Docteur Frankestein, ministre de la santé du Québec ?

Source : Michel David, Docteur Frankenstein, Le Devoir, 30 avril 2016, p. A3, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/469610/docteur-frankenstein?utm_source=infolettre-2016-04-30&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s’était indigné le mois dernier quand Pierre Karl Péladeau l’avait qualifié de Tartuffe, mais c’est l’image qui vient immédiatement à l’esprit en l’entendant se lamenter sur les montants « très, très élevés » qui sont versés à certains spécialistes particulièrement voraces.

M. Barrette invite la FMSQ à une « réflexion » sur le sujet, alors qu’il est le premier responsable de l’explosion de la rémunération des médecins, qui est maintenant supérieure à ce que touchent leurs confrères en Ontario et en Colombie-Britannique, où le coût de la vie est notoirement plus élevé. Il se demande avec raison si certains de ses ex-confrères ne se concentrent pas sur les pratiques les plus lucratives, mais il trouve aberrant qu’on puisse remettre en question le mode de rémunération à l’acte.

Au même moment, son collègue de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, envisage de recourir au bâillon pour forcer l’adoption du projet de loi 70, qui permettra de diminuer l’allocation mensuelle de 623 $ qui est accordée aux bénéficiaires de l’aide sociale, s’ils manquent aux obligations imposées par le programme Objectif emploi. Cherchez l’erreur !

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Que son ministre de la Santé soit un cowboy mal dégrossi est une chose, mais M. [le premier ministre Philippe] Couillard a le devoir de s’assurer qu’il ne cause pas de dommages irrémédiables. On ne donne pas un chèque en blanc à un homme de cet acabit. Tel le docteur Frankenstein, le premier ministre donne l’impression d’avoir créé un monstre dont il a complètement perdu le contrôle.