De l’Arabie saoudite aux émirats, les monarchies mirages.

De l’Arabie saoudite aux émirats, les monarchies mirages

Source : De lArabie saoudite aux émirats, les monarchies mirages

« Manière de voir » #147, juin – juillet 2016

Zone de tensions, Etats à risque : les monarchies du Golfe représentent un enjeu stratégique mondial en raison de leurs importantes réserves pétrolières et gazières. Tiraillées entre fanatisme identitaire et choc de la modernité, elles redoutent la puissance de l’Iran dans la région et s’alarment des hésitations de la politique américaine.

Les élus ne doivent pas laisser les juges gouverner à leur place.

Source : Sous la tutelle des juges | Point de vue | Points de vue

Publié le 14 mai 2016 à 17h23 | Mis à jour le 14 mai 2016 à 17h23

Sous la tutelle des juges

Le Soleil, Carrefour des lecteurs

J’ai une certaine difficulté à comprendre comment fonctionne actuellement la démocratie au Canada. Il suffit en effet que des juges, des non-élus, donnent leur avis sur quelque projet de loi ou sur une loi en vigueur pour que des représentants élus courbent l’échine comme des écoliers pris en flagrant délit. Si les honorables magistrats qui les réprimandent font partie de la Cour suprême, c’est la panique. On est prêt à tout faire pour apaiser leur courroux, voire à légiférer à la hâte avec le risque de mal faire, comme cela adviendra possiblement dans le cas du projet de loi sur l’euthanasie, qualifiée d’aide médicale à mourir.

C’est sans doute plaisant pour des juges de gouverner à la place de députés timorés. Mais les auteurs de la Charte canadienne des droits et libertés avaient, semble-t-il, anticipé la possibilité d’une telle dérive, d’où l’insertion d’une clause dite de dérogation, laquelle réaffirme la primauté du pouvoir législatif dans l’élaboration des lois tout en respectant celle du pouvoir judiciaire quand il s’agit d’en faire l’interprétation à la lumière de principes constitutionnels fondamentaux. On voulait éviter que le pays ne soit gouverné par des juges, lesquels, tout honorables qu’ils soient, demeurent des non-élus.

Au fait, s’il existe chez des juges la tentation d’exercer une tutelle, c’est que prédomine trop souvent chez des représentants élus la peur d’assumer pleinement, dans des situations délicates, la charge de législateur. La tentation de la tutelle de la part des uns répond au vide juridique provoqué par l’inertie ou la pusillanimité des autres.

Louis O’Neill, Québec

Plainte contre le gouvernement et le premier ministre du Québec soumise au protecteur du citoyen.

Lévis, le 24 mai 2016

Madame Raymonde Saint-Germain, Protectrice du citoyen

protecteur@protecteurducitoyen.qc.ca

Madame la Protectrice du citoyen,

Les Québécois vivent dans un État de droit; c’est du moins ce que leur affirment assez souvent des politiciens. Mais qu’est-ce qu’un État de droit? Des gens de l’Université de Sherbrooke disent que c’est un État où « les pouvoirs publics doivent exercer leurs fonctions selon les balises définies par un ensemble de normes juridiques »; ils disent qu’un État de droit « [prémunit] les citoyens contre les formes arbitraires du pouvoir (exécutif) »; ils disent que l’État de droit peut « être résumé par la formule : « Nul n’est au-dessus de la loi »; ils disent que « les lois doivent 1) être connues (publiques), 2) personne ne peut y échapper, 3) elles doivent s’appliquer réellement »; ils disent que « la transgression de la loi doit entraîner des sanctions ».

Les citoyennes et les citoyens d’un pays peuvent-ils se sentir en sécurité chez eux quand les pouvoirs publics transgressent les normes juridiques, n’appliquent pas les lois, qu’ils les violent même; les citoyens d’un pays peuvent-ils se sentir en sécurité chez eux quand leur gouvernement agit comme s’il était au-dessus de la loi? N’ont-ils pas raison de craindre qu’un État qui ne respecte pas ses lois pourrait agir d’une manière arbitraire à leur encontre?

Comment les Québécoises et les Québécois pourraient-ils se sentir en sécurité, AUJOURD’HUI, quand on leur dit que leur gouvernement bafoue sa propre loi, enfreint sa loi, viole sa propre loi? Voyez, Madame la Protectrice :

 

PROCESSUS DE PLAINTES DANS LES HÔPITAUX

Québec bafoue sa propre loi

Le ministère de la Santé songe à modifier la loi, plutôt que de revoir une pratique qualifiée d’illégale par le Protecteur du citoyen

Source : Le Devoir, 25 février 2016, http://www.ledevoir.com/societe/sante/463901/processus-de-plaintes-dans-les-hopitaux-quebec-bafoue-sa-propre-loi

Québec enfreint sa loi pour Énergie Est

Le projet de pipeline aurait dû être soumis à une évaluation complète du BAPE

Le Devoir, 12 février 2016

Source : http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/462849/quebec-enfreint-sa-loi-pour-energie-est

Les régions durement frappées par l’austérité –

Le gouvernement viole sa propre loi

« Le gouvernement Couillard viole sa propre Loi sur l’occupation dynamique du territoire avec ses mesures d’austérité qui coûtent plus cher aux régions du Québec.

(Source : Québec, le 4 juin 2015 /CNW Telbec, http://www.fil-information.gouv.qc.ca/Pages/Article.aspx?idArticle=230604155)

 

Avez-vous le pouvoir, Madame la Protectrice du citoyen, de protéger les Québécoises et les Québécois contre leur gouvernement et contre leur premier ministre?

Mais d’abord, il vous faudrait vous assurer que les journalistes et les médias disent la vérité. Parce qu’il leur arrive de se tromper et de commettre des fautes, et même de demander à l’État de les subventionner. Mais avez-vous les moyens requis pour chercher la vérité? Au fait, est-il nécessaire que vous tentiez d’acquérir la certitude que les journalistes et les médias ont dit la vérité? Ne l’avons-nous pas déjà, cette certitude? Nous l’avons, Madame la Protectrice! Le journal Le Devoir a écrit Québec bafoue sa propre loi, et personne au gouvernement du Québec ne l’a contredit; Le Devoir a aussi écrit Québec enfreint sa loi pour Énergie Est, et personne au gouvernement du Québec n’a exigé qu’il se dédise; CNW Telbec titre sur je ne sais pas combien de colonnes Les régions durement frappées par l’austérité – Le gouvernement viole sa propre loi, et personne au gouvernement du Québec ne l’a sommé de se rétracter. N’est-ce pas la preuve que les journaux ont dit la vérité? Mais je comprendrais, Madame la protectrice du citoyen, que vous meniez une enquête.

Mais je me demande si vous avez le pouvoir, Madame, de protéger les Québécoises et les Québécois contre leur gouvernement et contre leur premier ministre. J’espère que vous l’avez et que vous possédez aussi celui de punir le coupable : les experts de l’Université de Sherbrooke disent que « la transgression de la loi doit entraîner des sanctions ». Si le législateur ne vous a pas donné (vraiment) le pouvoir de protéger les Québécoises et les Québécois contre les ministres de leur gouvernement et contre leur premier ministre, allez-vous songer, Madame, à utiliser celui dont vous jouissez certainement : lui faire savoir, au législateur, qu’il ne serait pas honteux, au contraire, de remettre son ouvrage sur le métier?

Auriez-vous la bonté de me dire, Madame, dans combien de jours vous devrez me répondre pour respecter votre Déclaration de services aux citoyens? Je sais que vous ne respectez pas toujours votre Déclaration de services aux citoyens.

Veuillez agréer, Madame la protectrice du citoyen, l’expression de mes sentiments distingués.

Roger Martel, citoyen de Lévis

La Ligue des droits et libertés s’oppose au projet de loi 59 concernant la prévention et la lutte contre le discours haineux et incitant à la violence.

Source :

http://liguedesdroits.ca/wp-content/fichiers/lettre_ouverte_projet_59_ldl_2015-09-221.pdf

Mal protéger pour mieux contrôler la parole publique :

La Ligue des droits et libertés s’oppose au projet de loi 59 concernant la prévention et la lutte contre le discours haineux et incitant à la violence.

Christian Nadeau, président de la Ligue des droits et libertés

Le 22 septembre 2015

Dans son projet de loi 59 sur la radicalisation, le gouvernement libéral veut interdire le discours haineux et le discours incitant à la violence. Les plaintes à cet égard seraient confiées à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). Il s’agit selon les instigateurs du projet de loi d’établir des mesures de prévention et de lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la violence afin d’assurer des balises juridiques pour le vivre ensemble. Le texte prévoit aussi d’octroyer un pouvoir d’enquête au ministre de l’Éducation « à l’égard de tout comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou morale des élèves et des étudiants ».

La Ligue des droits et libertés s’oppose au projet de loi 59. Selon nous, ce projet de loi annonce des restrictions importantes à la liberté d’expression alors que le gouvernement ne nous en a pas démontré la nécessité pas plus que les avantages pour notre vie en commun. Vouloir restreindre la liberté d’expression signifie limiter la possibilité de manifester ses opinions, croyances et idées. Or, si impopulaires ou déplaisantes puissent paraitre certaines de celles-ci, une société démocratique digne de ce nom doit les permettre et ne devrait pas empêcher leur expression publique. Nous croyons également que le système de dénonciation que met de l’avant ce projet de loi aura pour effet d’inciter à la déaltion et nous fera entrer dans une ère du soupçon où la méfiance des uns à l’égard des autres sera la règle et non l’exception.

Rappelons que l’article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne, relié au discours haineux, avec l’adoption de la loi C-304, a été abrogé en juin 2013. En ce sens, le projet de loi 59 irait directement à l’encontre des motivations qui ont présidé à cette abrogation. Le projet de loi 59, s’il était accepté, modifierait de larges pans des législations existantes : le Code civil du Québec, la Charte des droits et libertés, le Code de procédure civile, et la Loi sur les collègues d’enseignement général et professionnel, en plus de la Loi sur l’instruction publique et la Loi sur la protection de la jeunesse. Il ne s’agit donc absolument pas d’une modification cosmétique aux normes juridiques existantes.

S’il est évident qu’un acte violent ne peut être permis sous prétexte de liberté d’expression, un discours violent peut l’être à la condition qu’il n’exhorte pas au crime. Reste à évaluer, et voilà l’objet réel du projet de loi 59, les cas de discours violent haineux, qui incitent à la haine envers les membres d’un « groupe identifiable », lequel est caractérisé par des critères raciaux, religieux, de genre ou d’orientation sexuelle. Il est crucial de bien examiner le sens à donner à des notions comme celles de «discours incitant à la violence » ou «discours haineux » . Qu’est-ce qu’ «inciter à la violence » ? Un discours violent sera-t-il jugé selon sa capacité d’influencer les actes de certaines personnes ? Si tel est le cas, alors il sera extrêmement difficile de démontrer de quelle manière cette influence a été subie.

Imposer de nouvelles normes juridiques ne signifie pas pour autant que nous comprenons bien le sens du mal dont on veut nous protéger. Au contraire, un nouveau projet de loi pourrait au final accroitre plutôt que réduire la confusion générale qui prévaut en ce moment sur des sujets aussi complexes. Pourtant, les auteurs du projet de loi 59 veulent non seulement sanctionner le discours haineux, mais aussi le discours incitant à la violence. Or, le Code criminel interdit déjà « l’incitation publique à la haine contre un groupe identifiable lors que cette incitation est susceptible d’entraîner une violation de la paix ». Le projet de loi 59 instaure une procédure de dénonciation et entend pénaliser toute entrave à son fonctionnement. Elle attribue un pouvoir d’enquête à la Commission qui aurait aussi la responsabilité d’exiger qu’un discours haineux cesse. En outre, elle confie au Tribunal des droits de la personne de nouvelles responsabilités, comme celle de fixer le montant des amendes applicables en cas d’infraction des nouvelles dispositions de la loi. Ces amendes apparaissent si élevées qu’elles semblent davantage correspondre à la punition qu’à la prévention. En revanche, il apparaît évident qu’elles auront pour effet pervers de décourager l’expression des opinions. Pire encore, cette criminalisation de la liberté d’expression semble ne pas suffire puisque le projet de loi permettrait également la constitution d’une liste de personnes reconnues coupables d’infraction, laquelle serait administrée par la Commission et accessible sur Internet, et ce pour une durée « déterminée », sans qu’on puisse savoir exactement ce que cela signifie.

En outre, dans le contexte de l’exercice du pouvoir d’enquête du ministre de l’Éducation sur tout comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou morale des étudiants, à l’école ou au cegep, le projet de loi prive de la présomption d’innocence les personnes dont le nom apparaitra sur cette liste, puisqu’il est établi que ces personnes sont réputées avoir un tel comportement.

Comme société, il est tout à fait légitime de vouloir protéger l’ensemble des individus et garantir une égale dignité à chaque personne. Une telle préoccupation ne relève pas d’un caprice : elle est essentielle à l’équilibre social. En revanche, il serait non seulement inutile, mais contraire à l’esprit même de cette notion d’égale dignité de vouloir interdire des opinions qui la remettent en cause. Si nous sommes vraiment en faveur d’une société libre et démocratique, si nous nous opposons vraiment à la haine, au racisme et au sexisme, nous devons faire confiance au dialogue social, tel qu’il est encadré par les lois actuelles qui ont déjà montré leur pertinence et leur utilité. Et peut-être, pour compléter le régime de protection actuel, devrions-nous examiner la portée positive que pourrait avoir l’une des recommandations faites par la CDPDJ, à l’occasion du bilan des 25 ans de la Charte québécoise, qui proposait que la Charte interdise l’incitation publique à la discrimination.

Les religions, outils de paix ou de guerre ?

I

Mathieu Ricard, docteur et ancien chercheur en génétique cellulaire, adepte du bouddhisme :

« Les religions […] doivent faire des efforts particuliers en faveur de la paix. Historiquement, elles n’ont guère été les instruments de paix que leurs idéaux prônent pourtant. Elles sont devenues des ferments de division et non d’union. »

(Mathieu Ricard, Plaidoyer pour l’altruisme. La force de la bienveillance, Paris, NIL éditions, © 2013, page 517) (Docteur et ancien chercheur en génétique cellulaire, Mathieu Ricard est devenu un adepte du bouddhisme.)

II

Jean-Claude Breton, doyen de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal :

Toutes les religions, à ma connaissance, se disent en faveur de la paix. Mais cela n’empêchent pas, dans les faits, les guerres et les conflits de se multiplier au nom même des appartenances religieuses. Il semble donc y avoir une contradiction entre ce que les religions veulent faire en principe et ce qu’elles réalisent dans les faits. Comment cela se fait-il? Est-ce parce que les religions sont hypocrites, menteuses ou tout simplement pas très préoccupées par la question de la paix? Est-ce qu’elles ne parviennent pas à contrôler leurs membres ou est-ce qu’elles s’en servent à des fins cachées et inavouables? Ou est-ce parce que les religions ne s’entendent pas sur le sens du mot paix.

[…]

C’est bien beau de dire que la paix veut favoriser la bonne entente, l’harmonie et le progrès, ou que je crois que la bonne entente, l’harmonie et le progrès sont des facteurs de paix. Encore faut-il s’entendre sur quelques principes; sur ce qu’on appelle souvent les valeurs. Les religions ont en effet des convictions et même des propositions de foi sur lesquelles elles ne sont pas toutes d’accord et surtout qui leur apparaissent non négociables. Il y a déjà là une première occasion de conflits et on sait que dans l’histoire ces conflits ont souvent pris le chemin de la guerre ou de la persécution. Pensons ici aux conflits entre juifs et chrétiens, mais aussi avec les musulmans et même entre chrétiens. C’est un premier cas de guerres de religions, mais pas toujours le plus sanglant, même s’il y a eu parfois pas mal de carnage.

Mais quand on pense aujourd’hui aux conflits favorisés ou entretenus par les religions, on a moins en tête les querelles doctrinales que je viens d’évoquer. Ce qui nous frappe surtout, ce sont les conflits entre pays ou entre parties de pays au nom de l’appartenance religieuse. Les exemples ne manquent pas autour de nous et dans un passé pas si lointain. En Irak, on observe des conflits entre chiites et sunnites deux groupes différents de musulmans. Au Pakistan, en Indes, des groupes se font aussi la guerre au nom de leur appartenance religieuse. Au Liban, les religions ont amené des conflits internes et externes au cours des dernières décennies. Je passe par-dessus le conflit apparemment permanent entre Israël et la Palestine, qui dévoile une autre situation, et je reviendrai sur ce qu’on appelait la guerre d’Irlande du Nord. Souvent en effet, on parle de guerres de religions pour identifier des conflits qui sont d’abord d’origine politique, historique ou économique, mais où la religion ne joue qu’un second rôle. Par exemple, le sionisme à l’origine de l’état d’Israël a été soutenu et défendu par des juifs incroyants, qui peuvent difficilement se faire les artisans d’une guerre religieuse. Il ne faut jamais oublier qu’il est parfois facile d’utiliser les religions pour légitimer des conflits qui n’ont pas grand-chose de religieux. Mais comme on dit chez nous; «La religion a le dos large!»

Je pourrais résumer mes propos comme ceci. La paix apparaît comme un bien hautement recherché par à peu près tout le monde. Mais la paix est aussi un bien fragile, qui est exposé aux règles que les religions se donnent et veulent observer à tout prix. Quand je parle de règles ici, je pense aux explications, aux interdits, aux condamnations qui naissent de l’existence des conflits et que les religions viennent couvrir ensuite de la volonté de Dieu. Enfin, la paix ne pèse pas lourd aux yeux de certains leaders qui ne se gênent pas pour utiliser la religion pour légitimer ou entretenir des conflits qui satisfont leurs ambitions. Alors est-ce que les religions sont pour la paix ou pour la guerre?

[…]

Si les religions, qui sont en faveur de la paix, ont souvent servi à entretenir des guerres, c’est en raison de l’utilisation qu’on a fait d’elles. En soi, appartenir à une religion devrait plutôt rendre pacifiste, mais il arrive qu’on assiste à un mouvement contraire et que les membres d’une religion deviennent belliqueux. Pourquoi?

[…]

Enfin, il faut aussi dire que les religions ont eu tendance à régler les rapports de leurs membres avec le monde. Si on regarde comment cela s’est vécu dans notre propre tradition, on voit que les choses ont bien changé à travers les siècles et qu’elles peuvent donc changer encore. […] Les intérêts politiques et surtout économiques, sans oublier les coutumes rattachées aux convictions religieuses (je pense ici à des pratiques alimentaires, mais aussi à des visions du monde), font souvent manquer les occasions de rapprochement et les transforment plutôt en lieux de conflits et parfois même de guerre, surtout quand le pétrole entre en jeu!

On voit donc par ces brèves évocations, que la vocation même des religions les expose à devenir facteurs de paix ou de guerre selon la façon dont on gère cette vocation. Ces considérations sont par ailleurs très générales et pourront donner des conséquences bien différentes selon la façon dont une religion établira ses priorités, mais aussi selon les pratiques des individus au coeur de l’une ou l’autre religion. Dans le premier cas, il est facile de constater que toutes les religions ne vivent pas le même équilibre, ni les mêmes objectifs dans les rapports qu’elles proposent avec Dieu, entre leurs membres et à l’égard du monde. La place de la foi et la qualité des oeuvres ne sont pas comprises de la même manière dans toutes les religions. Ces différences sont encore multipliées par les attitudes personnelles des membres. Dans ce cas-ci, on devine que la dynamique psychologique des personnes, leur éducation personnelle et les contextes culturels dans lesquels elles se sont développées influent profondément leur manière d’appartenir à leur religion et de la pratiquer. Comment imaginer qu’on va réussir à orienter les religions à bon escient et à en faire des artisans de paix? Comment y voir clair et ajuster les moyens aux objectifs poursuivis?

(Jean-Claude Breton, doyen de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal, Religions pour la paix ou la guerre ? Conférences Notre-Dame. Basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec, 4 mars 2012)

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Conquête musulmane

« Dans les siècles qui ont suivi la prédication de Mahomet, le monde musulman s’est d’abord constitué par la conquête militaire. »

(Encyclopédie Larousse, http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/islam/62732#Fi3cRbYXATZeW8sR.99)

 

Croisades chrétiennes

« Une fois les villes conquises, les troupes chrétiennes et leurs chefs, se livraient à des atrocités qui faisaient frémir les chroniqueurs chrétiens qui en avaient été les témoins, certains se plaisaient à pratiquer le cannibalisme. »

(Histoire-France, http://www.histoire-france.net/moyen/croisades)

23 mai 2016, au Québec : Journée nationale des patriotes.

Source : Mouvement national des Québécois, http://mnq.quebec/fierte-page/journee-nationale-des-patriotes/

Journée nationale des patriotes

Cela fait près de dix ans maintenant que la mémoire des Patriotes s’est inscrite dans le calendrier commémoratif québécois. Peu à peu, d’une année à l’autre, la Journée nationale des patriotes s’est imposée à nous à la manière d’un rappel d’un moment important de notre parcours collectif, appelé à devenir un point de référence de la conscience historique québécoise. Dans le tableau des commémorations québécoises, elle a aussi une place à part : elle suggère une interprétation de l’histoire du Québec qui correspond à celle de la plupart des Québécois, celle d’un peuple qui n’a jamais renoncé à s’affirmer, à faire valoir ses droits à la pleine existence politique.

Fier coordonnateur de cette journée, le Mouvement national des Québécois est fier de s’associer à une journée de commémoration qui est celle de tous les Québécois et qui représente bien la charge universelle de notre expérience historique. Car y a-t-il quelque chose de plus universel qu’un peuple qui lutte pour exister en son nom propre, pour conserver son identité, pour vivre libre, en honorant l’idéal de la liberté démocratique ?

Journée-des-Patriotes_2014

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À propos du Mouvement national des Québécois

Source : http://mnq.quebec/mission/mission-generale/

Quand la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste, ancêtre du MNQ, voit le jour en 1947, c’est d’abord pour veiller aux intérêts culturels et linguistiques du Québec. Au fil des ans et des transformations sociales, le Mouvement diversifie ses activités et participe activement aux débats sur les questions d’ordre politique et économique de la société.

D’une fédération d’abord axée sur la survivance d’une langue et d’une culture, on passe à un organisme cherchant à préserver et à développer l’autonomie du Québec.

Aujourd’hui, la mission du MNQ se résume ainsi :

Le MNQ est un mouvement issu de la société civile, indépendant des partis politiques, fédérant des Sociétés membres partout au Québec. Sa mission est de défendre et promouvoir l’identité québécoise, prioritairement sa langue, son histoire, sa culture et son patrimoine, et de faire du Québec un pays français et démocratique.

En prenant part aux débats dans la société civile, en organisant des colloques et en publiant des études entre autres, le MNQ participe activement à la définition de l’identité nationale contemporaine.

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Source : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/471495/la-demarche-independantiste-selon-les-patriotes

IDÉES

La démarche indépendantiste selon les patriotes

Le Devoir, 21 mai 2016

Par Gilles Laporte – Historien et enseignant au cégep du Vieux-Montréal

C’est d’abord pour permettre aux francophones de poursuivre leur épanouissement qu’on milite de nos jours en faveur de l’accession à l’indépendance du seul État français d’Amérique.

Tandis que les candidats à la direction du Parti québécois débattent d’échéance référendaire, la Journée nationale des patriotes offre l’occasion de se demander comment leurs pères putatifs, les patriotes de 1837, envisageaient pour leur part le mode d’accession à l’indépendance.

Pour cela, il faut prendre un peu de hauteur et rappeler que c’est d’abord pour permettre aux francophones de poursuivre leur épanouissement qu’on milite de nos jours en faveur de l’accession à l’indépendance du seul État français d’Amérique.

Pour Papineau et ses suivants, l’urgence consistait plutôt à réunir les conditions politiques et sociales devant présider à la naissance du nouvel État et non à tout bonnement faire coïncider un État avec une nation. Les patriotes luttaient d’abord pour que soient reconnus des droits fondamentaux tels que la liberté d’expression, une fonction publique honnête, des juges impartiaux, des ministres responsables et pour que l’État bas-canadien soit enfin mis au service de l’économie locale. L’idéal d’indépendance découle tout naturellement de la conquête de ces droits, un État bas-canadien redevable devant sa population plutôt que devant le Parlement impérial se retrouvant de facto souverain. Lord Durham avait d’ailleurs prédit dans son rapport qu’accorder la démocratie au Bas-Canada mènerait à la création d’un État français en Amérique.

Les 92 résolutions patriotes ne réclament donc nulle part l’indépendance nationale en soi, mais bien celle des institutions, et au premier chef celle du Parlement bas-canadien : « Les privilèges de cette Chambre ne doivent ni être mis en question ni définis par le secrétaire colonial [résolution 49]. Que cette Chambre, comme représentant le peuple de cette province, possède […] les mêmes pouvoirs, privilèges et immunités réclamés et possédés par la Chambre des Communes du parlement, dans le Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et l’Irlande [résolution 79] ». Un Parlement souverain pourrait d’ailleurs bien mieux que la métropole voir aux affaires de la province : « La législature provinciale aurait été tout à fait compétente à passer des lois, pour permettre le rachat de ces charges, d’une manière qui s’harmonisât avec les intérêts de toutes les parties […] Le parlement du Royaume-Uni, bien moins à portée de statuer d’une manière équitable sur un sujet aussi compliqué, n’a pu avoir lieu que dans des vues de spéculation illégale, et de bouleversement dans les lois du pays [résolution 58]. »

La voie élective

L’indépendance politique passe donc par celle des institutions représentatives, qui pourront ensuite assurer la transition pacifique du statut de colonie à celui d’État souverain : « Que le parlement du Royaume-Uni conserve des relations amicales avec cette province comme colonie, tant que durera notre liaison, et comme alliée, si la suite des temps amenait des relations nouvelles [résolution 21]. […] Dans l’intervalle, un changement dans notre constitution, s’il en faut, doit-il être en vue de cette considération ? Et est-il criminel de le demander ? [JALBC, 24 février 1834] »

Quant à consulter le peuple à propos de son avenir, cela passe pour les patriotes par des élections ; des élections qu’ils remportent régulièrement, la dernière fois en raflant 77 des 88 sièges en jeu en octobre 1834. Le devoir de chaque élu patriote aura dès lors consisté à poser des gestes de rupture avec la métropole en vue d’étendre le principe électif à tout le gouvernement et d’accroître l’indépendance des institutions. La souveraineté sera ainsi devenue l’issue inéluctable d’une lutte menée tout entière au nom de la démocratie, de la justice et de la liberté.

Une mosquée et l’islam à Lévis (Québec). Les religions et la violence.

(Cette page n’a pas été créée par un adepte de l’islam.)

 

al-Qaida, Daech, État islamique, des noms familiers de nos jours, des noms synonymes de violence; des noms que le commun des mortels associe malheureusement à une religion, l’islam.

Sont-ils appelés à la violence par leur religion les quatorze millions de juifs, les cinq cent millions de bouddhistes, le milliard d’hindouistes, le milliard et demi de musulmans, les deux milliard deux cent millions de chrétiens?

 

LES RELIGIONS APPELLENT-ELLES LEURS ADEPTES À LA VIOLENCE?

 

« À regarder les actuelles zones de conflit, on serait tenté de déduire que la plupart sont de nature religieuse. Les faits sont cependant plus complexes. Les religions ne constituent souvent qu’un des facteurs de ces conflits : politique, montée des nationalismes et interventions étrangères représentent également des facettes importantes, voire primordiales, dans les zones d’affrontement. « Toutes les religions sont susceptibles d’être violentes dans un contexte national, régional ou local particulier », explique le sociologue des religions Jean-Louis Schlegel.

Aujourd’hui, les projecteurs sont braqués sur l’islam, en particulier sur les atrocité commises par des groupes terroristes comme Daech et Al-Qaïda. Pour autant, les autres religions ne sont pas en reste. En Israël, les juifs extrémistes qui colonisent les Territoires palestiniens pour reconstituer le « Grand Israel » biblique marquent clairement le conflit territorial israélo-palestinien du sceau religieux. Et même les traditions a priori les plus pacifistes peuvent faire preuve de violence, à l’instar de certains moines bouddhistes birmans qui s’attaquent à la minorité musulmane Rohingya. Depuis une trentaine d’années, l’Inde est le théâtre de violents affrontements entre hindous et minorités religieuses. Chrétiens et musulmans sont régulièrement la cible d’attaques, voire de lynchages. L’accession au pouvoir du nationaliste hindou Narendra Modi – surnommé « la terreur des musulmans «  après avoir laissé cours à des émeutes dans lesquelles 2 000 personnes, majoritairement des musulmans, ont péri en 2002 – a renforcé les inquiétudes des minorités. » (Louise Gamichon, Ils tuent au nom de leur foi, article publié dans Le Monde des religions, janvier-mars 2016, numéro 75 intitulé Le Mal au nom de Dieu. Les religions sont-elles violentes, p. 36)

On le voit : les pratiquants des religions peuvent faire preuve de violence. Y compris les adeptes du christianisme : « .. au nom de la défense de son dogme ou en manipulant ses Écritures, le christianisme a nourri la haine du juif, brûlé des hérétiques sous l’Inquisition, saccagé des villes, tué des hommes lors des croisades, des conquêtes évangélisatrices et coloniales. (…) Elle [l’église romaine] a déclaré la guerre aux idées libérales, aux développement de la science, de la liberté, de la démocratie. » (Henri Tincq, Les religions incitent-elles à la violence. Lectures sauvages, article publié dans Le Monde des religions, janvier-mars 2016, numéro 75 intitulé Le Mal au nom de Dieu. Les religions sont-elles violentes, p. 30)

 

Pourtant…

Pourtant, selon la Thora juive (dont le christianisme s’est inspiré), Dieu a donné ce commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Pourtant, selon un principe des Hindous, « Le monde entier est une famille unique ».

Pourtant, selon le Coran, livre sacré des musulmans, Dieu a dit  : «  Ô vous qui croyez, entrez tous dans la paix ».

 

POURQUOI ARRIVE-T-IL QUE DES ÊTRES HUMAINS DEVIENNENT VIOLENTS AU NOM DE DIEU?

 

« Parce que toute religion a ses contradictions. Toutes les religions sont traversées par un idéal de paix. Mais toutes peuvent être porteuses de violence. […] Les religions? Elles sont ce qu’en font leurs adeptes à une certaine époque et à un endroit donné. Et ces derniers sont loin d’être toujours d’accord, notamment sur la façon de comprendre et d’interpréter les textes sacrés. Aujourd’hui, une petite minorité de musulmans en France et dans le monde justifie par le Coran son intolérance envers les « non-musulmans » ou même les « mauvais musulmans ». Le Coran, en effet, comme d’ailleurs la Bible, contient aux côtés de multiples paroles de paix, des passages guerriers. Mais selon de nombreux penseurs musulmans, il faut remettre ces passages dans le contexte où ils ont été écrits : Mohammed, le prophète fondateur de l’islam, qui vécut au Ve et VIe siècle de notre ère, était aussi un chef politique et militaire. » (Pourquoi tant de violences au nom de Dieu? Dossier publié dans Okapi, revue éditée par Bayard Presse et destinée à la jeunesse , numéro 1001, 1er mai 2015, p. 12)

 

« Parce que la religion souffre de ses fanatiques. Toutes les religions ont leurs partisans d’une application ultra-stricte de leurs principes. Quand ces « fondamentalistes » sont prêts à imposer LEUR vérité par la violence, ils deviennent des « fanatiques ». Le fanatisme prolifère sur le terrain de la misère, de la frustration, de l’ignorance… Comme chez nous, lorsque des jeunes gens désorientés basculent dans un islam radical tes les auteurs des attentats de janvier [2015] à Paris contre le journal Charlie Hebdo […] Comme en Syrie et en Irak, lorsqu’au nom d’une soi-disant « guerre sainte » les combattants de l’organisation terroristes Daesh commettent des crimes affreux. Mais l’islam n’est pas la seule religion à devoir faire face au fanatisme : le christianisme, le judaïsme et même le bouddhisme et l’hindouisme y sont confrontés! » (Pourquoi tant de violences au nom de Dieu? Dossier publié dans Okapi, revue éditée par Bayard Presse et destinée à la jeunesse, numéro 1001, 1er mai 2015, p. 12-13)

 

« Parce que la religion aggrave certains conflits. La guerre est rarement uniquement religieuse… mais elle l’est souvent un peu. Une fois la discorde installée, la religion peut venir la « sacraliser » et l’envenimer. […] L’homme, contrairement à l’animal, ne se bat pas seulement pour obtenir quelque chose. Il combat aussi par fierté, par désir d’héroïsme ou de vengeance, pour défendre son honneur et celui des siens. C’est pourquoi elles sont utilisées comme un instrument de pouvoir, un levier. Rien de tel pour un dirigeant qui veut entraîner son pays dans une folie guerrière collective que de le convaincre qu’il se bat au nom de Dieu! » (Pourquoi tant de violences au nom de Dieu? Dossier publié dans Okapi, revue éditée par Bayard Presse et destinée à la jeunesse, numéro 1001, 1er mai 2015, p. 14)

 

« Parce que la religion sert souvent de prétexte. Si la religion se mêle à de nombreux conflits, beaucoup ont, en réalité, d’autres origines : enjeux de pouvoir, problèmes de frontières, questions de richesses, luttes ethniques… […] En 2012, un chercheur américain a publié une étude affirmant que seules 123 des 1 763 guerres déclarées sur Terre depuis 3 500 ans avaient la religion comme point de départ. » (Pourquoi tant de violences au nom de Dieu? Dossier publié dans Okapi, revue éditée par Bayard Presse et destinée à la jeunesse, numéro 1001, 1er mai 2015, p. 15)

 

« Pourtant… le dialogue interreligieux existe. Heureusement, certains responsables religieux, tout comme de simples croyants, oeuvrent pour la paix. […] Suite aux récents attentats de février [2015] à Copenhague, au Danemark, où des juifs ont été attaqués par un fanatique musulman, un millier de musulmans et de juifs de sont rassemblés pour former une chaîne humaine autour d’une synagogue… Ces gestes symboliques comptent : les religions ne peuvent semer la paix que si leurs adeptes acceptent de ne pas être seuls à détenir la vérité. Et laissent les autres prier tranquillement le Dieu qu’ils veulent. Ou même ne pas prier du tout. » (Pourquoi tant de violences au nom de Dieu? Dossier publié dans Okapi, revue éditée par Bayard Presse et destinée à la jeunesse, numéro 1001, 1er mai 2015, p. 15)

 

NOTES

Les auteurs du dossier Pourquoi tant de violences au nom de Dieu? ont tenu à remercier M. Philippe Gaudin, directeur adjoint de l’Institut européen en sciences des religions et auteur de La Violence, ce qu’en disent les religions (Éditions de l’Atelier)

Bayard Presse est un groupe de presse catholique; ses principaux associés sont la Congrégation de l’Assomption, S.A. Saint-Loup, Association Notre-Dame de Salut.

Bayard jeunesse Canada propose plus de 40 magazines et livres numériques pour les enfants de 1 à 18 ans. Site web : https://bayardjeunesse.ca.

Le créateur de cette page web remercie infiniment ses indispensables sources.

 

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Les deux documents suivants ont aussi été publiés dans le site web du Passeur de la Côte.

 

Une mosquée et l’islam à Lévis (Québec). Les valeurs de l’islam.

Extrait de Soumission à la paix, texte de Tahar Ben Jelloun publié dans le livre 20 clés pour comprendre l’islam, Paris, Éditions Albin Michel, 2013 (format de poche), p. 147 (première édition : Hors-série numéro 4 du Monde des religions, Malesherbes Publications)

« Les valeurs essentielles de l’islam sont celles-là mêmes propagées par les deux autres monothéismes, avec cependant quelques variantes plus ou moins importantes. Allah dans le Coran demande aux croyants de reconnaître et de respecter les prophètes qui ont précédé Mohamed, comme il insiste sur la diversité et les différences entre les peuples, les incite à se connaître et à échanger leurs savoirs.

« L’islam bien compris a permis au monde arable de connaître son âge d’or entre le IXe et le XIIe siècle. Le Coran fait l’éloge de la raison, de la modération et de la patience. Mais tout texte religieux se prête à de multiples interprétations. Tout dépend du niveau de développement intellectuel de celui qui l’interprète. Il fut un temps où l’islam était la principales source d’inspiration de grands poètes, les soufis notamment. Aujourd’hui, il est malmené par des gens dont la principale caractéristique est l’ignorance, doublée de confusion, ce qui arrange bien leurs affaires. »

( Tahar Ben Jelloun, écrivain marocain d’expression française, a écrit L’islam expliqué aux enfants, publié par Le Seuil en 2002. )

Une mosquée et l’islam à Lévis (Québec). Des artisans de paix. 

« Selon le spécialiste Christian Mellon, «  à tort ou à raison, bien des croyants pensent que leur tradition religieuse interdit la violence, même pour de justes causes ». C’est pourquoi tant « d’acteurs non-violents trouvent leur inspiration dans ces traditions ». Ainsi, « c’est du jaïnisme, confession indienne très minoritaire, que Gandhi a reçu son concept clé, l’ahimsa (litt. « non-nuisance ») ».

« Autre racine de la non-violence, le bouddhisme […]

« Et l’islam dira-t-on? Bien que moins connus, ses artisans de paix existent aussi. Du côté du soufisme tout d’abord, de certains grands maîtres médiévaux – Al Allaj et Ibn Arabi, par exemple – au chef de la résistance algérienne face à la conquête française, l’émir Abd el-Kader (1808-1883), qui devint une star (honorée à la fois par le pape et les francs-maçons!) pour avoir protégé, au péril de sa vie, les chrétiens persécutés à Damas en 1860. Et plus près de nous, le célèbre (en Inde) Abdul Ghaffar Khan (1890-1988), ami et disciple de Mahatma Gandhi; ou le théologien démocrate Mahmoud M. Taha (1909-1985), « le Gandhi soudanais », qui relativisait les extraits coraniques violents et infériorisant les femmes ou les « infidèles ». Les Balkans ont également « leur » Gandhi, avec l’écrivain non-violent Ibrahim Rugova (1944-2006), le premier président du Kosovo. »

(Éric Vinson, Quand les religions font (aussi) la paix, article paru dans la revue Le Monde des religions, janvier-février 2016, numéro 75, p. 53)

Christian Mellon a écrit La non-violence (Presses Universitaires de France, 1994) en collaboration avec Jacques Semelin.