ D’HISTOIRE RÉGIONALE DE LÉVIS (SHRL) A COMMIS LA SOTTISE OU LA FAUTE DE DIRE QUE LA STRUCTURE MÉTALLIQUE TROUVÉE PAR ELLE AUX ÉTATS-UNIS ÉTAIT INDUBITABLEMENT LA « CAGE » AYANT SERVI À EXPOSER M.-J. CORRIVEAU, ET CE, SANS POUVOIR LE PROUVER. L’ANNONCE DU RÉSULTAT DU TRAVAIL DU COMITÉ NE CHANGERA RIEN AU FAIT QUE LES ÉLUS MUNICIPAUX DE LÉVIS ONT ACCEPTÉ, LES YEUX FERMÉS OU NON, QUE LA VILLE AIDE LA SHRL À PRÉSENTER DEUX EXPOSITIONS CONSACRÉES À « SA » STRUCTURE MÉTALLIQUE, QU’ELLE A AFFIRMÉ ÊTRE, LORS DE CES EXPOSITIONS, LA « CAGE » UTILISÉE POUR EXPOSER M.-J. CORRIVEAU. Le résultat du travail du Comité des Musées de la civilisation ne changera rien à ce qui s’est passé, ce qui s’est passé, c’est ceci : la SHRl et les élus municipaux de Lévis, par leur conduite, ont gravement induit la population et les médias en erreur, ils les ont trompés.

Il est inutile, Monsieur Lehouillier, que vous attendiez la publication du résultat du travail du comité des Musées de la civilisation pour parler aux citoyennes et aux citoyens de Lévis du « dossier de la Cage de la Corriveau ». Si vous pensez que les citoyennes et les citoyens concluront, si jamais le comité des Musées déclare authentique la structure trouvée aux États-Unis (il va falloir que ce drôle de comité, au sein duquel on trouve des membres de la SHRL qui savent manquer de rigueur, s’appuie sur du solide), si vous pensez, dis-je, que les citoyennes et les citoyens concluront que la Société d’histoire régionale de Lévis et les élus municipaux ne les ont pas trompés, c’est que vous sous-estimez honteusement leur intelligence. Une affirmation dont l’auteur est incapable de démontrer qu’elle est fondée était et demeurera toujours une affirmation qui était infondée; et si cette affirmation a induit en erreur, a trompé, elle demeurera toujours une affirmation qui a induit en erreur, qui a trompé. Il est inutile, Monsieur Lehouillier, que vous attendiez l’annonce du résultat du travail du comité des Musées de la civilisation pour parler aux citoyennes et aux citoyens de Lévis du « dossier de la Cage de la Corriveau »; prenez la parole sans plus attendre. Vous n’avez pas de bouée de sauvetage.

(Le signataire était Roger Martel, citoyen de Lévis.)