Inconduite des élus municipaux de Lévis : le ministère de la Culture et des Communications marque sa désapprobation, puis la Ville fait marche arrière.


Le maire et les élus municipaux de la Ville de Lévis se sont rendus coupables de manquements à des règles de conduite pratiquées dans la société québécoise ainsi qu’au code code d’éthique et de déontologie des membres du conseil de la Ville qui impose aux élus, entre autres, d’ « agir avec honnêteté ».

 

Premier manquement : la Ville a trompé les citoyennes et les citoyens (il importe de bien mesurer la gravité de ce manquement). En effet, la ville a distribué un dépliant qui contient une affirmation qui ne repose sur rien, comme le constatera le ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ) : selon la Ville et la SHRL des miracles ont eu lieu en 1893 dans un ancien lieu de culte du secteur Lauzon de Lévis, la chapelle Sainte-Anne de la rue Saint-Joseph. Or, le Vatican n’a jamais reconnu de miracles qui se seraient produits à cet endroit…

 

Second manquement : la Ville (et la SHRL) ont induit les citoyennes et les citoyens en erreur en laissant entendre que le MCCQ est l’un des auteurs du dépliant (il importe de bien mesurer la gravité de ce manquement). En effet, le dépliant distribué par la Ville de Lévis porte, en plus des signature de la Ville de Lévis et de la SHRL, celle du MCCQ. Or, le MCCQ n’est pas l’un des auteurs du dépliant : « … le Ministère, a écrit la directrice de la Direction de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches du MCCQ, Madame Dominique Malack, collabore au développement culturel du Québec par ses partenariats avec les milieux. Ainsi, le Ministère participe à la réalisation de nombreux projets ayant, entre autres, pour objectif de sensibiliser la population à notre patrimoine culturel, Ce sont toutefois les partenaires du Ministère, notamment les municipalités, qui ont la responsabilité de mettre en oeuvre ces actions et de s’assurer qu’elles répondent aux objectifs convenus initialement » (lettre au soussigné datée du 7 octobre 2016). La présence de la signature du MCCQ rendait le dépliant susceptible d’être cru.

 

Comment comprendre que le conseil municipal de Lévis et les dirigeants de la SHRL aient pu acquérir la certitude que des miracles ont eu lieu dans une chapelle de Lévis en 1893? Comment ne pas craindre que les citoyennes et les citoyens de Lévis, de même que des personnes d’ailleurs qui font du tourisme, n’aient été victimes d’une tricherie, d’une malhonnêteté morale? Comment comprendre que le maire, Gilles Lehouillier, conseiller municipal pendant près de vingt ans à Lévis et dans l’ancienne ville de Lauzon (où s’élève l’ancien lieu de culte « miraculeux »), et représentant de la Ville de Lévis au sein de la Municipalité régionale de comté de Desjardins de 1990 à 2001, et député de la circonscription de Lévis de 2008 à 2012, comment comprendre que cette personne ait pu laisser distribuer un dépliant donnant pour vrai que des interventions divines ont eu lieu dans l’ancienne chapelle Sainte-Anne? Comment comprendre aussi qu’un autre élu municipal expérimenté, Robert Maranda, ne se soit pas opposé à ce que le dépliant mensonger soit répandu? M. Maranda est conseiller municipal depuis 2005, il a présidé l’arrondissement de Desjardins (2005-2009) et la Commission consultative sur la culture, il assume actuellement un mandat concernant l’Association touristique Chaudière-Appalaches, et il représente le quartier dans lequel se trouve l’ancienne chapelle Sainte-Anne. On peut se poser la même question au sujet de la SHRL, dont les dirigeants (un archiviste, un juge de la Cour supérieure, un historien à l’emploi du Mouvement Desjardins, etc.) doivent être un peu forts ou très forts en histoire de Lévis.

 

Grâce à l’intervention du MCCQ auprès de la Ville de Lévis, le dépliant mensonger ne sera plus distribué. Mais le maire et les conseillers municipaux de la Ville de Lévis demeurent aux commandes de la Ville. Parions qu’ils soutiendront qu’ils méritent la confiance des citoyennes et des citoyens.

 

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

LA RÉACTION DU MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS

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LE DÉPLIANT  MENSONGER

 

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