Une mosquée et l’islam à Lévis (Québec). Les valeurs de l’islam.

Extrait de Soumission à la paix, texte de Tahar Ben Jelloun publié dans le livre 20 clés pour comprendre l’islam, Paris, Éditions Albin Michel, 2013 (format de poche), p. 147 (première édition : Hors-série numéro 4 du Monde des religions, Malesherbes Publications)

« Les valeurs essentielles de l’islam sont celles-là mêmes propagées par les deux autres monothéismes, avec cependant quelques variantes plus ou moins importantes. Allah dans le Coran demande aux croyants de reconnaître et de respecter les prophètes qui ont précédé Mohamed, comme il insiste sur la diversité et les différences entre les peuples, les incite à se connaître et à échanger leurs savoirs.

« L’islam bien compris a permis au monde arabe de connaître son âge d’or entre le IXe et le XIIe siècle. Le Coran fait l’éloge de la raison, de la modération et de la patience. Mais tout texte religieux se prête à de multiples interprétations. Tout dépend du niveau de développement intellectuel de celui qui l’interprète. Il fut un temps où l’islam était la principales source d’inspiration de grands poètes, les soufis notamment. Aujourd’hui, il est malmené par des gens dont la principale caractéristique est l’ignorance, doublée de confusion, ce qui arrange bien leurs affaires. »

( Tahar Ben Jelloun, écrivain marocain d’expression française, a écrit L’islam expliqué aux enfants, publié par Le Seuil en 2002. )


Le Passeur de la Côte a aussi publié ce texte :

Une mosquée et l’islam à Lévis (Québec). Des artisans de paix.

« Selon le spécialiste Christian Mellon, «  à tort ou à raison, bien des croyants pensent que leur tradition religieuse interdit la violence, même pour de justes causes ». C’est pourquoi tant « d’acteurs non-violents trouvent leur inspiration dans ces traditions ». Ainsi, « c’est du jaïnisme, confession indienne très minoritaire, que Gandhi a reçu son concept clé, l’ahimsa (litt. « non-nuisance ») ».

« Autre racine de la non-violence, le bouddhisme []

« Et l’islam dira-t-on? Bien que moins connus, ses artisans de paix existent aussi. Du côté du soufisme tout d’abord, de certains grands maîtres médiévaux – Al Allaj et Ibn Arabi, par exemple – au chef de la résistance algérienne face à la conquête française, l’émir Abd el-Kader (1808-1883), qui devint une star (honorée à la fois par le pape et les francs-maçons!) pour avoir protégé, au péril de sa vie, les chrétiens persécutés à Damas en 1860. Et plus près de nous, le célèbre (en Inde) Abdul Ghaffar Khan (1890-1988), ami et disciple de Mahatma Gandhi; ou le théologien démocrate Mahmoud M. Taha (1909-1985), « le Gandhi soudanais », qui relativisait les extraits coraniques violents et infériorisant les femmes ou les « infidèles ». Les Balkans ont également « leur » Gandhi, avec l’écrivain non-violent Ibrahim Rugova (1944-2006), le premier président du Kosovo. »

(Éric Vinson, Quand les religions font (aussi) la paix, article paru dans la revue Le Monde des religions, janvier-février 2016, numéro 75, p. 53)

Christian Mellon a écrit La non-violence (Presses Universitaires de France, 1994) en collaboration avec Jacques Semelin.