Affaire de la « cage de la Corriveau » : une conservatrice du Musée de la civilisation et une historienne contredisent la Société d’histoire régionale de Lévis.

Lévis, le 11 décembre 2015

Monsieur Vincent Couture, président

Société d’histoire régionale de Lévis

Lévis (Québec)

Monsieur le président,

Je vous informe ou rappelle que :

Au moins deux membres du « comité scientifique » formé par les Musées de la civilisation et la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pour s’occuper de l’expertise de la « cage de la corriveau » N’ONT PAS ACQUIS LA CERTITUDE que la structure trouvée par la SHRL est celle qui a reçu la dépouille de Marie-Josephte Corriveau. Les deux, mesdames Sylvie Toupin, conservatrice à l’emploi du Musée de la civilisation, et Catherine Ferland, historienne, utilisent le conditionnel dans leurs déclarations publiées dans un site web de Radio-Canada le 9 novembre 2015; voyez :

Madame Sylvie Toupin, conservatrice :

« Les expertises qu’on a menées convergent. C’est la juxtaposition et le croisement des informations qui nous permettent d’en arriver à la conclusion que ce serait effectivement le gibet qui aurait servi à exposer Marie-Josephte Corriveau. » (http://ici.radio-canada.ca/regions/quebec/2015/11/09/006-expertise-cage-corriveau-authentification-musee-civilisation.shtml)

Madame Toupin n’a pas la certitude que la « cage » examinée est l’objet qui a servi à montrer Marie-Josephte Corriveau à la population. Elle a dit clairement la même chose à Lévis, en novembre dernier, en réponse à une question que je lui avais posée publiquement à L’Anglicane, qui était bondée.

Madame Catherine Ferland, historienne :

 « Quand on est capable de retracer le cheminement très précis d’un objet, par exemple par les articles de journaux, par les documents historiques, on se rend compte que dans le cas de la cage de la Corriveau, on est capable de faire ce tracé très facilement. […] Ça nous a permis de dire, oui, d’un point de vue historique, c’est très, très plausible et même presque certain que c’est bien la cage ». (http://ici.radio-canada.ca/regions/quebec/2015/11/09/006-expertise-cage-corriveau-authentification-musee-civilisation.shtml

Madame Ferland est limpide elle aussi, elle ne dit absolument pas qu’elle a la certitude que la « cage » examinée est l’objet qui a servi à montrer la dépouille de Marie-Josephte Corriveau à la population.

Comment vous êtes vous senti, monsieur Couture, quand vous avez pris connaissance des avis de mesdames Toupin et Ferland? Plutôt mal, je vous comprends. Depuis la fin de 2011, la Société d’histoire régionale de Lévis dit être convaincue qu’elle a trouvé la « cage » qui a servi à exposer la dépouille de Marie-Josephte Corriveau il y a plus de 250 ans. Et vous apprenez à la fin de 2015 qu’une conservatrice du Musée de la civilisation et une historienne qui a publié en 2014 un livre sur madame Corriveau et la « cage de la Corriveau » ne pensent pas du tout comme vous et vos partenaires (Caisse Desjardins de Lévis, ville de Lévis, etc.), elles disent qu’elles n’ont pas la certitude que la « cage » que votre société dit avoir trouvée par hasard dans le Web est la structure dans laquelle la dépouille de madame Corriveau a été exposée.

Il est très intéressant de savoir quand la Société d’histoire régionale de Lévis a acquis la certitude que l’objet découvert par hasard dans le Web était incontestablement la « cage de la Corriveau », et quand mesdames Toupin et Ferland en sont venues à la conclusion qu’on ne pouvait pas être certain que l’objet trouvé par la Société d’histoire régionale de Lévis était la « cage de la Corriveau ».

Votre société d’histoire et ses amateurs d’histoire, monsieur Couture, ont acquis la certitude que l’objet qu’ils avaient trouvé était la « cage de la Corriveau » avant d’avoir vu l’objet en question ailleurs que sur un écran d’ordinateur, avant d’être allé le voir là où il était, avant que l’objet n’ait été examiné le moindrement par des experts. Avec du recul, monsieur Couture, vous devez pouvoir comprendre que les amateurs d’histoire de la Société d’histoire régionale de Lévis ont gravement péché par manque de rigueur intellectuelle; dans les écoles primaires, bien des enfants usent mieux de leur raison. (Pourtant, monsieur Claude Genest a un diplôme universitaire en histoire, monsieur Clément Samson doit être passé par une université puisqu’il est juge, vous, monsieur Couture, vous êtes archiviste, etc.)

Mesdames Sylvie Toupin et Catherine Ferland ont été plus sages, monsieur Couture : leurs avis, reproduits ci-dessus, ont été formulés après la fin du travail du « comité scientifique » chargé de s’occuper de l’expertise de l’objet trouvé par votre société d’histoire, un comité dont elles faisaient partie, vous vous souvenez?

Vous seriez bien aimable de transmettre le présent courriel à tous les membres de votre société d’histoire. N’oubliez surtout pas les membres du conseil d’administration : André Gaumond (vice-président), Pierre-Olivier Maheux (trésorier), Louis Hallé (secrétaire), Claude Genest, Clément Samson, Marie-Camille Richard, Richard Fortier, Xavier Chambolle. Pensez aussi à : Claudia Mendez Ishii, France Desjardins, Gilbert Samson, André Dubois.

Veuillez croire, monsieur le président, à mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis depuis 1978, membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007, membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie, membre de plusieurs sociétés d’histoire, principal artisan de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis, metteur en page bénévole du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis de 1986 à 1998 en qualité de père d’élèves d’abord, puis de parent d’anciens élèves.

CE COURRIEL ET LA RÉPONSE DE SON DESTINATAIRE SERONT PUBLIÉS AU LEPASSEURDELACOTE.COM.