Prière du médecin.

PRIÈRE DU MÉDECIN

 

Le bon Samaritain rencontre sur la route

Qui de Jérusalem conduit à Jéricho,

Un voyageur laissé pour mort, dont il écoute

Le long gémissement qui pleure dans l’écho.

De vin il le réchauffe et le panse avec l’huile,

Le charge sur sa mule, et cherche des abris;

Puis, quand il l’a bien vu, somnolent et tranquille,

Le recommande à l’hôte en acquittant le prix.

Seigneur, si je fus bon Samaritain moi-même,

Et si, me couchant tard et me levant matin,

J’ai consacré mes soins à celui que nul n’aime,

Vous serez en retour mon bon Samaritain.

 

[Robert de Montesquiou-Fezensac, 1855-1921; Les prières de tous, Paris, Fasquelle1902; poème reproduit par G. Walch, Anthologie des poètes français contemporains. Le Parnasse et les écoles postérieures au Parnasse (1866 à nos jours), tome III, Paris, Librairie Delagrave, dépôt légal : 4e trimestre 1958, p. 102)