23 mai 2016, au Québec : Journée nationale des patriotes.

Source : Mouvement national des Québécois, http://mnq.quebec/fierte-page/journee-nationale-des-patriotes/

Journée nationale des patriotes

Cela fait près de dix ans maintenant que la mémoire des Patriotes s’est inscrite dans le calendrier commémoratif québécois. Peu à peu, d’une année à l’autre, la Journée nationale des patriotes s’est imposée à nous à la manière d’un rappel d’un moment important de notre parcours collectif, appelé à devenir un point de référence de la conscience historique québécoise. Dans le tableau des commémorations québécoises, elle a aussi une place à part : elle suggère une interprétation de l’histoire du Québec qui correspond à celle de la plupart des Québécois, celle d’un peuple qui n’a jamais renoncé à s’affirmer, à faire valoir ses droits à la pleine existence politique.

Fier coordonnateur de cette journée, le Mouvement national des Québécois est fier de s’associer à une journée de commémoration qui est celle de tous les Québécois et qui représente bien la charge universelle de notre expérience historique. Car y a-t-il quelque chose de plus universel qu’un peuple qui lutte pour exister en son nom propre, pour conserver son identité, pour vivre libre, en honorant l’idéal de la liberté démocratique ?

Journée-des-Patriotes_2014

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À propos du Mouvement national des Québécois

Source : http://mnq.quebec/mission/mission-generale/

Quand la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste, ancêtre du MNQ, voit le jour en 1947, c’est d’abord pour veiller aux intérêts culturels et linguistiques du Québec. Au fil des ans et des transformations sociales, le Mouvement diversifie ses activités et participe activement aux débats sur les questions d’ordre politique et économique de la société.

D’une fédération d’abord axée sur la survivance d’une langue et d’une culture, on passe à un organisme cherchant à préserver et à développer l’autonomie du Québec.

Aujourd’hui, la mission du MNQ se résume ainsi :

Le MNQ est un mouvement issu de la société civile, indépendant des partis politiques, fédérant des Sociétés membres partout au Québec. Sa mission est de défendre et promouvoir l’identité québécoise, prioritairement sa langue, son histoire, sa culture et son patrimoine, et de faire du Québec un pays français et démocratique.

En prenant part aux débats dans la société civile, en organisant des colloques et en publiant des études entre autres, le MNQ participe activement à la définition de l’identité nationale contemporaine.

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Source : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/471495/la-demarche-independantiste-selon-les-patriotes

IDÉES

La démarche indépendantiste selon les patriotes

Le Devoir, 21 mai 2016

Par Gilles Laporte – Historien et enseignant au cégep du Vieux-Montréal

C’est d’abord pour permettre aux francophones de poursuivre leur épanouissement qu’on milite de nos jours en faveur de l’accession à l’indépendance du seul État français d’Amérique.

Tandis que les candidats à la direction du Parti québécois débattent d’échéance référendaire, la Journée nationale des patriotes offre l’occasion de se demander comment leurs pères putatifs, les patriotes de 1837, envisageaient pour leur part le mode d’accession à l’indépendance.

Pour cela, il faut prendre un peu de hauteur et rappeler que c’est d’abord pour permettre aux francophones de poursuivre leur épanouissement qu’on milite de nos jours en faveur de l’accession à l’indépendance du seul État français d’Amérique.

Pour Papineau et ses suivants, l’urgence consistait plutôt à réunir les conditions politiques et sociales devant présider à la naissance du nouvel État et non à tout bonnement faire coïncider un État avec une nation. Les patriotes luttaient d’abord pour que soient reconnus des droits fondamentaux tels que la liberté d’expression, une fonction publique honnête, des juges impartiaux, des ministres responsables et pour que l’État bas-canadien soit enfin mis au service de l’économie locale. L’idéal d’indépendance découle tout naturellement de la conquête de ces droits, un État bas-canadien redevable devant sa population plutôt que devant le Parlement impérial se retrouvant de facto souverain. Lord Durham avait d’ailleurs prédit dans son rapport qu’accorder la démocratie au Bas-Canada mènerait à la création d’un État français en Amérique.

Les 92 résolutions patriotes ne réclament donc nulle part l’indépendance nationale en soi, mais bien celle des institutions, et au premier chef celle du Parlement bas-canadien : « Les privilèges de cette Chambre ne doivent ni être mis en question ni définis par le secrétaire colonial [résolution 49]. Que cette Chambre, comme représentant le peuple de cette province, possède […] les mêmes pouvoirs, privilèges et immunités réclamés et possédés par la Chambre des Communes du parlement, dans le Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et l’Irlande [résolution 79] ». Un Parlement souverain pourrait d’ailleurs bien mieux que la métropole voir aux affaires de la province : « La législature provinciale aurait été tout à fait compétente à passer des lois, pour permettre le rachat de ces charges, d’une manière qui s’harmonisât avec les intérêts de toutes les parties […] Le parlement du Royaume-Uni, bien moins à portée de statuer d’une manière équitable sur un sujet aussi compliqué, n’a pu avoir lieu que dans des vues de spéculation illégale, et de bouleversement dans les lois du pays [résolution 58]. »

La voie élective

L’indépendance politique passe donc par celle des institutions représentatives, qui pourront ensuite assurer la transition pacifique du statut de colonie à celui d’État souverain : « Que le parlement du Royaume-Uni conserve des relations amicales avec cette province comme colonie, tant que durera notre liaison, et comme alliée, si la suite des temps amenait des relations nouvelles [résolution 21]. […] Dans l’intervalle, un changement dans notre constitution, s’il en faut, doit-il être en vue de cette considération ? Et est-il criminel de le demander ? [JALBC, 24 février 1834] »

Quant à consulter le peuple à propos de son avenir, cela passe pour les patriotes par des élections ; des élections qu’ils remportent régulièrement, la dernière fois en raflant 77 des 88 sièges en jeu en octobre 1834. Le devoir de chaque élu patriote aura dès lors consisté à poser des gestes de rupture avec la métropole en vue d’étendre le principe électif à tout le gouvernement et d’accroître l’indépendance des institutions. La souveraineté sera ainsi devenue l’issue inéluctable d’une lutte menée tout entière au nom de la démocratie, de la justice et de la liberté.