Jack Kerouac et la langue française.

Jack Kerouac a dit:

« Se dur pour mue parle l’Angla parse je toujour parle le Francas Canadian chenou dans ti-Canada. Encore plus dur s’ecrire en Angla ; je se comment mai je peu pa, je veu pas ; jveu mexplique pi conte mon histoire pour tous me chum su ma rue peuve comprende cosse jdi. Sa’s plu important que toul restant. Ben, jeecri sistoir icit en Franca la seul maniere ques-j-se. Sa voite interressant ee pa peur. Loome laute bord va changee sa en Angla pour mue e toul monde von comprende. Je listoire en Franca chenou si quequn veul voir comme j’le ecri. »

(Paroles rapportées par Christian Desmeules, L’autre Kerouac, Le Devoir, 2 avril 2016, http://www.ledevoir.com/culture/livres/467010/l-autre-kerouac,

« J’ai jamais eu une langue à moi-même. Le Français patoi j’usqua-six angts, et après ça l’Anglais des gas du coin. Et après ça — les grosses formes, les grands expressions de poète, philosophe, prophète. Avec toute ça aujourd’hui j’toute mélangé dans ma gum. »

(Paroles rapportées par Odile Tremblay, La langue d’un déraciné magnifique, Le Devoir, 7 avril 2016,

http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/467483/la-langue-d-un-deracine-magnifique)

« Chacun a sa peur dans l’monde épouvantable. Quand qu’on est jeune comme ça la noirceur s’élarge plus vite qu’on grandit. Mais tu vouér toujours une étoile de ton lit chez vous, pis ça sa dur jusse qu’attemps t’est assez fort pi t’a pu besoin d’étoile pour t’ranforcer le coeur. »

(Paroles rapportées par Odile Tremblay, La langue d’un déraciné magnifique, Le Devoir, 7 avril 2016,

http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/467483/la-langue-d-un-deracine-magnifique)

« J’garda ma mere ; comme toujours a l’ava pas peur de rien pis a voya le monde sale avec ses yeux claires. »

(Paroles rapportées par Odile Tremblay, La langue d’un déraciné magnifique, Le Devoir, 7 avril 2016,

http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/467483/la-langue-d-un-deracine-magnifique)

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JACK KEROUAC (1922-1969)

Jack Kerouac, « pape de la Beat Generation », auteur du célèbre roman On the Road, incarne pour plusieurs générations de lecteurs un personnage légendaire de la littérature américaine. Bien qu’elle ait d’abord été publiée en langue anglaise, l’œuvre de l’écrivain s’inspire et se rattache au patrimoine culturel de l’Amérique française. La trajectoire de Kerouac est celle d’un Franco-Américain faisant couramment usage de la langue française pendant toute son enfance dans un « Petit Canada » du Massachusetts. S’il finit par opter pour l’anglais, étant devenu écrivain à New York, il a pourtant clairement envisagé d’écrire en français, comme le révèlent deux manuscrits retrouvés récemment. Sa renommée fut importante dans la francophonie d’Amérique, particulièrement au Québec, où certains ont vu dans sa vie et son œuvre des réminiscences de la condition canadienne-française.

(Christian Harvey, Jack Kerouac, un Canadien errant? http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-622/Jack_Kerouac,_un_Canadien_errant?.html#.VwZkZUuK_6g)