Deux noms : Montmagny et ses îles ET Côte-du-Sud, un débat.

Deux noms : Montmagny et ses îles ET Côte-du-Sud, un débat

30 avril 2012

Le journaliste Sylvain Fournier écrit : « C’est parce qu’une forte majorité de touristes québécois ignorent où se trouve exactement la Côte-du-Sud que le comité touristique du CLD de la MRC de Montmagny a décidé de faire un virage promotionnel en optant pour la nouvelle appellation «Montmagny et ses îles». (http://oieblanc.typepad.com/oiepolitique/2012/04/montmagny-et-ses-îles-la-nouvelle-image-de-marque-de-la-région.html) Ce changement suscite un débat.

Le nom Côte-du-Sud désigne depuis longtemps une région historique; cette région s’étend de Beaumont à Notre-Dame du Portage et comprend l’arrière-pays montagneux. On n’aurait pas dû employer l’appellation Côte-du-Sud pour désigner une partie de son territoire. Il est bien que l’erreur soit corrigée; il fallait qu’elle soit corrigée.

Voyons ce que dit la Commission de toponymie du Québec du toponyme Côte-du-Sud:

« Entrée dans l’usage dès la seconde moitié du XVIIe siècle, l’appellation Côte-du-Sud a d’abord désigné une série de paroisses établies graduellement dans les seigneuries de la rive sud du Saint-Laurent, entre Beaumont et la rivière du Loup. Les treize paroisses situées sur ce ruban littoral de près de 200 km furent occupées en 1759 pendant que les troupes anglaises assiégeaient Québec. Au cours du siècle suivant la Conquête, une douzaine de nouvelles paroisses allaient être créées dans les basses-terres et sur les premiers contreforts des Appalaches. Depuis 1867, grâce à l’arrivée du chemin de fer et au développement du système routier, une trentaine de nouvelles localités firent leur apparition dans l’arrière-pays appalachien dont les ondulations s’étendent vers le sud jusqu’à la frontière des États-Unis, soit sur près d’une centaine de kilomètres, dans Bellechasse. L’économie sudcôtoise, fondée traditionnellement sur l’agriculture, la pêche et l’exploitation forestière, compte un secteur manufacturier fort actif, principalement à Saint-Damien-de-Buckland, Montmagny, L’Islet et La Pocatière. Le tourisme représente un apport significatif, notamment à Saint-Jean-Port-Joli dont la réputation repose sur l’artisanat. Bien que le terme côte soit connu régionalement dans le sens de rang de peuplement, l’origine du toponyme repose sans doute ici, comme dans le cas de la Côte-de-Beaupré, sur le sens de rivage, littoral. Peu après 1663, en effet, alors que la région amorçait à peine son peuplement, les missionnaires parlaient déjà de cette «coste du sud». La position géographique des lieux par rapport au Saint-Laurent a été par ailleurs marquée très tôt dans la toponymie : la rivière du Sud a donné son nom à la seigneurie de la Rivière-du-Sud, concédée en 1646 à Charles Huault de Montmagny, et l’île aux Oies a déjà porté le nom d’Île du Su. Longtemps négligé au profit des appellations Bas-du-Fleuve et Bas-Saint-Laurent, le régionyme Côte-du-Sud, préservé par les historiens et les géographes, est réapparu dans l’usage courant depuis les années 1960. Il désigne aujourd’hui un circuit touristique revendiqué par la région touristique de la Chaudière-Appalaches, qui s’arrête à l’est à Saint-Roch-des-Aulnaies. Mais cela n’empêche pas des organismes de promotion touristique de présenter sous le nom de Côte-du-Sud le territoire s’étendant de L’Islet jusqu’à Kamouraska. Enfin, selon une carte de l’Institut québécois de recherche sur la culture (1990), la région s’étend de Beaumont à Saint-André, dans Kamouraska, et comprend le vaste arrière-pays montagneux. Cette dernière définition territoriale devrait sans doute s’imposer dans l’usage. » (http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/fiche.aspx?no_seq=142063)

 Le Passeur de la Côte (Roger Martel)