Affaire de la cage de la Corriveau : un danger pour les sociétés d’histoire du Québec.

Lévis, le 17 novembre 2015

Monsieur Michel L’Hébreux, président

Société d’histoire de Saint-Romuald, Lévis

Monsieur,

À Lévis, à Québec et probablement ailleurs, une controverse touche un objet que la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a affirmé et affirme toujours être la structure métallique ayant servi à montrer à la population la dépouille de Marie-Josephte Corriveau, pendue en 1763 après avoir été jugée coupable d’un meurtre. Je rappelle que la SHRL a fait cette affirmation dès qu’elle en a vu l’image de l’objet dans le Web (c’est elle qui l’a dit), qu’elle a fait cette affirmation avant même d’avoir constaté de visu l’existence de l’objet, avant même d’avoir examiné l’objet le moindrement, et sans penser, de toute évidence, à demander à des experts d’essayer de découvrir si l’objet en question était bien celui qui a reçu la dépouille de Madame Corriveau. Avouez que cette façon de faire de la SHRL a de quoi soulever des questions et… une controverse.

Je rappelle un autre fait dont personne ne peut nier la véracité : en octobre 2013, les Musées de la civilisation à Québec, dirigés alors par M. Michel Côté, ont autorisé la SHRL à utiliser l’un de leurs lieux pour présenter l’objet (la « cage de la Corriveau ») et affirmer catégoriquement que cette « cage » était celle dans laquelle la dépouille de Madame Corriveau a été montrée à la population. Avouez que cette façon de faire de la SHRL et des Musées de la civilisation (les Musées allaient plus tard charger un comité, créé par eux, d’expertiser la cage et d’essayer de déterminer si cette dernière était la structure ayant reçu la dépouille de Madame Corriveau) a de quoi soulever des questions et… une controverse.

Le 9 novembre 2015, dans un communiqué, les Musées de la civilisation et la SHRL ont déclaré ceci : « La célèbre cage de la Corriveau intégrera la collection nationale sous la responsabilité des Musées de la civilisation. C’est ce qu’a annoncé ce matin, le directeur général de l’institution muséale, M. Stéphan La Roche, accompagné du président de la Société d’histoire régionale de Lévis, M. Vincent Couture et du maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier. Les résultats de l’expertise, juxtaposés les uns aux autres, ont en effet tous convergé vers son authentification. » Authentifier, lit-on dans le Trésor de la langue française informatisé, c’est « Déclarer, reconnaître l’auteur ou l’origine de quelque chose » (le TLFI donne cet exemple de l’emploi du verbe : « Il a authentifié ce Géricault : il a prouvé que cette toile était due au pinceau du maître »). Pour être encore plus clair, j’ajoute deux choses : a) un dictionnaire Larousse en ligne définit ainsi le mot authenticité : « Caractère de ce qui est authentique, exact : L’authenticité d’une nouvelle »; b) le même dictionnaire donne la définition suivante du mot authentique : « Dont l’exactitude, la vérité ne peut être contestée : Histoire authentique » (http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/authentique/6561?q=authentique#6538). Or : 1) le 14 novembre 2015, à Québec, dans les voûtes de la Maison historique Chevalier où la « cage de la Corriveau » était exposée, un guide des Musées a répondu non quand je lui ai demandé si les Musées avaient la certitude que l’objet présenté par la SHRL est celui dans laquelle la dépouille de Madame Corriveau a été montrée à la population (la Maison historique Chevalier est un élément des Musées de la civilisation); 2) le 11 novembre 2015, dans une salle de spectacle de Lévis, LAnglicane, les Musées de la civilisation et la SHRL ont permis aux quatre personnes suivantes de prendre la parole devant des citoyennes et des citoyens : Madame Claudia Mendez Ishii, ancienne vice-présidente de la SHRL, M. Clément Samson, membre du conseil d’administration de la SHRL, M. Jérôme Morissette, restaurateur d’oeuvres d’art spécialisé en métaux, et Madame Sylvie Toupin, conservatrice à l’emploi des Musées de la civilisation. Cette dernière a affirmé que les Musées n’ont pas la certitude que l’objet présenté par la SHRL est celui dans lequel la dépouille de Madame Corriveau a été montrée à la population (Madame Toupin répondait à l’une de mes questions). Le bafouillage des Musées, leurs propos incohérents ont de quoi soulever des questions et… une controverse.

L’affaire de la « cage de la Corriveau » risque de diminuer la confiance et la considération dont jouissent les sociétés d’histoire animées par des amateurs d’histoire bénévoles, des sociétés d’histoire qui pourraient voir la population refuser que leur administration municipale les subventionne. Des sociétés comme la vôtre. C’est pourquoi j’aimerais que vous demandiez au conseil d’administration de votre Société de prendre une décision concernant la possibilité que la Société d’histoire de Saint-Romuald intervienne dans le débat, prenne position au sujet de la controverse.

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis, membre de la Société d’histoire de Saint-Romuald.

Ce courriel et votre réponse seront publiés au lepasseurdelacote.com.

Ce courriel sera transmis à beaucoup de personnes et organisations.

Que dit la conservatrice Sylvie Toupin dans le Web en novembre 2015?

Parlant de la « cage de la Corriveau », Madame Toupin dit : « y a rien qui prouve que ce ne l’est pas » (rien ne prouve que ce n’est pas la structure ayant reçu la dépouille de Madame Corriveau). Dans le Web, comme à l’Anglicane le 11 novembre 2015, Madame Toupin est incapable de dire que l’objet présenté par la SHRL est la structure utilisée pour montrer à la population la dépouille de Madame Corriveau. (https://www.youtube.com/watch?v=KoBvLt3ESZE vu le 16 nov. 2015)

Qu’a dit la conservatrice Sylvie Toupin à Radio-Canada en novembre 2015?

Elle a dit : « Les expertises qu’on a menées convergent. C’est la juxtaposition et le croisement des informations qui nous permettent d’en arriver à la conclusion que ce serait effectivement le gibet qui aurait servi à exposer Marie-Josephte Corriveau. » (http://ici.radio-canada.ca/regions/quebec/2015/11/09/006-expertise-cage-corriveau-authentification-musee-civilisation.shtml) L’emploi de ce serait au lieu de est ne laisse aucun doute : les résultats des expertises ne permettent pas aux Musées de la civilisation d’être certains que l’objet présenté par la SHRL est celui qui a reçu la dépouille de Madame Corriveau.

Quelles sont les paroles de l’historienne Catherine Ferland rapportées par Radio-Canada le 16 novembre 2015?

Voici ces paroles : « Quand on est capable de retracer le cheminement très précis d’un objet, par exemple par les articles de journaux, par les documents historiques, on se rend compte que dans le cas de la cage de la Corriveau, on est capable de faire ce tracé très facilement. […] Ça nous a permis de dire, oui, d’un point de vue historique, c’est très, très plausible et même presque certain que c’est bien la cage ». (http://ici.radio-canada.ca/regions/quebec/2015/11/09/006-expertise-cage-corriveau-authentification-musee-civilisation.shtml) Plausible, Presque certain, a dit Madame Ferland. Elle n’a pas dit certain.

LE BAFOUILLAGE DES MUSÉES, LEURS PROPOS INCOHÉRENTS

ONT DE QUOI SOULEVER DES QUESTIONS ET… UNE CONTROVERSE.

_________________

Le ce serait de la conservatrice Sylvie Toupin : « C’est la juxtaposition et le croisement des informations qui nous permettent d’en arriver à la conclusion que ce serait effectivement le gibet qui aurait servi à exposer Marie-Josephte Corriveau. »

Corriveau expertises concluantes c Ferland  2

Le ce serait de l’historienne Catherine Ferland : Corriveau expertises concluantes TOUPIN - V 2

Il faudra bien que je parle bientôt des déclarations incohérentes de la Société d’histoire régionale de Lévis.

Roger Martel, le Passeur de la Côte, citoyen de Lévis